Repubblica Centrafricana

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Sommet Afrique-France de Montpellier: ACHILLE MBEMBE L’A DIT !

Icicemac - Sat, 16/10/2021 - 02:53

Cette tribune ne fera pas plaisir à beaucoup de lecteurs, mais franchement s’il fallait écrire simplement pour la joie des lecteurs, beaucoup d’écrivains et penseurs auraient changé de métiers. Moi, je n’écris pas pour faire plaisir, mais pour contribuer à la réflexion, surtout quand il s’agit de sujets aussi graves qui concernent des millions de personnes. Je me suis fait violence. Croyez-moi sur parole ; J’ai réfréné mon ardeur, tempéré ma colère ; J’ai même fait preuve d’une extrême cautèle à propos de ce sommet de Montpellier baptisé « Nouveau sommet France Afrique » ou vice versa. Mais comment est-il possible de rester de marbre face à une histoire qui se joue devant soi alors même qu’on est acteur de son époque ? Comment s’extraire d’une réalité dont on est coeffecteur, y compris en faisant silence ? Albert Einstein disait : « Ne faites rien contre votre conscience, même si votre Etat vous le demande ». Alors, n’obéissant qu’à la mienne, je vais livrer ici ma grille de lecture critique sur ce sommet France Afrique d’un genre nouveau.  

Les actes que posent certains hommes de leur vivant font résonance au-delà des époques et les actions substantielles qui engagent des générations ne sauraient souffrir de l’absence des sachants, des carences des analystes, de la démission des érudits. Abdiquer à se prononcer devant un sommet qui engage des millions d’Africains face à des Etats puissants serait purement et simplement de la lâcheté. Surtout quand, par la pesanteur de sa connaissance, l’on prétend apporter une contribution fût-elle infime à l’édification d’une pensée rationnelle, d’une conjugaison de la raison avec l’histoire : Nous devons être acteurs de notre propre histoire, celle de notre époque. Le poète allemand Heiner Müller ne disait-il pas que « la plus grande chute est celle que l’on fait du haut de son innocence » ? Alors, ne soyons pas innocents mais coupables d’action, de tellement d’énergie qu’elle finisse par procurer de la lumière à nos semblables par l’outrance de nos tentatives.

ACHILLE MBEMBE L’A DIT !

Ce jour, au détour d’une intervention, j’ai lu un billet d’Achille Mbembe. A l’en croire, il y aurait eu des propos ad hominem à son endroit suite au sommet de Montpellier. Si c’est le cas, je condamne car ce n’est pas l’essentiel pour moi. Pourtant, à dire vrai, je n’ai ni ressenti le besoin, ni eu l’occasion de lire les réactions de ses détracteurs, encore moins les dithyrambes des zélateurs et autres tartuffes de circonstance pour m’effarer de l’initiative de notre Césaire équatorial pour qui j’avais pourtant de l’estime en tant que penseur de la post-colonie qu’il analysait sous le prisme analytique de la déconstruction d’un diktat.

Je n’ai pas non plus ressenti le besoin de requérir l’avis d’observateurs africains sur ce sommet de France pour comprendre les fondements de la réprobation populaire. Et contrairement à ce que les organisateurs de ce sommet ont l’air d’imaginer, le logiciel de la grande majorité des Africains ne peut être programmé simultanément en faveur d’une hostilité congénitale à la France ou envers ses autorités, quelle que fût la localisation géographique ou l’idéologie sous-jacente. C’est impossible !

Le bon sens élémentaire requiert donc de laisser au minimum le bénéfice du doute aux contempteurs de ce sommet en posant le préalable qu’ils sont aussi pourvus de raison humaine, adultes donc doués de cognition et d’un soupçon de rationalité qui, bien que limitée (contrairement aux démiurges néomacroniens qui ont imaginé un tel sommet), n’en est pas moins légitime. Seuls les axes d’analyse paradigmatiques changent le regard sur ce sommet. Mieux encore, le vent de liberté qui gagne progressivement l’Afrique peut tout autant justifier cette hostilité spontanée pour ce qui s’apparente davantage à une tutelle larvée, une tentative mercantile de s’arroger l’Afrique par la ruse. L’objectif de la France restant le même, seule change la méthode.

Il se trouve que n’étant pas des naïfs et ayant une faculté de discernement désintéressée, si ce n’est l’attachement à notre continent d’origine, nous devrions pouvoir bénéficier d’un préjugé d’objectivité bien supérieur à ceux qui ont reçu des perdiem et autres gratifications pour pouvoir discuter en notre nom de l’avenir des relations entre la France, ancienne puissance tutélaire et nos patries d’origine dont nous ne saurions brader les intérêts, le futur et les espérances des peuples, même pas pour des sourires enchanteurs de campagne ou des promesses de postes à responsabilité équivoques.

ILS ETAIENT SI HEUREUX DE POSER AVEC JUPITER

Et je les revois d’ici, souriants, émus, fiers et fermement convaincus d’avoir œuvré pour le bien-être des générations futures. Certains de ces acteurs (à l’instar du présentateur mélanoderme de RFI) pensent même connaitre l’Afrique, parce que souventes fois, plus d’ailleurs qu’à leur tour, aux frais de tel roi ou de sa princesse, ils s’y offrent quelques séjours de luxe généreusement rémunérés au détour d’une invitation spéciale, tous frais payés, en première classe et aux frais du contribuable.

D’autres, éloignés de longue date du terroir d’origine, le côtoient par médias interposés et transposent leurs réalités et représentations à toute l’Afrique en veillant à faire une analyse critique fortement livresque face à des réalités complexes. Une situation plus stable ne serait sûrement pas de refus. Cependant, on foule du pied l’œuvre d’une vie : quelle chute !

EROSTRATE ET MASLOW FONT CHORUS AVEC JUPITER ET LE SERPENT SE MORD LA QUEUE

L’analyse froide requiert une distanciation avec l’objet d’étude : c’est l’approche analytique. Or les acteurs qui défendent et justifient leur sommet sont à la fois juges et parties, car étant des pions au sein d’un vaste échiquier de façonnage d’une réalité tronquée. Et c’est ici que le complexe d’Erostrate, c’est-dire la tentation naturelle à l’ostentation proche de l’exhibitionnisme social se confond avec le sentiment du bien-fondé de son action progressiste.

La vérité est que la déconstruction mythologique à laquelle les acteurs se livrent souffre d’un biais cognitif originel qui réside dans le postulat de base qui leur sert de prétexte à cette vaste entreprise spoliatrice. Comment en effet envisager objectivement le rapport de la France « aux Afriques » sans en être une partie prenante par la suite ? C’est ainsi que Achille Mbembe se voit offrir non seulement une mission d’élaboration d’un rapport sur la situation des relations conjuguées et compliquées entre la France et l’Afrique, non sans avoir esquissé une éventuelle solution qui consisterait en un fonds d’innovation pour la démocratie de 30 millions d’euros géré par lui (sûrement dans le but d’enseigner la démocratie aux Africains ?!!! ) ou au pire, une maison de l’Afrique et des diasporas bien entendu, ici aussi dirigée par lui (On y apprendrait sûrement beaucoup en matière de cultures africaines !!!). En réalité, un fonds d’innovation pour la démocratie bénéficierait grandement aux Africains si on formait les satrapies africaines actuelles soutenues par la France aux fondements même de ce concept d’origine grecque, ce qui est pour le moins antithétique des intérêts français en Afrique (sic).

Et c’est ici que le serpent se mord la queue. En effet, hier pourfendeur acharné de la politique d’une France anachronique et unilatéraliste envers l’Afrique, notre Césaire des Tropiques se mue aujourd’hui en chef d’orchestre grassement rémunéré d’une entreprise de spoliation du continent par la ruse. Et pourquoi ? Explication : Soyons donc cohérents un instant voulez-vous ?

  • Comment peut-on envisager objectivement des relations multilatérales entre la France et ses anciennes colonies sans évoquer l’hypothèse d’une rupture de ces relations biaisées ?
  • Comment peut-on préempter une relation équilibrée entre l’Afrique et la France en faisant allégeance à cette dernière ? En devenant son obligé, son conseil ? Où sera désormais l’objectivité dans l’analyse ? « Abdiquer sa personne pour devenir un personnage », c’est se faire chose disait Sartre. Ainsi rentre l’intellect dans la sphère marchande, avec en corollaire inéluctable, le renoncement à sa liberté de penser.
  • Peut-on à la fois prôner l’amitié entre des peuples aux mémoires antagonistes et croire que l’on peut être en capacité de condamner les intérêts criminogènes des puissances au regard des nations institutionnellement et économiquement faibles ? Au mieux ce serait de la naïveté, au pire de la collusion au détriment de populations démunies.

L’entreprise de séduction de Macron aux bons sentiments grumeleux n’est qu’un cache-sexe vicié à la base. C’est comme cette beauté fatale aux yeux bleu azur que l’on vous mettrait en tête de gondole pour une pub alors que se cachent des substances cancérigènes à l’intérieur du produit. La véritable réalité est la forêt oligarchique que sa figure de proue cache à ces hordes de jeunes à qui l’on a offert un voyage pour mieux les convertir à la nouvelle stratégie de communication censée apaiser les esprits. Cette stratégie augure une opération de reconquête offensive moins brutale, moins formelle, moins militarisée parce que relevant d’organisations de la société civile et de partenaires jeunes dans une Afrique en construction. J’insiste sur le terme « Jeunes » car le pari est fait que la population jeune est le bras séculier de cette nouvelle donne anthropologique qu’il faudra conquérir pour de futurs marchés prometteurs. Il faut donc réduire cette potentielle résistance psychologique, cette défiance sourde envers l’ancienne puissance colonisatrice dont les rapports se sont dégradés avec les anciens colonisés. Ce que la nouvelle doctrine Elyséenne veut, ce n’est pas une nouvelle collaboration plus équilibrée, mais une population plus docile et moins turbulente pour pérenniser l’exploitation pacifique des mines, et autres matières fossiles d’Afrique tant nécessaires au prestige de la France.

QUI SONT DONC LES PERDANTS DANS CETTE NOUVELLE STRATEGIE FRANCAISE ?

A vrai dire, dans ce jeu à somme nulle, les perdants sont bel et bien les Africains, embarqués dans une nouvelle configuration géopolitique imaginée depuis l’Elysée, sous la tutelle d’un intellectuel qui sert de caution implicite à un braquage des esprits.

Alors, le décor est mis en place par un saltimbanque qui croit en toute naïveté servir la cause des Africains ; d’ailleurs est-il naïf ou tout simplement très narcissique ? Sûrement un peu des deux, puisque très imprégné du complexe d’Erostrate.

Dans moult interventions cybernétiques, attaqué de toutes parts pour sa participation à cette grand-messe orchestrée de main de maître par des stratèges Elyséens en géopolitique, stratégie et communication politique, chacun tire son épingle du jeu. L’un peut continuer à se donner de l’importance grâce à son excellente diction en qualité de maître de cérémonie, l’autre obtenant la promesse de devenir une personnalité de haut rang avec chauffeur et gardes du corps, reconnaissance qui lui aura tant manqué dans ses pérégrinations intellectuelles à travers le monde. Le donneur d’ordre, Jupiter pourra désormais compter sur la sympathie des nouvelles élites africaines qui amplifieront ses paroles, son discours égalitaire entre la France et ses ex-colonies, faisant même oublier au passage qu’il n’est pas dépositaire de la souveraineté éternelle de la France, mais simplement son serviteur temporaire. Il aura réussi à redorer l’image de l’Etat Français après les ravages commis à Dakar par un de ses goujats de prédécesseurs. Ainsi donc, Erostrate et Maslow se donnent la main au bal organisé par Jupiter où les invités applaudissent la nouvelle incarcération dans laquelle ils s’enferrent sans en avoir même conscience.

Là où les uns et les autres auront succombé au charme du maître de céans, une simple grille de lecture polyscopique dans les rapports de force en présence leur aurait pourtant permis de comprendre que le président Emmanuel Macron ne représente pas l’individu, mais bel et bien une entité géopolitique qui continue d’arbitrer, et dans certains cas de façonner l’arbitraire. Par son emprise séductrice, il aura fait oublier les 8000 soldats français qui sont dans le Sahel à défendre les intérêts de la Nation Française, les bases militaires de Djibouti (1450 soldats), du Sénégal (350 soldats), de Côte d’Ivoire (950 soldats), du Gabon (350 soldats) et tous les enjeux géopolitiques et géostratégiques qui font le socle granitique de ses orientations politiques circonstanciées. (Vous vous souvenez du sourire de la nymphe aux yeux bleu azur sur la pub ?) De fait, qu’Emmanuel Macron soit sympa ou pas en tant qu’individu n’intéresse personne, seule compte son action politique et pour les Africains, seul importe leur bénéfice dans cette nouvelle relation.

UN IMPERATIF CATEGORIQUE : NE JAMAIS FAIRE DANS L’AD PERSONAM

Je ne parle pas ici d’intellect ni de côte d’intelligence dont la mesure requiert des mercuriales irréductibles au domaine des sciences humaines. Que je sache, aucun des participants à cette foire aux bonnes idées n’a obtenu une distinction honorifique de portée mondiale à ce jour. Et pourtant l’on ratiocine au point d’écumer le paquebot avec des cuillères. L’important est d’avoir l’impression d’avoir été écouté par le maître du jeu et tant pis pour tous ceux qui pourtant majoritaires et révoltés par une telle initiative trop supérieure à leurs capacités intrinsèques, s’avèrent rétifs aux décisions là-bas prises par des esprits brillants qui, certainement ne manqueront pas d’éclairer les incultes.

Et pourtant, il s’agit bel et bien d’initiatives personnelles pour le bien supposé de nations, d’entités géopolitiques dont la coopération devrait s’esquisser autour de valeurs définies en commun.

Seulement voilà, le rapport entre les protagonistes de cette initiative présentée conjointement a bel et bien été orchestré par un collectif de stratèges « Elyséen » déterminé à préserver les intérêts d’un Etat, à savoir la France. Les autres acteurs de cette grande scène ne représentent en vérité qu’eux-mêmes et leurs intérêts propres dissimulés derrière le paravent d’un hymne à la conjugaison des altérités pour une collectivité humaine élargie au sud de la méditerranée.

Réfléchissons à haute voix !!!

  • Il ne vient donc à l’esprit de personne que ce sommet se passe 7 mois avant l’élection présidentielle en France où le président sortant est potentiellement (sûrement) candidat ?
  • Il ne vient donc à l’esprit de personne que durant le premier semestre de l’année prochaine la présidence française de l’Union Européenne organisera un sommet européen sur la défense et que le prestige diplomatique de la France, notamment à l’ONU passe par les voix africaines dans toutes les instances internationales ?
  • Il n’aura en tout cas pas échappé aux moins crédules que de toute cette foire aux bonnes intentions, il n’a nullement été question pour la puissance française de sa politique étrangère qu’elle aurait d’ailleurs éludée en évoquant la nouvelle doctrine macronienne qui est que « la France ne se mêle pas des affaires internes des africains, qu’ils sont adultes » et blablabla…Vous y croyez, vous ?
  • Il n’aura non plus été question des armées françaises qui écument l’Afrique depuis le Gabon jusqu’à Djibouti en passant par le Sahel et autres sites cumulant au total pas moins de 10 000 soldats dans des territoires qui ne lui appartiennent pas.

Que l’on me dise dans quel autre continent, sur quel autre territoire une armée étrangère règne autant en maître ? la Chine ? Les USA ? L’Australie ? La Grande Bretagne ? Même le Japon s’est émancipé de la tutelle américaine et l’Allemagne dispose d’une armée autonome depuis la chute du mur de Berlin. En Corée du Sud, la présence américaine n’est justifiée au sud du 38e parallèle qu’avec le parfait accord de la Corée du Sud en miroir équivoque de la menace Nord-coréenne.

Non, l’Afrique n’est pas la chasse gardée de la France et ledit « Nouveau sommet France Afrique » ne fait que consacrer la nouvelle apparence de la relation, plus subtile, plus souple qui permettra une Reconquista face à la déshérence des actifs français et à une image dévaluée de la France en Afrique. Cette transfiguration des perspectives relationnelles cache en réalité une prospective plus vicieuse car sournoise, conçue pour la sauvegarde des intérêts de la France, ne soyons donc pas naïfs.

Albert Camus nous disait que « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ». Alors, je dis ceci : Si une nouvelle coopération doit naître des cendres de l’ancienne tutelle, il faudrait alors mettre sur la table les vrais sujets qui laisseront entrevoir une lueur d’émancipation véritable des Africains vis-à-vis de la France :

  • La coopération militaire et un programme de désengagement du territoire des Etats Africains
  • Une annulation pure et simple des accords de coopération qui entravèrent le développement des nations africaines nouvellement indépendantes
  • Un retrait progressif de la France des instances de décision monétaires des zones Afrique centrale et Afrique de l’Ouest
  • Un désengagement ferme des affaires internes africaines
  • Des règles de libre concurrence et d’équité impliquant à égalité la France et les autres nations du monde en matière économique : plus de passe-droits pour privilégier les seules entreprises françaises
  • L’aide au développement (si tant est qu’elle doive se perpétuer) devra être réorientée vers le secteur productif et donner lieu à compensation sous la forme de loyers à taux concessionnels, ce qui n’est pas le cas à ce jour où elle est orientée vers l’administration budgétivore.

Le rapport de la France à l’Afrique ne devra se faire qu’à ces conditions propices à dialogue adulte. Il devra être dénué de menaces et s’orienter vers des intérêts mutuellement bénéfiques, dans une transparence qui ne saurait recourir aux anciennes pratiques tutélaires, car le passé ne plaide pas en faveur d’une confiance aveugle à l’ancienne puissance colonisatrice. L’avenir entre ces entités géopolitiques est à ce prix et non dans des schémas projetés par des savants en quête de responsabilités et autres funambules médiatiques en mal de notoriété, adeptes de l’ultracrépidarianisme.

Pour une véritable harmonie, un dialogue constructif et un apaisement durable entre les peuples.

Prof. Henri Georges Minyem

Enseignant dans les grandes écoles d’ingénieurs-Paris.

www.georgesminyem.com

PARALYSEZ LA TERREUR D’ÉTAT !

Icicemac - Fri, 15/10/2021 - 16:41

Dans une tyrannie en déliquescence (qui s’amoindrit dans tous les secteurs de la société au lieu de prospérer), lorsque la Sécurité militaire impose la chappe de plomb de l’enlèvement, de la torture et de l’assassinat, lorsque l’arrestologie (la science des arrestations) rivalise avec la discernologie, il doit se lever, dans la troupe des hommes et des femmes en toges, un accusateur public pour brandir la lanterne sacrée du bon sens, du bon goût, et rappeler les vertus du Bien, du Vrai et du Beau, la valeur de la liberté en somme. Car l’heure est au règne des anthopophobes, des nécrophiles et autres nécrologues. Dans L’Archipel du Goulag, Soljenitsyne écrit : « Sans doute, dans un climat de soumission générale, un accès de désespoir est-il toujours salutaire » (p. 315).

Il a vu juste. Lorsque le sort de toute une nation est en jeu, il faut avoir en horreur les demi-mesures. C’est le cas. Nous devons donner une réponse proportionnelle au mépris, à l’arrogance et aux violences répétées contre les enseignants dans notre pays, en restant tous chez nous demain. Ils ont atteint leur point de rupture. Voici quelques cas graves de violation des droits des enseignants au Cameroun dans un passé récent et des atteintes à la liberté académique dans le supérieur : d’abord, la bastonnade de nos collègues dans nos campus universitaires depuis les années 90 jusqu’aux derniers événements tragiques de 2016 à l’Université de Buéa qui ont précipité la guerre civile au Nord-ouest et au Sud-ouest ; ensuite, le gazage et la mise à tabac par les policiers et les gendarmes des collègues du secondaire, membres du Collectif des enseignants indignés du Cameroun qui, devant la morgue du Centre Hospitalier Universitaire (CHU), rendaient pacifiquement hommage à Boris Kévin Njomi Tchakounté, professeur de mathématique assassiné par son élève le 14 janvier 2020 ; enfin, la détention arbitraire de notre collègue, le Professeur Alain Fogue Tedom, dans la Prison centrale de Yaoundé. Ce collègue avait été arrêté dans la nuit du 21 septembre 2020, détenu illégalement et torturé psychologiquement au Secrétariat d’État à la Défense. De même, le 20 septembre dernier, Joël Émile Bamkoui, le Directeur de la Sécurité militaire, s’est fait le plaisir sadique de capturer un enseignant de philosophie de l’Université de Yaoundé I, en pleine ville, à Yaoundé. Après son enlèvement, l’officier supérieur l’a insulté publiquement, lui a fait subir la torture et l’humiliation dans ses bureaux. Ledit enseignant s’en sort avec un grave traumatisme facial et une diminution de la vue nécessitant une surveillance médicale rigoureuse permanente, à vie.

La liste des infractions et des crimes du pouvoir actuel de Yaoundé contre les membres de notre corporation est élastique. C’est une vérité de Lapalisse : au quotidien, les enseignants sont victimes de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants dans notre pays. La présente tribune va s’articuler autour des deux parties principales suivantes : Paralysez la terreur d’État et La provocation philosophique et ses enjeux. Le premier axe porte sur six points : Ce qui est en jeu : la victoire des libertés fondamentales et des droits de l’homme sur le Soldat-chasseur (I) ; Le Chevalier de l’ordure et de l’opprobre ou le Terrassier des normes (II) ; Le règne des sots (III) ; Le temps de la violence guerrière : le citoyen soldat et le chef militaire (IV) et La pensée critique dans les casernes : le métier des armes (V) ; Les universitaires et l’industrie des cadavres (VI). Le deuxième axe portant sur la provocation philosophique et ses enjeux traite des points suivants : Le labeur du philosophe dans notre contexte (VII) ; Le statut de l’enseignant aujourd’hui (VIII) ; Prise de conscience et travail collectif de libération (IX) ; Dépasser les privilèges meurtriers d’un pouvoir politique dépassé (X).

Partie I : Pourquoi nous devons rester chez nous demain ?
Notre but est bien identifié : c’est se défaire de la terreur d’État et de la poigne maléfique du Soldat-chasseur. En effet, au Cameroun, le système concentrationnaire, l’Archipel du Goulag, est complexe et est incarné par des personnages lugubres que rien n’anime, sinon les râles des damnés qu’ils torturent, les flots de larmes et les rivières de sang qu’il déversent sur les sillons de notre Nation biculturelle. La terreur prend ses racines en amont, au niveau des cercles de décision de la Présidence de la République, où, suivant les conseils d’universitaires sans cœur et aux savoirs frelatés, l’on cultive la haine, le tribalisme et l’incompétence. En aval, au Ministère de la Défense et à la Délégation générale à la Sûreté nationale, on distille les miasmes de la peur et du crime préventif pour mieux asseoir la pilule du renoncement et de la résignation. Là, c’est le règne des animaux politiques qui jouent aux brutes de la patrie.

Ce qui est en jeu : la victoire des libertés fondamentales et des droits de l’homme sur le Soldat-chasseur
L’ère du Soldat-chasseur est le triomphe de l’arbitraire, de la haine et de tous les passe-droits. Depuis la baisse drastique des salaires des enseignants et du personnels sanitaires et la préservation du traitement et des privilèges des hommes en tenue dans les années 80, il y a eu une inversion dans les valeurs et la préséance. Militaires, policiers et gendarmes, se prévalant de l’audace indue que leur garantit un État incapable de maintenir les équilibres entre les grands corps de l’État, toisent les enseignants avec dédain. Ceux-ci, lésés, contrits sans avoir péché, se sont aplatis comme le paillasson des hommes en armes, avec tous les complexes qui vont avec. C’est en fait le temps de la militarisation entretenue de la conscience nationale ou, plus exactement, de la dé-conscientisation à outrance. Car, même dans le champ de bataille, le soldat n’est pas une machine à tuer : il combat, fait des prisonniers et soumet l’ennemi par tous les moyens légaux, dissuasifs, et de contrainte mis à sa disposition. Il sait que l’enjeu de la guerre est de protéger les citoyens, de réparer l’homme et de préserver la civilisation en sauvant le territoire national de l’anarchie.

Les soldats-chasseurs, au contraire, versent dans le nihilisme (le chaos total). Ils attrapent des proies civiles et ne vont pas en guerre. Ils sont nommés dans les villes et les villages pour amplifier les frustrations et extorquer une obéissance forcée du peuple. Ils y font donc de la chasse aux citoyens indociles. Cependant, ils ne font pas des prisonniers ; ils font des enlèvements, torturent, tuent et vitrifient leurs « colis » sans égard pour les droits de l’homme, la dignité humaine et la sacralité de la vie. Le fusil, dans ces conditions, ne sert plus à dissuader l’ennemi (qui n’en est pas un d’ailleurs, puisque l’on a affaire à des compatriotes désarmés), mais pour fructifier une réputation et une gloriole infâmes. Tous les outils de guerre sont ainsi exploités comme des machines à fric. Le soldat-chasseur est nécessairement un économe de la guerre. Il est en quête de butin et convertit les pertes humaines en espèces sonnantes et trébuchantes. Le jeu est juteux : on catalyse la contestation et radicalise les communautés pour perpétuer le carnage. Les bureaux du soldat-chasseur ne sont pas des officines pour penser la guerre et les stratégies de combat. Ils sont transformés en de petites compagnies de négoce macabre où les usagers subissent l’innommable avant d’être dépouillés, gazés et empoisonnés au vu et au su de tous, avec la bénédiction d’une hiérarchie consentante. D’ailleurs, une hiérarchie civile peut-elle échapper elle-même au musèlement des hommes en armes ?

II/ Le Chevalier de l’ordure et de l’opprobre ou le Terrassier des normes
C’est pourquoi, l’on ne peut être soldat si l’on n’est pas honnête ou si l’on ne cultive pas l’honnêteté (enquête de moralité). Un soldat-citoyen n’est jamais cause de la folie guerrière caractéristique des soldats bandits. Il n’est pas formé pour faire l’expérience du vol et de la filouterie, mais pour entretenir le sentiment chevaleresque qui dispose chacun à élever l’autre au lieu de le piétiner. Il n’entretient point la furie de tuer, mais l’appétit de mourir dans l’exaltante mission de protection de son pays. Il y a un minimum de pudeur virile, même si l’on est formé pour arracher des vies. En un mot, il évite de se constituer en le fanatique de la mort, car en un sens, ce qu’il défend, c’est une paix conforme aux valeurs, et à la grandeur du peuple. Alain observe, à juste titre : « C’est pourquoi il n’est point de guerrier qui ne puise la haine et que n’ait appris à aimer les hommes » ; « c’est pourquoi les hommes rendus à l’ennemi tombé ne sont point seulement de forme. Non, mais du fond du cœur. L’homme qui estime… qui sortira de l’épreuve ».

Malheureusement, ces subtilités échappent aux pouvoirs engoncés dans l’arrogance et violence. À juste titre : la pensée libre est la hantise de la sécurocratie, quelle qu’elle soit. D’un autre côté, la révolution s’engraisse des cadavres et ce sont les suppliciés et les assassinés qui la justifient. Tous les « Arrêtés » politique actuels manifestent l’évidence que dans une autocratie rampante, l’industrie pénitentiaire n’est pas une entreprise de correction de l’homme, mais de neutralisation de la vie. Dans L’Archipel du Goulag, Soljenitsyne dénonce les enlèvements et la torture systématique dans les camps soviétiques. Il y soutient que « l’arrestation est une lueur aveuglante et un coup qui refoulent, sur-le-champ, le présent dans le passé et font de l’impossible un présent à part entière » (L’Archipel du Goulag, p. 11). Cette métaphysique de l’épuration du temps au profit du trépassement permanent de l’avenir est de rigueur à l’ère du Renouveau, au Cameroun.

III/ Le règne des sots
Il ne serait pas exagéré de parler en ce moment du règne des sots, suivant l’expression d’Alain. En effet, le temps qu’il fait actuellement nous rappelle l’époque morte, ce temps lointain, trépassé, dont parle Alain « où les sots gouvernaient par la terreur » (Alain, Convulsion, de la force, p. 15). Mais il y a lieu de distinguer les sottises ordinaires (par exemple l’appel d’un colonel à un civil désarmé pour le menacer) et les sottises géantes, en l’occurrence celles qui consistent à arrêter, torturer, embastiller un civil, sous le prétexte qu’il aurait invité, sur Facebook, à faire une marche, ou organiser des exécutions extrajudiciaires des compatriotes anglophones et les faire enterrer à la colline des fous (Nkolfoulou vers Soa). Dans tous les cas, nous sommes devant un choix radical : faire la guerre, en cantonnant les libertés et les aspirations du peuple, ou interdire la liberté d’écrire notre histoire. Le choix est cornélien : allons-nous tuer la guerre ou exécuter la pensée ?

Plusieurs compatriotes, d’ici et d’ailleurs, tourmentés par une crainte viscérale des représailles, pour éviter de condamner les dérives et les crimes, choisissent d’offrir aux tortionnaires un visage ampoulé et auréolé d’un faux respect. Pour ma part, la critique du système gouvernant actuel vise à promouvoir la liberté et l’inventivité qui lui est attachée. Mais ces principes, ces valeurs cardinales de l’humanité ne peuvent prospérer dans l’immoralité et dans l’indignité (actions illégales et déshonorantes des soldats), car « le plus grand abus de la force est sans doute d’exiger l’assentiment ». Pour sécuriser notre avenir, l’intégrité de ce pays, il faut non seulement se rendre dignes des sacrifices des martyrs qui ont donné leur vie pour notre indépendance, mais aussi mériter le sang des jeunes soldats qui tombent tous les jours à l’Extrême-nord, et dans les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest pour maintenir la paix à l’intérieur des frontières nationales. Les arrestations arbitraires, les injustices, les frustrations entretenues et les discriminations systématiques du pouvoir en place minent ces efforts chevalesques et détruisent nos chances de nous retrouver, de nous réconcilier avec nous-mêmes, pour être à la hauteur des promesses de notre brillant futur. C’est pourquoi, les citoyens mécontents doivent contester ces institutions improductives et contreproductives qui ont hypothéqué pendant longtemps le décollage économique du pays. Il nous faut tout refonder et repartir sur de nouvelles bases, bâtir du neuf en somme.

IV/ Le temps de la violence guerrière : le citoyen soldat et le chef militaire
En République, on ne se fait pas remarquer par un philosophe, car il faut éviter la torture de ses mots réparateurs. On ne menace pas les penseurs ; on les endure. En effet, le temps de la violence, c’est le couronnement du mensonge. Sur le terrain de la torture, rien de ce qui est dit est vrai et les juges militaires s’arrêtent aux apparences convenues et veulent dissuader, au lieu de creuser le vrai. La peur est justement l’énergie qui fait carburer cette violence, qui n’est point véritablement la guerre. Mais celui qui se résigne et se rend mentalement à son bourreau oublie que la mort ne s’imagine point, et que l’homme qui a le vertige n’en est pas encore aux vrais obstacles, qui sont aussi bien des appuis. Autrement dit, jusqu’au dernier souffle et au-delà, le supplicié doit savoir que la vie prévaut. Malheureusement, ces temps moroses de la guerre ont provoqué la moisson des sots.

Choisir le métier des armes, c’est se décider à chercher l’occasion de mourir pour son pays, sans songer à se venger de quiconque ; c’est choisir la condition du combattant, sans subir aucune contrainte. C’est pourquoi le métier des armes, chez nous, est sous-tendu par deux idéaux que résume la devise « honneur et fidélité » de l’armée camerounaise. Le statut de combattant, lui, est articulé à la dignité qui consiste à suivre son destin, sans rechercher le péril, aussi sans le fuir. C’est l’étoffe d’une âme ferme, qui ne vit point d’opinions, et qui se gouverne par sa propre volonté.

V/ La pensée critique dans les casernes : le métier des armes
Le citoyen soldat n’est pas un homme au cœur de pierre ; il cultive en soi une distinguée majesté (infatuation). Ce n’est pas l’homme avide, traitre, brutal, cruel, qui sème le mal sur son passage. Il a, au contraire, sous sa langue, une saveur du devoir à accomplir qui ne le dispose ni à la grève ni à la tentation de la rapine et du rançonnement. C’est pourquoi le Chef militaire DOIT être impitoyable dans le champ de bataille parce qu’il doit maintenir cette discipline morale. Par cet expédient, en flambant ainsi le vice, il maintient en quelque sorte la flamme de la vertu, il se prémunie, aussi bien des bases attaques de l’ennemi infâme que des déconvenues du hasard. Faire la guerre, Alain le rappelle fort opportunément, délivre des passions guerrières.

Au-delà des honneurs militaires, le soldat entretient un honneur intime. Prétendre promouvoir la paix, qui est le fondement de la civilisation, la raison d’être de l’humanité, c’est se ranger du côté du droit, et de la verité : « Chacun sait que la peur se change aisément en colère, et que la violence d’un homme en colère n’est point réglée sur les causes extérieures ». À ceux qui seraient opposé à mes idées et identifieraient quelques opinions mercantiles dans ma démarche, je répondrais, avec ces mots d’Alain, que pour l’homme de troupe, le plus haut niveau du sacrifice à la patrie consiste à faire la guerre pacifique.

À cet égard, les sacrifices de tous les Camerounais qui croupissent en prison actuellement nous interpellent. Qu’ils soient membres d’un parti politique ou de la société civile, activistes ou victimes ordinaires d’excès de pouvoir, tous sont des archives vivantes qui conjurent symboliquement l’absence de références morales et la perte de notre Mémoire, le pire péril qu’affronte un peuple qui perd ses repères. Ceux qui résistent au basculement immoral actuel sont des instruments de notre réminiscence. Sans eux, nous sombrerions dans la banalité du mammifère domestique. Cette assurance par défaut est la digue qui nous aide à ne point sombrer définitivement dans le désespoir et dans l’embrasement de la guerre totale.

VI- Les universitaires et l’industrie des cadavres
Lorsque les cadavres s’amoncellent dans le champ de bataille à la cadence des billets de banque qui atterrissent dans la poche des truands et des entremetteurs de la mort, il nous revient le devoir moral et civique, celui de rappeler que le bifteck et la violence tiennent une place insignifiante devant la grandeur et le prestige d’une Nation prospère et respectée. Par conséquent, chaque responsable politique, administratif, militaire, et les citoyens en général doivent contribuer à construire la Nation par leurs activités et leurs sacrifices quotidiens.

Des illuminés pleins de morgue et de suffisance déploient un effort luciférien pour se soustraire à la prison intérieure qui les constitue. Pourtant, le plus important n’est pas de donner la mort, mais de gagner la bataille posthume, à savoir, enterrer sa victime dans l’oubli, l’éradiquer de la mémoire des générations à venir. Cela veut dire que le bourreau ne réussit jamais survivre à ses victimes. Il reste noyé dans ses crimes et il demeure aliéné et possédé par ses cadavres. C’est pourquoi nous soutenons que le travail à mener, ce n’est point de passer le temps à défendre des postures partisanes, des intérêts de partis, des accointances villageoises. Nous devons nous embarquer dans la clarification de notre horizon commun en boostant nos capacités d’analyse et les facultés humaines mobilisées dans le travail du voir, du dire, du concevoir et du promouvoir. D’où la nécessité de penser le présent pour redéfinir les priorités et les aspirations de notre peuple. C’est par exemple le travail de la philosophie.

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Fridolin NKE
Expert en discernement

Elisée Yonta: INTRODUCTION AU DESENCLAVEMENT DE LA REGION DE L’OUEST.

Icicemac - Fri, 15/10/2021 - 16:03

Je suis Elisée Yonta, je vous invite a suivre ma presentation sur le desenclavement de la region de l’Ouest. Le desenclavement est un facteur de competivite pour la region de l’Ouest. Il permet egalement de doter ce territoire d’infrastructures permettant de le developper sur le plan agricole, industriel et numerique. Suivez ma presentation et posez vos questions dans la courtoisie.

Aboubakar Ousmane Mey une mémoire d’éléphant: il parle de la déchéance du Cameroun

Icicemac - Mon, 11/10/2021 - 03:29

Aboubakar Ousmane Mey avec une mémoire d’éléphant: parle de la déchéance du Cameroun et des dangers qui guette le Cameroun. ùde la fronde dans le grand Nord avec les risques de séparatisme.

ENLÈVEMENT ET TORTURE DU Dr. FRIDOLIN NKE: GENERATION-90exige la révocation immédiate du COLONEL BAMKOUI et sa traduction devant la justice militaire!

Icicemac - Mon, 11/10/2021 - 03:20

ENLÈVEMENT ET TORTURE DU Dr. FRIDOLIN NKE: GENERATION-90 exige la révocation immédiate du COLONEL BAMKOUI et sa traduction sans délai devant la justice militaire!

I. Les FAITS
Le Dr Fridolin NKE est enseignant au Département de Philosophie de l’Université de Yaoundé 1 au Cameroun.
Il a récemment publié un livre très critique sur la gestion du pouvoir par Paul Biya et son régime, intitulé “
Paul Biya, Chroniques de la fin”. Il a ensuite commencé à réaliser des ‘directs’ sur les réseaux sociaux pour
faire la promotion de son livre et analyser la situation sociopolitique du Cameroun.
Au cours d’un de ces directs, Fridolin NKE a pointé l’échec de l’armée dans la guerre civile qui sévit dans le
Nord-ouest et le Sud-ouest, et dénoncé la voracité de la hiérarchie militaire, y compris de la Sécurité Militaire
(SEMIL) qui selon lui, entretient cette sale guerre dans le seul but de s’enrichir au détriment de la troupe qui
se fait massacrer au quotidien sur le théâtre des opérations par des séparatistes.


Se sentant visé par Fridolin NKE, le commandant de la Sécurité Militaire, le Colonel BAMKOUI, passe un coup
de fil très menaçant à l’enseignant de philosophie. Ce dernier enregistre la conversation et la diffuse
largement sur les réseaux sociaux.


Furieux, le Colonel BAMKOUI convoque alors Fridolin NKE dans ses bureaux à la Sécurité Militaire. Les
conseils du Dr NKE jugent cette convocation arbitraire et illégale, et conseillent à leur client de ne pas s’y
rendre. Fridolin NKE respecte les recommandations de ses conseils et ignore la convocation de BAMKOUI.
Le 20 Septembre 2021, à la mi-journée, alors qu’il vaquait tranquillement à ses occupations dans la ville de
Yaoundé, le Dr Fridolin NKE est enlevé par des militaires en civil, brutalisé et conduit manu militari dans les
bureaux du Colonel BAMKOUI. Le Dr NKE est torturé, insulté, humilié et contraint par BAMKOUI à réaliser un
« direct Facebook» illico presto dans les locaux de la SEMIL. Dans ce « direct», l’enseignant de philosophie,
les yeux rougis, explique à son auditoire qu’il a été enlevé dans une brigade de gendarmerie où il s’était rendu
pour une autre affaire, et conduit manu militari au bureau du Commandant BAMKOUI et que ce dernier,
entouré de ses éléments, le force à faire ce «direct» depuis son bureau».

Fridolin NKE explique ensuite «
qu’arrivé sur place, il a reçu une violente gifle du Commandant BAMKOUI lui-même et deux autres de ses
gardes du corps ». Dans ce « direct » on entend bien BAMKOUI marmonner quelques mots et on voit Fridolin
NKE rétorquer courageusement, “oui, c’est vous qui m’avez forcé à faire cette vidéo. Vous m’avez administré
une énorme gifle. Et votre garde du corps m’en a administré deux autres”. Ce que BAMKOUI ne conteste pas.
Le soir de ce 20 septembre, Fridolin NKE a été libéré et a dû passer quelques jours d’hospitalisation dans une
clinique.

Le 06 octobre, dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, le Dr Fridolin NKE apparaît avec un
œil tuméfié, visiblement très mal en point et appelle à l’aide. Dans cette vidéo, le Dr. NKE explique que depuis
qu’il a été torturé dans les bureaux de BAMKOUI le 20 septembre, il a des difficultés à voir avec son œil droit
et soupçonne BAMKOUI et ses éléments de l’avoir empoisonné.
Le 07 Octobre 2021, Fridolin NKE a passé un scanner dans une clinique de la capitale. Les résultats sont sans
équivoque: «Tuméfaction des parties molles palpébrales de l’orbite gauche (…) avec emphysème sous-cutané
d’origine post traumatique». Les examens médicaux confirment donc clairement les propos de Fridolin NKE:
il a été bel et bien torturé et a subi un traumatisme dont la nature demande à être précisée.


II. L’ANALYSE DE GÉNÉRATION-90
Cette affaire incroyable, qui a tout l’air d’une fiction romanesque est d’une extrême gravité appelle de notre
part les observations suivantes :
Il est inacceptable qu’un citoyen, qui plus est un universitaire jouissant de la liberté de pensée, proclamée
par les textes sur la réforme universitaire de 1993 au Cameroun, soit kidnappé, torturé et humilié par des
agents de sécurité transformés en juges d’exécution, pour avoir exprimé une simple opinion sur la situation
socio-politique de son pays
Aussi surréaliste que cela puisse paraître, l’affaire Fridolin NKE témoigne du recul enregistré par le Cameroun
depuis plusieurs années sur le plan des libertés publiques et nous rappelle l’état d’exception qui y a prévalu
de 1960 à la fin des années 1980, où la police politique au service du parti unique UC-UNC-RDPC avait le droit
de vie ou de mort sur les citoyens.

G90_Fridolin-NKE_Bamkoui_final


L’affaire Fridolin NKE est donc un défi non seulement à la communauté universitaire mais à la conscience
nationale et à tous les citoyens et constitue un test majeur sur notre capacité à nous insurger contre ce qui
s’apparente à une volonté du régime antidémocratique de contrôler notre liberté d’opinion après avoir mis
en coupe réglée toutes les libertés acquises à la suite des luttes populaires des années 1990.
Au demeurant, les agissements du Colonel BAMKOUI et de ses éléments sont contraires à la constitution
camerounaise et à la « Convention de 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants » ratifiée par le Cameroun. Cette convention, en son article 1er , définit la torture
comme «tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont
intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des
renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée
d’avoir commis, de l’intimider ou de faire pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce
personne (…), lorsqu’une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction
publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès
ou tacite.(…) ». La prohibition de la torture est absolue et ne peut souffrir d’aucune exception.

L’article 2(b)
de cette Convention se veut on ne peut plus clair: «Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit,
qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état
d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture »
Ni le Ministre de la défense encore moins le chef d’état-major de l’armée camerounaise, n’ont à ce jour réagi
aux actes de tortures subis par le Dr. Fridolin NKE dans les bureaux du Colonel BAMKOUI.

Pour faire enlever et torturer personnellement le Dr. NKE dans son bureau, c’est que le Colonel BAMKOUI
est convaincu de sa toute puissance, de son intouchabilité et de son impunité. C’est qu’il sait pouvoir
compter sur la protection de la hiérarchie militaire et du régime pour lequel il travaille
Si le responsable d’une institution militaire peut enlever et faire torturer librement dans ses bureaux, et à la
face du monde, un citoyen en pleine capitale, on peut aisément imaginer les agissements de cette armée
contre les citoyens dans les zones de guerre, loin des caméras et des regards inquisiteurs des organisations
de défense des droits de l’Homme.
III. LA POSITION DE GENERATION 90
Considérant ce qui précède, GENERATION-90:

  1. Dénonce les traitements inhumains et cruels infligés au Dr Fridolin NKE par le Colonel BAMKOUI et ses
    subalternes et les tient pour responsables de tout ce qui pourrait arriver à Fridolin NKE;
  2. Exige la révocation et l’arrestation immédiates du Colonel Joël BAMKOUI et de tous les militaires ayant
    participé à l’enlèvement et à la torture du Dr Fridolin NKE le 20 septembre 2021. Le maintien de BAMKOUI
    à son poste constituerait une preuve supplémentaire que les actes de tortures et toutes les autres violations
    graves des droits humains dont est accusée l’armée, notamment en zone anglophone et dans le nord du
    pays, sont encouragés par le gouvernement camerounais et par le Chef de l’Etat, qui assure la fonction de
    Ministre de la défense;
  3. Apporte son soutien inconditionnel au Syndicat National des Enseignants du Supérieur du Cameroun
    (SYNES) qui appelle à une grève générale dans toutes les universités publiques du Cameroun, le Jeudi 14
    octobre 2021 pour protester contre les actes de tortures infligés à Fridolin NKE et aux atteintes aux libertés
    académiques des enseignants du supérieur;
  4. Appelle tous les universitaires camerounais et africains, du continent et de la Diaspora, à se mobiliser pour
    le triomphe de la Justice pour Fridolin NKE et pour mettre fin aux actes de barbarie de l’armée camerounaise
    contre les populations civiles;
  5. Appelle les députés, les corps de métier (Avocats, Médecins, Enseignants du secondaire, les artistes,
    etc.) et des personnalités de tous horizons à dénoncer publiquement) les actes de torture commis contre
    le Colonel BAMKOUI et ses subalternes contre l’universitaire Fridolin NKE, afin de décourager à jamais, de
    tels actes de barbarie qui ternissent l’image déjà gravement écornée de l’armée nationale et de notre pays;
  6. S’engage à travailler dans le cadre d’une campagne internationale avec des Organisations syndicales
    d’Afrique et du monde, des universitaires de tous horizons, des Organisations Internationales de Défense
    des Droits Humains et du droit à l’éducation, pour que justice soit rendue dans ce qui est désormais « l’affaire
    Fridolin NKE».
    Paris, le 10 octobre 2021

Signataires du présent Appel

  1. Paul-Aarons NGOMO, Universitaire, New York University, USA
  2. TENE SOP, Ecologue, German Centre for Integrative Biodiversity Research (iDiv) , Leipzig, Allemagne
  3. Aissatou OUMAROU, Informaticienne – Network specialist, Manchester, UK
  4. Hugo JOMBWE MOUDIKI, Juriste, Expert en Droits Humains, droit pénal international et processus
    de démocratisation, Rwanda
  5. Prof. Narcisse TIKY VI, Professeur d’Université, USA
  6. Raphael YIMGA TATCHI, Professionnel – Coopération internationale au Développement et
    Humanitaire, Canada
  7. Sisulu MBATKAM, Conseiller et Consultant de Défense, Prétoria, Afrique du Sud
  8. Samuel TEKOBO, Ph.D, Senior Materials Scientist, Buckman International, USA
  9. Albert TETANG, Gestionnaire ISP, Administration publique, Bruxelles/Belgiqu
  10. Gilbert TCHUKAM, Expert en question de Sécurité, Consultant Indépendant, Sénégal
  11. Bruno DJEWE, Expert en Relations publiques internationales, Autriche
  12. Anatole MBARGA, Consultant – Questions de Sécurité internationale et de Logistique, Hararé,
    Zimbabwe
  13. Dr. Appolinaire LEKEUNEU, Economiste, USA

PAUL MONTHE, HISTOIRE D’UN BATISSEUR DE L’ECONOMIE CAMEROUNAISE PAR le Dr Fouelefack Tsamo

Icicemac - Mon, 11/10/2021 - 03:06

Elisée Yonta reçoit le Dr Christian Fouelefack Tsamo, à l’occasion de la sortie de son livre intitule: PAUL MONTHE, HISTOIRE D’UN BATISSEUR DE L’ECONOMIE CAMEROUNAISE.

Le Jour où le président élu a ridiculisé le magistrat Atangana, toute sa Cours et le Rdpc

Icicemac - Mon, 11/10/2021 - 02:53

La plaidoirie de siècle . Nous avons beaucoup appris de ce grand homme que des gens sans scrupules veulent tuer par simple jalousie . Maurice Kamto est une étoile au Cameroun. Le Pr Bahebeck ne disait t-il pas que cela prend environ 50 années pour avoir un tel homme?

Christopher Fomunyoh: Le suivi et le contenu du grand dialogue national font défaut

Icicemac - Sat, 09/10/2021 - 17:26

Le directeur régional pour l’Afrique au National Democratic Institute for International Affairs (NDI), reste convaincu que la solution militaire n’est pas indiquée pour la résolution du conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qu’il considère d’ailleurs comme un problème politique.

Deux ans après le Grand dialogue national (Gdn), quelle évaluation faites-vous de la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ?


Mon évaluation n’est pas trop différente de ce que ressentent les populations dans la zone de conflit et dans certains
milieux décisionnels et bienveillants qui reconnaissent que la situation sécuritaire s’est détériorée, le vécu quotidien des concitoyens est devenu extrêmement difficile et leur avenir de plus en plus incertain. Je ressens aussi que les prises de positions se radicalisent et le fossé entre les institutions étatiques et une couche significative de la population anglophone (pour parler ainsi) va grandissant. Presque tous les jours, nous voyons les militaires, gendarmes et policiers, les jeunes dans des groupes armés, tout comme les civils perdre la vie. C’est très grave. Nous approchons une dizaine de milliers des morts, plus de 800 000 déplacés internes, près de 70000 réfugiés, près d’un million d’enfants dont la scolarité a été perturbé depuis quatre ans, sans compter les villages et habitations détruites, etc. C’est révoltant, et les décideurs ainsi que les leaders d’opinion devraient se sentir tous interpellés. Je saisis cette occasion pour transmettre une fois de plus mes condoléances les plus attristées aux familles endeuillées, dans les zones de conflits comme dans d’autres régions du pays. Que les âmes de tous ces compatriotes reposent en paix. J’en profite aussi pour réitérer ce que je ne cesse de dire depuis le début de ce conflit : la solution militaire n’est pas indiquée pour la résolution des griefs politiques et légitimes de tout un peuple. À mon sens, le Gdn de 2019 aurait dû être considéré non pas comme une panacée qui devait du jour au lendemain remédier à toutes les doléances inventoriées, mais plutôt comme une étape importante qui méritait d’être accompagnée par des actes et des actions concrètes à même de rassurer et de donner satisfaction aux populations lésées. La poursuite des hostilités et des frustrations démontre bien que, deux ans après, le suivi et le contenu du Gdn ont fait défaut.


Est-ce que le rythme de mise en œuvre des recommandations du Gdn n’est pas problématique ?

Le plus gros problème c’est celui de l’insécurité qui règne dans les deux régions et de la non représentativité des porteurs desdites recommandations. Il est extrêmement difficile d’entamer une véritable reconstruction tant que les hostilités battent leur plein. Et même les initiatives politiques se heurtent à un manque d’adhésion ou de participation des populations à la base, d’autant que la mode de gouvernance étatique fait aussi partie des doléances soulevées par les populations anglophones. Le bon sens voudrait donc qu’on arrête les hostilités pour entamer une négociation politique véritable qui devrait aboutir à un règlement pacifique du conflit sur des nouvelles bases de coexistence sur ce territoire commun légué à nous par nos ancêtres. Le pouvoir de Yaoundé continue d’accuser une certaine diaspora et le silence des pays qui abritent les financiers des sécessionnistes… Ne sachant pas sur quoi se base le régime, je ne pourrais me prononcer par rapport à ces accusations. Seulement, j’espère qu’un jour les archives de la République seront ouvertes pour que les chercheurs nous éclairent sur les appréciations des populations par rapport à la gestion de ce pays pendant les quatre ou cinq dernières décennies, tels que recueillies par les services de renseignement étatiques. Même de leur vivant, les bâtisseurs anglophones de la Réunification de 1961, les John Ngu Foncha, Solomon
Tandeng Muna, et autres, de regrettée mémoire, se sont plaint de de la marginalisation des Anglophones et de la spoliation de leur héritage socioculturel et même économique. De mon point de vue donc, le prétendu rôle de la
diaspora ne peut en rien égaler la détermination des jeunes qui animent les groupes armés et la solidarité des populations même en zones rurales. Le gouvernement et autres leaders politiques devraient avoir le courage d’accepter leur défaillance dans la gestion des communautés et du pays pendant des décennies, y compris dans la très mauvaise appréciation de cette crise au départ. Par conséquent, ils devraient se mettre au travail pour arrêter la descente aux enfers pour tous, au lieu de chercher des bouc-émissaires là où ils n’existent pas.


On vous a vu voler au secours des réfugiés camerounais au Nigeria. Comment y vivent-ils ? Sont-ils prêts à revenir ?

Effectivement, j’avais décidé de passer la période des pâques 2021, avec ces compatriotes réfugiés pour mieux comprendre leurs conditions de vie et leur venir en aide avec la distribution des vivres. Ce séjour m’a édifié, et j’ai été très marqué de voir des dizaines de milliers des gens autrefois bien installés chez eux mais aujourd’hui vivant dans des conditions très difficiles et désespérantes. Nous sommes en train de perdre des centaines des milliers de nos compatriotes qui sont en train de grandir avec l’amertume et la douleur d’avoir perdu des membres de leurs familles ou leurs biens, et qui n’oublieront pas de sitôt la cause de leurs douleurs et de leurs souffrances. J’ai beaucoup entendu parler des tueries, des incendies des villages, des familles séparées lors des fuites en brousse, de la vie en forêts, de l’égarement des enfants mineurs jusqu’à ce jour, sans compter des difficultés matérielles et d’hébergement et de privation de toutes sortes de sévices dans les camps. À ce jour, les pensions ont été réduites de plus
de 70%, et certains ne sont plus payés depuis des mois. La liste est longue des doléances évoquées par les réfugiés.
Nonobstant, il y a lieu de remercier les autorités nigérianes, surtout dans les États de Cross River, Benue, Taraba, Akwa
Ibom et la ville d’Abuja, ainsi que les communautés d’accueil pour leur hospitalité et leur humanisme. Je remercie
également tous les compatriotes et organisations humanitaires qui œuvrent dans le même domaine d’aide et d’assistance à ces réfugiés et autres victimes de cette guerre. La plupart des réfugiés sont encore pris de peur et restent traumatisés par les expériences du passé. Je ne pense donc pas qu’ils reviendront tant que les armes crépitent encore dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Au contraire, le
nombre de réfugiés a augmenté depuis la visite d’avril.

Selon vous, quelles sont les voies de sorties réalistes de cette crise qui a commencé en 2016 ?
Contrairement à ce que pensent les apôtres de plus de violence et de brutalité comme moyen de sortie de cette crise
qui s’est transformée en conflit armé, je conseille à l’État de privilégier une approche politique et non militaire ; cela demanderait une déclaration officielle d’arrêt d’hostilités et d’ouverture des négociations véritables avec la participation effective de tous les acteurs conséquents. Sûrement qu’avec des négociations sur les doléances existantes et une bonne facilitation, les gens finiront, après confrontation d’idées et des concessions de part et d’autre,
à trouver des conclusions auxquelles tous pourront adhérer, accompagnées d’une feuille de route que chacun se
forcera à respecter. Cela demande aussi la libération des prisonniers et autres personnes en détention en relation
avec ce conflit. Par exemple, c’est paradoxal de garder dans les centres de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR), des gens qui hier encore participaient effectivement dans la lutte armée, et en même temps garder dans différents centres d’arrêt et de détention des milliers des jeunes anglophones dont beaucoup ont été raflés
pour des raisons aussi simples que le manque de carte nationale d’identité. Les prisons et différents commissariats
de police de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Mbouda, Buea et Bamenda sont remplis de ces jeunes et on ne peut pas
empêcher aux leurs de se sentir hautement frustrés dans la République de ce jour.


Vous n’avez pas participé au Gdn, êtes-vous prêt personnellement à discuter avec un émissaire du gouvernement sur la crise anglophone, en vue d’une solution définitive ?
J’ai été toujours ouvert à la recherche de la paix et à la fin de cette guerre fratricide et inutile, et j’interpelle souvent directement le président Paul Biya parce que j’estime qu’il a le devoir et la responsabilité de mettre fin à ce carnage dans notre pays. On ne peut pas prétendre vouloir bâtir une nation unie et prospère, et en même temps donner l’impression d’être sourd d’oreille aux cris des opprimés ou aveugle aux injustices flagrantes imposées aux siens, comme on le voit à travers les massacres et tueries qui ont lieu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis ces quatre dernières années. Ma disponibilité est connue et même au plus haut niveau, donc je ne pourrais pas être opposé à une rencontre dans un cadre de discussions structuré et ouvert visant à trouver des solutions idoines pour mettre fin à cette sale guerre. Le sang des innocents a trop coulé dans l’ancien Southern Cameroons aujourd’hui divisé en régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et les générations futures reviendront sur l’échec de la nôtre à leur léguer un pays meilleur que celui que nous avons hérité des générations précédentes.

Par Georges Alain Boyomo

Source: N° 5438 – Mardi 05 octobre 2021

COMPRENDRE LA VIE ET L’OEUVRE DE MGR ALBERT NDONGMO, l’évêque du tonnerre

Icicemac - Sat, 09/10/2021 - 16:51

COMPRENDRE LA VIE ET L’OEUVRE DE MGR ALBERT NDONGMO, “l’évêque du tonnerre”, homme d’Église, penseur et visionnaire. Le retour de Jean Pierre Dupont sur ce grand homme du Cameroun.

Le Dr. Fridolin Nké accuse Ebénézer Njoh Mouelle de plagiat

Icicemac - Sat, 09/10/2021 - 16:43

L’enseignant de l’université de Yaoundé I affirme que son aîné a repris «tout le livre» du français Gabriel Marcel dans son chef-d’œuvre « De la médiocrité à l’excellence: essai sur la signification humaine du développement », sans jamais le citer.

Le professeur Ebénézer Njoh Mouelle, philosophe émérite très respecté au Cameroun mis à l’index. Il est accusé par son jeune collègue Fridolin Nké, de plagiat. Intervenant ce 5 Octobre sur Radio Balafon, l’enseignant de l’université de Yaoundé 1 a tout d’abord laissé entendre que le livre «De la médiocrité à l’excellence: essai sur la signification humaine du développement» du philosophe camerounais Ebénézer Njoh Mouelle n’était pas un vrai ouvrage de philosophie.

«Parmi les gens qui m’ont précédé dans la discipline, il y en a un qui fait un peu ombrage aux autres. Cela veut dire qu’en principe c’est sa pensée qui est un peu plus élaborée. Seulement en principe: Njoh Mouelle. Je me suis rendu compte que c’est presque la philosophie officielle que l’on m’a inculqué ici.

Il fallait que j’analyse bien cette philosophie. C’est pourquoi toute la première partie de ce texte qui est de 436 pages j’essaie de démystifier. La philosophie est démystification, sacrilège», a-t-il soutenu en évoquant l’un de ses derniers ouvrages qu’il promeut en ce moment.

Ce faisant, il déclare que Njoh Mouelle a emprunté à une œuvre du philosophe français Gabriel Marcel. Il pense que parce que son aîné n’a pas cité son nom dans l’ouvrage qui a fait sa renommée, il est un plagiaire. Pour lui c’est un livre initié par les gouvernants pour endormir le peuple. «Je suis passé par l’école où l’on m’a enseigné l’essai sur la problématique. philosophique «De la médiocrité à l’excellence».

Je me suis rendu compte, en lisant avec les recherches, au Canada, en Belgique que ce texte est le produit d’un plagiat. Njoh Mouelle a plagié de part en part, parfois à la virgule près tout le livre de Gabriel Marcel. Il cite, mais il ne dit jamais qu’il cite Gabriel Marcel.

Je suis parti lui dire ça chez lui? Je lui ai dit: «j’ai découvert que tu as volé. Ce n’est pas bon». Ce n’est pas bon parce que la discipline est le seul élément philosophique où l’on n’a pas peur de dire la vérité, puisqu’on travaille à la vérité. J’ai donc découvert que c’est un faux livre qu’on a imposé aux Camerounais, pour mieux les museler, pour mieux tempérer leurs ardeurs.

La mystique de l’excellence, dans De la médiocrité à l’excellence c’est la Rose-Croix un peu laïcisée, un peu philosophée», déclare Fridolin Nké. Qui réitère que c’est «un livre qui donne l’allure d’une pensée élaborée, mais qui fondamentalement ne repose que sur le commentaire d’un grand philosophe qu’on appelle Gabriel Marcel».

Source: La Nouvelle Expression

Lorsque Dieudonné Essomba donne une léçon magistrale à Owona Nguini le “nouvel ennemi” du Cameroun

Icicemac - Wed, 06/10/2021 - 05:04

On peut avoir tous les diplômes et manquer de bon sens Les Ambazoniens ne sont pas des terroristes; ils se battent pour une juste cause. Le cas Owona Nguini ou le fiasco de la pseudo-science.