Mali

JEAN-PIERRE LACROIX ATTENDU AU MALI

L'ESSOR - 6 ore 6 min fa

Une mission conjointe de haut niveau, des Nations Unies et de l’Union européenne, se rendra au Mali du 19 au 21 juin 2019. À la tête de la délégation, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, ainsi que le Secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Pedro Serrano.

Les deux personnalités viendront échanger avec les autorités maliennes et les autres partenaires clés, afin d’améliorer le soutien des Nations Unies et de l’Union européenne dans l’accélération de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la restauration de l’autorité de l’Etat au Nord et au Centre du Mali. Cela permettra également de renforcer le partenariat entre les deux organisations dans le pays.

La délégation rencontrera les autorités du gouvernement au plus haut niveau, les groupes armés signataires, les acteurs politiques, la société civile, les groupes de femmes et les partenaires internationaux.

La délégation animera un point de presse le vendredi 21 juin à l’issue de son séjour dans le pays.

MINUSMA

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Chronique éco, Maïs : LES COURS MONDIAUX EN HAUSSE

L'ESSOR - 9 ore 15 min fa

Alors que la production mondiale de maïs connaît un léger recul par rapport à la campagne 2018-2019, la production de cette céréale secondaire, très sollicitée dans l’alimentation humaine comme animalière, enregistre une forte progression au Mali. En raison, notamment, de «sa grande diversité de transformation et d’utilisation». Sur une production attendue de près de 11 millions de tonnes de céréales au sortir de la campagne 2019-2020, la production de maïs devrait atteindre 3,9 millions de tonnes, en hausse de 9%. Le maïs représente 35% de la production nationale céréalière, contre 30% pour le riz.
La baisse de la production de maïs en 2019 sur le plan mondial est due aux importantes révisions à la baisse des perspectives de production aux États-Unis d’Amérique. La production américaine devrait se stabiliser à 330 millions de tonnes, soit 45 millions de tonnes de moins que le chiffre prévisionnel publié par la FAO en mai. Elle serait ainsi inférieure de près de 36 millions de tonnes au volume de l’an dernier, estime l’Organisation mondiale chargée de l’alimentation.
Ce qui n’est pas sans conséquence sur l’utilisation de cette denrée secondaire. Ainsi, les stocks mondiaux de céréales pourraient baisser de 26 millions de tonnes, soit 3% durant la nouvelle campagne. Cela porterait, à en croire l’institution onusienne, à 830 millions de tonnes, leur niveau le plus bas depuis quatre ans. Ces prévisions sont inférieures de 18 millions de tonnes environ à celle de mai.
De même, les échanges de maïs devraient reculer en deçà de leur niveau de 2018-2019, essentiellement en raison de la réduction prévue des importations de l’Union européenne et d’une forte diminution des exportations des États-Unis d’Amérique, selon le dernier Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales.
Aussi, le prix des céréales a légèrement cru de 1,4 % par rapport à avril, selon l’Indice FAO des prix des produits alimentaires qui mesure la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de denrées alimentaires. La légère hausse en glissement mensuel est entièrement due à une soudaine flambée des cours du maïs.
Cette brusque hausse des tarifs, si elle se poursuivait, devrait profiter davantage à notre pays qui a décidé «de mettre le maïs au cœur de la campagne agricole». Les prévisions 251 milliards de Fcfa de revenus générés par l’excédent de production de maïs pourrait être dépassé du fait du renchérissement du prix de la céréale sur les marchés mondiaux.
Les dernières prévisions de la FAO sur la production mondiale de céréales en 2019, publiées le 6 juin dernier, annoncent une croissance de 1,2% par rapport à 2018, soit un volume total de 2,685 milliards de tonnes.

Cheick M. TRAORÉ

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Handball, championnats nationaux cadets et juniors : LE COL RAFFLE TOUT

L'ESSOR - 9 ore 20 min fa

Les deux dernières rencontres des championnats nationaux cadets et juniors masculins se sont disputées, le samedi 15 juin au stade Mamadou Konaté. Les deux rencontres ont opposé le Centre omnisports de Lafiabougou (COL) et l’AS Mandé en cadets et juniors. On notait la présence au stade du président de la Fédération malienne de handball (FMHB), général Soumana Kouyaté et de plusieurs invités dont le premier responsable de la Fédération malienne de cyclisme (FMC), Amadou Togola. L’honneur est revenu aux cadets d’ouvrir le bal et ce sont les centristes du COL qui s’imposeront devant les Mandékas, défaits 28-23. C’est la deuxième fois d’affilée que l’équipe du COL remporte le trophée. Elle a été sacrée l’année dernière face au Mamahira de Kati.
En deuxième heure, les juniors du COL remettront ça, face à la même formation de l’AS Mandé, battue 24-23. Au total, 3 équipes ont participé à la compétition, avec 2 formations chacune : le COL, le Mamahira et l’AS Mandé. Les équipes se sont rencontrées en championnat aller simple. «Je suis très content d’avoir remporté ces deux trophées, je félicite beaucoup les enfants. Ils ont prouvé leur compétitivité, en réalisant le doublé. Nous allons continuer à travailler pour garder le trophée la saison prochaine», a réagi l’entraîneur de Lafiabougou, Cheicktar Camara. A l’instar du technicien du COL, le président de la FMHB, général Soumana Kouyaté exprimera également sa satisfaction, en insistant sur la qualité du spectacle produit par les mômes. «J’ai un double sentiment, le premier est positif, à savoir la bonne prestation des équipes. Malheureusement, c’est le deuxième sentiment, le nombre d’équipes participantes n’a pas comblé les attentes de la fédération. Avec la prolongation de l’année scolaire, les équipes régionales, majoritairement constituées de scolaires, n’ont pas pu faire le déplacement», dira le président de la FMHB.
Après les championnats cadets et juniors, les yeux seront désormais tournés vers le tournoi Zone II et III qui se déroulera du 1er au 5 juillet au Togo. Ce sera un test grandeur nature pour les jeunots maliens.
Boubacar THIERO

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Taekwondo, championnat inter communal : LES CADETS ONT DU CŒUR ET DU TALENT

L'ESSOR - 9 ore 20 min fa

Les chiffres de la 2è édition du Championnat inter communal des cadets qui s’est disputée samedi au centre Moon Kwang de Baco-Djicoroni parlent d’eux-mêmes : plus de 70 combattants, 19 finales. La compétition a duré toute une journée et a été épuisante, tant pour les mômes que pour les techniciens. A notre arrivée dans la salle aux environs de16h, certains combattants qui avaient été éliminés, n’en pouvaient plus. Beaucoup d’entre eux, tout comme certains spectateurs qui avaient pris d’assaut la salle, tôt le matin, somnolaient dans les gradins, alors que d’autres étaient couchés.
Ils n’ont pas regretté d’être restés jusqu’au bout, puisque les finalistes (38 au total) ont fait honneur à leur rang, en gratifiant le public d’un beau spectacle. Âgés de 12 à 14 ans, les jeunes combattants issus des 6 Communes du District de Bamako ne se sont pas faits de cadeaux, ils ont livré des combats dignes de l’élite et fait vibrer les gradins qui étaient pleins à craquer. Aussi, le suspense a régné jusqu’au bout pour la victoire finale, les Commune V et VI sont restées au coude à coude pendant toute la partie et n’ont été départagées qu’à l’issue de la dernière finale. Cette ultime confrontation a tourné à l’avantage de l’équipe de la Commune V qui s’imposera donc d’une courte tête devant la Commune VI.
Les cadets de la Commune V se sont ainsi hissés sur la première marche du podium, avec 9 médailles, dont 7 médailles d’or et 2 médailles de bronze. Classée deuxième, l’équipe de la Commune VI a obtenu 1 médaille d’or de moins que le vainqueur (6 médailles d’or, 7 médailles d’argent), alors que la Commune IV complète le podium (5 médailles, 3 médailles d’or, 2 médailles d’argent). Les Communes II, III et I ont terminé, respectivement aux quatrième, cinquième et sixième places, avec 1 médaille d’or chacune. Les cadets de la Commune V deviennent, ainsi, les premiers combattants de la ligue du District de taekwondo à inscrire leur nom au palmarès de la compétition, dont la 1ère édition a été remportée, l’année dernière, par les cadets sélectionnés en Equipe nationale.
Pour cette 2è édition, la sélection nationale cadette n’a pas participé au championnat qui est organisé par la ligue de taekwondo du District, en collaboration avec la Fédération malienne de taekwondo (FEMAT). Pour le vice-président de l’instance dirigeante du taekwondo du District, Maître Madani Traoré qui a présidé les finales, cette 2è édition du championnat inter communal des cadets a été un succès sur toute la ligne. «Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons vu à l’occasion de cette 2è édition du championnat inter communal des cadets. Non seulement la compétition a mobilisé du monde, mais elle s’est déroulée également sans couacs. En plus, il n’y a eu aucun blessé», a souligné Maître Madani Traoré, en présence des membres de la ligue de taekwondo et de plusieurs parents, venus encourager les mômes.
«Aussi, on a constaté que le niveau des enfants s’est beaucoup amélioré, le spectacle qu’ils ont produit aujourd’hui (samedi dernier, ndlr) augure de bonnes choses, dans la perspective du championnat national des cadets qui se déroulera dans quelques semaines», complètera le vice-président de la ligue de taekwondo du District, en précisant que les meilleurs combattants du championnat national seront sélectionnés en Equipe nationale. Le spectacle n’est donc pas terminé, avec les mômes, on peut même s’autoriser à dire que le meilleur est encore à venir.

Souleymane B. TOUNKARA

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Natation, coupe de la paix : LA GARDE NATIONALE DICTE (ENCORE) SA SUPRÉMATIE

L'ESSOR - 9 ore 24 min fa

La Piscine olympique de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) a abrité, dimanche la 7è édition de la coupe de la paix. L’événement était présidé par le premier responsable de la Fédération malienne de natation (FMN), Mamourou Bouaré, en présence du président de la ligue de natation du District, Seïbou Traoré. Une quarantaine de nageurs, issus de six clubs de la ligue de Bamako (Garde nationale, Aqua club, Djillon, Commune IV, Djéguè club) et de la ligue de Koulikoro, a participé à la compétition. Les athlètes se sont frottés dans plusieurs disciplines dont les 50m nage libre, brasse, papillon, dos et le 100m brasse.
Une fois encore, les favoris ont tenu leur rang, à l’image de Mamadou Fofana (Aqua club) qui a décroché 3 médailles d’or, en remportant les épreuves du 50m nage libre et du 50 et 100m brasse. Sékou A. B. Traoré (Garde nationale) n’est pas demeuré en reste, il a crée la sensation chez les juniors en s’adjugeant 3 médailles d’or dans les épreuves du 50m nage libre, du 50m papillon et du 50m brasse. Son coéquipier Modibo Maïga lui, a remporté 2 médailles (50m brasse et 50m papillon), alors que les épreuves des 50m brasse et 50m papillon minimes garçons ont été dominés, respectivement par Souleymane Sacko (ligue de Koulikoro) et Oumar Coulibaly (Garde nationale). Quant à Ba-Oumou Sankafé (ligue de Koulikoro), elle a été sacrée au 50m brasse dans la catégorie des minimes filles.
Au classement général, la Garde nationale s’est hissée sur la 1ère marche du podium, avec 25 médailles, dont 9 médailles d’or, 8 médailles d’argent et autant de bronze. La deuxième place est revenue à Aqua club qui a totalisé 5 médailles (3 médailles d’or, 1 médaille d’argent et 1 médaille de bronze). Avec 7 médailles, dont 2 médailles d’or, 3 médailles d’argent et 2 médailles de bronze, la ligue de Koulikoro complète le podium. «Les événements douloureux de 2012 ont inspiré la Fédération malienne de natation, c’est à partir de cette date que nous avons institué cette compétition baptisée coupe de la paix. Comme son nom l’indique, cette compétition est une contribution du monde de la natation dans la recherche de la paix au Mali», a déclaré le patron de la natation malienne, Mamourou Bouaré dans son allocution de clôture. Il ajoutera : «Je suis satisfait à plus d’un titre. Primo, il y a eu une forte mobilisation des nageurs et secundo, les jeunes qui sont l’espoir de la natation, étaient plus nombreux que les séniors».
Boubacar THIERO

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CAN 2019 : LES AIGLES ARRIVENT AUJOURD’HUI À SUEZ

L'ESSOR - 9 ore 28 min fa

Les Aigles arrivent cet après-midi en Egypte. Le départ de l’équipe du Qatar était initialement prévu, mardi, mais le voyage a été retardé et c’est finalement aujourd’hui que le technicien Mohamed Magassouba et ses protégés quitteront Doha pour Suez. Selon nos informations, le Mali et la Tunisie doivent être logés dans le même hôtel et s’entraîner sur le même terrain d’entraînement. Le technicien malien espère arriver à temps au pays des Pharaons pour éviter toute éventuelle mauvaise surprise et aborder la CAN dans les meilleures dispositions mentales.
Une autre source indique que les Tunisiens, dirigés par l’ancien sélectionneur du Mali, Alain Giresse, ont décidé d’élire leur quartier général au Caire et ne souhaitent aller à Suez que les jours de match. Le stade de Suez, faut-il le rappeler, est situé à 140 Km du Caire et doit accueillir les deux premiers matches des Aigles, à savoir l’explication avec la Mauritanie (mardi 24 juin) et le duel des Aigles, face à la Tunisie (vendredi 28 juin).
Pour mémoire, le capitaine Abdoulaye Diaby et ses coéquipiers ont livré deux matches amicaux pendant leur séjour au Qatar. La première rencontre contre le Cameroun s’est soldée par un nul (1-1) alors que la deuxième a vu l’équipe s’incliner 2-3, face à l’Algérie. Le coup d’envoi de la CAN sera donné ce vendredi, en Egypte et si le Mali n’est pas cité parmi les favoris de la compétition, nombre d’observateurs pensent que les Aigles, version Mohamed Magassouba peuvent créer la surprise au pays des Pharaons.
En tout cas, l’ancien international malien Frédéric Kanouté est optimiste pour le Mali et pense que tout est possible pour le capitaine Abdoulaye Diaby et ses coéquipiers. «C’est un peu difficile de dire qui est favori de la CAN. Le niveau en Afrique est assez homogène aujourd’hui et puis nous avons eu ce gros désagrément, c’est-à-dire le report de la CAN de février à juin. J’espère simplement que la compétition sera très bien organisée et que le Mali remportera le trophée», a dit Frédéric Kanouté dans un entretien accordé à une télévision sportive étrangère.

Seïbou S.
KAMISSOKO

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Interview du Mois, Oumar Hamadoun Dicko : « LE GOUVERNEMENT EST RÉSOLUMENT ENGAGÉ POUR METTRE EN ŒUVRE LES ACCORDS CONCLUS »

L'ESSOR - 9 ore 49 min fa

Le ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique explique, dans cette
interview exclusive, que l’apaisement du front social est l’une des missions du gouvernement. Cela passe par l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de l’Etat. Voilà pourquoi, son département prévoit de mener de nombreuses actions dans ce sens

L’Essor : Quel est le sens de la création d’un ministère dédié au Dialogue social ?

Oumar Hamadoun Dicko : Depuis un certain temps, il a été constaté une forte détérioration du climat social. Les effets néfastes de la crise ont fortement perturbé les conditions de vie et de travail des travailleurs. On assiste alors à une montée des revendications catégorielles, avec son corollaire de grèves souvent illimitées dans des secteurs essentiels. Les efforts déployés par les différents acteurs n’ont pas permis d’apaiser le climat social. Le système de prévention mis en place n’arrive plus à éviter l’augmentation du nombre de conflits ouverts. Les revendications syndicales deviennent de plus en plus maximalistes et les quelques accords issus des négociations peinent à être appliqués, d’où une crise de confiance entre le gouvernement et les organisations de travailleurs. Dans le souci d’un apaisement durable du climat social et pour jeter les bases d’une relance économique soutenue, il est apparu nécessaire de créer un ministère dédié au Dialogue social, permettant ainsi au gouvernement de mettre en place une stratégie partagée et inclusive de prévention et de gestion des crises dans le monde du travail.
L’Essor : L’article 12 de l’Accord politique de gouvernance stipule que les parties s’engagent à travailler à l’apaisement du front social et à négocier un moratoire dans l’exercice du droit de grève pour que les demandes des travailleurs soient bien traitées. Concrètement comment comptez-vous vous y prendre ?

O. H. D: La détérioration du climat social est l’affaire de tous y compris le monde politique. Sans l’apaisement du climat social, c’est tout le système de production qui s’en trouve perturbé et cela peut se sentir même dans le panier de la ménagère. Alors, travailler à l’apaisement du front social jusqu’à négocier une trêve avec les organisations syndicales de travailleurs suppose d’abord qu’il y a une volonté affichée des acteurs de jouer franc jeu en accompagnant toutes les initiatives du gouvernement allant dans le sens de l’instauration d’un climat social serein et durable dans nos unités de production.
Ce qui amène le ministre du Dialogue social que je suis à penser mettre en place une stratégie de prévention et de gestion des remous sociaux axée sur l’instauration d’un processus de dialogue inclusif ; le renforcement des structures du dialogue social ainsi que des capacités des acteurs ; la promotion et le respect des principes et droits fondamentaux au travail. Etc.
L’Essor : L’Accord politique de gouvernance parle ainsi de la refondation du cadre légal et règlementaire du monde du travail. Une conférence sociale peut-elle ramener un calme durable sur le front social ?

O. H. D: L’une des causes des différents conflits que le Mali a connus dans le monde du travail depuis au moins cinq ans est le besoin de renforcement du tissu législatif et règlementaire en vigueur, notamment les textes relatifs à la création des organisations syndicales et à l’exercice du droit de grève.
Une conférence sociale pourrait permettre aux principaux acteurs de faire entre autres, l’état des lieux de la législation et faire en même temps des propositions concrètes allant dans le sens du renforcement de l’efficacité des dispositions légales et règlementaires en la matière.
L’Essor : Le Conseil des ministres du 29 mai 2019 a adopté des projets de loi sur présentation de votre département. Quel sens donnez-vous à ces mesures ?

O. H. D: D’abord, je remercie le gouvernement ainsi que le président de la République pour l’adoption sans aucune difficulté de ces projets de textes. En jetant un regard sur les accusations portées à l’endroit du gouvernement, on retrouve le non-respect des engagements pris comme principal grief. En un mois, nous avons pu faire adopter plusieurs textes : la loi portant modification de la loi n° 02-053 du 16 décembre 2002, modifiée, portant statut général des fonctionnaires ; la loi portant modification de la loi n° 92-020 du 23 septembre 1992, modifiée, portant code du travail ; le décret portant revalorisation des salaires de base du personnel de l’administration relevant du code du travail, du personnel enseignant contractuel de l’État et du personnel enseignant contractuel des collectivités territoriales ; le décret portant modification du décret n° 2012-434/P-RM du 09 août 2012, modifié, fixant les conditions d’emploi et de rémunération des membres non fonctionnaires du cabinet du président de la République, du cabinet du Premier ministre et des cabinets ministériels ; le décret portant allocation d’une indemnité de logement aux fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée.
Le gouvernement est donc résolument engagé dans un processus de mise en œuvre des accords conclus, jusqu’à leurs extinctions définitives. La restauration d’une confiance mutuelle entre les syndicats et le gouvernement en dépend. C’est tout le sens de ces mesures.
L’Essor : La revalorisation de la grille indiciaire, c’est bien mais pour ce qui concerne l’augmentation de l’âge à la retraite, cela ne va-t-il pas à l’encontre de la lutte contre le chômage des jeunes dans notre pays ?

O. H. D: Alors ce qu’il faut d’abord noter, c’est que les vieux ne sont pas maintenus en poste au détriment des jeunes. La politique de l’emploi du gouvernement intègre un élément important qui est le coaching et le transfert de compétences. Aujourd’hui, il est apparu nécessaire de continuer avec un recrutement massif de jeunes tout en maintenant les anciens en activité un peu plus longtemps afin de permettre aux jeunes de profiter de l’expérience des anciens et à ces derniers d’améliorer aussi leur pension.
Par exemple cette année, dans les différents corps de recrutement à l’ENA et même dans la fonction publique, tous les besoins exprimés non pas pu être satisfaits pas par manque de candidatures, mais par manque de candidats admissibles. Il faut aussi ajouter que la prolongation de l’âge de départ à la retraite permettra à nos deux caisses de sécurité sociale d’améliorer sensiblement leur balance de paiement de la pension.
L’Essor : La caisse des retraites a décidé qu’à partir de janvier 2019, les primes et indemnités seront concernées par les cotisations. Pouvez-vous expliquer les raisons de cette mesure ?

O. H. D: Cette question devrait s’adresser à mon homologue des Affaires sociales. Mais ce que je peux dire, c’est que l’élargissement de la base de la cotisation permet d’améliorer le montant de la cotisation. Ce qui est surtout profitable à l’assuré, car sa pension s’en trouverait conséquemment améliorée aussi. Vous savez que l’un des problèmes des départs à la retraite, c’est le fait qu’il y ait une différence significative entre le montant du salaire (qui est plus élevé) et celui de la pension. Donc l’intégration des primes et indemnités dans la base soumise à cotisation permettra de résoudre ce problème.
L’Essor : Pouvez-vous donner un aperçu sur la politique sociale du gouvernement ?

O. H. D: Si je tiens compte des nombreux défis du moment, la politique sociale du gouvernement vise à préserver la paix et la quiétude sociale de façon durable à travers l’amélioration des conditions de vie des salariés de la fonction publique et du secteur privé ; la relecture des textes de lois pour les adapter aux réalités du monde du travail ; la promotion de l’entrepreneuriat privé.
Tout cela devant s’inscrire dans un document de politique nationale du dialogue social assorti de son plan d’actions.
Nous voulons mettre balle à terre et créer dans la durée un climat de confiance entre les différents acteurs que sont le gouvernement, le patronat et les syndicats. L’organisation prochaine d’une conférence sociale, et sur le moyen terme une politique nationale du dialogue social qui permettrait des regards et des solutions croisées des différents problèmes.
Propos recueillis par
Madiba KEïTA

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Journée du paysan à Bougouni : LE PRÉSIDENT KEÏTA À L’ÉCOUTE DU MONDE RURAL

L'ESSOR - 10 ore 3 min fa

Les résultats de la campagne prouvent à suffisance la décision d’allouer 15% du budget au secteur agricole

Agriculteurs, éleveurs, pisciculteurs, exploitants forestiers, femmes et jeunes ruraux ont expliqué au chef de l’Etat ce qu’ils attendent des pouvoirs publics en termes d’appuis. Ibrahim Boubacar Keïta leur a promis de continuer à s’investir pour que l’agriculture demeure le moteur de notre économie

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a procédé hier, à Bougouni, au lancement officiel de la campagne agricole 2019-2020 sur un tracteur qu’il s’est fait un plaisir de conduire sous les applaudissements nourris de l’assistance. Ce lancement officiel de la campagne agricole est intervenu dans le cadre de la Journée du paysan qui se tenait dans la cité du Banimonotié. La Journée du paysan est un cadre formel de concertations et de dialogue entre le président de la République et la profession agricole. Celle-ci, pendant deux jours de rencontres préparatoires avait dénombré les préoccupations des producteurs, des productrices et des jeunes ruraux. C’était en présence de l’ensemble des acteurs du monde rural, y compris le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed Boubacar et Mme Kané Rokia Maguiraga de l’Elevage et de la Pêche et le président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali, Bakary Togola.
Le thème de cette 15è édition porte sur « la promotion et la valorisation de la filière maïs” dont la production connaît une forte progression liée à sa grande diversité de transformation et d’utilisation (alimentation humaine et animale, création de la valeur ajoutée et de revenus).
Avec le développement de la technologie, il est aujourd’hui possible avec peu d’investissements de récolter 4 à 12 tonnes de maïs à l’hectare entre 70 et 110 jours, selon les variétés. Rappelons que lors de la campagne dernière (2018-2019), la production de maïs a été évaluée à 3,6 millions de tonnes contre 3,5 millions de tonnes lors de la campagne 2017-2018. La profession agricole dans sa diversité (agriculteurs, éleveurs, pisciculteurs, exploitants forestiers, femmes et jeunes ruraux) a une appréciation diverse de la campagne agricole écoulée. Pour les agriculteurs et les pisciculteurs, il s’agit d’une campagne acceptable avec une bonne production agricole et piscicole. Comme l’illustrent les 10,1 millions de tonnes de céréales, les 800.000 tonnes de coton graine, les 5.300 tonnes de production aquacole ainsi que la subvention des intrants et des équipements par l’Etat qui a permis d’atteindre 110.000 tonnes de poisson en 2018.
La disponibilité des vivres sur les marchés, de la main d’œuvre, des équipements et des intrants, a été favorable au bon déroulement de la campagne. Cela s’est traduit par une bonne production de l’ensemble des spéculations, particulièrement le maïs. Malgré les contraintes liées à l’insuffisance d’agent d’encadrement, au retard dans la mise en place et la distribution des intrants, à la non maîtrise de l’outil e-voucher, au faible accès au financement, etc.
Bakary Doumbia a souligné les contraintes relatives à l’inadéquation de certains équipements avec les besoins des producteurs. Il a regretté la non livraison des tracteurs à des bénéficiaires en règle vis-à-vis de la banque et recommandé l’élaboration d’une stratégie efficace de lutte contre la chenille légionnaire. Il a ajouté aussi que « l’insécurité dans le pays, particulièrement dans la région de Mopti », est une contrainte majeure. Pour les éleveurs et les jeunes ruraux, la campagne dernière a été « particulièrement difficile ». Le représentant des éleveurs, Sanoussi Bouya, a réclamé la criminalisation du vol du bétail. En effet, l’une des difficultés majeures de la campagne écoulée a été l’insécurité, a-t-il ajouté, révélant que de nombreux bergers ont été assassinés et les animaux volés par milliers. Sirébara Fatoumata Diallo, au nom des pêcheurs, a déploré l’effet néfaste de l’exploitation aurifère sur les cours d’eau, la pollution des eaux par les déchets solides et liquides et le coût élevé des alevins, de l’aliment poisson et des équipements, entre autres. Elle a félicité le gouvernement pour la suspension de toutes les activités d’extraction aurifère dans les cours d’eau par les dragues. L’orpaillage par les dragues a réduit les activités de pêche et la production halieutique dans les régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal, a ajouté la représentante des pisciculteurs.
Le président de la République a rendu un vibrant hommage au monde rural dont l’exemplarité doit inspirer tous les Maliens. « Le Mali a tout donné à ses enfants, à eux aussi de reconnaître cela au Mali et de faire quelque chose pour ce pays, à l’instar du monde rural. Malgré les agressions que nous subissons d’un ennemi infatigable, nous sommes parmi les meilleurs par les résultats qu’on a obtenus grâce au monde rural. Ces résultats prouvent la pertinence de notre décision d’allouer 15% du budget au secteur agricole, et je n’ai rien à refuser à ce pays qui m’a tout donné, je ferai tout ce que je pourrai pour son bien-être », a promis le chef de l’Etat.
Envoyé spécial
Khalifa DIAKITé

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Mali-Algérie : UNE VOLONTÉ COMMUNE DE FAIRE FACE AU TERRORISME

L'ESSOR - 10 ore 19 min fa

Les deux parties algérienne et malienne lors de leurs travaux

A l’occasion du comité bilatéral stratégique, les deux pays ont annoncé un meilleur échange de renseignement particulièrement au niveau des zones frontalières, le renforcement de la nécessaire coordination pour l’assèchement des sources de financement du terrorisme et la densification des échanges économiques
et transfrontaliers

Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a abrité, lundi dernier, la 14è session du comité bilatéral stratégique Mali-Algérie. La cérémonie était présidée par le ministre Tiébilé Dramé, en présence de son homologue de la République algérienne démocratique et populaire, Sabri Boukadoum. Plusieurs autres membres du gouvernement y étaient présents.
Cette session du comité bilatéral stratégique Mali-Algérie a offert l’occasion aux deux parties d’échanger sur les nombreux et complexes défis auxquels est confronté le continent africain, particulièrement notre sous-région. Pour le ministre algérien des Affaires étrangères, cette session permettra aussi de renforcer et affiner les concertations politiques pour en faire un outil stratégique et performant au service des relations fraternelles qui unissent le Mali et l’Algérie.

« Dans ce contexte, nous aurons à échanger sur la situation interne qui prévaut dans chacun de nos deux pays sans oublier certains foyers de tensions qui continuent d’agiter plusieurs régions de notre continent», a précisé Sabri Boukadoum, ajoutant que sa présence à cette rencontre témoigne de l’attachement des autorités algériennes à la consolidation des concertations instaurées entre le Mali et l’Algérie. Selon le diplomate algérien, la menace des groupes terroristes appelle au renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines militaire et sécuritaire et la poursuite de la coordination en matière de lutte opérationnelle commune contre le terrorisme. Il ajoutera que la lutte contre le terrorisme devrait pouvoir s’appuyer sur trois éléments essentiels, à savoir un meilleur échange de renseignement particulièrement au niveau des zones frontalières, le renforcement de la nécessaire coordination pour l’assèchement des sources de financement du terrorisme et la densification des échanges économiques et transfrontaliers. Par ailleurs, Sabri Boukadoum a insisté sur la nécessité pour le Mali et l’Algérie de joindre leurs efforts pour contribuer à la résolution durable de la crise libyenne. Une telle démarche, a-t-il relevé, constitue un jalon important sur la voie de la stabilisation du Sahel et de l’accélération de la mise œuvre de l’Accord pour la paix et de la réconciliation au Mali. «Mon pays, qui continuera de soutenir le Mali dans sa quête d’appropriation de l’accord, poursuit résolument son action à la tête du Comité de suivi de cet accord», a réaffirmé Sabri Boukadoum, avant de marteler que l’intégrité territoriale du Mali ne se discute pas.

Pour sa part, le chef de la diplomatie malienne a fait l’historique de la coopération entre le Mali et l’Algérie. « Nos deux pays ont compris le besoin de serrer les rangs face aux impératifs de l’histoire, aux menaces majeures auxquelles nous sommes confrontés », a indiqué Tiébilé Dramé, ajoutant que cet exercice s’inscrit dans la logique de continuité de nos relations fraternelles avec l’Algérie et dans le désir commun de soustraire nos peuples des souffrances qu’engendrent l’instabilité et l’insécurité imposées par la perte du développement économique et social. Selon lui, c’est ensemble que nos pays trouveront les voies et moyens pour asseoir définitivement la stabilité et la quiétude.
En outre, le chef de la diplomatie malienne a souligné que le comité bilatéral stratégique doit permettre aux deux parties de pousser le plus loin possible leurs réflexions afin qu’elles servent d’outil de propositions communes du Mali et de l’Algérie sur des ressorts de l’instabilité en Afrique. Pour lui, la réflexion doit conduire à s’interroger sur le type d’armée et de service de sécurité pouvant apporter une réponse à la hauteur des défis.
Il a aussi réitéré la haute appréciation du président de la République et du peuple malien au sujet de l’Algérie pour ses actions en faveur de la restauration de la stabilité dans notre pays.
Enfin, Tiébilé Dramé a rendu hommage à ce « pays frère » pour son soutien constant au programme de développement du Mali à travers ses actions concrètes dans les secteurs de l’éducation et la formation. Il a rappelé que toutes les dimensions de l’Accord d’Alger doivent être comprises et mises en œuvre par tous ses acteurs à la faveur du nouveau contexte et qui est propice aux avancées significatives.

Mohamed D.
DIAWARA

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LE CHEF DE L’ÉTAT INSISTE SUR LE RESPECT STRICT DE L’ACCORD

L'ESSOR - 10 ore 19 min fa

Le président Keïta recevant le ministre algérien des Affaires étrangères

En début de soirée du lundi dernier, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, a reçu en audience une forte délégation du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du Processus d’Alger (CSA).
La délégation, conduite par le ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire, comprenait aussi des représentants de la CEDEAO, de l’Union africaine et de l’Union européenne. Ils étaient venus rendre compte des travaux de la 3è réunion de haut niveau du CSA au président Ibrahim Boubacar Keïta qui, en retour, a donné des orientations pour la suite du processus de mise en œuvre de l’Accord.
La rencontre s’est déroulée en présence du Premier ministre, Dr Boubou Cissé, du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé et du ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré.
Ce dernier, faisant le résumé des échanges à la presse, a indiqué que la réunion de haut niveau a permis essentiellement de faire le point de la feuille de route de mars 2018 qui servait de boussole à la mise en œuvre de l’Accord. « Elle avait recensé 21 activités, sur lesquelles une bonne partie a été réalisée», s’est réjoui le ministre Lassine Bouaré. Egalement, la réunion a été l’occasion de tracer les perspectives sous forme de « feuille de route révisée » qui se fixe comme ambition de réaliser l’essentiel des activités prévues, d’ici la fin de l’année 2019.
Au nombre de ces activités, l’amplification du processus de DDR (Désarmement, Démobilisation Réinsertion) revêt une importance capitale. Elle permettra, en effet, de « faire un pas décisif sur les questions défense et de sécurité afin d’améliorer substantiellement la situation sécuritaire dans toutes les parties du pays », a commenté Lassine Bouaré.
D’autres éléments de la feuille route révisée portent sur les questions économiques. Un aspect d’autant plus important que l’amélioration des conditions de vie des populations apparaît aujourd’hui comme le seul moyen de rendre perceptible les dividendes de la paix.
La feuille de route prend également en compte les questions de réformes institutionnelles qui, selon le ministre Bouaré, sont au cœur de l’Accord politique de gouvernance convenu entre les acteurs et dont la mise en œuvre permettra certainement de remplir des conditions favorables aux réformes prévues dans l’Accord d’Alger.
En retour, le chef de l’Etat a encouragé les acteurs à aller de l’avant et insisté sur l’engagement de l’ensemble des parties à redoubler d’efforts pour accélérer le processus. Ibrahim Boubacar Keïta n’a pas manqué de rappeler qu’il tient au respect des principes fondateurs de cet Accord, à savoir la souveraineté de l’Etat, la laïcité, l’unité et les symboles qui traduisent cette unité dans tous les compartiments de l’Etat. Une heure plutôt, le chef de l’Etat avait reçu une forte délégation algérienne conduite par Boukadoum Sabri, ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire. Au menu des échanges, le renforcement de la coopération entre nos deux pays et le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.
A sa sortie d’audience, le diplomate algérien a confié que cette rencontre a donné lieu à de larges discussions sur des questions de coopération. Nos deux pays, liés par la géographie et l’histoire, sont en effet déterminés à œuvrer davantage au renforcement des relations bilatérales. « Il y a un partage et un désir commun à renforcer cette coopération dans les domaines économique, politique, culturel et social », a indiqué Boukadoum Sabri.
Au-delà du cadre bilatéral, les échanges avec Ibrahim Boubacar Keïta ont aussi porté sur des questions internationales, notamment la situation qui prévaut dans la région du Sahel. Un accent particulier a été mis sur le cas de notre pays. Nul besoin de rappeler le rôle prépondérant joué par ce pays frère dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

Issa Dembélé

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Obsèques de Moussa Balla Coulibaly : LES HOMMAGES MÉRITÉS DE LA NATION

L'ESSOR - 10 ore 21 min fa

Le fils se recueille sur la dépouille de son père avant l’inhumation

Moussa Mary Balla Coulibaly repose depuis hier au cimetière de Sabalibougou en Commune V du district de Bamako. Décédé lundi, cet homme qui a mérité de la patrie, a reçu les hommages de la nation sur l’esplanade du Palais de la culture Amadou Hampaté Ba. C’était en présence du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, du président de l’Assemblée nationale, Issiaka Sidibé, du Premier ministre, Dr Boubou Cissé, de l’ancien président de la Transition, Dioncounda Traoré, des membres du gouvernement, des présidents des institutions, du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, du corps diplomatique accrédité dans notre pays, de certains officiers de l’armée. On notait aussi la présence du chef traditionnel des Massassis du Mali, des délégations venues de Koutiala, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.
Moussa Mary Balla Coulibaly a occupé de nombreuses fonctions importantes. Il fut tour à tour président du Conseil économique social et culturel, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et président fondateur de l’Union pour la démocratie et le développement (UDD). Ses distinctions honorifiques reflètent bien la considération, la reconnaissance des autorités à son égard. Il était chevalier de l’Ordre national, officier de l’Ordre national, commandeur de l’Ordre national et Grand officier de l’Ordre national.
Ce qui fera dire au général de brigade Amadou Sagafourou Guèye des Ordres nationaux que l’on ne peut pas mesurer l’étendue de la perte cruelle que constitue pour le peuple malien l’absence de cette « boussole au moment où, plus que jamais, nous avons besoin du savoir, de la sagacité, de l’humilité de ceux qui savent parce qu’ils ont vu et vécu ».
Moussa Mary Balla Coulibaly fut à la fois trois types d’hommes que Conficius estime digne d’amitié : « les hommes droits, les hommes sincères et les hommes qui ont beaucoup appris », a ajouté le général Guèye. Au nom du président de la République, Grand maître des Ordres nationaux, il a présenté à la famille Coulibaly, ses condoléances les plus émues.
Auparavant, c’est Tiéman Hubert Coulibaly, ancien ministre, et fils du défunt qui avait pris la parole au nom de sa famille pour remercier le président de la République et tous ceux qui ont accepté de faire le déplacement. « Notre famille est peinée, mais pas malheureuse » grâce à vous tous ici présents, a-t-il laissé entendre. Habituellement éloquent, il avait un débit difficile, la voix étreinte par l’émotion. Il retient de son père quelqu’un qui inculqua la discipline, l’amour de la patrie à ses enfants.
Moussa Mary Balla a renoncé à son statut de fonctionnaire français quand le président Modibo Kéïta a fait appel à tous les fils du pays au lendemain de l’indépendance du Mali.
Rappelons que Moussa Mary Balla était né le 19 septembre 1933 à Tenkodogo dans l’actuel Burkina Faso. Il était le fils de Mary Coulibaly qui était aussi un fonctionnaire de l’administration coloniale. Quand son père décéda, Moussa fera son enfance à Ségou et arriva ensuite à Bamako pour passer son Certificat d’études à l’Ecole des travaux publics de l’Afrique occidentale française (AOF).
Assoiffé de connaissances, il décide de poursuivre ses études à l’Institut national des études économiques et statistiques (INSEE) de Paris. Après une riche carrière dans l’administration française et malienne, il rejoint le secteur privé en 1973. Deux ans plus tard, il crée l’Observatoire des politiques industrielles (OPI) en 1975.
Puis en 1982, il est à l’origine de la création de la Fédération des employeurs du Mali qu’il préside jusqu’en 2002, année à la quelle le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) voit le jour. Et c’est en 2010 qu’il décide de se retirer pour laisser la place aux plus jeunes.
Selon Mamadou Sinsy Coulibaly, actuel patron des patrons, Moussa Mary Balla Coulibaly, a durant 35 années de vie bien remplie au service du secteur privé, tout donné pour que l’économie malienne prospère. Il était partisan d’une équité entre l’Etat, le secteur privé et les syndicats. « Jamais il n’a cédé à ses principes », a témoigne Mamadou Sinsy Coulibaly, assurant que l’illustre défunt a légué un CNPM bien structuré, et rêvait toujours d’un Mali prospère.

Youssouf DOUMBIA

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