Mali

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Rencontre Panel des ANR et Cadre d’échanges: l’ultime tentative d’arracher la participation inclusive

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 14:03

Le Panel des hautes personnalités chargées de l’organisation des Assises nationales de la refondation (ANR) a entamé, hier mardi, une série de rencontres avec des acteurs politiques opposés à l’organisation de ces rencontres qu’ils jugent budgétivores et dilatoires. Lesdites rencontres ont commencé par une délégation du Cadre d’échanges. Après ce regroupement, d’autres acteurs politiques sont sur la liste d’attente comme ceux du PARENA. L’objectif de démarche est de convaincre ceux qui ont opté pour la politique de la chaise vide afin de les amener autour de la table.

Des personnalités désignées par le président de la Transition, Assimi GOITA, pour conduire les Assises nationales de la refondation (ANR), dont la phase finalement doit se tenir en décembre prochain ont rencontré des responsables du Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques pour une Transition réussie.

La réunion inaugurale de la série de rencontres tenue à l’hôtel Salam de Bamako a été l’occasion d’une prise de contact entre les deux parties, de prendre connaissance des dossiers, selon des témoins de la rencontre. Cette initiative se présente comme la dernière chance pour arracher la participation de tous les acteurs politiques et de la société civile aux ANR.
Cette démarche est une instruction du Président de la Transition, Assimi GOITA, afin que ces assises soient les plus inclusives. D’où la reprogrammation de ces rencontres en décembre prochain.
A l’issue de cette 1ere réunion, le président de la CDS Blaise SANGARE et membre du Cadre d’échanges a déclaré à la presse : « Nous sommes venus écouter les personnalités en charge des ARN. Nous nous sommes dit que le dialogue est dans le gène des partis politiques. Il est essentiel au Mali que les gens puissent s’écouter et s’entendre. Tant qu’on ne se comprend pas, on ne pourra pas aller de l’avant. C’est dans cette profonde philosophie et de mise ensemble des idées et des capacités que nous avons décidé de nous mettre en branle ce matin (NDLR: hier mardi 16 novembre) », a expliqué Blaise SANGARE.
Selon lui, il n’y a pas de raison de refuser de venir à la rencontre des personnalités du Panel des Assises nationales de la refondation qui sont reconnues pour leur neutralité et leur engagement pour le pays.
« La rencontre n’était pas une réunion pour aboutir à des conclusions. Mais, elle ouvre la porte entre les deux partenaires et parties. Nous notons que le contact est pris. La relation est créée », a-t-il indiqué, avant de rappeler que la rencontre a été l’occasion également de remettre leur mémorandum aux membres du Panel.
Elle sera suivie d’autre réunion, a annoncé le responsable politique. Donc, à ce jour, il est trop tôt de dire si le Cadre d’échanges va revenir sur sa position initiale (le boycott des ANR).

En tout cas, dans leur document politique remis à des autorités de la Transition, les membres du Cadre d’échanges « émettent de vives inquiétudes face aux conditions de préparation des Assises Nationales de la Refondation dont ils ne voient nullement la pertinence. »
Pour des responsables de ce front politique, l’organisation de ces assises nationales de la refondation est planifiée dans le but de proroger le délai de la Transition qui devrait prendre fin en février 2022 avec l’organisation de l’élection présidentielle.
Dans la même veine, il est prévu que la délégation du Panel rencontre aussi le PARENA qui est également dans une posture de boycott des Assises nationales de la refondation.
L’information est confirmée par le secrétaire général du Parti, Djiguiba KEITA dit PPR. Toutefois, le jour et l’heure de la rencontre restent à déterminer.
A l’image du Cadre d’échanges, le Parti du Bélier blanc estime aussi que les ANR ne sont pas opportunes. Dans une déclaration, le parti dirigé par Tiébilé DRAME a appelé le président Assimi GOITA à créer « les conditions du sursaut et du rassemblement autour du Mali et de son armée », tout en renonçant à la tenue des « Assises de la Refondation » pour ne pas diviser davantage les Maliens autour de sujets comme l’Accord d’Alger ou le découpage territorial.
Ainsi, le PARENA propose que les 2 milliards prévus pour l’organisation de ces « Assises de la Refondation » soient destinés aux populations en détresse qui sont chassées de leurs terres et de leurs foyers par les groupes terroristes dans les cercles de Niono et Djénné, sur le « Plateau » et dans le Delta du Niger.

PAR SIKOU BAH

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Allégations d’enlèvement de Poulo: le ministre KASSOGUE ordonne l’ouverture d’une enquête

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 14:00

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux ? Mamoudou KASSOGUE, dans une lettre adressée au Procureur général près la Cour d’Appel, ordonne l’ouverture d’une enquête judiciaire concernant le Président de la CODEM, Housseini Amion GUINDO.
Lisez la lettre.
«Depuis un certain temps, certaines informations circulant sur les réseaux sociaux et les différentes plateformes médiatiques font état d’une tentative d’enlèvement de Housseyni Amion GUINDO, président de la CODEM.
A ce jour, le ministère de la Justice et des droits de l’Homme n’a eu connaissance d’aucune plainte concernant cette affaire. Cependant, en vue de faire toute la lumière sur ces informations, je vous invite à faire procéder à l’ouverture d’une enquête et tenir informé de l’évolution de la situation.
J’attache du prix à l’exécution correcte de la présente instruction ».
Esclavage par ascendance à Bafoulabé :
9 personnes déférées et 54 convocations
L’esclavage par ascendance préoccupe les autorités locales de Bafoulabé. Au total, 54 convocations ont été envoyées dans deux communes du nord du cercle à savoir Khontéla et Tomora. Ces convocations ont concerné les membres de Lambé de Kéniéba (Khontéla), ceux de Lambé de Ansofri (Khontéla) et ceux de Lambé de Souroubiré. Ils se sont présentés ce 14 novembre 2021 à Bafoulabé devant le parquet. À noter que le jeudi 11 novembre 2021, 9 personnes ont été déférées à la prison centrale de Bafoulabé.

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Sans Tabou: transition, le concours de muscle ?

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:57

Après la pipolisation de la politique, place à la téléréalité politique. Les diatribes à l’accent guerrier, les réquisitoires tapageurs jugés politiquement incorrects menés par Poulo, Président du Cadre d’Echanges des Partis et Regroupements des partis politiques pour une Transition réussie au Mali, dans le rôle de poil à gratter des autorités de la Transition, lui ont, semble-t-il, valu un kidnapping raté par de mystérieux ravisseurs, dont on ne devrait plus s’encombrer de vouloir démasquer les commanditaires.

L’on ignore si le Président de la Convergence pour le Développement du Mali (CODEM), Housseini Amion GUINDO doit son salut à sa vélocité, ses longues jambes étant un atout majeur dans le sprint ou à sa science occulte du camouflage ou d’évanescence.
Bref, il ne s’est pas fait chopé réussissant à se fondre dans la nature. Il faut rappeler qu’en matière de camouflage, la nature est le meilleur allié. Les bidasses le savent mieux que quiconque.
L’idée de l’ancien ministre pour tous les amateurs de sports et observateurs du marigot politique malien, où grouillent toutes sortes d’amphibiens et pas toujours des plus bienveillants, paraissait lumineuse.
Parce que l’argumentation cède le pas à l’intimidation, la délibération s’incline sous le poids de la pression, alors que les propositions de réponses sécuritaires, sociales et politiques ajustées au plus près des aspirations des populations ne sont que rarement au rendez-vous. Des dérives aussi organisées qu’inquiétantes en ces moments d’apnée démocratique où les fora sont devenus des aires de paresse intellectuelle, des déserts de réflexion, une « rectification de la trajectoire » relèverait de l’urgence la plus absolue.
À rebours des manipulations idéologiques, démagogiques et populistes, il faut se battre pied à pied pour sauver l’essentiel, le Mali qui ne coïncide malheureusement pas avec les agendas de la plupart des nouveaux oracles qui battent les estrades avec un vrai talent oratoire propre à endormir les oreilles non averties.
Dans le cas de Poulo, avec un optimisme raisonné, l’on peut dire que tout est bien qui finit bien. Un épisode de la téléréalité politique consacré à des garanties de sécurité est annoncé.
La bonne nouvelle est de Poulo lui-même : « Je tiens personnellement à remercier toutes celles et ceux qui ont manifesté de la solidarité dans l’épreuve que nous venons de vivre ma famille et moi-même.
Je salue particulièrement le ministère de la sécurité avec lequel j’ai pu entrer en contact et qui s’est porté garant de ma sécurité ainsi que de celle des miens. De ce fait, j’ai pu regagner mon domicile l’esprit rassuré ». C’est la fin de la clandestinité et un retour plus ou moins serein en famille.
Mais est-ce la fin du verrouillage de la critique à coup d’exhibition des biceps?
L’exercice de refondation devrait interpeller quant au respect de certains fondamentaux en lien avec la démocratie, tel le droit « à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect de la loi » (article 4 de la Constitution).
Pour cela, il faut dératiser les officines gangrenées par les idéologies radicales, sortir des combats d’arrière-garde, d’un délire complotiste commun à tous ceux qui se sont inscrits dans une logique de détestation de la différence, de blackbouler l’autre pour ses opinions.
« C’est la différence qui est jolie », chantait le Rossignol Salif KEITA, l’ambassadeur de la musique malienne.

PAR BERTIN DAKOUO

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Détentions des enfants en temps de COVID-19: l’UNICEF appelle à une réforme de la justice

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:56

Le Congrès mondial sur la justice avec les enfants qui se tient du 15 au 20 novembre 2021 de manière virtuelle au Mexique a réuni les décideurs politiques, les praticiens du droit, les universitaires, la société civile, les enfants et les jeunes. Il a pour but d’influencer la justice pour enfants, explorer les meilleures pratiques, favoriser la coopération scientifique et sensibiliser à l’environnement adapté aux enfants.

En cette occasion, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a publié un rapport intitulé «La détention d’enfants en temps de COVID». Cette nouvelle analyse de l’UNICEF estime que plus de 261 000 enfants sont détenus dans le monde. Aussi, il ressort du document que plus de 45 000 enfants ont été libérés de détention et rendus en toute sécurité à leur famille ou à une alternative appropriée depuis le début de la pandémie de COVID-19, selon de nouvelles données publiées ce lundi 15 novembre 2021 par l’UNICEF.
Face à cette situation insupportable, le Fonds appelle à une réforme de la justice des mineurs pour mettre fin à la détention de tous les enfants.
Ainsi, le rapport intitulé «La détention d’enfants en temps de COVID» révèle que les gouvernements et les autorités de détention d’au moins 84 pays ont libéré des milliers d’enfants depuis avril 2020, date à laquelle l’UNICEF a attiré l’attention sur leur risque accru de contracter la COVID-19 dans des espaces confinés et surpeuplés, et a appelé à leur libération immédiate.
« Nous savons depuis longtemps que les systèmes judiciaires sont mal équipés pour répondre aux besoins spécifiques des enfants ; une situation encore exacerbée par la pandémie de la COVID-19 », a déclaré Henrietta FORE, Directrice générale de l’UNICEF.
« Nous félicitons les pays qui ont tenu compte de notre appel et ont libéré les enfants de la détention. En protégeant les enfants de conditions qui auraient pu les exposer à des maladies graves, ces pays ont pu vaincre la résistance du public et susciter des solutions de justice innovantes et adaptées à l’âge des enfants. Cela a prouvé quelque chose que nous savions déjà ; des solutions de justice adaptées aux enfants sont plus que possibles», a-t-elle ajouté.
Espaces confinés et surpeuplées
Le rapport indique aussi que les enfants en détention, y compris en détention pré et post-procès, en détention pour l’immigration, détenus en relation avec un conflit armé ou la sécurité nationale, ou vivant avec des parents en détention sont souvent détenus dans des espaces confinés et surpeuplés. Ils ne bénéficient pas d’un accès adéquat aux services de nutrition, de soins de santé et d’hygiène, et sont exposés à la négligence, aux abus physiques et psychologiques et à la violence sexiste.
Nombre d’entre eux se voient refuser l’accès à un avocat et à des soins familiaux, et sont incapables de contester la légalité de leur détention.
De plus, la COVID-19 a profondément affecté la justice pour les enfants, en fermant les tribunaux et en restreignant l’accès aux services sociaux et judiciaires essentiels. Ainsi de nombreux enfants, y compris des enfants des rues, ont été détenus pour avoir enfreint les ordres de couvre-feu et les restrictions de mouvement liés à la pandémie.
Une autre analyse de l’UNICEF montre que dans le monde entier, 261 000 enfants en conflit avec la loi ; ceux qui ont été présumés, accusés ou reconnus comme ayant commis une infraction sont détenus.
Le document intitulé «Estimation du nombre d’enfants privés de liberté dans le cadre de l’administration de la justice » ; la première analyse de ce type depuis 2007 ; prévient que la tenue incomplète des dossiers et le manque de systèmes de données administratives dans de nombreux pays signifient que le nombre est probablement beaucoup plus élevé.
Mettre fin à la détention de tous les enfants
La Directrice générale de l’UNICEF a indiqué que « tout enfant détenu est la preuve de l’échec des systèmes, mais cet échec est encore plus grand », insistant que les systèmes judiciaires censés protéger et soutenir les enfants ajoutent souvent à leur souffrance.
Pour ré-imaginer la justice pour les enfants et mettre fin en toute sécurité à la détention de tous les enfants, l’UNICEF appelle les gouvernements et la société civile à agir dans différents domaines.
Il s’agit d’investir dans la sensibilisation aux droits juridiques des enfants dans les systèmes de justice et de protection sociale, en particulier pour les enfants les plus marginalisés ; développer l’aide juridique gratuite, la représentation et les services pour tous les enfants ; donner la priorité à la prévention et à l’intervention précoce dans les cas de délinquance infantile, ainsi qu’à l’orientation vers des alternatives appropriées.
Il s’agit également de mettre fin à la détention des enfants, notamment par des réformes juridiques visant à relever l’âge de la responsabilité pénale ; garantir la justice pour les enfants survivants de violences, d’abus ou d’exploitation sexuels, notamment en investissant dans des processus de justice adaptés aux enfants et aux femmes.
Par ailleurs, l’UNICEF appelle à la mise en place des tribunaux spécialisés adaptés aux enfants, ainsi que des tribunaux virtuels et mobiles.

Par Abdoulaye OUATTARA

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Intervention militaire de la France au Mali: avant Tessalit, les évacuations des bases françaises

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:52

Dans le sillage de la remise du camp de Tessalit relevant du secteur N°2 du théâtre-Est de l’opération Maliko aux Forces armées maliennes par la Force Barkhane intervenant après l’abandon de l’emprise de Kidal, conformément à l’annonce de réadaptation du dispositif militaire français par le président MACRON, il importe de revisiter un pan de l’histoire souvent tumultueuse des relations militaires avec notre partenaire historique.

20 septembre 1960 : accord sur la gestion des bases militaires
Un accord est intervenu entre la République française et la République soudanaise pour le regroupement des forces terrestres françaises stationnées à Gao, Tombouctou, Sévaré, Ségou, Nioro et Kayes sur la base de Kati.
Ce mouvement est conforme aux accords de coopération franco-maliens signés en juin dernier à Paris. Ces accords prévoyaient notamment le maintien de la base terrestre française de Kati et celui des trois bases aériennes de Bamako, Tessalit et Gao.
Aux termes de la décision franco-malienne, les diverses garnisons françaises terrestres devaient avoir réintégré la base de Kati au 1er octobre 1960. À cette même date, et selon la même décision, l’état-major de la brigade stationnée à Bamako et placée sous le commandement du général Claude Charles sera dissous. Les effectifs fiançais stationnés au Soudan n’étant pas officiellement connus, il n’est pas possible encore de connaître le chiffre total des troupes devant faire mouvement. On sait seulement, de source informée, qu’il est relativement peu important.
On apprend dans les milieux officiels que le gouvernement du Mali vient de demander le détachement, en qualité de conseillers techniques auprès des forces maliennes, de trente officiers et sous-officiers français, et qu’une demande similaire sera faite dans les prochains jours en ce qui concerne des cadres des armes spécialisées.
Concernant la gendarmerie, dont le commandant de groupement, le lieutenant-colonel Marcel Auriol, et ses officiers ont quitté Bamako, on croit savoir que, là aussi, le gouvernement fédéral envisage de faire appel à un certain nombre d’entre ses membres comme conseillers techniques.
Jeudi 22 septembre 1960 : naissance de la République du Mali
Le congrès extraordinaire de l’Union soudanaise a proclamé jeudi que la République soudanaise s’appelait désormais « République du Mali «, et qu’elle se proclamait libre de tous engagements et liens politiques à l’égard de la France. Debout et par acclamation, les congressistes ont constaté que la Fédération du Mali n’existait plus en tant qu’entité territoriale. M. Modibo KEITA a d’autre part annoncé l’instauration d’une économie socialiste planifiée, mais qui n’entraverait par les activités du secteur privé.
La proposition adoptée précise que la « République du Mali « est libre de tous engagements et de liens politiques vis-à-vis de la France.
L’Assemblée soudanaise, convoquée en session extraordinaire, a officiellement entériné les motions du Congrès de l’Union soudanaise, s’employant à renforcer l’indépendance. La totalité des compétences jusque-là détenues par la Communauté a été transférée au gouvernement malien, et les prérogatives du chef de l’État malien ont été confiées à Modibo KEITA.
La situation étant ainsi clarifiée, rien ne s’oppose plus à l’admission de la République soudanaise à l’O.N.U. sous le nom de Mali. Le gouvernement français a d’ailleurs l’intention de parrainer cette candidature auprès de l’Assemblée générale, en même temps que celle de la République du Sénégal.
La décision prise à Bamako de dégager la République du Mali de tout lien politique et de tout engagement envers la France n’implique pas de rupture totale. L’attitude adoptée est analogue à celle des dirigeants ivoiriens et de leurs amis du Conseil de l’Entente.
Le Président Modibo KEITA ne pouvait évidemment pas défendre des positions se situant en deçà de celles qui avaient été adoptées il y a trois mois par M. Houphouët-BOIGNY. D’autre part, dans l’atmosphère enfiévrée qui règne à Bamako depuis un mois le leader soudanais ne pouvait pas manquer, ne fût-ce que par concession vis-à-vis des éléments extrémistes de son parti, de se montrer très ferme dans ses propos.
Mais, pour continuer à bénéficier de l’assistance technique française, les pères fondateurs du Mali nouveau veilleront à ne pas rompre avec Paris. Ayant des problèmes pratiques à résoudre, ne souhaitant pas adopter une ligne de conduite guinéenne, dont ils ont mesuré les conséquences, ils se rallieront à la formule du statu quo. Tout au plus invoqueront-ils la caducité des accords lorsque leur application leur sera défavorable…
Un fait est significatif : au moment même où s’opère le regroupement sur la base de Kati des forces françaises stationnées sur le territoire de la République du Mali ceux qui ont proclamé la République demandent des instructeurs militaires français.

23 septembre 1960 : le télégramme de Modibo à De Gaule
Le Président Modibo KEITA a adressé un télégramme au général de Gaulle pour l’informer des décisions prises par le gouvernement de la République du Mali.
Les observateurs présents à Bamako ont remarqué à l’issue du congrès de l’Union soudanaise que les motions qui demandaient la rupture des relations diplomatiques avec la France et l’évacuation des bases militaires cédées à la France n’ont pas été retenues, à l’initiative de Jean-Marie KONE, vice-président du gouvernement.
L’attention s’est également portée sur un passage du discours de M. Idrissa DIARRA, dans lequel le secrétaire politique de l’Union soudanaise se déclarait «douloureusement peiné en constatant que certains dirigeants africains acceptent délibérément de se faire les auxiliaires de la division en Afrique, et, nous prêtant des sympathies pour telle ou telle idéologie, faisaient exprès de confondre un certain dirigisme économique avec le communisme».
26 septembre 1960 : la France reconnaît le Mali
Prenant acte que la République soudanaise avait pris le nom de République du Mali, le gouvernement français a décidé de reconnaître cette République comme État indépendant et souverain, annonce-t-on au secrétariat d’État chargé des relations avec les États de la Communauté.
Cette reconnaissance a été notifiée au Président Modibo KEITA par Wybaux, consul général de France à Bamako, lequel, en attendant que soit nommé dans cette ville un agent accrédité de chef d’État à chef d’État, ce qui exige une délibération du conseil des ministres, a été désigné en qualité de chargé d’affaires.
2 novembre 1960 : les accords diplomatiques
La République française et la République du Mali ont décidé d’élever leurs représentations diplomatiques au rang d’ambassades. Le gouvernement malien a donné son agrément à la nomination de M. Fernand Wibaux, consul général de France à Bamako, comme chargé d’affaires.
9 novembre 1960 : des accords avec la France
A la suite d’une récente déclaration de M. MESSMER, ministre des armées, sur la défense de l’Afrique, le parti gouvernemental de l’Union soudanaise (R.D.A.) a publié un communiqué spécifiant notamment :
« A) Que la République du Mali n’est liée à la République française par aucun accord, à plus forte raison de défense ;
« B) Que la mise en place de l’armée malienne a été faite dans l’esprit des accords passés entre la France et l’ex-Fédération du Mali, rendus caducs par le seul fait de la République française et dénoncés ensuite par la République du Mali ;
« C) Que les solutions empiriques adoptées par la France et la République du Mali avant de nouvelles discussions pour de futurs accords de coopération, ne sauraient avoir valeur d’accords. «
Rappelons que Pierre MESSMER, parlant au déjeuner de l’Association des journalistes d’outre-mer, avait évoqué en termes généraux le regroupement des forces françaises en Afrique noire en vertu des accords, sans faire état de la situation particulière de la République du Mali.
Le 20 janvier 1961 : la structuration de l’Armée
Le Président Modibo KEITA rappela par « décision politique » le Colonel Pinana DRABO pour jeter, sous le commandement du général SOUMARE, les bases de la nouvelle armée du Mali. Ce jour-là, le tout nouveau Commandant s’attela avec d’autres officiers, dont son frère Kélétigui DRABO, à structurer l’armée du Mali avant que le président ne demande l’évacuation des troupes coloniales, vingt jours plus tard.
Le 20 janvier 1961 : quatre mois après la proclamation solennelle de l’indépendance de la République du Mali le 22 septembre 1960, les députés, réunis en séance plénière de l’Assemblée nationale, adoptent la loi n° 61-26 qui crée le drapeau national du Mali. Celui-ci sera composé de trois bandes verticales et égales de couleur verte, or et rouge.
Trois mois plus tard, le 20 janvier 1961, après avoir été adoubé par l’Assemblée nationale et investi à l’unanimité comme Chef de l’État, le Président Modibo KEITA invite le corps diplomatique accrédité dans son pays et leur tient ce discours sans ambiguïté :
«Je vous remercie de vous être distraites de vos augustes occupations et de vos nombreuses préoccupations pour répondre à mon invitation.
L’importance de la communication exige que je vous la fasse moi-même.
À l’heure qu’il est, l’Ambassade de France en République du Mali est informée par mes soins de la décision de mon parti et de mon gouvernement de voir la France évacuer les bases militaires de Bamako, de Kati, de Gao et de Tessalit, qu’elle occupait du fait des accords franco-maliens signés à Paris le 22 juin 1960, entre elle et la Fédération du Mali et qui deviennent caducs après les événements du 19 au 20 août 1960 et l’acte de reconnaissance par la France du gouvernement du Sénégal, acte qui consacre la dislocation de la Fédération du Mali.
La République du Mali a affirmé sa volonté de coopérer avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. La décision de mon parti et de mon gouvernement ne met nullement en cause cette volonté. Elle est l’expression de notre conviction qu’à moins d’abandon volontaire de souveraineté de la part d’un État jeune ou d’accords particuliers dans le domaine de la défense, les troupes de l’ex-puissance coloniale ne peuvent stationner sur le territoire de l’ex-colonie aux côtés des troupes du jeune État. D’autre part, le peuple du Mali, l’Union Soudanaise-R.D.A., et le gouvernement de mon pays ont toujours affirmé leur option en faveur de la politique de non-alignement sur l’un ou l’autre des deux blocs. Cette attitude est en contradiction avec la présence, sur son territoire, des troupes d’une puissance étrangère et à laquelle ne le lie aucun accord et qui d’autre part est engagée dans le pacte militaire d’un bloc.
Je prie vos Excellences d’informer vos gouvernements respectifs et d’attirer leur attention sur notre ferme décision de l’évacuation rapide des troupes stationnées en République du Mali.
Je vous remercie. »
Les troupes françaises sont donc priées de plier bagage, telle est la volonté et la position clairement affirmées des nouvelles autorités souveraines de Bamako. Volonté de matérialiser l’indépendance ? Affirmation de la souveraineté ? Ou une manifestation de solidarité sans faille à l’égard du peuple frère algérien qui à travers le FLN avait était passé à la lutte armée contre l’armée coloniale ?
Les historiens diront que l’anticolonialiste, le progressiste et panafricaniste Modibo KEITA n’était pas homme à laisser sur son territoire une armée coloniale continuer de dominer et d’asservir un peuple frère qui lutte pour recouvre sa liberté et sa dignité. Mais ça, c’est une autre histoire.
Continuons et disons simplement comme le président de l’AMEMOK (Association pour la Mémoire de Modibo KEITA), M. Sanounou KEITA que « dans les conditions de l’époque, pour les combattants de l’indépendance, ce fût un acte courageux, téméraire, patriotique et surtout visionnaire de créer dès le 1er octobre 1960 notre armée et d’exiger dès le 20 janvier 1961 l’évacuation des bases militaires maliennes qui étaient occupées par les troupes coloniales».
Mais l’Histoire retiendra que c’est à partir du juin 1961 que l’armée coloniale a commencé son retrait de notre territoire. Ainsi, de juin à septembre 1961, toutes les bases françaises ont été évacuées. La dernière, la Base 162 de Bamako, actuelle Place d’armes du Génie, sera évacuée le 5 septembre 1961.
C’est donc, ce 5 septembre 1961, et non le 20 janvier 1961, que le dernier contingent des militaires français a quitté le sol malien. À cette occasion une cérémonie militaire solennelle a été organisée au cours de laquelle le drapeau malien a été hissé à la place du drapeau français. C’est pour cette raison du reste que l’avenue reliant le Monument de la paix et celui de l’Indépendance sera baptisée, « Avenue du 5 septembre 1961 ».
20 janvier 1961 : volonté de normalisation des rapports
Malgré les incompréhensions de première heure (l’éclatement de la Fédération du Mali, le problème de l’admission du Mali à l’ONU, l’évacuation des bases militaires françaises à la demande du gouvernement de Modibo KEITA) la volonté de normaliser les rapports entre les deux pays était réelle, de part et d’autre. De Gaulle dépêcha auprès de Modibo KEITA André MALRAUX, lequel a défini ainsi les bases de la coopération entre le Mali et la France, le 20 janvier 1961, dans une déclaration au moment de l’évacuation des bases militaires françaises.
Les rapports franco-maliens, qui sont entrés dans une phase de tension depuis le 22 septembre 1960, date à laquelle le Mali décida de rompre tout lien politique avec la France, ont besoin d’être normalisés. Autant la situation des fonctionnaires français détachés au Mali doit faire l’objet d’un examen attentif, autant l’évacuation des bases militaires françaises en territoire malien réclamée par le gouvernement le 20 Janvier 1961 doit faire l’objet d’un suivi de part et d’autre. Au-delà, il y a les relations économiques, et financières, à évaluer le Mali étant devenu indépendant et restant toujours dans la zone franc.
Ces relations peuvent être envisagées au plan bilatéral et au plan multilatéral dans le cadre ouest-africain notamment des pays ayant en usage le franc CFA.
23 janvier 1961 : conditions techniques de l’évacuation des troupes françaises
À Gao où est installée l’une des quatre bases militaires françaises au Mali, on accueille sans aucune la décision du président Modibo Keita de demander à la France d’évacuer toutes ses installations militaires dans l’ex-Soudan. En effet, cette demande était attendue depuis que le gouvernement soudanais devenu malien avait fait connaître en septembre dernier qu’il considérait comme caducs les accords de défense signés entre la France et la Fédération du Mali du fait de l’éclatement de cette dernière et de la reconnaissance du Sénégal par la France.
Les effectifs militaires stationnés à Gao – base aérienne – avaient d’ailleurs été considérablement diminués et une quarantaine d’Européens seulement y sont encore installés.
On affectait cependant sur place de croire officiellement qu’un « modus vivendi « pourrait être trouvé, et, ces derniers jours encore, des travaux avaient été entrepris à la base de Tessalit, située au nord de Gao, à la frontière algérienne.
Les parties s’accordent à dire que des négociations vont s’ouvrir pour fixer les conditions techniques de l’évacuation des troupes françaises demanderont un certain temps. En effet, le Mali souhaite que le départ des militaires français s’effectue sans que ses transports intérieurs en soient affectés. Or l’infrastructure des aéroports de Gao et surtout de Bamako sont pour le moment confiés aux militaires français et il faudra un certain délai pour assurer la relève.
On estime d’autre part que le fait que le président Modibo Keita ait tenu à se réserver les deux portefeuilles de la défense et des affaires étrangères dans les circonstances actuelles est révélateur de la sensibilité du dossier coté malien.
Annonçant la décision malienne à propos des bases françaises, le président Modibo KEITA a d’ailleurs souligné devant le corps diplomatique réuni à cet effet que cette décision « de son parti et de son gouvernement ne mettait nullement en cause la volonté de la République du Mali de coopérer avec la France sur la base de la non-ingérence dans nos affaires intérieures et du respect de notre souveraineté. «
22 mars 1961 : des camions quittent Kati pour Abidjan
Une centaine de camions transportant du matériel militaire ont quitté mercredi 22 mars 1961 la base française de Kati à destination d’Abidjan.
Kati est, avec Gao, Bamako et Tessalit, une des quatre bases militaires françaises existant encore au Mali, dont l’évacuation avait été demandée par le gouvernement malien. Un second convoi, composé de deux jeeps et deux camions transportant une trentaine de chauffeurs militaires, partira de Gao pour Bamako les 8 et 27 avril 1961.
4 avril 1961 : accord complet avec la France
Les négociations « franco-maliennes » (fédération du Mali s’entend) se sont terminées ce matin jeudi 31 mars 1961. Les deux délégations sont parvenues à un accord complet sur les derniers points qui restaient à résoudre. Elles se sont félicitées de l’esprit de compréhension et d’amitié qui a constamment animé les négociations. Cette réunion met le point final aux négociations franco-maliennes. La signature ou le paraphe des accords définitifs « franco-maliens » est intervenu le lundi 4 avril 1961, à 9 h. 30, à l’hôtel Matignon.
Côté du Mali (fédération s’entend) participait notamment aux pourparlers de jeudi matin : Senghor, président de l’Assemblée législative du Mali, qui présidait la délégation malienne ; Modibo KEITA, président du gouvernement fédéral du Mali ; Mamadou DIA, chef du gouvernement sénégalais, vice-président du gouvernement fédéral du Mali, et Lamine-GUEYE, président de l’Assemblée législative du Sénégal.
La Fédération du Mali et la République malgache présenteront leur candidature à l’O.N.U. sous parrainage français. Les deux États auront une représentation diplomatique propre dans certains pays, dont le choix est laissé à leur discrétion. Dans tous les autres cas la République française assurera la défense de leurs intérêts, étant entendu que chacune de nos missions diplomatiques à l’étranger pourra accueillir un national malien (Malien et Sénégalais) sur la demande de son gouvernement.
Les hauts commissaires à Dakar et à Tananarive seront remplacés par un « haut représentant «, titre que portera également le représentant de la Fédération du Mali à Paris.
Sur le plan de la coopération militaire que va-t-il se passer ? Il y aura-t-il «cession» ou «libre disposition» des bases militaires ?
À partir de la signature des « accords franco-maliens », la France disposera d’un Bureau d’aide militaire à Dakar et la Fédération du Mali, qui comprendra une armée de quatre mille à cinq mille hommes, «cède» à l’armée de la Communauté les bases qui lui sont nécessaires, dont Dakar, Tessalit et Bamako.
Mais cet accord ne sera jamais mis en œuvre en raison de la rupture entre le Mali et le Sénégal.
11 avril 1961 : l’évacuation des bases françaises se poursuit
Dans un discours qu’il a prononcé à Gao, au cours d’un voyage d’inspection dans la boucle du Niger, le président Modibo Keita a déclaré le mardi 11 avril 1961 : «l’évacuation des bases françaises au Mali a commencé et elle est même assez avancée.
Notre demande n’est pas fondée sur une hostilité à l’égard de la France, mais il est inconcevable qu’un pays indépendant ait sur son sol une armée étrangère destinée à mater les velléités de lutte pour l’indépendance… Je pense que les dirigeants et les officiers français comprendront notre position et feront en sorte que cette évacuation soit opérée rapidement et sans difficulté aucune pour conserver la confiance réciproque entre les deux pays et permettre au Mali de coopérer avec la France comme avec tous les autres pays. «
2 mai 1961 : Modibo reçoit un émissaire de Gaule
Maintenant qu’un accord est trouvé sur la défunte Fédération, il faut à présent chercher à normaliser les relations entre les deux pays.
C’est dans ce cadre qu’André Malraux, ministre d’État chargé des affaires culturelles, arrive le mardi 2 mai 1961 à Bamako, où il est envoyé en mission par le général de Gaulle afin de rencontrer Modibo KEITA, et lui transmettre un message de sa part.
Si aucune information filtré de la rencontre sur l’objet de cette mission officielle, l’on s’accorde à dire dans les milieux parisiens que celle-ci avait pour but de passer en revue l’ensemble des relations franco-maliennes. Dans ce cadre général, André Malraux qui avait l’estime et le respect du président Modibo Keïta étudierait les conditions dans lesquelles pourrait s’exercer l’aide technique au Mali.
Le ministre a donné mardi à Bamako une réception à laquelle assistaient de nombreuses personnalités du Mali, dont Madeira Keita, ministre de l’Intérieur et de l’information, ainsi que le corps diplomatique et des représentants de la colonie française de Bamako
L’ambassade de France a publié un communiqué précisant que l’entretien entre le chef de l’État malien et le ministre d’État avait été très cordial et que le message personnel du général de Gaulle concernait, selon des indications officieuses, l’ensemble des relations franco-maliennes et l’avenir de ces relations.
8 mai 1961 : l’envoyé personnel de Modibo à l’Élysée
Le général de Gaulle a reçu lundi après-midi 8 mai 1961, à l’Élysée, le Dr Seydou Badian KOUYATE, ministre de l’Économie rurale, envoyé personnel de Modibo KEITA. Le Dr Kouyaté a remis au chef de l’État français un message personnel du président de la République du Mali. Ce document répond à la lettre personnelle que le général de Gaulle que le président Modibo Keita avait reçu la semaine dernière à travers André Malraux, ministre d’État français chargé des affaires culturelles.
7 juin 1961 : la base de Kati évacuée
Concomitamment à ces négociations, Kati, la plus importante base militaire française au Mali, a été complètement évacuée mercredi 7 juin 1961. Elle comprenait un matériel considérable et un personnel essentiellement constitué par des troupes appartenant à l’infanterie de marine. Matériel et personnel ont été évacués sur Dakar et Bobo-Dioulasso.
Le communiqué officiel du secrétariat d’État français à la défense et à la sécurité annonçant la fin de l’évacuation précise que les bâtiments et les installations diverses que comprenait cette base ont été entièrement transférés au gouvernement du Mali à compter de cette date.
Restent en cours d’évacuation les bases aériennes de Bamako, Tessalit et Gao.
13 juillet 1961 : évacuation de la base de Tessalit
La base aérienne de Tessalit, située sur les confins sahariens, à la frontière nord du Mali, a été entièrement évacuée par les forces françaises, conformément à la demande malienne, et remise au secrétariat d’État malien à la défense.
Le communiqué malien annonçant cette évacuation indique que celle-ci s’est déroulée dans de bonnes conditions.
1er septembre 1961 : évacuation de la base de Bamako
Le gouvernement malien a annoncé officiellement que «l’évacuation du territoire malien par les forces françaises est entrée dans sa phase finale».
Un train spécial a transporté de Bamako à Dakar 812 tonnes de matériel militaire. Ce matériel est évacué vers la base aérienne de Bel-Air, au Sénégal. D’autres matériels militaires sont évacués par avions et cargos. Ces matériels proviennent de la dernière base française restant au Mali, qui est la base aérienne de Bamako.
Les trois autres bases françaises qui restaient au Mali lors de la demande d’évacuation des bases formulée par notre pays ont déjà été évacuées au cours des derniers mois.
5 septembre 1961 : fin de l’évacuation des bases françaises dans notre pays
Les forces françaises ont terminé mardi l’évacuation du territoire malien. Le dernier détachement français a quitté, en effet, la base aérienne de Bamako, qui était la dernière base militaire à être encore occupée par l’armée française.
Le départ de l’armée française de la base de Bamako termine ce cycle d’évacuation, met fin également à la période de soixante-dix-huit années d’occupation militaire totale française de notre pays.
A cette occasion, Mamadou Diakité, secrétaire d’État malien à la défense et à la sécurité, a déclaré notamment que si le début de l’évacuation des bases françaises du Mali avait donné lieu à quelques difficultés, cette évacuation s’était déroulée de façon satisfaisante. Toutes choses qui, dit-il, « laissent bien augurer des relations futures entre la France et le Mali «.
Rappelons que l’évacuation des bases françaises avait été officiellement demandée par le Mail le 20 janvier 1961 par Modibo Keïta. Quatre bases françaises restaient alors au Mail. Trois d’entre elles, comme celles de Kati, Tessalit et Gao, furent évacuées respectivement les 8 juin, 6 Juillet et 2 août. Le départ de l’armée française de la base de Bamako termine ce cycle d’évacuation, met fin également à la période de soixante-dix-huit années qui s’est «coulée depuis l’occupation militaire française de l’ancienne colonie du Soudan.

21 mai 1962 : signature de plusieurs accords à Moscou
Le président Modibo Keita est arrivé ce lundi matin 21 mai 1962 à Moscou pour une visite officielle d’une dizaine de jours, la première que le chef du jeune État africain entreprenne dans les pays de l’Est. Accueilli à l’aéroport par M. Khrouchtchev lui-même, retour de Bulgarie, et conduit aussitôt à sa résidence du Kremlin, comme tous les chefs d’État, le président Modibo Keita a eu avec le chef du gouvernement et les autres dirigeants soviétiques plusieurs entretiens. Il a entrepris ensuite un voyage en province qui l’a conduit notamment à Sotchi, à Tachkent et à Leningrad. Après son départ de Moscou, le 31 mai 1962, le Président Modibo Keïta s’est rendu à Prague puis en Allemagne fédérale.
Les relations soviéto-maliennes ont été établies il y a un peu plus d’un an. Ouvertes en fait par les accords militaires conclus à Moscou en février 1961, elles avaient abouti notamment à la fourniture de matériel, elles prirent leur départ officiel en mars de la même année, avec l’arrivée dans la capitale soviétique Madeira Keita, à l’époque ministre de l’Intérieur et de l’information. Plusieurs accords furent conclus à l’issue de cette visite, notamment un traité de coopération militaire, économique et technique assorti d’un crédit de 40 millions de roubles, ainsi qu’un accord d’échanges culturels. Peu après, le premier ambassadeur du Mali, M. Mamadou Keita, prenait son poste à Moscou.

Source : archives Info-Matin

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Cabale contre HOUSSEINI AMION GUINDO: à chaque transition son homme à abattre !

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:43

Avec un déficit démocratique, un analphabétisme chronique, un envahissement des demi lettrés qui se prennent pour des experts, la malhonnêteté intellectuelle de certains hauts cadres et les agissements des politiques virtuels, l’opinion nationale ne peut jamais être à l’abri de manipulation grotesque lourde de conséquence. Après le feuilleton Soumaila CISSE avec la junte dirigée par Amadou Aya SANOGO en 2012, c’est le tour de Housseini Amion GUINDO de faire aujourd’hui les frais de ses prises de position. Faute d’être dans les prédispositions pour convaincre, la meute à la solde du diable pense pouvoir vaincre sur la base du mensonge et de la ruse. Devenu l’homme à abattre par tous les moyens, son cas révèle un bégaiement de l’histoire synonyme d’immaturité démocratique. Une posture qui n’intimidera pas l’homme selon plusieurs proches.
Pour des considérations personnelles égoïstes, au Mali chaque junte à son homme politique à abattre par tous les moyens. Faute de pouvoir répondre aux aspirations réelles du peuple, le conditionnement de l’opinion sur du faux est devenu l’exercice favori des autorités transitoires. Allergique à toutes contradictions comme à l’époque du parti unique, ils sont à la recherche permanente de bouc émissaire idéal pour masquer leur carence que nous savons congénitale.
Pourtant, le cas de Soumaila CISSE en 2012 aurait dû refroidir les ardeurs de ceux qui sont dans le déni total de la réalité et de la vérité aujourd’hui. En leader conscient de ce qu’il faisait, le fondateur de l’URD avait maintenu le cap contre les auteurs du coup d’Etat de 2012, malgré une hostilité qui avait failli lui coûter la vie. La suite est connue. Avant sa mort, il était devenu la coqueluche d’un peuple qui l’avait pourtant vilipendé et honni pour servir la cause qui avait leur agenda au sommet de l’État. Une manière pour eux peut être de se racheter après l’échec de celui pour qui ils avaient été conditionnés comme bétail électoral.
Malgré cet épisode riche en enseignement, revoilà l’histoire qui se répète honteusement avec Housseini Amion GUINDO. Dans le Malikoura de certains, l’homme n’est plus jugé à travers ses actes à la tâche, mais plutôt pour son opinion aussi véridique que cela puisse être au gré des intérêts des princes du jour.
Connaissant Poulo, nul ne parie sur un fléchissement avant qu’il ne soit réellement convaincu du cap pris par les autorités de la transition en faveur du bien-être des Maliens. N’en déplaise aux politiques virtuels et propagandistes virtuels, Housseini Amion GUINDO continuera à demander des explications et à alerter sans coup férir sur les dérives qui peuvent compromettre l’avenir de notre pays. Les injures grotesques et les tentatives de déstabilisation de son parti n’y changeront rien.
‘’ Se taire quand on n’est pas convaincu, c’est trahir ceux qui nous ont permis d’être la 4e force politique du pays. Ma légitimité n’est pas tronquée, elle n’est pas le fruit de la rue ou des armes. Je ne me reproche rien dans tout ce que j’ai fait pour le pays dans l’exercice de mes missions. Pourquoi vais-je me taire pour faire plaisir à X ou Y ? Il appartient aux autorités de la transition de nous faire mentir à travers non seulement des actions concrètes pour soulager le peuple pris à la gorge par la cherté de la vie et l’insécurité, mais aussi dans le sens du respect de leurs engagements. Sans cela, nous allons continuer à exiger non seulement qu’elles respectent le délai imparti à la transition, mais également qu’elles expliquent au peuple les tenants et les aboutissants de leur politique qui nous donne des sueurs froides. Si cela est un crime dans une démocratie, donc nous préférons être des criminels plutôt que d’assister passivement à la déchéance programmée de notre pays’’, martèle Poulo à qui veut l’entendre.
Pour le président du Parti Convergence pour le Développement du Mali (CODEM), la cabale sciemment entretenue contre sa personne est un non-évènement. En attendant que le temps se charge de répondre à ses détracteurs payés à la tâche, l’ex-député de Sikasso croit dur comme fer qu’aucun sacrifice n’est de trop pour sa seule patrie. Puisque le chien aboie, la caravane passe, chacun est libre dans son rôle.

MOUSSA COULIBALY
Correspondance particulière

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Assises nationales: l’Adema-PASJ apporte son soutien au processus

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:40

Le Président de la Transition, SE le Colonel Assimi GOÏTA, Chef de l’État, a reçu en audience, le mardi 16 novembre 2021, une délégation de l’ADEMA-PASJ, conduite par Marimantia DIARRA, Président du parti. L’ordre du jour de cette visite était la tenue des Assises nationales de la Refondation.
En plus du Cabinet du Président de la Transition, le ministre de la Refondation de l’État, Chargé des relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa MAÏGA, était présent à cette rencontre.
« Nous avons pensé que nous avions un mot à dire sur les Assises nationales de la Refondation et que les Termes de références ne devaient pas être considérés comme bouclés, mais toujours susceptibles de recevoir une participation des autres forces politiques pour la réussite complète de ce processus », a confié Marimantia DIARRA, à sa sortie d’audience.
Le Président de l’ADEMA-PASJ a souligné la position de son parti qui vise à prendre part à ces Assises nationales, qui se tiendront en décembre prochain. Cette décision du parti de l’ « Abeille », est consécutive au « congrès qui a mis en place une nouvelle direction et qui a donné des instructions d’aller dans le sens des Assises nationales pour la Refondation ».
Le souci majeur de ce parti politique, était surtout l’inclusivité de ce processus essentiel pour la Réforme de l’État au Mali. Mais à travers cette rencontre avec le Président GOÏTA, les hôtes du jour se sont rendus compte, après avoir donné les orientations de leur position, qu’ils poussaient « une porte déjà ouverte ».
Le Président de la Transition les a rassurés que la réussite des Assises reste possible à condition que tous les Maliens veuillent s’inscrire dans la même dynamique d’échange sur la situation du pays pour une issue favorable.
« Il est indispensable que l’essentiel des forces politiques maliennes participe à ces Assises pour que tous les Maliens parlent de la même voix afin de résoudre les problèmes qui assaillent le pays », a souligné M. DIARRA tout en marquant sa grande satisfaction d’avoir été reçu en compagnie de ses collaborateurs, par le Président de la Transition.

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Délocalisation surprise du port sec de Nonsombougou: le CIDEB crie au favoritisme des autorités nationales

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:37

Le Congrès d’initiative pour le développement de Bélédougou (CIDEB) vient d’interpeller les autorités de la Transition suite à la délocalisation surprise des travaux de construction du port sec de Nonsombougou à Dognoumana, dans la commune rurale de Safo. C’était au cours d’une conférence de presse animée, ce lundi 15 novembre 2021, dans la salle de l’Indépendance du Lycée technique de Bamako par les responsables du CIDEB, en présence de plusieurs ressortissants de Bélédougou.

La conférence était animée par Mohamed Cherif DIARRA, Président du CISEB et Fassoun COULIBALY, 2e adjoint au maire de Nonsombougou. Ils avaient à leurs côtés d’autres responsables du CIDEB, dont Dr Tièman DIARRA dit Madian, secrétaire général du CIDEB ;Mandé Alpha DIARRA, Sounkalo DIARRA ; etc.
L’objectif de la rencontre, selon les initiateurs, était d’informer l’opinion nationale et internationale sur le non-respect du décret n° 2020-0244/PR-M du 8 mai 2020 par les autorités nationales, portant approbation du contrat de concession relatif à la conception, au financement, à la construction, à l’exploitation, à la maintenance de la plateforme logistique de Nonsombougou.
Les conférenciers ont interpellé les autorités de la Transition quant au respect strict du décret n° 2020-0244/PR-M du 8 mai 2020 portant approbation du contrat de concession relatif à la conception, au financement, à la construction, à l’exploitation, à la maintenance de la plateforme logistique de Nonsombougou.
Aux dires des responsables du CIDEB, le choix de Nonsombougou est le résultat de plusieurs missions techniques du ministère des Transports et des Infrastructures.
« Ces missions coordonnées par le Congrès d’initiative pour le développement de Bélédougou ont permis de pallier à toutes les inquiétudes, réticences et méfiances des propriétaires de l’espace et d’aboutir à un consensus entre les villages et les deux communes concernées, à savoir Nonsombougou et Safo. Un accord pour la gestion par intercommunalité a été conclu entre les différentes parties. Donc, il n’y avait plus d’objection à la mise à disposition de l’espace devant recevoir la plateforme. Le nom de la plateforme de ‘’Kwodialanda’’, même s’il n’a pas été retenu par l’administration, a été proposé par les populations des villages environnants du site », a expliqué Mohamed Cherif DIARRA.
Alors, s’interrogent-ils, qu’est-ce qui s’est passé depuis pour que le ministère des Transports et des Infrastructures, les autorités administratives de Koulikoro et de Kolokani se rencontrent pour proposer la délocalisation de la plateforme de Nonsombougou à Dognoumana(Safo) ? Quelle est la valeur du décret gouvernemental toujours en vigueur ?
Pour le minimum de respect, selon les conférenciers, les chefs de villages, les élus et les populations des différents villages concernés des communes d’Ouolodo et Nonsombougou qui ont été mobilisés pendant toute la période d’enquête devraient être informés de la délocalisation du site de ce port sec à Dognoumana.
Selon les animateurs de la conférence, une plateforme logistique de Nonsombougou et la route de désengorgement des postes de Kati répondent à ce besoin. Ils ont informé qu’une mission technique de la région de Koulikoro, du district de Bamako et du cercle de Kolokani avait visité l’espace en amont de l’embranchement des deux routes : RN3 et la nouvelle en construction qui traverse Nonsombougou-Safo-Dialakorodji.
« Mais, à la surprise générale, les travaux de la plateforme ont commencé sur un autre site situé à Dognoumana (commune rurale de Safo). Les investigations ont révélé qu’il s’agit bien du port sec destiné à Nonsombougou », dénoncent-ils.
Pour les responsables du Congrès d’initiative pour le développement de Bélédougou, une correspondance a été déjà adressée au ministère des Transports et des Infrastructures sur la question.
Enfin, ils demandent simplement aux autorités de la Transition le respect du décret pris par un Président de la République, sinon que d’autres actions de protestation seront menées dans les prochains jours.

Par SABA BALLO

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Convention nationale pour une Afrique Solidaire – FASO HERE: le Mali pour tous, des chances egales pour chacun!

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:33

Communiqué de presse de la CNAS-Faso Hèrè sur les récents développements de la crise multidimensionnelle qui secoue le Mali
Le Bureau Politique National de la CNAS-Faso Hèrè condamne avec la dernière vigueur la tentative d’enlèvement de M. Housseyni Amion Guindo, le leader de la Codem et Président en exercice du Cadre des Partis Politiques pour une Transition Réussie. Qu’il s’agisse d’un acte crapuleux de droit commun ou d’une manœuvre à motivations politiques, ce grave évènement dénote une atmosphère politique et sociale de plus en plus délétère dans laquelle plonge notre cher pays, le Mali, où la violence verbale et les menaces à peine voilées de violence physique contre tous ceux qui refusent d’enfourcher la trompette des chantres de la Restauration anti-26 mars 1991 deviennent légion sur les ondes et les réseaux sociaux. En tout état de cause, il revient aux pouvoirs publics non seulement d’assumer leurs responsabilités régaliennes en matière de sécurité des citoyens et de leurs biens, mais aussi de diligenter une enquête indépendante permettant de retrouver et de présenter devant la justice les auteurs et commanditaires de cet odieux acte qui ne saurait rester impuni.
La CNAS-Faso Hèrè note avec beaucoup de regret que c’est aussi le moment choisi par les autorités pour tenter de remettre en selle, tout comme l’avaient tenté l’Accord antinational d’Alger de mai 2015 et le projet démocraticide avorté de révision constitutionnelle de 2017, de soi-disant ‘’légitimités traditionnelles et religieuses’’ abusivement présentées comme incarnation et dépositaires de nos valeurs de dignité, de patriotisme, de droiture, de dévouement à la cause du Peuple et d’attachement à la vérité, toutes affirmations hasardeuses qu’ont éloquemment démenties les propos dithyrambiques de ce chef de village prétendant contre toute évidence que la sécurité règne dans sa région.
C’est l’occasion de rappeler que, notre pays ayant subi plusieurs vagues successives ou concomitantes d’invasions, de soumission à la traite inhumaine des esclaves et de colonisation par des forces extérieures ayant chacune installé ou adoubé ses «chefs’’ traditionnels souvent d’origine étrangère comme autant de suppôts et de relais de leur pouvoir et de leur système d’exploitation et d’oppression des populations, rares sont les ‘’autorités traditionnelles et religieuses’’ qui peuvent se prévaloir d’une légitimité historique certaine.
Plus récemment encore, à de rares exceptions près, la plupart de ces soit disant ‘’légitimités traditionnelles’’ ont appuyé la colonisation en se rangeant dans le camp opposé à la lutte héroïque de notre Peuple pour arracher son indépendance et sa souveraineté et en nourrissant les velléités séparatistes dans le Septentrion de notre pays. Il n’est point étonnant que les forces patriotiques finalement victorieuses des compétitions politiques et électorales en 1957, en 1959 et en 1960, aient à juste titre supprimé la chefferie traditionnelle héritée de la féodalité ou de l’esclavage et largement complice de la colonisation d’une part, en y substituant une institution démocratique en la forme de conseils de villages ou de fractions élus élisant en leur sein un chef de village ou de fraction et d’autre part, en adoptant une loi interdisant la tenue de réunions ou de propos politiques sur les lieux de culte.
Il n’est pas sans intérêt de noter que c’est seulement à la suite du coup d’Etat antinational du 19 novembre 1968, inspiré par l’ex-puissance coloniale et ce ‘’Sage de l’Afrique » qui, déjà même avant l’Indépendance, avait menacé le Président Modibo Keïta de le ‘’liquider au Soudan en mobilisant contre lui ces chefferies traditionnelles et religieuses’’, que ces forces largement obscurantistes exploitant pour la plupart la misère et le désarroi des couches populaires ont été remises en selle. De longues années durant, elles se sont rangées du côté de la dictature du CMLN/UDPM sur le dos du Peuple. Seules de rares voix provenant d’une confession religieuse minoritaire ont eu le courage de se faire l’écho de la misère de la majorité opprimée dans les enceintes officielles.
Au demeurant, il y a lieu de noter qu’il existe une corrélation positive entre l’intrusion de ces soit disant « légitimités traditionnelles et religieuses » dans le champ institutionnel politique et la déchéance de l’Etat républicain et de son autorité.
Enfin, la République est à l’antipode du pouvoir héréditaire. Vouloir remettre en selle de soit disant « légitimités traditionnelles et religieuses », y compris celles hostiles à la laïcité de l’Etat, ce principe cardinal inscrit tant dans la Constitution du 22 septembre 1960 que dans celles du 2 juin 1974 et du 12 janvier 1992, revient donc à violer la Constitution et à tenter de faire faire marche arrière à la Roue de l’Histoire, une œuvre impossible nonobstant les inévitables vicissitudes de celle-là.
Parti de l’avant-garde militante et révolutionnaire du Peuple malien, la CNAS-Faso Hèrè engage l’ensemble des forces politiques et sociales progressistes, républicaines, démocratiques et panafricanistes à redoubler de vigilance et de détermination pour défendre et faire prévaloir les valeurs et les acquis du 22 septembre 1960, du 20 janvier 1961, du 25 mai 1963 et de la Révolution Démocratique et Populaire du 26 mars 1991, notamment la Constitution du 12 janvier 1992 et les principes et libertés démocratiques qu’elle consacre.
Le Mali pour tous, des chances égales pour chacun/chacune !
Fait à Bamako, le 15 novembre 2021
Pour le Bureau Politique National
Le Secrétaire Général
Soumana Tangara

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Opération d’immatriculation: forte odeur de magouille

INFO-MATIN - Wed, 17/11/2021 - 13:30

Le Ministre des Transports et des Infrastructures, Mme DEMBELE Madina SISSOKO, a procédé, ce lundi 15 novembre 2021, au lancement d’une opération spéciale d’immatriculation des tricycles, motos taxis et vélomoteurs et la délivrance de permis de conduire. Si cette initiative est jugée nécessaire par les autorités pour mettre un peu d’ordre dans ce secteur, notamment dans la capitale, sur la toile l’annonce de cette opération est accueillie avec beaucoup de circonspection. En plus du timing qui pose problème (vie chère, rentrée scolaire), la majorité des internautes pense qu’elle sera une nouvelle occasion pour les agents chargés de la délivrance de ces pièces de se faire remplir poches.
C’est le sujet de votre Facebookan du jour…

Sekou Kone Dit Airness : ça sous-entend qu’après ça ils ne vont pas payer les 500 francs quotidiens aux postes de Police ?

Mahamadou Traore : des mesures impopulaires pour accélérer la chute de la transition. L’opération n’est pas mal en soi, mais force est de constater qu’une corruption généralisée sera mise en place autour de cette opération par les acteurs de délivrance.

Moussa Telly : l’immatriculation des engins est une bonne chose, mais il faut que le gouvernement veille sur la délivrance.

Yigouxassadinka Siré ; même avec ça, la Police continuera à nous piquer les 500 francs, quel pays !

Marc Dara : prochaine étape, le déguerpissent des voies du district (véhicules qui obstruent les voies, les quincailleries et autres commerçants qui utilisent la chaussée et les trottoirs comme leur étal, etc.) avec des amendes conséquentes pour les contrevenants. Bonne continuation et ne lâchez pas le morceau. Avec ça, on sentira le Malikoura. Aucun pays ne se développe dans l’anarchie !

Yigouxassadinka Siré : vous feriez mieux de réparer nos routes et de mettre les panneaux de limitation de vitesse partout et des panneaux au niveau des passages piétons. Nous sommes dans un pays où le piéton se débrouille pour traverser la route ; franchement madame la ministre de Transports et des infrastructures, vous avez beaucoup de défis et rien n’est fait.

Al Hassane Hama Thiao : il faut finir l’immatriculation des véhicules d’abord, les plaques CH, on n’en veut plus dans la circulation.

Abdoulaye Traoré : suivant ce communiqué n°15, il est impératif d’indiquer aussi les démarches administratives pour accélérer le processus et éviter d’être escroqué.

Dramane Dramé : oh patronne du MTI, comment pouvez-vous vouloir et lancer cette opération et ne mettre aucune ressource à la disposition de ces agents devant assurer sa bonne tenue ? Une cause perdue d’avance !

Sekou Doumbia : nous demandons aux porteurs d’uniforme d’immatriculer leurs véhicules.

Aboudrame Traoré : payant ou gratuit, en tout cas c’est une bonne initiative.

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Vie chère: toute la vérité !

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:32

Dans un contexte où les facteurs endogènes et exogènes menacent l’approvisionnement du pays, le Gouvernement engage de vigoureuses mesures de mitigation pour rendre accessibles aux consommateurs les prix des denrées de grande consommation. Quels sont les boulets que traîne le pays ? Quelle est la situation des stocks disponibles auprès des principaux importateurs ? Quel est le plan de riposte des autorités de la Transition ? Le ministre de l’industrie et du Commerce, Mahmoud Ould MOHAMED, apporte des réponses.

C’est une promesse faite lors de sa conférence de presse du 10 septembre 2021 de rencontrer régulièrement la presse pour faire le point de l’état d’approvisionnement du pays en produits de première nécessité et présenter l’évolution des prix à la consommation. Promesse tenue puisque le ministre Ould MOHAMED était de nouveau face à la presse, ce vendredi 5 novembre, pour informer les populations et tordre le cou aux rumeurs qui sont charriées par des plateformes et les réseaux sociaux.

Les hypothèques sur l’approvisionnement
Nonobstant la mise en œuvre d’une agressive campagne de manipulation tendancieuse, souvent perverse ayant pour fonds de commerce le comportement du marché, les autorités ne peuvent faire l’insulte à l’intelligence des Maliens de nier l’existence de facteurs endogènes et exogènes qui menacent l’approvisionnement de notre pays.
Ainsi, au plan national, diagnostiquent les sources autorisées, la persistance des conflits communautaires en plusieurs endroits du centre et du nord du pays perturbe les circuits commerciaux intérieurs.
«Cette situation couplées à la baisse de la pluviométrie ou son arrêt précoce par endroit, laisse planer de fortes incertitudes dans l’atteinte des objectifs de la campagne agricole en cours en termes de disponibilité alimentaire ».
Les mêmes sources pointent du doigt le fait que les offres de céréales sur les marchés ruraux suivis par l’Observatoire du Marché Agricole (OMA) suffisent à peine à couvrir les demandes des collecteurs et des marchands en ce début de démarrage des récoles.
En ce qui est des facteurs exogènes, souligne-t-on, notre pays importe 70% de ses besoins alimentaires. Ce qui le rend vulnérable aux perturbations du marché international.
L’on explique que la reprise des activités économiques, après une année 2020 marquée par l’adoption par plusieurs pays de mesures de riposte visant à contenir la pandémie du COVID-19, se caractérise par une forte demande mondiale des produits de base créant une vive tension sur les prix mondiaux des matières premières.

La situation des stocks
Sur le plan des stocks disponibles auprès des principaux importateurs, le ministre de l’Industrie et du commerce ne s’inscrit ni dans le négationnisme ni dans le révisionnisme. Il présente le tableau suivant : 50 000 tonnes de riz ; 33 000 tonnes de sucre ; 6 000 tonnes de lait et 8 000 tonnes d’huile alimentaire ne couvrant respectivement que 17, 58, 60 et 20 jours de consommation nationale.
Il rappelle que nonobstant l’adoption par le Gouvernement de transition de mesures d’incitation fiscales au cordon douanier en réponse aux effets du COVID-19, les opérateurs économiques retenus n’arrivent pas à effectuer à souhait leurs transactions commerciales en raison de la rareté des conteneurs, du renchérissement des prix des denrées sur le marché international et des frais maritimes et logistiques.
Ceci expliquant cela, nous apprend-on, les importations effectuées durant les trois premiers trimestres de 2021 ne correspondent qu’à quatre, dix, sept et trois mois de consommation nationale respectivement de riz, de sucre, d’huile alimentaire et de lait.
Mais, il y a d’autres écueils à traverser.

La dictature des cours mondiaux
Notre pays étant importateur à 70% de ses besoins alimentaires, subit forcément la loi des cours mondiaux qui connaissent une vive tension. Ceci s’explique, selon le responsable départemental, par le fait que l’inadéquation entre la forte demande mondiale de base et l’offre mondiale qui stagne couplée au renchérissement du coût du fret maritime et de la logistique (indisponibilité des bateaux, raréfaction des conteneurs) engendre l’augmentation de leurs cours mondiaux.
Ainsi, dévoile-t-on, le cours du sucre s’établit à 502,2 dollars la tonne, en hausse de 12% par rapport au mois de juillet 2021. Celui de l’huile alimentaire est à 1 256 dollars la tonne soit une augmentation de 21% comparativement à son niveau de juillet 2021.
Le blé, le riz, tout comme l’huile alimentaire et le sucre connaissent des hausses de 33,13% et 4% par rapport à l’année passée culminant respectivement à 278,250 euros la tonne et 360 dollars la tonne.
Le Gouvernement qui n’est pas dans le déni, confesse que des tensions sont perceptibles sur les marchés couverts par les services techniques du ministère de l’Industrie et du commerce avec des prix des produits de première nécessité relevés, au cours de la semaine du 18 au 24 octobre, en hausse par rapport à l’année dernière, à l’exception du sorgho et du lait en poudre, dont les prix sont restés pratiquement stables.
Ces prix, rapporte-t-on, sont également en hausse par rapport au mois passé sauf ceux de l’aliment bétail et du lait en poudre qui sont pratiquement stables.
Mais, fait-on savoir, depuis la suspension des opérations d’abattage subventionnés, la viande avec os est cédée 2 800 et 3 000 FCFA/kg sur les marchés de Bamako et de Kati soit leur niveau d’avant subvention.
Un autre point lumineux au milieu de ce paysage sombre, les matériaux de construction connaissent une tendance générale à la baisse. Ainsi, le ciment qui était vendu à 120 000 FCFA durant le premier trimestre de 2021 est cédé aujourd’hui à 90 000 FCFA la tonne soit une baisse de 25%.
De même, les barres de fer à béton de 6, 10 et de 12 mm de diamètre qui étaient vendues à 750, 2 150, et 3 150 FCFA reviennent respectivement à 600, 1 850, 2 850 FCFA.

Des prouesses prodigieuses
Comme on peut le constater aisément, cette situation qui affecte tous les pays du monde, qu’ils soient développés ou en développement, globalement, n’est guère reluisante.
Pour autant, notre pays réussit la prouesse de ne pas être le dernier de la classe en matière de prix ; bien au contraire. En effet, expose une source autorisée, nonobstant l’enclavement du Mali et son contexte sociopolitique difficile, la plupart des produits de première nécessité coûtent moins cher comparativement à certains pays de la sous-région souvent largement avantagés par la nature. L’on en veut pour preuve : le sucre qui coûte 500 FCFA/Kg chez nous est vendu à 700, voire 800 FCFA dans des pays où transitent nos importations (y compris de sucre).
Selon la même source, il en est de même pour le riz brisure, l’huile alimentaire, le carburant, les matériaux de construction, la pomme de terre, les céréales sèches, etc.
Cette prouesse exceptionnelle n’est pas le fruit du hasard comme on peut le subodorer. Elle s’explique, fait-on savoir, par les efforts financiers considérables de l’Etat malien en termes d’abandon des droits et taxes au cordon douanier. Ce qui n’est pas souvent sans provoquer les grincements des dents de nos partenaires techniques et financiers qui y voit un paradoxe pour un pays qui a plutôt besoin de ressources financières. Qu’à cela ne tienne, c’est un choix assumé des autorités de la Transition.

Le soutien au pouvoir d’achat
Dans la même lancée et pour amortir les tensions des cours mondiaux qui ont un impact direct et retentissant sur un pays en grande partie tributaire des importations comme le nôtre, les autorités de la Transition poursuivent la mise en œuvre des mesures d’atténuation et de soutien au pouvoir d’achat des populations.
Parmi ces mesures, cite-t-on, au plan commercial : la détermination du prix plafond du sucre dans le cadre du programme de jumelage ; la fixation des prix indicatifs plafonds du riz non parfumé et de l’huile alimentaire en exécution du programme de réduction de la base taxable de 50% au cordon douanier ; l’application des prix consensuels du pain, de la farine boulangère et du ciment à travers la signature de protocoles d’accord ; l’homologation du prix des hydrocarbures par un mécanisme de prise en charge du différentiel de coût de revient du gaz butane et de modulation du taux de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers (TIPP) et de la valeur en douane des hydrocarbures ; la négociation des marges des grossistes ; la surveillance du marché pour faire respecter les prix convenus.
Quant aux mesures sociales, détaille-t-on, elles portent sur : la distribution de vivres et d’aliments bétails ; le transfert monétaire ; le financement des travaux à haute intensité de main d’œuvre ; le financement des activités génératrices de revenus ; l’augmentation des salaires ; les reformes des pensions de retraite.
Pour ce qui est du cas spécifique de la filière farine/pain qui a connu des perturbations suite à la déclaration unilatérale d’un syndicat de se libérer de ses engagements du Protocole d’accord du 30 mars 2021 fixant le prix consensuel du pain à 250 FCFA pour le pain de 300g et 125 FCFA pour celui de 150 FCFA, tout était rentré dans l’ordre a assuré le ministre Ould MOHAMED. Le dossier étant doublement géré par la prise de mesures de représailles pour maintenir l’ordre commercial et faire respecter les prix consensuels fixés et la mise en place d’un Cadre de concertation auprès du Département de l’Industrie.

PAR BERTIN DAKOUO

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Categories: Mali

Affaire Issa Kaou N’DJIM: le Procureur TOURÉ explique tout

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:30

Depuis ce mardi, l’affaire Issa Kaou DJIM a pris une nouvelle tournure. Conformément à une résolution votée par le Conseil national de transition, la semaine passée, le Parquet a mis fin à sa détention. Il a été libéré de prison dans l’après-midi du mardi. Quelques heures après cette libération, les Maliens ont appris, à travers un décret signé par le président de la Transition, l’abrogation partielle du Décret n°2020-0239/PT-RM portant fixation de la liste nominative des membres du Conseil national de Transition en ce qui concerne de Issa Kaou N’DJIM. Donc l’affaire dite atteinte au crédit de l’État et incitation au trouble à l’ordre public suivra son cours normal. L’accusé sera devant le juge le 3 décembre prochain.

Le Procureur de la République auprès du Tribunal de la commune IV, Idrissa Hamidou TOURÉ, s’est prononcé sur l’affaire Issa Kaou N’DJIM, au micro de nos confrère de Joliba TV, en donnant d’amples informations. Il a rappelé que le Conseil national de Transition a pris une résolution, le jeudi passé, pour demander la suspension de la détention de Issa Kaou N’DJIM. Une résolution prise sur la base de l’article 62 de la Constitution du Mali.
« On attendait de recevoir la résolution pour exécution. Puisque la résolution en elle-même ne peut suffire à obtenir la mise en liberté de Issa Kaou N’DJIM, il fallait l’enrôler. Ce qui a été fait pour que le juge la constate et en tire les conséquences », a expliqué le Procureur TOURÉ.
Il a fait savoir que l’immunité parlementaire ne couvre pas les faits dans la vie de tous les jours, surtout pas en flagrance. Aux dires du Procureur, Issa Kaou N’DJIM a été pris en flagrance et poursuivi en flagrance.
« Donc son immunité ne joue pas, son immunité est inopérante. Même la résolution du CNT est simplement inspirée du fait que les gens veulent se protéger, parce qu’ils ne sont pas sûrs qu’ils peuvent se tenir droit, qu’ils ne peuvent pas se retrouver en porte-à faux de la loi. J’ai même entendu un d’entre eux dire que ceux qui ont voté contre la résolution ne l’ont pas fait contre Issa Kaou N’DJIM, mais pour eux-mêmes. Que la résolution est pour eux tous. Ça veut dire ce que ça veut dire. Ça veut dire simplement qu’on n’a pris la résolution pour nous protéger », a expliqué le Procureur de la commune IV.
Il a déclaré que le flagrant délit est l’un des modes de saisine du Tribunal prévu dans l’article 65 du Code de procédure pénale. Selon lui, ce que les membres du CNT oublient c’est que la forme de la flagrance est régie par les articles 387 à 389 du Code de procédure pénale.
«Il y a des formalités substantielles à respecter absolument sous peine de nullité de la procédure. Ce qui a été strictement respecté par le Parquet, les avocats de la défense le savent », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, enseigne-t-il qu’un Procureur de la République ne peut pas saisir un tribunal correctionnel des faits criminels. Il a précisé que Issa Kaou N’DJIM était poursuivi pour deux délits de droit commun, à savoir : atteinte au crédit de l’État et incitation au trouble à l’ordre public.
« l s’agit de crédit moral et politique de l’État et non de crédit financier comme avaient soutenu certains », a recadré le Procureur.
« L’article 52 dit : toute propagation de nouvelles tendant à porter atteinte au crédit de l’État sera punie d’un emprisonnement de 1 à 5 ans. L’article 167.1 donne plus d’assises : mêmes les établissements publics, les établissements dans lesquels l’État à une participation, si vous portez atteinte à leur crédit c’est aussi une atteinte au crédit de l’État. Le seul, non pas le CNT, qui est en mesure de censurer les préventions portées par le Parquet ainsi que les articles visés par lui, c’est le Juge. Ils sont sortis en fait de leur rôle en rentrant dans les histoires de qualification pénales », a décortiqué le Procureur Idrissa Hamidou TOURÉ, avant de déclarer : « Il faut se mêler de ce que l’on maîtrise. Ils ne maîtrisent pas les procédures ».
Il a profité de l’occasion pour préciser que le CNT a simplement voté la suspension de la détention.
«Le CNT n’a pas voté la suspension des poursuites, ce qui veut dire qu’à la date du 3 décembre il va comparaître à la barre. S’il est déclaré coupable et condamné, il peut encore retourner en prison. Tout comme il peut être jugé et déclaré non coupable et relaxé. C’est l’un des deux cas », a conclu le Procureur Idrissa Hamidou TOURÉ.

PAR MODIBO KONÉ

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Categories: Mali

Affaire IKM: d’épiphénomène à phénomène

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:27

Le président de la Transition, Assimi GOITA a abrogé le décret de nomination des membres du CNT en ce qui concerne Issa Kaou N’DJIM, 4e vice-président de l’organe législatif aussitôt libéré par le Tribunal de la Commune IV. Cette décision est justifiée par des membres de la présidence de la République du Mali pour lui permettre de se mettre à la disposition de la justice. Car, le Parquet de la commune IV l’accuse de tenir tenu des ‘’propos subversifs’’ via les réseaux sociaux.
Si la décision est bien accueillie par certains, elle est la preuve de l’abus des nouvelles autorités dans la gestion du pays, estiment d’autres. Aussi, elle prouve que les membres du gouvernement et ceux du CNT ne sont pas libres dans leurs actions et interventions. Cette façon de gouverner, alertent de nombreux internautes, est le signe que nous ne sommes plus loin d’une gestion dictatoriale qui n’approuve pas de voix discordante. À ce rythme, ce sera la fin de la liberté d’expression, d’opinion.
Ceux qui applaudissent la décision estiment que IKN mérite amplement ce qui est en train de lui arriver. Après les agitations dans les rues, il devrait mesurer la portée de sa place au CNT pour agit en conséquence. C’est le sujet de votre Facebookan du jour.

Sambou Sissoko : à ce rythme, même le décret de nomination de Malick Diaw risque d’être abrogé au cas où il refuse d’obéir au ROI Assimi Goïta.

Sekou Madani Traore : Issa Kaou Djim KO mort de sa belle Arrogance. Seulement, c’est un non-événement. Quand on donne l’occasion à des parvenus et opportunistes, c’est ce que ça donne. Plus jamais ça. Merci à tous les patriotes convaincus et panafricains engagés. Mes respects aux nouvelles autorités. Pour un Mali totalement nettoyé.

Mamadou Ismael Konaté : ce décret expose son auteur à la censure du juge administratif, met en avant sa super puissance dans la nomination et la radiation des hommes au pouvoir, met enfin en évidence un usage très personnalisé de la règle de droit au Mali.

Aly Diakite : je n’ai aucun état d’âme pour Kaou Djim. Mais, comme je l’ai toujours dit, la manière dont cette Transition est gérée doit inquiéter tout Malien qui sait lire entre les lignes.

Alassane Sidibe : il est temps que Assimi s’occupe des ennemis de l’intérieur avant de passer à la vraie refondation.

Boubacar Souley Sidibe : je salue cette décision d’abrogation de son décret de nomination. Mais, je trouve qu’il y a erreur sur le prénom que je demande au président de corriger pour éviter des contestations. Il s’appelle Issa Kaou Djim au lieu de Kaou Djim.

Chouaibou Bah : le Mali est foutu maintenant. Donc on nomme qui on veut comme député et on destitue qui on veut. Le Mali est fini.

Demba Coulibaly : Donc, il peut retourner en prison maintenant puisqu’il n’est plus au CNT, rien n’empêche la justice de le poursuivre normalement et on attend un communiqué de l’autre côté pour ne pas dire outrage à…..

Sultan Soltog : si tu es nommé, tu peux être renvoyé par ton chef. C’est pourquoi tous les membres du gouvernement, du CNT et des soutiens à la junte sont obligés d’être sur la même ligne. La graine de la dictature et un jour le chaos.

Amadou Dolo : voilà le début de la fin de bien de flibustiers. Beaucoup de gens vont déchanter dans ce pays. Le tour de bien de langues pendues viendra…

Mahamadou Diarra : donc, il est interdit de dire la vérité ou ton opinion dans ce pays maintenant, sinon tu perds ta place quoi.
Aboubacar Diallo : quand on te dit de contrôler ta langue, c’est pour t’éviter ce genre d’humiliation. Tu peux continuer à aboyer dans les rues maintenant si tu veux, mais sache que ç’a une conséquence lourde. À bon entendeur salut…
Ibrahim Maïga Badié : ah oui ! Maintenant plus d’immunité, tu essaies de casser la révolution au Mali, ils vont t’envoyer à la Mecque jusqu’à la fin de la transition.
Djibril Talla : c’est une grosse erreur et il ne fallait pas. Les militaires vont regretter à jamais. Je condamne fermement.

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Justice militaire: le Procureur demande la séparation du commandement de la gestion du Tribunal

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:23

Les assises de la première session ordinaire 2021 de la Chambre criminelle du Tribunal militaire de Bamako ont débuté ce mercredi 10 novembre 2021, dans les locaux de ladite juridiction sise à Dar-Salam. Au cours de ces assises, trois affaires impliquant plusieurs militaires seront tranchées par les juges militaires. Selon le gouvernement, l’ouverture de cette session entre dans le cadre de la lutte contre l’impunité et la préservation des droits de l’Homme au Mali.

La cérémonie solennelle d’ouverture de cette audience de la justice militaire était présidée par le président du Tribunal, Noumadi KANTE ; en présence de trois membres du gouvernement, à savoir le ministre de la Défense et des Anciens Combattant, le Colonel Sadio CAMARA ; le ministre de la Justice et des droit de l’homme, Garde des Sceaux, Mahamoudou KASSOGUE ; le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Colonel Major Daouda Aly MOHAMMEDINE.
Outre les membres du gouvernement, cette cérémonie a réuni des autorités administratives, militaires et judiciaires nationales, parmi lesquelles le Procureur de la République près le Tribunal militaire, le magistrat colonel, Soumaïla BAGAYOKO, non moins 1er substitut du procureur près de la Cour d’Appel de Bamako ; le Bâtonnier l’Ordre des avocats du Mali, Me Moustapha S. M. CISSE ; le Chef d’Etat-Major Général des Armées, le Général de Brigade Oumar DIARRA, etc.
On notait également la présence des représentants de l’EUCAP-Sahel Mali et de l’EUTM ; du Chef de la Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires de la MINUSMA ; du Président de la Commission Nationale de Droit de l’Homme ; le Directeur de la justice militaire, le colonel-major Issa COULIBALY, etc.
Nature des infractions
Assassinat, meurtre et viol commis dans les circonstances de lieu et de temps qui requièrent la compétence d’une cour militaire, telle est la nature des infractions retenues contre cet officier.
Cette audience ordinaire publique marque le début des activités de ce tribunal depuis l’institution de la justice militaire dans la chaîne pénale de notre pays.
Dans son adresse à l’auguste assemblée, le représentant du ministère public, le magistrat colonel Soumaïla BAGAYOKO a souligné que les tribunaux militaires sont compétents pour juger les infractions de droit commun commises par les militaires et leurs complices dans le service, les casernes, quartiers, dépôts, navires et aéronefs ou autres établissements militaires, en bivouac ou en stationnement, ainsi que les infractions spécifiquement militaires, dans les ressorts judiciaires des Cours d’Appel de leur siège.
A ce titre, les Tribunaux militaires comprennent une ou plusieurs chambres de jugement, une chambre d’accusation, un ou plusieurs cabinets d’instruction, un parquet militaire.
Ils sont saisis sur dénonciation auprès des parquets militaires ou civils et par les procès-verbaux de renseignements judiciaires dressés par les unités d’enquête militaires.
Pour le jugement, le Tribunal militaire est composé de cinq magistrats dont un président, Conseiller de la Cour d’Appel qui a la police de l’audience et quatre magistrats militaires, conseillers, assisté d’un greffier.
Quête d’une justice
militaire forte
Aujourd’hui plus que jamais, notre pays, selon le Procureur, a besoin d’une justice militaire forte, équitable, crédible, sûre et respectueuse des règles de conflit armé et principes des droits humains définis dans la Convention de Genève et le Statut de Rome pour accompagner les Forces Armées Maliennes dans la lutte implacable contre le djihadisme, l’extrémisme violent, la criminalité transnationale organisée et le trafic en tous genres.
Dans ces conditions, a-t-il expliqué, les tribunaux militaires seraient plus aptes à juger les infractions militaires en lien avec les opérations militaires. Et toute manœuvre contraire est de nature à inquiéter les militaires et leurs familles en ce que la hiérarchie militaire a l’obligation de veiller sur le moral de la troupe.
On mesure dès lors l’intérêt et l’importance de cette session au rôle de laquelle sont inscrits trois crimes contre l’intégrité des personnes à savoir assassinat, meurtre et viol commis dans les circonstances de lieu et de temps qui requièrent la compétence d’une cour militaire.
La précarité des moyens
Malgré son importance stratégique dans les opérations militaires, force est de constater avec le représentant du ministère public que l’efficacité de la justice miliaire est affectée par la précarité des moyens dont elle dispose qui conduit inéluctablement à une justice lourde et lente.
En dépit de cette situation, il s’est réjoui de constater que depuis deux ans maintenant, le ministère de la Défense et des Anciens Combattants répond toujours promptement aux différentes sollicitations de l’institution.
Le Tribunal bénéficie également de l’accompagnement constant et multiforme de certains partenaires, dont EUCAP SAHEL qui a pris en charge les travaux de réhabilitation et d’extension des bureaux de la Direction de la justice militaire et le siège du Tribunal de Bamako.
Il a rappelé que dans le cadre des différentes opérations militaires, les FAMa en mission sont très souvent accusées à tort ou à raison pour des cas de violation grave des droits de l’homme, notamment, les abus sexuels sur les femmes, les tortures, etc. Cela, soit par vengeance soit pour outrager les autres communautés ou à cause de leur fortune, de leur religion ou de leur origine ethnique, comme ce fut le cas à Massabougou et Diabaly dans le cercle de Niono en 4e région et Doura dans le cercle de Tenankou en 5e région.
En ce qui concerne les évènements de Massabougou, Sokolo ou Diabaly et Doura, c’est l’Etat du Mali qui a dénoncé d’abord les faits par souci de transparence.
Une sollicitation constante
Selon lui, le ministre de la Défense et des anciens combattants, le Directeur de la Justice Militaire et le Procureur près le Tribunal militaire sont toujours interpellés sur les allégations de violation des droits de l’homme dans les localités suscitées.
«Dans ces conditions, il y a urgence de faire accompagner les missions militaires de prévôté», a-t-il préconisé. Avant exhorter la hiérarchie militaire à prendre des dispositions pour finaliser le document élaboré par EUCAP Sahel Mali sur la prévôté et en faire une véritable doctrine d’emploi de la prévôté au profit des forces de défense.
Les militaires en mission sont très souvent accusés à tort ou à raison pour des cas de violation grave des droits de l’homme.
Malgré la modicité des moyens dont ils disposent, les tribunaux de militaires de Bamako et Mopti fonctionnent, celui de Kayes n’a pas pris son envol.
Plus 20 militaires
jugés depuis 2020
Pour illustrer son propos, il a fait savoir qu’à l’audience publique du Tribunal militaire de Bamako en transport à Ségou, le 30 septembre 2020, 13 militaires ont été jugés. Les infractions étaient, entre autres, violation de consignes militaire, vol et complicité de vol, menace de mort, extorsion de fonds et complicité, homicide involontaire, détournement d’armes et munitions.
De même à l’audience du 25 novembre 2020, au siège de la juridiction, 10 militaires ont été jugés.
Dans les deux cas, des peines allant de 6 mois à 4 ans d’emprisonnement ferme ont été prononcées avec paiement d’amende ou de dommages et intérêts.

Point des affaires pendantes devant les tribunaux
Le magistrat colonel Soumaïla BAGAYOKO a fait le point des affaires pendantes devant les tribunaux militaires de Bamako et Mopti.
D’abord au Camp I de Gendarmerie à Bamako, les militaires condamnés à des peines de prison sont au nombre de 7 contre 19 placés sous mandat de dépôt en attente de jugement.
Les infractions reprochées sont autres : assassinat, vol de minutions, détention et vente illégale de stupéfiants, vol qualifié, homicide involontaire, association de malfaiteurs, tentative de vol qualifié et détention illégale et frauduleuse d’armes et munitions, complicité de trafic international de drogues, importation frauduleuse de marchandises prohibées, coups mortels et tortures.
Au Tribunal de Mopti, on compte 17 dossiers repartis entre les 1er et 2e Cabinets d’instruction.
Les infractions reprochées sont notamment : désertion, insoumission, refus d’obéissance, assassinat, torture, séquestration de personnes et complicité, enlèvement et assassinat, meurtre, association de malfaiteurs, opposition à l’autorité légitime, complicité de désertion en temps de guerre, viol
Les affaires ayant fait l’objet d’ordre de poursuite sont au nombre de 15. Les infractions reprochées sont pratiquement les mêmes que celles citées plus haut.
Excepté Bamako, les autres tribunaux sont dans des maisons baillées avec des besoins cruciaux en matériels et équipements de bureau.
«Nous comptons beaucoup et toujours sur la solidarité des partenaires stratégiques », a-t-il plaidé.
Perspectives
Après cette première session, quatre autres dossiers, dont celui de l’EMIA qui verra défiler à la barre toute une promotion d’Elèves Officiers d’Active, sont en état d’être jugés et seront enrôlés avant la fin de l’année. Pour cela, le représentant du ministère public compte sur la bonne collaboration du Procureur Général près la Cour d’Appel de Bamako.
La relecture du Code de justice militaire longtemps souhaitée est en cours grâce à l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) qui ont soutenu le projet par le recrutement de deux consultants, un Malien un Français. Le nouveau Code va certainement inverser beaucoup de difficultés qui sont à l’origine de la contre-performance des juridictions militaires, même s’il ne règle pas.
Pour une justice militaire fonctionnelle à la hauteur des attentes, le magistrat colonel BAGAYOKO, en fin connaisseur, préconise, l’instauration d’une doctrine prévôtale dans notre système judiciaire ; le rapprochement de la justice militaire des justiciables militaires par la création du double degré de juridiction ; l’allocation des lignes budgétaires à la Direction de la justice militaire pour le bon fonctionnement des tribunaux militaires.
Aussi, il s’agit de renforcer les capacités des magistrats militaires et les amener à s’approprier le statut de Rome, les instruments régionaux et nationaux ; la formation des greffiers, secrétaires des greffes et parquets ; la création d’une unité d’Officiers de police judiciaire militaire au profit des juridictions militaires.
Autres mesures préconisées, la construction d’une prison militaire et la mise à disposition de moyens roulant pour le transport des détenus ; la construction d’une bibliothèque et
«Il est regrettable de constater que les militaires ne connaissent pas le Tribunal militaire. D’où des campagnes de sensibilisation pour inverser la tendance », a-t-il dénoncé.
A cela s’ajoute l’insuffisance de crédit de fonctionnement, le crédit est logé chez le Directeur.
«Les moyens doivent être donnés au Procureur de la République. Le commandement militaire doit être également séparé de la gestion du Tribunal. La gestion des greffiers qui viennent des tribunaux civils est à revoir. Le juge d’instruction ne trouve souvent aucun greffier en voulant poser un acte. Il s’agit des difficultés que la relecture doit corriger», a continué de plaider le Procureur.
Pour sa part, le Président du Tribunal, Noumadi KANTE, a rappelé qu’il y a aujourd’hui trois tribunaux militaires Mali, dont un à Kayes, Bamako, et Mopti.
Selon lui, l’objectif recherché est de punir à tous les niveaux. Toutefois, les débats au cours des assises sont à charge et à décharge.
«Si les débats prouvent que tel prévenu n’est pas coupable, rien n’empêche la Cour d’acquitter l’intéressé», a-t-il rassuré.

Par Abdoulaye OUATTARA

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Categories: Mali

Débat sur la refondation: la contribution de la CCREM-Mali

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:20

Dans le débat qui bat son plein sur la refondation de l’Etat malien, la Convention Citoyenne pour le Renouveau et l’Emergence du Mali (CCREM-MALI JOSEN KURA) verse sa contribution. Après un état des lieux très critique, il opte pour une compréhension commune et partagée du concept de refondation et du débat qui l’entoure, avant de faire ses propositions qui visent à apporter toutes les réponses nécessaires à la prise en charge de nos exigences actuelles en puisant dans nos réalités socioculturelles en conformité avec la mondialisation. Nous vous livrons in extenso la contribution de la CCREM.

INTRODUCTION
Le Mali vit une expérience démocratique depuis une trentaine d’années. Cette expérience qui avait suscité beaucoup d’espoirs et de rêves se transforme en un véritable cauchemar pour le peuple tout entier. Le multipartisme intégral inadapté à nos réalités socioculturelles a engendré une profonde division de notre société. La liberté d’expression a été excessivement utilisée dans un cadre politique et juridique inapproprié, d’où l’explosion de la violence verbale, de l’intolérance, de la crise de confiance, de la défiance et même de la méfiance.
Les institutions de la République sont constamment mises en cause (le non renouvèlement de mandats, les coups d’Etat, les élections contestées avec comme corollaire les violences post électorales), l’incivisme et la défiance aux autorités sont devenus de règle. Le pays devient de facto une poudrière en puissance. A cela il faut ajouter un tissu social miné par la misère, le chômage, la corruption, le népotisme, le clientélisme politique, l’exode rural et l’émigration, les grandes endémies comme le paludisme qui demeure une des plus grandes causes de mortalité, le sida et d’autres pandémies qui continuent de compromettre la santé, le développement socio-économique à moyen et long terme.
Il apparait dès lors capital et même existentiel de s’interroger sur : Que se passe-t-il dans notre pays?, quel devenir pour la nation malienne? La recherche de réponses adéquates au dysfonctionnement général de l’Etat et aux maux de la société, depuis l’avènement de la démocratie a poussé certains acteurs politiques à proposer un débat sur la refondation de l’Etat : Quels nouveaux rapports à établir entre l’Etat et la société ? Quels sont les équilibres à trouver pour garantir une stabilité durable de notre Etat ?
Le débat de la refondation de l’Etat s’était posé au moment de l’accession de nos pays aux indépendances. En substance, la question était la suivante : Quelle devrait être là nature de l’Etat post colonial ?
En 2003 le Réseau Dialogues sur la Gouvernance en Afrique, à la suite de débats et d’échanges sur la refondation de l’Etat en Afrique et la Gouvernance, a publié quelques propositions. Les membres du Réseau placent le problème de la refondation de l’Etat comme un devoir de génération. La génération actuelle d’intellectuels africains a l’inestimable honneur et l’énorme défi de pouvoir apporter les réponses à l’œuvre de dénigrement et de démolition des sociétés africaines entreprise par le colonisateur pour asseoir son pouvoir sur la conscience africaine et ses richesses matérielles.
Le débat de la refondation de l’Etat est une question récurrente au Mali depuis un moment au regard de l’abime et la mauvaise gouvernance, l’absence de l’autorité de l’Etat et l’inadéquation des politiques publiques, sans que l’on ne parvienne ni à définir avec exactitude les ancrages sociaux, ni à déterminer les contours, ni à formuler les orientations stratégiques appropriées. S’agit-il de la remise en cause de l’Etat judéo chrétien que nous héritons de la colonisation ?
On est ainsi en droit de se poser les questions ci-après :
-Quel est l’Etat que nous voulons bâtir ? un Etat islamique ? un Etat inspiré de la profondeur de notre civilisation, notamment des pratiques précoloniales : empires de Wagadu, du Mali, du Songhaï, et des royaumes Bambara ou Sénoufo ?

La refondation s entend-elle par l’amélioration de la gouvernance générale de notre pays ? si oui, quelles dispositions faut-il prendre au plan tactique ?

CONCEPT DE LA REFONDATION
Selon le Larousse, refondation veut dire fondre de nouveau, ou refaire entièrement. Refondation de l’Etat sera ainsi comprise comme refaire entièrement un Etat. Ceci suppose donc de déterminer d’abord la nature de l’Etat dans lequel nous sommes et de définir l’Etat vers lequel nous voulons aller.
En ce moment, il importe, pour refondre l’Etat, de déterminer tous les éléments qui le composent afin de les analyser et les adapter au nouveau contexte vers lequel nous devons évoluer. De notre compréhension, il s’agira de : créer les conditions de constitution d’une masse critique de ressources humaines de qualité dans tous les secteurs de développement ; adapter le système éducatif aux réalités socio-culturelles et aux besoins de développement du pays ; veiller à créer et à maintenir une adéquation entre la formation des cadres et agents et les besoins du pays et les opportunités qui lui sont offertes à court, moyen et long termes.
En définitive, au Mali, la refondation de l’Etat peut se comprendre comme un long processus de redéfinition de nos exigences nationales et de leur adaptation à nos réalités sociologiques, culturelles, géographiques, historiques, économiques en tenant compte de notre environnement politique et des engagements de l’Etat aux plans sous régional, régional et international.

LE DEBAT DE LA REFONDATION DE L’ETAT AU MALI
L’Etat n’est pas le seul acteur de l’action publique. 11 doit agir en synergie avec la société civile, les partis politiques, le secteur privé et les communautés. La question de la refondation de l’Etat nécessite de trouver de nouvelles relations entre l’Etat et toutes les composantes de la société. C’est en cela que l’exercice du pouvoir politique est appelé à trouver sa consistance et à refonder la légitimité de l’Etat.
Depuis quelques années déjà, les interrogations portent sur la mauvaise gouvernance de l’Etat. Ainsi il est proposé la diverses actions et mesures dont : la réflexion sur la gouvernance générale ; la relecture du code électoral ; la révision de la Constitution du 25 février 1992.
Certains partis politiques ont organisé des ateliers ou tables rondes sur la nécessité de ces réformes, pendant que d’autres ont adopté des déclarations sur le sujet.
Récemment le Groupe de Réflexion, d’Analyses et d’initiatives Novatrices (GRAIN) a organisé deux jours de réflexions sur le renouveau de la gouvernance au Mali.
Il faudrait signaler qu’en décembre 2019, s’est tenu le Dialogue National Inclusif (DNi), qui a abordé tous les maux qui sapent la gouvernance de notre pays, notamment : les questions de paix et de cohésion sociale ; les questions politiques et institutionnelles ; la gouvernance ; le social ; l’économie et les finances ; la jeunesse ; la culture et le sport.
Après le Coup d’Etat survenu le 18 août 2020, la feuille de route de la Transition adoptée à l’issue des débats des 10, 11, et 12 septembre 2020, comporte un chapitre sur la refondation de l’Etat articulée autour des points suivants : pparachever le processus de réorganisation territoriale ; réformer le système électoral en prenant en compte les maliens établis à l’extérieur ; élabourer et adopter une nouvelle Constitution ; poursuivre le chantier de la réorganisation.
La Convention Citoyenne pour le Renouveau et l’Émergence du Mali (CCREM) Mali Josen Kura, créée en Décembre 2020, s’est attelée à l’analyse socio-politique, économique et culturelle de notre pays. Elle a examiné toutes les questions se rapportant à la nécessaire refondation de l’Etat. Après débats et échanges nourris sur le Mali de 1960 à nos jours, la Convention estime que les trente années de démocratie du Mali ont engendré plus de problèmes de gouvernance que les 1ère et Ilème Républiques.
Ces problèmes sont l’effritement de l’esprit de citoyenneté, la perte du sens de l’intérêt général, le manque de civisme et d’intégrité, l’inadéquation des politiques publiques avec comme corollaires : la corruption, le chômage, la défiance, la crise de confiance et l’insécurité dans toutes ses formes. Les propos de notre vénéré doyen feu Seydou Badian Kouyaté semblent résumer toute la situation de notre pays quand il disait en substance que pendant la première République on avait honte de voler, pendant la deuxième République on avait peur de voler, mais pendant la troisième République on n’a ni honte, ni peur de voler. En effet c’est sous la démocratie qu’on a vu des fonctionnaires milliardaires.
Alors la question qu’on doit se poser est de savoir : dans quel processus de décadence le Mali est-il tombé (facteurs endogène et exogène) ?
Ainsi la question de la refondation de l’Etat, selon la CCREM qui fait siennes certaines propositions formulées par le Réseau Africain Dialogues sur la Gouvernance, doit prendre en charge :
1. l’adaptation de l’Etat à nos réalités socioculturelles ;
2. le respect de la légalité et des valeurs républicaines ;
3. le renforcement des capacités (éducation des citoyens, formation) ;
4. la qualité des prestations ;
5. la proximité des services et relation avec les acteurs ;
6. la relation Etat et ses partenaires extérieurs.
La Convention estime que ce débat s’impose à nous et doit être mené par des personnalités qualifiées et dans le cadre d’un processus aussi long soit-il, mais devant nous conduire à un consensus national.
Aucun sujet ne devra être épargné 
PROPOSITIONS DE LA CCREM
La refondation de l’État est un processus qui doit englober tous les secteurs de la nation en les liant les uns aux autres et en les adaptant aux réalités socioculturelles de notre pays. Le problème de fonds du Mali réside dans la perception même de la citoyenneté, le rôle et la place, le droit et le devoir de chaque citoyen.
La pertinence et la justesse des textes ne serviront à rien, si les Maliennes et les Maliens chargés de les appliquer n’ont aucun sens ni de l’honneur, ni de la dignité, mais seulement motivés par l’intérêt personnel placé au-dessus de l’intérêt collectif ou général.
La CCREM estime que la refondation de l’Etat ne peut pas épargner la question de l’État pré colonial, colonial ou post colonial, il ne s’agira pas de faire table rase de tout l’héritage colonial empreint de taches indélébiles dans la conscience collective, mais d’en retenir les éléments positifs.
À la lumière de l’immensité de notre civilisation, de nos pratiques et du vécu historique, il importe aujourd’hui de repenser un nouvel État, cela est possible en puisant dans les valeurs de la société, tout en s’ouvrant aux valeurs fécondes de l’humanité.
La refondation de l’État du Mali ne sera donc pas une course de vitesse, elle doit être un processus qui sera mené sur la durée.
La CCREM propose de créer des commissions de travail inclusives et participatives présidées par des experts de très haut niveau.
1°) La commission Refondation et Constitution
Les constitutionnalistes maliens sont unanimes à dire que la Constitution du Mali est une copie collée de la Constitution française de la cinquième République. Notre Constitution se caractérise par l’instauration d’un régime démocratique, le principe de la séparation des pouvoirs, le respect de l’état de droit, la forme républicaine et la laïcité.
Cette Constitution est donc d’inspiration des valeurs socioculturelles de la société française sinon de la civilisation chrétienne européenne. Est-elle en mesure de répondre aux aspirations de notre peuple en matière de refondation de l’État ?
La commission que nous proposons sera composée d’experts juristes, de sociologues et d’anthropologues, d’historiens, de traditionalistes et d’éminentes autres personnalités. La méthodologie va reposer sur deux approches : analyses documentaires et d’écoute des personnalités qualifiées, capables d’apprendre de nos bonnes pratiques et pouvant instruire sur nos traditions.
La commission doit apporter toutes les réponses nécessaires à la prise en charge de nos exigences actuelles en puisant dans nos réalités socioculturelles en conformité avec la mondialisation. Il faut donc interroger la nature de l’État post colonial, la question de l’Etat islamique, compte tenu de son influence sur notre vécu historique, le mode d’administration et de gouvernance de notre Etat avant la colonisation (l’empire de Wagadu, l’empire du Mali, l’empire Songhaï, les royaumes Bambara de Ségou ou celui Sénoufo du Kénédougou) : le mode de désignation des dirigeants ; la pratique de l’inclusion et de la participation ; la gestion du développement ; le contrôle de la gestion des affaires publiques ; les modes de renouvellement de l’appareil d’État ; les garanties de la stabilisation des institutions ; la défense du territoire ; l’exercice et la gestion du pouvoir judiciaire.

2°) La commission Éducation et Culture
Toutes les discussions au sein de la CCREM ont conduit à une seule conclusion générale : LA QUALITE DE LA RESSOURCE HUMAINE. Le mal du Mali, c’est l’absence d’une citoyenneté responsable et assumée, de redevabilité vis-à-vis de l’Etat, le manque de culture du patriotisme.
La question n’est, pour autant, pas la recherche d’une élite ultra minoritaire, qui d’ailleurs apparaît comme prédatrice ou complice de prédations, que de réussir l’éducation de la grande majorité de la population même analphabète dans laquelle somnole un génie créateur et patriotique qu’on n’arrive pas à réveiller depuis plus de soixante ans d’indépendance.
Il faut réussir l’émergence d’une nouvelle citoyenneté par le renforcement des mouvements citoyens, la capacité de concertation et de construction d’opinions publiques, le respect des droits des femmes et leurs accès aux responsabilités, le débat politique structuré autour des projets politiques, etc. C’est ici qu’il faut trouver la solution à tous les maux de notre société. C’est ici également que le leader doit puiser sa source d’inspiration pour une meilleure gouvernance.
Il faut donc refonder tout le système éducatif malien afin qu’il réponde à nos besoins de développement. En 1962, on a parlé de la réforme de l’éducation, de la décolonisation de la mentalité, c’est cela même qui s’impose à nous aujourd’hui pour refaire notre nation. Le concept de la refondation de l’État n’a de sens que dans la réforme profonde de l’éducation et dans son adaptation à nos besoins de développement.
L’école malienne doit être revue dans ses composantes actuelles, le contenu de l’enseignement et la qualité de l’enseignant. Notre enseignement doit être adossé à notre culture. Il doit tirer toute sa substance de nos valeurs socioculturelles et morales. Les outils didactiques adaptés et inspirés de notre être. Les programmes doivent être rédigés pour tenir compte de nos vécus historiques et de notre culture. Les programmes doivent faire l’objet de grande vulgarisation.
Nous devons développer des programmes andragogiques pour mieux préparer les parents à mieux assumer leur responsabilité dans l’éducation des enfants. Le parent est le premier échelon de la réussite de cette éducation. Il doit veiller sur la bonne éducation de son enfant.
La bonne qualité de l’enseignant s’impose pour réussir cette refondation. L’enseignant doit se distinguer par l’exemplarité. Il est celui à qui est confié tout l’avenir d’une nation qu’est sa jeunesse. Il doit mériter tout le respect et la considération requise pour l’accomplissement de sa noble mission. Les missions de l’enseignant sont sacerdotales.
La commission doit être composée de personnalités qualifiées. Elle doit réunir des hommes et des femmes de culture et disposant d’une bonne connaissance de nos traditions ancestrales.

3°) La commission Gouvernance
Cette commission doit s’occuper de la refondation des textes majeurs de notre pays pour les adapter à notre réalité nouvelle. 11 s’agira de revisiter les textes déjà programmés dans le cadre des reformes. Il faut analyser la loi électorale et la charte des partis politiques, leur impact sur la société malienne. De la même façon, toutes les dispositions législatives en matière de société civile nécessitent leur redéfinition afin de corriger les dysfonctionnements et les amalgames. Ces textes doivent être plus rigoureux en matière d’évaluation de devoir et de redevabilité du citoyen tout court vis-à-vis de l’État.
Les différents textes de loi contre la corruption et la lutte contre l’enrichissement illicite, ceux concernant le fonctionnement de l’appareil judiciaire et l’administration doivent être revus à la lumière du contexte nouveau de refondation de l’Etat en valorisant nos réalités socioculturelles, nos savoirs locaux et nos pratiques traditionnelles là où ils s’avèrent pertinents et efficaces.
Les textes de loi qui régissent les institutions de la République doivent être revus sans équivoque, sans confusion, sans conflit de compétence, ni de doublon des missions.
Il nous faut une gouvernance vertueuse.

4°) La commission Prospective
Depuis l’accession du Mali à l’indépendance, toutes les politiques économiques se sont avérées un échec. Elles ont été mal inspirées et non adaptables à nos réalités de développement. Elles n’ont pas tenu compte des véritables priorités de nos populations.
Les nombreux coups d’État et les changements de régime, le manque de vision des leaders politiques ont très souvent conduit à des reniements de programme, qui donne l’impression d’un éternel recommencement.
La CCREM propose de réunir les cadres compétents de tous les secteurs de développement pour une étude prospective sur au moins cinquante ans. Cette étude intersectorielle assortie de plans quinquennaux veillera à assurer la complémentarité des différents programmes économiques. Le rapport de l’étude fera l’objet de loi dont l’application s’imposera à tous les régimes qui seront appelés à gouverner. Cette loi nouvelle aura l’avantage de mieux rationaliser et de mieux contrôler les dépenses publiques.
En conclusion, la CCREM pense qu’il est donné à notre pays une chance et une opportunité unique de repenser le Mali. Devant la gravité de la crise qui sévit, la déchirure du tissu social, l’ébranlement de la cohésion sociale, il nous faut une UNION NATIONALE SACRÉE autour du Mali. Tous les fils et filles doivent comprendre que l’enjeu réel, c’est l’existence même de notre pays comme NATION. Chacun doit se dire : que puis-je apporter à mon pays aujourd’hui pour le rendre meilleur.

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Agonie de l’INA: les autorités face à leur responsabilité

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:16

Comme annoncé lors du point de presse du vendredi dernier organisé par le Comité A.E.E.M., les étudiants de l’Institut National des Arts (I.N.A.) ont fait un sit-in hier. Leurs griefs portent essentiellement sur : la promiscuité dans laquelle les étudiants doivent travailler ; la transformation de quelques salles en magasins par les commerçants; la vétusté des bâtiments ; l’inaccessibilité de leurs locaux…

À travers ce sit-in qui a mobilisé un nombre impressionnant d’étudiants, il s’agissait pour les pensionnaires de cet institut créé depuis 1933 en tant que centre unique de formation artistique et culturelle du pays de demander aux autorités de la Transition de meilleures conditions d’études pour les étudiants de l’I.N.A.
Le témoignage du Secrétaire général du Comité A.E.E.M., Ali SANKARE, est révélateur du drame silencieux que vivent ces étudiants.
«Nous sommes confrontés à beaucoup de problèmes. On dirait que l’État nous oublie, alors que l’art est un élément prépondérant de la culture. Nous nous adressons au gouvernement à travers ce sit-in pour solliciter son intervention par rapport à un grand souci. Il s’agit des problèmes de professeurs, des problèmes de bourse. Nous avons des camarades qui n’ont aucun parent ici, ils vivent de ça. Notre bourse équivaut à 35 000 FCFA par trimestre soit 105 000 FCFA par an, contrairement aux autres établissements qui gagnent 300 000 FCFA par an. Comme si cela ne suffisait, nous devons étudier en plein marché avec tout ce qu’il y a comme nuisances sonores. L’I.N.A. est plongé dans le bruit de 8h à 20h. Si nous pouvions avoir un autre endroit pour étudier plus calmement, cela nous ferait beaucoup plaisir.
Au nom de tous les étudiants de l’I.N.A., nous sollicitons auprès des autorités du pays la prise en compte de notre doléance, afin de remédier à cette situation qui ne permet pas l’apprentissage dans les conditions idoines ».
Au constat, il ressort effectivement l’inaccessibilité des voies menant à l’Institut National des Arts en raison de leur encombrement par les vendeurs installés de façon anarchique. Selon les témoignages d’étudiants, les veilles de fêtes sont si cauchemardesques qu’ils sont obligés d’arrêter purement et simplement les cours, faute de voies d’accès à l’établissement.
Pour en rajouter au cafouillis, la devanture de l’établissement a une vocation de place de stationnement pour les SOTRAMA, les taxis et les motos taxis.
Une autre situation ubuesque que vivent les étudiants de l’I.N.A., c’est que leurs salles de classe sont transformées en magasins par les commerçants, contribuant à la dégradation de l’état des bâtiments qui sont déjà vétustes.
Situé en plein cœur du grand marché, l’I.N.A. est composé de cinq secteurs, à savoir : Métiers d’arts, Arts plastiques, Arts dramatiques, Musique et Animation socioculturelle. L’on apprend que ces secteurs d’études sont également confrontés à de multiples défis.
En effet, rapporte-t-on, en Arts plastiques, il y a une insuffisance notable de matières premières. La section musique a également son problème qui a pour nom l’insuffisance des instruments (traditionnels et modernes). La section Arts dramatiques n’échappe pas à la pandémie puisqu’elle se plaint du mauvais état des scènes, le manque total des régies (lumière et son), l’ancienneté des décors et matériels de coulisse.
En animation socioculturelle, on constate un manque de salle de pratique de l’animation radiophonique et de l’audiovisuel.
Les conditions désastreuses d’études à l’Institut National des Arts interpellent tous ceux qui croient à la contribution de l’art dans le développement des civilisations, à son rôle pour le rayonnement de notre pays dont la culture est une fierté.
Particulièrement, les autorités de la Transition sont interpellées pour ne pas porter la responsabilité historique de non-assistance à Institut en danger de mort.
Il est indéniable que dans un Mali en crise tout est urgent et prioritaire ; mais l’I.N.A. qui est patrimoine national mérite une place en tête des priorités les plus pressantes.

PAR BERTIN DAKOUO

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Sans Tabou: affaire IKN, quand la révolution mange ses enfants

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:13

Comme toutes les révolutions, la révolution de notre pays engagée contre le régime Ibrahim Boubacar KEITA, en 2020, est en train de bouffer certains de ses fils. L’on peut citer Issa Kaou N’DJIM, l’un des influenceurs du mouvement de contestation de l’époque est en phase d’être écartée par les nouvelles autorités de la transition. Son décret de nomination au Conseil national de Transition, dont il était 4e vice-président vient d’être abrogé par le président Assimi GOITA. Cette décision a été rendue publique, quelques minutes à peine après sa libération par le Tribunal de la commune IV où il comparaissait dans une affaire, laisse apparaître son lâchage par les autorités. Preuve que les violons ne s’accordaient plus comme auparavant.

Une année plus tôt, le mouvement de contestation appelé le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), avec souvent la participation des enseignants du pays, brandissait le coup d’État du 18 août comme un trophée, une éclatante sur la mauvaise gouvernance du pays, l’insécurité, le favoritisme, la gabegie, etc.
Entre les civils et les militaires qui sont intervenus pour parachever la mobilisation populaire, c’était la complicité. On était encore dans la ferveur du départ du président IBK, accusé d’être le problème de l’État malien.
En lieu et place, les héritiers du coup d’État ont promis un nouveau départ avec une nouvelle façon de gouverner le pays pour faire espérer le peuple.
Mais, plus le temps passe, l’horizon s’assombrit avec les querelles de positionnement au sein du M5 et du gouvernement. Et la confiance d’une partie du peuple aux nouveaux hommes forts du pays qui ont promis monts et merveilles au peuple malien commence à être entamée sérieusement. C’est le cas notamment des enseignants regroupés au sein d’un collectif appelé Synergie. Ils sont considérés comme l’un des tombeurs de l’ancien régime, sinon des enfants de la révolution.
À ce jour, leur acquis syndical obtenu sous IBK, quand bien même peinait à être appliqué a été complément remis en cause avec l’uniformisation des grilles de salaires imposée par la Transition. Par conséquent, la forte mobilisation pour exiger l’application de l’article 39 tire vers une désillusion, sinon une trahison. D’où l’indignation des enseignants. Ils sont l’un des premiers héritiers à ne pas obtenir satisfaction de la part des nouvelles autorités.
La récente trahison, pardon la dernière affaire de lâchage est celle de Issa Kaou N’DJIM. Cet influent membre du M5 et fervent défenseur du président de la Transition, Assimi GOITA, est en voie d’être bouffé par la révolution qu’ils ont animée.
Après que le Conseil national de Transition (CNT) a pris une résolution juste pour demander la suspension de la détention, en autorisation la poursuite de l’action judiciaire contre lui, l’abrogation partielle du décret de sa nomination au sein l’organe législatif est bien illustrative de cet adage qui dit: « La révolution est comme Saturne : elle dévore ses propres enfants.»
Une réalité qui a bien échappé à Issa Kaou N’DJIM devenu très sûr de lui en pensant être irremplaçable dans le dispositif de la Transition. Comme lui par le passé, beaucoup de personnalités politiques au Mali et ailleurs ont été victimes de leur lutte gagnée ou remportée.
En effet, on peut rappeler la démission du feu Pr Mamadou Lamine TRAORE qui a quitté le Parti Adema PASJ en 1994 dont il était l’un des fondateurs pour créer le MIRIA. À l’époque il s’opposait à la nouvelle ligne de conduite imposée par le président Alpha Oumar KONARE avec qui ils ont créé l’Adema, après la révolution de mars 1991.
Celle-ci éloignait le parti de certaines de ses valeurs socialistes, qui pis est était appliquée au détriment des militants qui ont animé la mobilisation contre Moussa TRAORE.

PAR SIKOU BAH

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HOMMAGE D’HAMED DIANE SEMEGA A SON MENTOR ATT

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:12

« Mieux vaut Allumer la lumière que de maudire les Ténèbres » ;
Ce proverbe que Tu aimais tant répéter, est l’illustration de Ta Vie,
Une Vie au service du Mali
Une Vie au service de la Paix
Le Mali et l’Afrique perdent un Homme d’Etat Exceptionnel et Humaniste valeureux.
Je perds Un Père
Je perds Un Grand Frère
Je perds Un Maitre
Un père qui guida mes premiers pas dans le monde service public
Un Grand Frère qui me jucha sur Ses Solides Epaules pour toujours voir plus loin
Un Maitre qui m’a enseigné les vertus de l’humilité
Le service public était pour Toi un sacerdoce
Le Mali moderne en construction fût l’œuvre de Ta Vie
L’humilité est Ton sésame : partout elle ouvrit les cœurs pour que jamais ne s’efface la mémoire du Plus Grand Soldat de la Démocratie en Afrique.
Dors en Paix Mon Général, la grande armée des enfants, tes Amis, à jamais tiendront fermement le Flambeau

Hamed DIANE SEMEGA

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Dépôts de transit de Médine et de Lafiabougou: énième opération d’évacuation des déchets

INFO-MATIN - Thu, 11/11/2021 - 14:06

La Mairie du District de Bamako a lancé, hier mercredi, une opération d’évacuation des dépôts de transit des ordures de Médina-Coura et de Lafiaboubou, en collaboration avec ses partenaires.

Le top départ de cette opération a été donné par Mamadou Sin Traoré, l’un des conseillers du District de Bamako, sur le site du dépôt de transit d’ordures de Médina-Coura, en face du stade Omnisport Modibo KEITA.
Il avait à ses côtés le coordinateur des chefs de quartier du District de Bamako, Bamoussa TOURE ; le directeur général de la direction des Services urbains de voirie et d’Assainissement (DSUVA), Modibo ZERBO ; du Secrétaire général de la mairie du District, Founè DEMBELE.
Sur ledit site, des tonnes de déchets ont déjà formé une montagne de plusieurs mètres de hauteur. Situé entre deux écoles, l’évacuation de ce dépôt constitue un soulagement pour les usagers de ces deux établissements et les riverains qui souffrent des odeurs nauséabondes que les ordures dégagent.
A cet effet, en souhaitant la bienvenue lors du lancement de cette initiative, Djibril KANTE, au nom du coordinateur des chefs de quartier de Bamako, a indiqué que l’opération est salutaire pour la commune II et l’Etat.
« Les élèves viennent de reprendre les cours. Or, le site est presque contigu à deux établissements. Et, il n’y a pas de développement sans la santé. Il faut que ces élèves qui quittent chez eux sains y retournent sans problème. Alors il n’y a pas de développement quand des enfants contractent des maladies à l’école », a indiqué M. KANTE.
C’est bon d’évacuer, estime-t-il, mais il faut un minimum de suivi. Les précédentes opérations n’ont pas eu de lendemain meilleur faute de suivi, a-t-il regretté.
« Le site est évacué, quelques jours plus tard c’est le débordement. J’ai peur que ce dépôt ne devienne un jour un dépôt final parce que le processus d’évacuation n’est pas régulier », a affirmé le représentant du chef de quartier de Médina Coura, qui estime d’ailleurs que ce dépôt de transit n’est pas vraiment approprié.
« Il faut que les responsables trouvent un endroit, mais quand il y a débordement que ça fait moins de désagrément sur la population et pour les élèves. Je pense que l’emplacement du dépôt fait défaut», a déclaré M. KANTE.
De son côté, le secrétaire général de la mairie du District de Bamako, Founè DEMBELE, a rappelé que l’opération est initiée par la marie du District en collaboration avec un opérateur économique du pays. Elle va concerner, affirme-t-il, les sites de dépôts de transit de Médina-Coura et de Lafiabougou.
Selon lui, la mairie a envisagé cette initiative pour atténuer les difficultés liées à l’assainissement de Bamako. L’élu communal reconnaît que ce domaine pose énormément de problème.
« Il y a encore moins d’un mois, ce même site a été évacué. Maintenant, c’est le ras-le-bol », a déclaré M. DEMBELE, qui estime que le problème demeura entier tant qu’il n’y a pas des unités de transformation des déchets.
Il est convaincu que sans cette approche, même les dépôts finaux vont être un jour débordés parce que les sites ne peuvent pas contenir les ordures.
« On est en train de travailler à cela, parce que les déchets constituent aussi une source de richesse. C’est de l’or noir », a indiqué le secrétaire général de la mairie du District de Bamako.
La transformation des déchets, en plus d’être des sources d’énergie, peut contribuer à la création d’emplois.
Outre la création de ces unités de transformation, il pense également qu’il faut aller vers un partenariat avec les privés puisque l’Etat tout comme les collectivités ont montré leur limite dans l’assainissement de la ville.
Pour sa part, le directeur général de la DSUVA précise que la production de déchets à Bamako est estimée à près de 2 000 tonnes par jour.
« Aujourd’hui, c’est Ozone en principe qui devait faire ce travail d’évacuation des ordures comme prévu dans son contrat. Mais la société, à cause des difficultés financières, n’arrive pas à le faire. C’est pourquoi la mairie a décidé, avec ses partenaires, de mettre en œuvre cette opération. La mairie ne peut pas rester sans rien faire alors que c’est la rentrée des classes et bientôt ce sont les fêtes de fin d’année », a ajouté M. ZERBO.
Le DG de la DSUVA a profité de l’occasion pour inviter la population au paiement des différentes taxes qui constituent des revenues pour la mairie du District pour réaliser les projets de développement.
« Si tout le monde payait ses taxes, la mairie serait en mesure, par exemple, de payer l’argent de Ozone afin que la chaine de collecte des déchets jusqu’à la décharge ne s’interrompe pas », a-t-il souligné.
Après le site de Médina-Coura, la délégation s’est rendue sur celui de Lafiabougou pour la même opération qui est exécutée par le GIE Djoro Sanyaton. Ce GIE a mobilisé une quarantaine de camion pour les travaux.

PAR SIKOU BAH

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Passage en classe supérieure: la promo de la Transition

INFO-MATIN - Wed, 10/11/2021 - 14:59

Plus d’une semaine après l’ouverture officielle de l’année scolaire 2021-2022, dans plusieurs écoles publiques dont nous avons fait le tour hier mardi, les cours n’ont pas véritablement commencé. Des élèves ne savent toujours pas s’ils passent en classe supérieure ou pas, en raison de la rétention des notes par des enseignants.

Le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA a lancé le lundi 1er novembre dernier la rentrée des classes. Des milliers d’élèves ont repris ainsi le chemin des écoles.
Une semaine après ce top démarrage des activités scolaires sur l’ensemble du territoire national, le constat est alarmant quant au sort de l’école cette année, s’inquiètent des parents d’élèves, à l’image Amadou DIALLO.
« Ma fille en classe de 2e année de l’école fondamentale Mamadou Diarra N°2 de Médina-Coura ne fait que des va-et-vient entre la maison et leur école. Aussi, après vérification auprès de son maître, il n’y a pas eu de passage encore en classe supérieure », a déclaré Amadou DIALLO très furieux.
Selon lui, il ne sert à rien d’effectuer la rentrée des classes alors que les dispositions ne sont pas prises pour assurer le bon déroulement des cours.
« Déjà, ce que je constate, c’est un grand bluff des autorités de la transition pour tromper l’opinion nationale et internationale », a commenté le parent d’élève.
Ses propos sont corroborés par un enseignant du même établissement.
« Si l’Etat a pu recourir à d’autres personnes pour faire les examens, maintenant, on l’attend pour faire passer les élèves qui n’étaient pas concernés par les examens de fin d’année. Nous avons nos notes », a indiqué l’enseignant sur un ton ironique.
En son temps, rappelle-t-il, « nous avons dit que la méthode du gouvernement de tenir les examens n’était pas rassurante puisqu’on ne peut pas faire les examens sans les enseignants ».
Cependant au Groupe scolaire Falaba Issa TRAORE, la directrice, Mme TRAORE Nankan KEITA, bien que n’ayant pas les notes d’évaluation des enseignants de son établissement semble suivre une consigne du département de l’Education nationale que l’on n’a pu confirmer.
« Les notes sont bloquées au niveau des syndicats des enseignants. C’est dans le cadre de leur lutte que tout le monde connaît. Mais, nous avons reçu l’ordre du ministère de l’Education de faire passer tous les élèves en classe supérieure et nous l’avons exécuté», a affirmé la Directrice du Groupe scolaire Falaba Issa TRAORE.
Par ailleurs, elle redoute les conséquences de cette consigne qui sont double sur l’élève et pour le maître.
« Ca peut causer des problèmes surtout aux élèves parce qu’un enfant qui passe avec des lacunes ne sera difficilement en mesure de comprendre les notions de la classe supérieure. Alors, je me demande s’il pourrait s’en sortir ? Pour le maître, ce sera très difficile de le former puisque l’élève est passé avec beaucoup de lacunes », a-t-elle expliqué.
Dans la même situation que Mme TRAORE Nankan KEITA, le Directeur de Lafia A1 et A2 , Brahima KONATE, avoue que les élèves sont passés sans niveau.
« Même ceux qui ont eu 2 de moyenne ont été admis en classe supérieure. Chez moi, il y’a un seul parent d’élève qui est venu demander à ce qu’on fasse redoubler son enfant. Sinon, aucun plaignant», s’est lamenté le Directeur qui regrette que les parents d’élèves se satisfassent de la situation qui est préoccupante.
A l’intérieur du pays, notamment à Kolokani, c’est également le blocage des notes qui freine la reprise effective des cours, nous confie un enseignant, Ousmane TRAORE, joint par nos soins au téléphone.
« On n’a pas réellement commencé avec les cours, car les élèves n’ont pas passé à la classe supérieure. Je pense qu’il ne sert à rien de faire passer les élèves en attendant de trouver un point d’entente pour sauver l’année », a indiqué M. TRAORE qui affirme par ailleurs n’avoir pas appris à Kolokani que le département aurait donné de faire passer tout le monde.
Pour lui, il est temps que les différents acteurs de l’éducation acceptent de se sacrifier pour sauver l’école malienne de façon définitive. Il estime que la stratégie de l’État de chercher à sauver chaque fois l’année scolaire a montré ses limites.
« En réalité c’est l’école malienne qu’on doit sauver cette fois-ci», a déclaré l’enseignant de l’école fondamentale publique de Kolokani.
Outre la retenue des notes qui est en train de paralyser les cours dans les établissements publics, il a aussi ajouté qu’il ne sera plus question de dispenser dans les classes à plus de 50 élèves. C’est fini également pour la double vacation qui était une corvée pour les enseignants.
Au même moment, les élèves des écoles privées ont déjà entamé les cours.

PAR AMINA SISSOKO

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