Mali

Approvisionnement du pays: des stocks supérieurs au seuil d’alerte

INFO-MATIN - 4 ore 47 min fa

Dès le renversement de régime dans notre pays, la réponse immédiate de la CEDEAO a été de décréter un embargo contre notre pays. Une mesure qui intervient dans un contexte marqué par l’insécurité au Sahel, la crise sociopolitique et la maladie à coronavirus. Cette situation, selon la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCCC), risquerait de perturber fortement l’approvisionnement de notre pays (environ 90% des changes commerciaux du Mali avec le reste du monde transitent par les pays membres de la CEDEAO). Mais, les statistiques de la DGCCC révèlent qu’il n’y a pas péril en la demeure.

Un ballon d’oxygène, selon les sources autorisées, c’est l’assouplissement proposé par le Sénégal qui a permis d’exclure du champ de la mesure prise par la CEDEAO à l’encontre de notre pays les produits de première nécessité, les produits pharmaceutiques et les hydrocarbures.
Pour autant la DGCCC ne manque pas de souligner que les importations, déjà timides en raison de la crise sanitaire, risquent de dégringoler en raison de la méfiance des banques, des assurances, des chargeurs et des fournisseurs à l’égard des opérateurs économiques maliens.
Par ailleurs, la DGCCC ne cache pas que la tension reste vive sur les prix de certains produits de première nécessité, notamment les céréales sèches, en attendant l’arrivée de la nouvelle récolte sur le marché.
En sortant des projections, l’état de l’approvisionnement du pays et l’évolution des prix moyens à la date du 20 août démontrent qu’il n’y a aucun péril en la demeure.
Ainsi, les stocks d’intervention de l’État se présent comme suit : riz : 171T55 ; maïs : 102T00.
Le stock National de sécurité est constitué de : Mil : 632T00 ; Sorgho : 818T700 ; Maïs : 1 872T100.
Selon les mêmes sources de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence, les stocks disponibles sur le territoire couvrent : 13 jours de consommation pour le riz ; 121 jours pour le sucre ; 66 jours pour le lait en poudre ; 72 jours pour la farine de blé ; 15 jours pour l’huile alimentaire.
Selon les spécialistes du commerce, les prix moyens des produits sont restés stables par rapport à la semaine passée sauf ceux du mil, du maïs et de la farine qui ont légèrement augmenté.
Par ailleurs, alors que l’imposition de l’embargo à notre pays donne lieu à toutes sortes de conjectures, la DGCCC apporte une clé de lecture de la situation en fournissant la structure des échanges commerciaux du Mali avec les pays membres de la CEDEAO. Ainsi, fait savoir cette source autorisée, la part des importations du Mali à partir de l’espace CEDEAO (principalement les hydrocarbures et le ciment) représente environ 34% des importations totales de marchandises de notre pays contre 10% pour les exportations (rapport 2019 de la surveillance commerciale).
Les engrais minéraux, les animaux vivants et les huiles de pétrole (réexportation) constituent l’essentiel des exportations du Mali en direction des pays membres de la CEDEAO.
Ces échanges sont plus importants avec le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina, le Nigéria et le Ghana.
A titre de rappel, le principal pays d’approvisionnement du Mali est la Chine qui a vu ses exportations augmenter progressivement d’année en année de 19% en 2014 à plus de 22% en 2019.
Outre la Chine, le Mali est approvisionné par la France, les États Unis, la République Sud-Africaine, l’Inde, l’Allemagne, le Maroc, le Brésil, le Japon, la Russie qui constituent les dix premiers pays fournisseurs du Mali.
Malgré la part relativement faible des échanges commerciaux du Mali avec la CEDEAO, plus de 90% de nos marchandises à l’import et à l’export transitent par les pays côtiers membres de l’espace communautaire en raison de l’enclavement de notre pays.
In fine, la DGCCC indique que les stocks de produits de première nécessité disponibles sont supérieurs aux seuils d’alerte et arrivent à couvrir largement les besoins du moment. Par contre des efforts doivent être consentis par le maintien de la confiance entre nos opérateurs et leurs fournisseurs des pays partenaires.
Au regard de ce qui précède, pour conforter l’approvisionnement du pays en cette période difficile, déjà sous les impacts négatifs de la COVID19 et de la crise sécuritaire, nous recommandons ce qui suit : élaborer et valider un programme d’urgence d’approvisionnement du pays en produits de première nécessité ; procéder à l’évacuation rapide des stocks au niveau des ports de transit ; diversifier nos débouchés et nos sources d’approvisionnement en allant au-delà des pays CEDEAO, en explorant notamment le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie, en rapport avec le Conseil Malien des Chargeurs ; encourager le secteur financier à accroître le crédit au commerce et à assurer les services interbancaires et de règlement financier des fournisseurs de denrées exclues du champ de l’embargo ; suspendre jusqu’à nouvel ordre les exportations et les réexportations de produits de première nécessité ; demander l’accompagnement des opérateurs économiques afin d’éviter le dérapage des prix et la rupture des stocks ; renforcer le dispositif de surveillance des frontières et des marchés afin d’atténuer la sortie frauduleuse des produits et la rétention des stocks ; encourager et sécuriser le commerce transfrontalier informel et le troc algérien.

PAR BERTIN DAKOUO

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Categorie: Mali

Licenciement à l’Hôtel Laïco de l’Amitié: la direction s’explique

INFO-MATIN - 4 ore 52 min fa

La direction de l’hôtel Laico Azalai de l’amitié de Bamako a procédé le mois dernier au licenciement de 66 agents sur les 157 que compte l’établissement en raison, dit-elle, de la conjoncture. Les raisons de cet acte administratif, source de vive tension, étaient au cœur d’échanges entre les membres de la direction et la presse, ce 16 septembre 2020, dans ses locaux.

Cette conférence de presse était animée par le directeur général de Granada Hôtel de l’Amitié, Karim DEBBECHE ; en présence du directeur général de l’hôtel Laico Azalai de l’amitié de Bamako, Imhamed Mansour ALDBEA ; de l’avocat de la société, Me Aliou Abdoulaye TOURE ; Mahmoud SISSOKO.
Dans sa déclaration liminaire, le conférencier, Karim DEBBECHE, a rappelé que c’est le premier mars 2020 que la gestion de cet établissement hôtelière a été cédée groupe tunisien GARANADA en lieu et place du gouvernement libyen. Une période qui a coïncidé avec l’avènement de la pandémie de à Coronavirus, dont le premier cas a été officiellement déclarée, dans notre pays, le 25 mars 2020.
Comme conséquences de cette situation, l’hôtel a été obligé, dans un premier temps, de mettre en chômage technique une partie du personnel avec le paiement de salaires. Entre temps, la crise politique est venue se greffer aux crises sécuritaires et sanitaires.
Comme la situation ne s’améliorait pas, la direction de Laico a été obligée de procéder, dit-il, au licenciement d’une partie du personnel pour sauver l’entreprise et sauver des emplois. Au total, 66 personnes ont été licenciées sur les 157 agents qui travaillaient au niveau de l’hôtel en CDI, et plus une dizaine de contractuels.
Selon lui, malgré les pertes qui étaient en train de se cumuler, la société a tout fait pour ne pas faire ces licenciements qui ont été une décision difficile à prendre. À la date d’aujourd’hui, sur la centaine de chambres, 25 seulement marchent.
« Nous croyons à ce pays sinon, on n’allait pas venir y investir. Et nous espérons que nous n’allons pas quitter le Mali », a-t-il confié.
Pour Me Aliou Abdoulaye TOURE, ces licenciements ont été faits conformément à la loi malienne.
« Aucune règle de droit n’a été violée. On a commencé d’abord par la mise en chômage technique avant de procéder au licenciement », s’est-il défendu.
Malheureusement, dit-il, cette décision a été très mal accueillie par les victimes qui ont refusé de venir récupérer leur lettre de licenciement.
Pire, ils ont initié des manifestations par exemple, le 1er septembre 2020, lorsqu’ils ont bloqué tous d’accès.
Certes, le sort des 66 personnes licenciées est difficile à supporter, mais cela, dit-il, ne doit pas nous faire oublier qu’il y a encore 91 chefs de famille qui continuent de travailler, a soutenu le conférencier.

En 1999, pendant deux ans, a-t-il rappelé, les employés ont été laissés à la maison pendant deux ans et payés pour raison de rénovation. De même, a-t-il poursuivi, avec l’arrivée de la MINUSMA en 2013, c’était la même chose.
« Dans un État de droit, il est important que les gens acceptent de se soumettre à la loi. La loi autorise l’employeur à licencier des travailleurs pour des motifs économiques », a fustigé l’avocat. Qui rassure que tous les droits des travailleurs ont été calculés et sont disponibles.
De son côté, Imhamed Mansour ALDBEA, directeur de l’établissement, a indiqué que Laico préfère des pertes au licenciement depuis 1999. Et depuis cette date, a-t-il fait savoir, le personnel du groupe Laico est les mieux payés du secteur hôtelier du Mali.
« S’il y a des gens qui veulent intégrer l’hôtel de force, par des menaces, en vous traitant de raciste, là ça devient un problème », a déploré le directeur général de Granada Hôtel de l’Amitié, Karim DEBBECHE.
Face à l’option de violence de certains employés licenciés qui veulent coute que coute reprendre le travail, Me TOURE prône la retenue. « Nous sommes ouverts au dialogue, mais pas le couteau à la gorge. On a été patient, mais cette patience a des limites. Que ces gens sachent que les actes qu’ils sont en train de commettre peuvent les conduire devant un autre juge autre que celui du travail », a mis en garde Me TOURE.

Par Abdoulaye OUATTARA

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Insécurité au Mali: les veuves militaires de kati envisagent une manif contre Barkhane !

INFO-MATIN - 4 ore 54 min fa

A la veille de la date de l’anniversaire de l’Indépendance du Pays, le 22 Septembre, l’Association ‘’les femmes veuves militaires engagées pour la lutte et le combat de Kati’’ envisage d’organiser une forte mobilisation devant l’ambassade de France au Mali contre l’Opération Barkhane, en collaboration avec plusieurs autres organisations féminines.
L’objectif du regroupement, selon les initiatrices, est dedénoncer la mauvaise foi de l’Opération Barkhane par rapport à l’insécuritéqui sévit le Mali.
Au cours du rassemblement, les veuves de militaires souhaitent réclamer le départ de la force française ‘’Barkhane’’ du Mali, nous a confié une responsable de l’Association initiatrice de la manifestation.
En marge des préparatifs de cette manifestation de protestation, une réunion était prévue par l’Association ‘’les femmes veuves militaires engagées pour la lutte et le combat’’ en présence de plusieurs représentantes des organisations féminines, hier jeudi 17 septembre 2020, à Kati, aux environs de 14 heures, dont l’organisation des anciens ministres et celle des anciens députés du Pays. Mais la rencontre a été reporter pour ce week-end compte tenu de la pluie d’hier, nous a confié une des organisatrices.
Cette mobilisation contre l’Opération Barkhane intervient au moment où l’armée malienne est victime d’une série d’attaques faisant des morts dans leurs rangs dans le Centre et le Nord du Pays. Pour preuve, on cite le cas de Guiré, dans le cercle de Nara. Selon nos sources, la manifestation qui se profile à l’horizon pour demander le départ de la Force Barkhane du Mali est une initiative de KEITADjenebaKEITA, Présidente de l’Association ‘’ les femmes veuves militaires engagées pour la lutte et le combat de Kati’’ avec ses alliés.
Lesslogans du meeting de protestation devant l’ambassade de France au Mali seront entre autres, selon des organisatrices :«on a tout compris» ; « Barkhane aide les terroristes contre l’armée malienne »; « on veut tout simplement le départ de Barkhane du sol malien »; « allez-vous-en, Barkhane ».
Par SABA BALLO

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Sans Tabou: marché central à poisson, les crises sanitaire et sécuritaire entachent les activités

INFO-MATIN - 5 ore 8 min fa

La salle de conférence de l’Agence de gestion du Marché central de Bamako a abrité, hier jeudi, la 10ème session du conseil d’administration de ladite agence. La cérémonie d’ouverture était présidée par Mme DIAWARA Aïssata Lady TOURE, Présidente directrice générale.

Ce Conseil d’administration s’inscrit dans un contexte socio-politique et sanitaire très difficile de notre pays. Ce qui explique un faible taux de mobilisation global des recettes de 46 % contre un taux d’exécution de 44 %.
D’entrée de jeu, Mme DIAWARA a rappelé que la campagne de pêche 2018-2019, au Mali, a été caractérisée par un climat sécuritaire douloureux pour notre pays. C’est pourquoi a-t-elle indiqué, une assistance doit être apportée aux acteurs de la filière pêche pour paliers les différents les difficultés auxquels le secteur du poisson est confronté.
« Il est urgent que l’agence s’attaque à l’épineuse question de transfert de nos mareyeurs et mareyeuses au sein du marché. C’est dans ce cadre que l’entretien, le fonctionnement et le développement de la filière pêche et aquacole seront atteints », a-t-elle dit. Elle a insisté que le marché central doit relever un défi majeur qui est de satisfaire l’autosuffisance alimentaire de la population malienne en matière de qualité de poisson et de bonne conservation hygiénique, d’où une nécessité d’assurer une chaine de froid et de valeur constante.
Elle a, par ailleurs, détaillé le rapport des activités de l’année 2019, qui a été marquée par une baisse du taux d’exécution.
« Le rapport des activités mené présente des ressources engagées et des résultats obtenus : au titre du 1er semestre, de façon générale, les résultats enregistrés font : un taux de mobilisation global des recettes de 46 % pour un taux d’exécution de 44 % ; un taux global de recouvrement des ressources semestrielles de 66 % sur le budget d’État contre 30 % sur les ressources propres pour un taux global de 46 % ; un taux d’exécution de 60 % sur le budget de l’État contre 30 % sur les ressources propres soit un taux de réalisation global en mi-parcours de 44 %. De façon générale, on peut dire qu’en matière de recettes, ces faibles taux de recouvrement et d’exécution des ressources trouvent leur explication dans les contraintes financières actuelles accentuées par la situation socio-sanitaire et sécuritaire », a-t-elle expliqué.

PAR CHRISTELLE KONE

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