Burkina Faso

CEDEAO et lutte contre le terrorisme : Le Babangida blues !

Le Faso - 8 ore 6 min fa

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest s'est réunie à Accra, au Ghana, pour son 59e sommet ordinaire des chefs d'État, ce mois de juin. Que peut-on retenir de cette réunion comme solution concrète apportée aux problèmes de la sous-région ? La CEDEAO considère-t-elle le terrorisme comme un conflit qui menace la sous-région ? Pourquoi la sous-région qui comprend la première puissance économique du continent, le Nigéria, et qui détient plus de 35% des milliardaires en dollars du continent, provenant du Nigéria en majorité et du Ghana, n'arrive pas à s'attaquer à ses problèmes économiques et à l'insécurité ?

Voilà quarante-six ans qu'est née la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest, à l'initiative de deux dictateurs qui ne régnaient pas sur leurs pays avec douceur : les généraux Yakubu Gowon du Nigéria et Gnassingbé Eyadéma du Togo. Lancée le 28 mai 1975, l'idée de la CEDEAO a été proposée trois ans plus tôt par ces deux présidents. Si les résultats économiques ne sont pas encore au rendez-vous, les chantiers sont immenses et celui qui fait le plus parler est celui de la monnaie unique, dont la mise en place est sans cesse repoussée par les protagonistes.

La monnaie unique encore repoussée à plus tard

L'histoire de cette monnaie unique de la CEDEAO, l'Eco, a été marquée par une agression française le 21 décembre 2019 à Abidjan par l'annonce du remplacement du franc CFA par l'Eco, qui sera arrimé toujours à l'Euro. Annonce faite par les présidents français et ivoirien Emmanuel Macron et Alassane Ouattara. Les réformettes du franc CFA comme la possibilité pour les États de l'UEMOA de ne pas déposer la totalité de leurs réserves au Trésor français, ne justifient pas ce holdup up sur l'Eco qui est une monnaie commune aux 15 États de la CEDEAO, pas aux 8 de l'UEMOA.

C'est une monnaie au taux de change fluctuant, une monnaie souveraine qui ne dépend pas d'une tutelle extérieure. La France a réussi à semer la zizanie dans le bloc économique sur la question de la monnaie et les pays ouest africains ne regardaient plus dans la même direction.

En se basant sur un des chefs d'État de l'UEMOA adepte de la servilité volontaire comme le dirait Kako Nubukpo, la France a fait retarder le processus. Le dernier sommet a repoussé, compte tenu de la pandémie du Covid -19, la date de lancement de l'Eco à 2027 et mis en place une nouvelle feuille de route et un nouveau pacte de convergence pour la période 2022 et 2026. Les pays de la CEDEAO devraient, à terme, avoir « un déficit en dessous de 3% du PIB, une inflation en dessous de 10% et une dette inférieure à 70% du PIB ».

C'est la deuxième fois que l'Eco est reporté, et ce serait un miracle si dans sept ans il n'y a pas un autre report, car aucun pays ne remplit tous les critères. Seulement quatre pays remplissent certains des critères. La volonté existe-t-elle vraiment ? Même pour les cotisations, il n'y aurait que cinq pays à jour de leurs cotisations. Les pays paient leurs cotisations quand un de leurs ressortissants brigue un poste important dans l'organisation.

Babangida à l'origine de l'ECOMOG

Même si la CEDEAO a pour objectif l'économie, elle a par le passé réussi à s'impliquer au plan diplomatique et militaire dans la gestion des conflits de la région. En mai 1990, sous l'impulsion du général Ibrahim Babangida, la CEDEAO a mobilisé des troupes militaires provenant du Nigéria, du Ghana, de la Sierra Léone, de la Gambie, de la Guinée, du Sénégal et du Mali et qui empêchèrent le NPFL de Charles Taylor de prendre la capitale Monrovia, alors qu'il contrôlait 90% du territoire libérien. Le cleptomane Babangida a eu du leadership et l'esprit d'oser lutter. Malgré ses défauts, il a montré de la compassion pour les populations meurtries du Libéria.

Les chefs d'État actuels de la CEDEAO, notamment le président Muhamadu Buhari qui a été renversé par Babangida en 1985, n'ont pas cette force de persuasion dans la lutte contre le terrorisme. Le Mali a demandé à la CEDEAO depuis septembre 2012, un appui « dans le cadre du recouvrement des territoires occupés du Nord et la lutte contre le terrorisme ». Et lors du sommet de Ouagadougou en septembre 2019, les quinze États de la CEDEAO, auxquels se sont joints le Tchad, la Mauritanie et le Cameroun, ont décidé de rassembler la somme d'un milliard de dollars, soit 500 milliards de francs CFA, pour lutter contre le terrorisme.

Mais on ne voit pas le début d'un engagement de l'organisation ouest africaine dans la bataille contre le terrorisme qui s'étend de plus en plus aux pays au bord de l'Atlantique. Les quinze chefs d'État actuels devraient avoir plus de charisme et de leadership. Face aux difficultés des peuples ouest africains, on demande plus au plus fort, le Nigéria, avec ses plus de deux cent millions d'habitants, au plus puissant et au plus riche, toujours le Nigéria qui est la première puissance économique du continent africain, devant l'Afrique du sud et l'Égypte.

Parce que, dit-on, la puissance et la richesse demandent à celui qui les possède plus de responsabilités. L'actuel président du Nigéria devrait s'inspirer de certaines actions des anciens présidents et s'ouvrir aux problèmes de la région, même si ceux du Nigéria sont aussi nombreux avec entre autres le terrorisme de Boko Haram.

Le passé nous enseigne que la CEDEAO a fortement contribué à libérer le Libéria et la Sierra Léone des mains de Charles Taylor et de Foday Sankoh. Depuis 1980, il n'y a pas de visas entre les pays de la CEDEAO, aucune organisation régionale avant la CEDEAO ne l'avait fait, l'Union européenne a suivi seulement en 2005. En se mettant ensemble et en faisant preuve de solidarité, on peut vaincre les terroristes et tracer le chemin de la prospérité pour les peuples.

La SADC nous donne l'exemple avec la mobilisation des troupes pour soutenir le Mozambique. Si on avait fait pareil en 2012 pour le Mali, peut-être que le Niger et le Burkina auraient été épargnés et que l'on ne parlerait pas d'attaques terroristes en Côte d'Ivoire. Mais il n'est jamais tard pour bien faire.

Sana Guy
Lefaso.net

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Solhan : Pour que cette horreur ne se reproduise plus !

Le Faso - 8 ore 13 min fa

L'odieux crime contre l'humanité commis à Solhan ne saurait rester impuni. Une enquête indépendante doit être rapidement diligentée pour situer clairement les responsabilités et prendre les mesures conservatoires qui s'imposent. Les diatribes sans fin, les attaques ciblées par médias interposés ne sauraient prospérer. Les Burkinabè ont droit à la vérité. Rien que la vérité !

Selon certaines rumeurs, sur l'attaque de Solhan, les renseignements, d'habitude promptes, n'auraient « rien vu venir ». Ces affirmations ne reposent sur aucun fondement. Les sources sécuritaires sont formelles. Les renseignements étaient non seulement disponibles à temps mais surtout très précis. Les données ont été communiquées aux unités au millimètre près. La cause de l'inaction est à rechercher ailleurs.

Les raisons consistant à dire que les terroristes ont miné la voix menant à Solhan ou qu'ils ont attaqué la commune de nuit ne résistent pas à l'analyse. Les terroristes agissent régulièrement ainsi. La stratégie adéquate de contre-attaque doit être trouvée. C'est pour cela qu'une enquête indépendante est une urgente nécessité.

Aujourd'hui, les renseignements sont arrivés à mettre en place un système méticuleux qui leur permet de disposer de données fiables en un temps record. Ce système repose autant sur des individus suffisamment outillés que sur une technologie de pointe. Les résultats sont si probants que l'expertise burkinabè est régulièrement sollicitée au-delà de nos frontières. Grâce aux renseignements, de nombreux attentats sont déjoués dans les grandes villes et des attaques contre certaines localités sont évitées. Secret défense oblige, certaines informations ne peuvent être divulguées.

De plus, elles créeraient une psychose au sein des populations. La logique au niveau des renseignements peut être résumée ainsi : « En dire moins et en faire plus ».Le renseignement est l'âme des armées. Sans ce paramètre, les hommes vont au combat à l'aveuglette. Le carnage est certain. Pour éviter la répétition de drames comme celui de Solhan, le véritable travail à faire aujourd'hui consiste à consolider les acquis en matière de renseignement, à renforcer la synergie et la collaboration entre les différents chefs militaires, les différentes unités et les différents corps. Aucun grain de sable ne devrait enrayer la machine. Une évidence s'impose. Les attaques vont s'intensifier.

Les terroristes veulent absolument sauter le verrou « Burkina Faso » pour avoir une meilleure emprise sur les pays du Golf de Guinée. Des incursions sanglantes sont déjà enregistrées en Côte d'Ivoire. Le Burkina Faso ne peut compter que sur ses propres forces. L'attentisme et la résignation ne doivent être de mise. L'émotion passée, des résolutions fermes et des actes concrets sont attendus sur toute la chaine de commandement.

Forces spéciales, de la nécessité du recadrage

La création de Forces Spéciales a été annoncée dans le sillage de l'attaque de Solhan. L'initiative est a priori louable. Certains recadrages sont toutefois nécessaires pour que ces forces puissent agir conformément à la discipline militaire et au droit international. Il en est ainsi du droit de poursuite au-delà des frontières du Burkina, du fait qu'elles ne peuvent être poursuivies dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs missions, du fait qu'elles soient constituées d'un ensemble de corps formant région militaire, … Toutes les dispositions doivent être prises pour en faire des forces au service de la République et de la démocratie. Avec la création de ces FS, les terroristes vont immanquablement réajuster leur mode d'action. Les renseignements et les stratèges militaires doivent prendre en compte cette donne pour une meilleure planification et exécution des missions.

Jérémie Yisso BATIONO
Enseignant Chercheur
Ouagadougou

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Batien Nignan : De la faculté de droit au studio photo

Le Faso - 8 ore 18 min fa

Depuis près de dix ans maintenant, Batien Nignan, plus connu sous le sobriquet de « Pasteur », roule sa bosse dans le domaine de la prise de vue. L'objectif de ce diplômé en droit, bâtir une entreprise qui résiste au temps.

On peut régulièrement apercevoir sa fine silhouette dans des mariages, baptêmes et cérémonies diverses, appareil photo ou caméra au poing, pour immortaliser l'évènement. « Actuellement, il n'y a pas une seule mairie, un seul salon populaire de beauté que je ne connais pas », s'amuse-t-il. Son studio sis avenue Charles de Gaulle à Ouagadougou est une véritable ruche où se fait le montage de vidéos, la conception d'albums photos et les prises de vue pour les demandes de visas.

Et pourtant, faire carrière dans la photographie n'était pas évident pour l'enfant de Ly, une commune rurale située dans le département de Tô de la province de Sissili, dans la région du Centre-Ouest, au Burkina Faso. C'est là qu'il a vu le jour. C'est aussi dans cette commune rurale qu'il a fait ses premiers pas à l'école. Il se souvient : « A Ly, nous étions la première promotion de notre école. Nous y avons passé six ans. Au début, la classe avait un effectif de 80 élèves. Au CM2, nous n'étions plus que 20. C'est en 1999 que j'ai décroché le CEP. Puis, je suis allé à Tô pour faire le collège. Nous étions la deuxième promotion. J'ai décroché le BEPC en 2003 ».

La rencontre fortuite

Après le premier cycle du secondaire, il met le cap sur Gaoua, dans le Sud-Ouest. « Mon frère aîné a eu un travail à Gaoua. Comme c'était le seul qui pouvait m'héberger et me prendre en charge, je suis allé fréquenter le lycée provincial Bafuji, de 2003 à 2006 », explique-t-il. C'est dans cette ville qu'il décroche le baccalauréat A4, avant de rentrer au village. Pas pour longtemps. Il revient à Ouagadougou pour y poursuivre des études universitaires. Il est orienté à la faculté de droit. « Je n'ai pas particulièrement choisi de faire le droit, soutient Batien Nignan. Nous avions la possibilité de faire trois choix pour l'orientation à l'université après le Bac. C'est l'administration qui décidait finalement là où tu allais être orienté. Je pense que j'avais opté pour droit, lettres modernes, anglais. Finalement, on m'a mis en droit. À l'époque, un diplôme en droit ouvrait beaucoup plus de portes dans le monde de l'emploi ».

Alors qu'il venait déposer sa demande d'orientation, il fait fortuitement une rencontre qui, sans qu'il ne le sache encore, va donner un tournant à sa vie. À la scolarité de l'université de Ouagadougou où il était allé déposer son dossier, il tombe sur un photographe, M. Tiéné, qui prend quelques clichés de lui pour son dossier et l'aide ensuite à remplir sa demande d'orientation. Tout de suite, les deux sympathisent. En attendant les résultats de sa demande d'orientation, le jeune Nignan retourne auprès de ses parents pour les vacances.

À la rentrée, le voilà encore à Ouagadougou, avec en poche le numéro d'un parent, travailleur dans une société de téléphonie, chez lequel il compte loger en attendant de se trouver une chambre en cité universitaire. Mais rien ne se passe comme prévu. Le parent en question est injoignable, malgré de multiples tentatives. « J'ai alors eu l'idée de venir chez mon ami qui fait les photos. Je lui ai posé mon problème. C'est lui qui m'a hébergé. Petit à petit, je suis un peu devenu son assistant. Il m'envoyait parfois au laboratoire pour laver ses photos. Je voyais qu'avec cette activité, il s'en sortait. Il était l'un des rares étudiants à posséder une moto Ninja. Sa chambre en citée était bien faite. Je voulais lui ressembler », avoue Batien Nignan.

Tout en donnant un coup de main à son ami, il poursuit ses études de droit et décroche une licence. Mais en quatrième année, il échoue à son examen. « Ces examens ont été reprogrammés mais je ne suis pas parti. J'avais validé la moitié des matières. Quand je suis reparti pour terminer, j'ai vu que la procédure était un peu compliquée. Et comme je n'avais plus de motivation, j'ai laissé tomber ». C'est que « Pasteur », comme on le surnomme, a eu entre temps une idée très précise de ce qu'il voulait faire dans sa vie : la photographie. D'autant plus que son ami, admis à un concours, est parti en formation à l'École normale supérieure des enseignants de Koudougou. « Je me suis dit que j'allais trouver un métier pour subvenir à mes besoins. En réfléchissant, j'ai compris que c'est la photographie seule que je pouvais entreprendre sans avoir besoin de gros fonds de démarrage. Je suis allé prendre un appareil à crédit dans un des laboratoires où il m'envoyait laver les photos. C'était un appareil de seconde main qui coûtait 15 000 FCFA. Je pense que j'ai dû donner une avance de 5 000 ou 10 000 FCFA. Le reste, j'ai pu solder en une semaine ».

Sa clientèle cible : ses camarades étudiants qui avaient besoin de photos pour leur inscription, leur dossier de prêt étudiant, la carte de bibliothèque... « C'est comme cela que je me suis retrouvé dans la photographie. Avec le temps, j'ai décidé d'améliorer l'organisation de mon studio », résume-t-il.

Perfectionner ses connaissances en photographie

Pour parfaire sa pratique, il suit des formations en ligne ou des tutoriels. Il s'appuie aussi sur les aînés en photographie : « Il y a ceux qui nous ont devancés dans le domaine. Si tu es humble, ils te filent des astuces, prennent leur temps pour t'expliquer. Dans ce domaine, il ne faut pas être orgueilleux. Une fois je suis allé à la RTB parce que j'avais acheté une Z7 (une caméra, Ndlr) que je ne maîtrisais pas. Le réalisateur Pierre Komdaogo a pris tout son temps pour m'expliquer ». Il compte s'inscrire à l'ISIS dans l'espoir d'accrocher à son palmarès un diplôme de réalisateur. Il se justifie en disant que « parfois, tu as des marchés mais le fait de ne pas posséder de diplôme te pénalise ».

En attendant, son studio qui emploie quatre personnes à temps plein est une véritable école de formation qui a vu passer une quarantaine de jeunes au fil du temps. Ce qui, quelques fois, est un casse-tête pour le patron des lieux. « Les jeunes viennent et ils partent. Or, notre domaine est particulier. Dans une alimentation, tu peux te permettre d'engager quelqu'un et dès le lendemain, il commence à vendre. Ce qui n'est pas le cas en vidéo où quelqu'un peut prendre un an pour apprendre le filmage, le montage. Maintenant comme j'ai compris la mentalité des jeunes, j'essaie de m'adapter. Au lieu d'un salaire, je leur verse un pourcentage des recettes. Ils savent ce que l'on gagne comme argent, puisque ce sont eux qui encaissent et établissent les reçus. Certains ont peur d'accepter. Mais dans la vie, il faut savoir prendre des risques. »

« Mon ambition est d'être un pasteur »

À présent, ce père de famille - une femme avec laquelle il travaille au studio, deux enfants - rêve de posséder son propre siège. « Nous avons été déguerpis plusieurs fois. Et à chaque fois, c'est comme si nous allions disparaître. Nos clients sont notre fonds de commerce. Quand vous changez d'adresse sans cesse, vous pouvez les perdre ».

Avec sa licence en droit, il s'est inscrit à l'Université de théologie chrétienne Logos (UCLO), à Ouagadougou. Il y a validé une licence en théologie dans l'espoir qu'un jour, il deviendra un "vrai" pasteur. Il est actuellement l'adjoint d'un pasteur qui lui confie des charges. Ses prêches, on peut les lire ou les écouter sur les réseaux sociaux et sur YouTube. « Comme je ne veux pas dépendre entièrement des financements de gens, je préfère mettre en place une entreprise solide qui va me permettre de vivre. Quand tu ne dépends pas trop des finances de quelqu'un, tu peux mieux t'exprimer. À terme, mon ambition est d'être un pasteur ».

« La photographie est un travail d'humilité. Le photographe doit servir les gens. Il ne faut pas non plus devenir entrepreneur par dépit, parce qu'on a raté tous les concours. Il faut choisir de le faire. Il ne faut pas être paresseux, ni pressé de s'enrichir. Au début, il n'y a que des sacrifices, que du travail, que de l'apprentissage, que de l'humilité. Cette patience manque aujourd'hui à beaucoup », conseille-t-il aux jeunes.

D. Sawadogo

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Contentieux électoral de novembre 2020 : La CODEL présente son rapport

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 23:30

La Convention des organisations de la société civile pour l'observation domestique des élections (CODEL) a procédé, le mercredi 23 juin 2021, à la présentation du rapport de suivi du contentieux électoral de 2020. En plus de l'analyse du cadre juridique, du contentieux préélectoral, du contentieux des résultats et du contentieux pénal, ce rapport fait des recommandations en vue d'améliorer l'organisation des scrutins à venir.

En vue de renforcer ses interventions dans le processus électoral, la Convention des organisations de la société civile pour l'observation domestique des élections (CODEL) a, au cours du processus électoral de 2020, inscrit le suivi du contentieux électoral dans ses activités. L'objectif étant de contribuer à la tenue d'élections transparentes, crédibles et pacifiques. A ce propos, Me Halidou Ouédraogo, président de la CODEL, a félicité l'ensemble des acteurs ayant pris part au scrutin du 22 novembre 2020.

« L'objectif est atteint, les résultats ont été acceptés et les gens se sont mis au travail », s'est-il réjoui. Il a indiqué qu'il était important que la CODEL assure le suivi du contentieux électoral qui, depuis plusieurs années, était resté aux oubliettes. Pourtant, il demeure un pan important de ce processus qui permet d'analyser les contentieux intervenus durant le processus électoral pour en tirer des leçons pour améliorer les scrutins à avenir.

Me Halidou Ouédraogo, président de la CODEL.

33 recours au niveau du Conseil constitutionnel

L'atelier de ce jour a donc permis de présenter le rapport de suivi du contentieux électoral de 2020. Il a été présenté par Fatimata Sanou/Touré et Vincent Ramdé, tous deux magistrats à la Cour d'appel de Ouagadougou. Selon eux, la législation en vigueur au Burkina Faso offre une base suffisante pour la tenue d'élections crédibles. Concernant le cadre juridique, ils ont relevé une instabilité du code électoral qui a subi une douzaine de modifications.

Au niveau du contentieux préélectoral, seize recours ont été déposés au niveau de la CENI, et seulement quatre ont été portés devant le juge. Les onze autres ont été traités par la CENI. Ils ont été jugés irrecevables, par faute de preuves. Au niveau du Conseil constitutionnel, 33 recours ont été enregistrés, mais par le jeu des jonctions de procédure, ils ont rendu une trentaine de décisions.

Fatimata Sanou/Touré, magistrate à la Cour d'appel.

La nécessité du renforcement des capacités des acteurs politiques

A en croire Vincent Ramdé, l'un des éléments innovateurs dans le processus électoral de novembre 2020 est le contentieux pénal, qui est une première et qui a essentiellement porté sur des cas de fraude. Mais ces cas n'ont pas pu être traités, pour manque de preuves.

Ce qui lui fait dire que parmi les enseignements à tirer de l'analyse de ces contentieux électoraux, le principal est la nécessité que les partis politiques aient une parfaite maîtrise de tous le processus, pour éviter certaines situations.

Le président de la CENI, Newton Hamed Barry.

Au titre des recommandations, les membres de la CODEL ont mentionné, entre autres, la révision du code électoral en vue d'y organiser un régime probatoire de la résidence ; le renforcement des capacités des acteurs politiques ; la révision de l'article 57 du code électoral ; la reformulation des articles 128 et 178 du code électoral ; la résorption du conflit négatif entre les juridictions de l'administration ; la sensibilisation des acteurs judiciaires en vue de leur implication.

Toutefois, pour les magistrats Fatimata Sanou/Touré et Vincent Ramdé, les élections de novembre 2020 ont permis d'attester une fois de plus de la fiabilité du dispositif juridictionnel. Cette présentation de rapport a eu lieu en présence de plusieurs personnalités, dont le président de la CENI Newton Hamed Barry, le président du Tribunal de grande instance de Ouaga I, Pascal Compaoré, et d'autres partenaires notamment l'Union européenne, le PNUD et la Coopération suisse.

Judith SANOU
Lefaso.net

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Lutte contre l'insécurité au Burkina : L'Assemblée nationale proroge l'état d'urgence pour 18 mois dans six régions

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 23:30

L'Assemblée nationale a tenu une session extraordinaire ce jeudi 24 juin 2021. Présidée par le vice-président Nestor Batio Bassière, la session avait à l'ordre du jour l'examen en vue de l'adoption du projet de loi portant prorogation de la durée de l'état d'urgence. 120 députés sur 122 votants ont donné leur quitus au gouvernement pour proroger l'état d'urgence pour 18 mois, dans six régions du pays.

120 députés sur 122 votants ont dit oui à la prorogation de l'état d'urgence.

Le 12 juillet prochain, le décret portant instauration de l'état d'urgence dans certaines régions du pays arrivera à expiration. Pourtant, il ressort des rapports établis par les gouverneurs des régions sous état d'urgence, les ministères en charge de la Défense nationale et de la Sécurité, que la mise sous état d'urgence de certaines régions a permis de réduire considérablement les attaques contre les Forces de défense et de sécurité (FDS) notamment, de freiner l'expansion des groupes armés terroristes. L'état d'urgence a aussi permis le retour des services sociaux de base dans certaines localités et le retour de certaines personnes déplacées internes dans leurs localités d'origine. D'où la nécessité de le proroger.

La session extraordinaire du jour a été présidée par Nestor Batio Bassière.

Il a donc été demandé à l'Assemblée nationale d'examiner la demande de prorogation de l'état d'urgence pour 18 mois. C'est désormais chose faite. Ce jeudi 24 juin 2021, le projet de loi portant prorogation de l'état d'urgence a été adopté par 120 députés sur 122 votants. Deux députés ont émis des réserves et se sont abstenus. L'objectif est d'éviter les aléas liés à des durées trop courtes au regard de la procédure législative, et le fait que l'Assemblée nationale peut ne pas être en session pour examiner une éventuelle demande de prorogation.

La ministre de la Justice a indiqué que l'état d'urgence doit être accompagné de moyens de renforcement des capacités des FDS et VDP.

L'état d'urgence concerne six régions : le Centre-Est, l'Est, le Nord, la Boucle du Mouhoun, le Sahel et les Hauts-Bassins. D'après la ministre en charge de la Justice, Victoria Kibora/Ouédraogo, l'état d'urgence doit être accompagné de moyens de renforcement des capacités des FDS et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). « La prorogation de l'état d'urgence participe de la volonté du gouvernement de maintenir et de renforcer la lutte contre le terrorisme. Il permettra de restaurer la présence et l'autorité de l'Etat dans les zones occupées, afin de permettre progressivement le retour des personnes déplacées dans leurs localités d'origine », a-t-elle justifié. [ Cliquez ici pour lire l'intégralité ]

Obissa Juste MIEN
Lefaso.net

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72h de l'Institut national des hautes études internationales (INHEI) : Les élèves s'interrogent sur leur contribution à la mise en œuvre du programme présidentiel

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 23:30

Ouagadougou abrite, depuis ce jeudi 24 juin 2021, les 72h de l'élève diplomate. Le coup d'envoi des activités a été donné par le ministre délégué chargé de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur, Maxime Koné.

C'est maintenant une tradition à l'Institut national des hautes études internationales (INHEI). Chaque année, l'institut accueille les activités des 72 heures de l'élève diplomate.

Cette année encore, les élèves n'ont pas voulu déroger à la règle. Du 24 au 27 juin se tiennent, dans l'enceinte du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur, les 72 heures de l'élève diplomate.

Les sportifs d'un soir arpentant les rues de Ouaga

« La présente édition s'inscrit dans l'objectif global de servir de cadre de réflexion sur les défis de la diplomatie burkinabè et le rôle du diplomate dans un monde en mutation constante et qui le place au cœur de nombreuses sollicitations », a indiqué Soumaïla Koné, délégué général des élèves. Il a en outre ajouté que ces journées ambitionnent de permettre un partage d'expériences non seulement entre diplomates de tous âges, mais aussi entre diplomates et autres corps de métier.

L'édition 2021 des 72h se tient sous le thème : « La contribution de la diplomatie dans la mise en œuvre du programme quinquennal du président du Faso ». Pour le délégué des élèves, ce thème a été retenu dans le but d'interpeller le diplomate sur son devoir dans la mise en œuvre de la politique étrangère du président du Faso et, partant, dans le développement du Burkina Faso.

Le cross s'est achevé par une séance d'étirements

Pour le parrain de l'activité, Bruno Dipama, directeur général de l'Agence nationale d'appui au développement des collectivités territoriales (ADCT), ses filleuls ont été bien inspirés dans le choix du thème. « Le chef de l'Etat est le premier des diplomates. Pour la réussite de la mise en œuvre de son programme, il a aussi besoin d'une diplomatie dynamique. Le thème est donc bien inspiré », a-t-il noté.

Le ministre délégué chargé de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur n'a pas été moins séduit par le thème. « Le thème central qui appelle à la réflexion sur la contribution de la diplomatie dans la mise en œuvre du programme quinquennal du président du Faso, est très pertinent. Nous savons que le chef de l'Etat est le premier diplomate du pays. Si les élèves ont eu déjà l'idée de connaître son programme au moment où ils sont à l'école, la mise en œuvre sur le terrain sera plus aisée pour eux, parce qu'ils maîtriseront les fondamentaux de cette diplomatie définie par le chef de l'Etat », a souligné Maxime Koné.
Durant ces journées, il est prévu des conférences, un cross populaire et le bal du diplomate.

Jacques Théodore Balima
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46e anniversaire de la CEDEAO : L'institution prône la solidarité africaine face au Covid-19, pour une relance économique

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 23:30

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur organise une série d'activités, les 24 et 25 juin 2021 dans la ville de Bobo-Dioulasso. Ces activités entrent dans le cadre de la commémoration conjointe du 46e anniversaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de la Journée de l'Afrique.

C'est le secrétaire général du ministère en charge des Affaires étrangères, Seydou Sinka, qui a officiellement donné, ce jeudi 24 juin 2021, le top de départ des activités marquant la célébration conjointe de ces journées dans la ville de Bobo-Dioulasso. Cette commémoration est marquée par l'organisation d'un panel et de la finale du concours de slam qui se tiendra ce vendredi 25 juin. Ces journées visent ainsi à célébrer le panafricanisme et à réfléchir sur les voies et moyens de faire face aux nombreux défis auxquels l'Afrique est confrontée.

Les participants au panel sur la solidarité au-delà de la pandémie.

Elles permettront aussi de porter un regard introspectif sur les acquis et les insuffisances en relation avec les défis, à formuler des recommandations et à mieux faire connaître les agendas de ces deux organisations. Cette première journée est consacrée à l'organisation d'un panel qui a pour thème : « La solidarité au-delà de la pandémie ». Il sera animé par le représentant résident de la CEDEAO au Burkina Faso, Tièna Coulibaly. Ce dernier a tenu à saluer le ministère en charge des Affaires étrangères, pour l'organisation de cette rencontre à Bobo-Dioulasso après celle de Ouagadougou.

Il a rappelé que les chefs d'Etat ont décidé, en 2007, de rapprocher davantage la CEDEAO du citoyen lambda. A cet effet, ils ont adopté la vision 2020 dont le thème était passé « de la CEDEAO des Etats, à la CEDEAO des peuples ». Il fallait ainsi que les actions de la CEDEAO soient intensifiées en direction des préoccupations des populations. « La CEDEAO est engagée à prendre en charge les préoccupations des populations et l'une des préoccupations actuelles est la question de la pandémie de Covid-19, ses conséquences non seulement sur le plan sanitaire, mais aussi ses conséquences socio-économiques », a laissé entendre le paneliste Tièna Coulibaly.

Tièna Coulibaly, représentant résident de la CEDEAO au Burkina Faso.

Avant d'expliquer que la CEDEAO est fortement impliquée dans la lutte contre le Covid-19 sur tous les plans. « Dans notre communication, il s'agira de dire ce que la CEDEAO a fait pour les Etats et pour les populations dans le cadre de la lutte contre la pandémie, mais surtout ce que la CEDEAO va faire demain. La vision 2020 est finie, et une vision 2050 est en train d'être élaborée. Cette vision va intégrer la question de la CEDEAO des peuples et prendra en charge tout ce qui est préoccupation des peuples à savoir la pandémie de Covid-19, d'Ebola, les questions d'intégration économique et du terrorisme, etc. », a-t-il souligné.
Bobo-Dioulasso, une ville carrefour en matière d'intégration africaine

La photo de famille à l'issue de la cérémonie d'ouverture des travaux.

Pour le secrétaire général du ministère en charge des Affaires étrangères, Seydou Sinka, le choix de la ville de Bobo-Dioulasso pour ces activités n'est pas fortuit. Selon lui, cette délocalisation est à la fois un symbole et une logique. Il estime que Bobo-Dioulasso est une ville carrefour et une ville historique en matière d'intégration africaine, dans la mesure où cette région du pays accueille de nombreuses communautés « bien intégrées » et qui vivent en parfaite harmonie avec tous les Burkinabè. « Nous avons délocalisé ces activités ici, parce que Bobo-Dioulasso est une ville accueillante des communautés de l'Afrique toute entière. Donc, il était important que le ministère organise une cérémonie à l'honneur de ces communautés africaines vivant à Bobo-Dioulasso », a-t-il rappelé.

Seydou Sinka, secrétaire général du ministère en charge des Affaires étrangères.

Il a par ailleurs signifié que cette commémoration donne l'occasion aux acteurs du ministère de rappeler à tous certains principes de vivre-ensemble, de solidarité africaine, de fraternité, etc. Selon lui, en 46 années d'existence de la CEDEAO, il y a des raisons légitimes de se réjouir des progrès que la communauté a enregistrés à travers les efforts déployés au quotidien pour améliorer le vécu des populations ouest-africaines. [ Cliquez ici pour lire l'intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

Categorie: Burkina Faso

Nutrition maternelle et infantile : La supplémentation en micronutriments multiples lors de la grossesse pour prévenir les carences

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 23:30

Le directeur général de la santé publique a lancé officiellement le programme de supplémentation en micronutriments multiples aux femmes enceintes au cours des soins prénataux dans le cadre du renforcement de la nutrition maternelle. C'était ce jeudi 24 juin 2021 à Ouagadougou, en présence du représentant adjoint de l'Unicef au Burkina Faso.

C'est le district sanitaire de Yako dans la région du Nord et celui de Ziniaré dans la région du Plateau central qui débuteront l'expérimentation de la supplémentation en micronutriments multiples aux femmes enceintes au cours des soins prénataux. Il s'agira pendant deux ans, de remplacer le fer acide folique habituellement donné aux femmes enceintes lors des consultations prénatales par des comprimés contenant quinze vitamines et minéraux à savoir le fer, l'acide folique, les vitamines A, D, E, B1, B2, B6,B12, C, la niacine, le zinc, le sélénium, le cuivre et l'iode.

Ce supplément permet de combler les autres carences associées à l'anémie liée au fer à savoir l'insuffisance d'iode, de zinc qui sont des micronutriments indispensables au bon déroulement de la grossesse et au développement optimal du fœtus. Elle est une recommandation récente de l'OMS visant à actualiser la composante nutrition dans le paquet d'interventions de soins prénataux.

Une vue des participants au lancement du programme

A en croire Dr Emmanuel Seini, directeur général de la santé publique, représentant le secrétaire général du ministère de la Santé à la cérémonie de lancement, la supplémentation en micronutriments multiples fait partie des interventions nutritionnelles vitales à haut impact pendant la période critique des 1000 jours qui vont de la grossesse à l'âge de deux ans de l'enfant.

Selon les chiffres, la prévalence du retard de croissance est de 24,9% chez les enfants de moins de cinq ans, la malnutrition globale touche 9,1% des enfants et l'annuaire statistique de 2020 montre une proportion de 9,8% de nouveau-nés qui ont un faible poids de naissance, ce qui est préoccupant selon Dr Seini. A cela s'ajoute le fait que selon l'enquête sur les micronutriments de 2014, la prévalence de l'anémie chez les femmes enceintes est de 72,5%.

Dr Emmanuel Seini, directeur général de la santé publique

Comme le souligne donc James Mugaju, représentant adjoint de l'UNICEF au Burkina Faso, « Il est primordial d'agir pendant les 1000 jours de la période de grossesse à l'âge de deux ans de l'enfant pour répondre aux besoins accrus de la mère, du fœtus et du jeune enfant en particulier dans un contexte d'insécurité alimentaire précaire dans lequel il est difficile d'avoir accès à une alimentation diversifiée pouvant apporter tous les nutriments requis. »

En outre, toujours selon M. Mugaju, les études menées dans les pays à revenus faibles et moyens ont montré que la supplémentation en micronutriments multiples réduisait le risque d'insuffisance pondérale à la naissance de 14%, le risque de naissance prématurée de 7% et le risque de retard de croissance inter-utérin de 6% en moyenne par rapport au supplément de fer acide folique seul. Cette supplémentation était associée en plus à une mortalité néonatale plus faible d'environ 15% chez les nouveau-nés.

James Mugaju, représentant adjoint de l'UNICEF au Burkina Faso

Ce programme financé par la Fondation Bill et Melinda Gates avec l'appui de l'UNICEF permettra donc d'améliorer l'état nutritionnel des femmes enceintes et allaitantes et des enfants de moins de 5 ans. Au moins 44 518 femmes enceintes sont attendues chaque année dans le programme pour les deux districts. Le programme comprend essentiellement quatre interventions que sont la supplémentation en micronutriments pendant la grossesse et au cours de la période post-natale, le renforcement du conseil nutritionnel, la sensibilisation des femmes enceintes pour l'observance de la prise des micronutriments multiples et le suivi des femmes enceintes.

Photo de famille

Mis à en œuvre à petite échelle dans les districts sanitaires de Yako et de Ziniaré, le programme de supplémentation en micronutriments multiples aux femmes enceintes et allaitantes pourrait être mis à l'échelle du pays après l'évaluation de la phase pilote.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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Concertations communales sur le processus de Réconciliation nationale et le Pacte du vivre-ensemble : Les tribunes d'expression où les populations ont la parole

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 23:00

Au Burkina Faso, la question de la réconciliation s'est posée suite aux déchirures et aux drames que notre pays a connu à l'occasion des épisodes douloureux et violents de conquête ou de gestion du pouvoir par les différents régimes qui se sont succédés durant plus d'un demi-siècle. Ces évènements ont eu diverses conséquences mais les plus marquantes ont été les pertes en vies humaines.

Deux initiatives de réconciliation ont été menées à savoir, le travail du Collège des Sages en 1999, qui a abouti à la Journée nationale du Pardon, le 30 mars 2001, et celui de la Commission de Réconciliation Nationale et des Réformes (CRNR) en 2014, qui a conduit à la mise en place du Haut-Conseil pour la Réconciliation et l'Unité Nationale (HCRUN).

Malgré ces efforts, les événements récents tels que l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, le coup d'Etat manqué de septembre 2015 et les attaques terroristes depuis 2016, ont montré que les besoins de réconciliation et d'un pacte du vivre ensemble sont réels et pressants.

C'est ainsi que le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, a fait de la réconciliation l'un des axes principaux de son second mandat. Cette volonté s'est traduite par la nomination d'un Ministre d'Etat chargé de la Réconciliation Nationale et à la Cohésion Sociale.

Le Ministre d'Etat est chargé conformément à ses attributions, entre autres, d'élaborer la stratégie nationale de la réconciliation et le pacte du vivre-ensemble.
La démarche adoptée pour ces deux processus se veut participative et inclusive d'où la nécessité d'impliquer tous les acteurs à la base par l'organisation de concertations communales et régionales.

La tenue de ces concertations permettra de prendre en compte les avis et les solutions des acteurs à la base et d'enrichir la stratégie nationale de réconciliation et le pacte du vivre ensemble en cours d'élaboration. Ainsi, ces concertations à la base permettront d'établir une cartographie des besoins de réconciliation et surtout de recueillir d'une part les mécanismes endogènes adaptés à chaque besoin et d'autres part ceux qui vont consolider le vivre-ensemble.

A cet effet, les autorités administratives ainsi que les points focaux désignés par communes ont été outillés pour conduire le processus et pour collecter les données.
Ces données alimenteront les échanges lors des concertations communales qui seront des fora ouverts aux fils et filles de la commune pour examiner, amender et valider ces données, sous l'autorité administrative communale, provinciale et/ou régionale. Ces données consolidées serviront enfin de base d'analyse pour l'élaboration des différents documents.

Réconciliés, les Burkinabè seront plus forts !

Service Communication du Ministère de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale

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29e Assemblée générale des sociétés d'État : La SOGEMAB, l'AGETEER et la CNAMU en déficit, la SONABHY, la LONAB et la SONATUR en baisse de volume d'activités

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 23:00

Elles sont 19 sociétés d'État et trois établissements publics de prévoyance sociale à passer devant cette 29e Assemblée générale, dont les travaux ont été ouverts dans la matinée de ce jeudi 24 juin 2021 à Ouagadougou, sous la présidence du Premier ministre, Christophe Dabiré.

Toutes les sociétés concernées présenteront leurs états financiers pour le compte de l'exercice clos au 31 décembre 2020 (voir liste des sociétés au bas de page). « L'analyse des données économiques et financières des sociétés d'Etat, exercice 2020 ne prend pas en compte celles du Laboratoire national du Bâtiment et des Travaux publics (LNBTP) du fait de la non-tenue de la session d'arrêt des comptes dans les délais règlementaires et de la transmission au Secrétariat technique des documents y relatifs dans le cadre de l'élaboration du rapport de performance », précise le secrétaire général du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Boubacar Traoré.

Un rapport de performance des sociétés d'État soumis à l'instance fait le point sur la gestion des ressources humaines, des audits réalisés, du fonctionnement des comités d'audit, de la gouvernance d'entreprise et de la mise en œuvre des outils du Code de bonnes pratiques de gouvernance des sociétés d'État, l'analyse des données économiques et financières, ainsi que l'état d'exécution des résolutions et recommandations de la 28e Assemblée générale.

Le secrétaire général du ministère du commerce, de l'industrie et de l'Artisanat, livrant le contenu du rapport.

Le rapport, qui relève que l'activité économique en 2020 s'est déroulée dans un contexte mondial marqué par la maladie à corona virus, provoquant un bouleversement dans tous les secteurs d'activités, révèle que les chiffres d'affaires des 22 entreprises ont baissé de 0, 34%, passant de 1 379, 279 milliards en 2019 à 1 374, 623 milliards de FCFA en 2020.

Des charges de personnel des entreprises publiques !

Les fortes baisses de volume d'activités ont été enregistrées par la Société nationale burkinabè d'hydrocarbures (SONABHY), la Loterie nationale burkinabè (LONAB) et la Société nationale d'Aménagement des terrains urbains (SONATUR), dont les chiffres d'affaires ont diminué respectivement de 42, 07 milliards, 8, 406 milliards et de 998 millions entre 2019 et 2020.

Le rapport indique aussi que trois sociétés d'État sont déficitaires. Il s'agit de la Société de gestion de l'équipement et de la maintenance bio-médicale (SOGEMAB), l'Agence d'exécution des travaux, Eau et Équipement rural (AGETEER) et la Caisse nationale d'Assurance maladie universelle (CNAMU) avec un déficit cumulé de 1, 119 milliard de FCFA en 2020 contre 704 millions cumulés en 2019.

« Les plus fortes baisses de la valeur ajoutée en 2020 ont été enregistrées par la SONABHY pour un montant de 14,592 milliards, la LONAB pour un montant de 2,458 milliards et l'ONEA pour un montant de 2,246 milliards de F CFA. De même, l'excédent brut d'exploitation de nos sociétés d'Etat, qui mesure leur performance s'est détérioré en passant de 142,101 milliards de F CFA en 2019 à 124,095 milliards de F CFA en 2020, soit une baisse de 18,006 milliards de F CFA. Cette baisse traduit une contreperformance économique des sociétés d'Etat en 2020 », lit-on dans le rapport.

La contribution directe des sociétés d'Etat et des Etablissements publics de Prévoyance sociale (EPPS) au budget de l'Etat est passée de 334,687 milliards en 2019 à 317,237 milliards en 2020, soit une baisse de 17,450 milliards de F CFA.

Les charges de personnel des entreprises publiques s'établissent, elles, à 76,655 milliards de F CFA en 2020 contre 74,555 milliards de F CFA en 2019, soit une hausse de 2,100 milliards de F CFA.

Les 21 entreprises ont employé 8 579 agents en 2020 contre 7 507 agents en 2019, soit une augmentation de l'effectif total de 1 072 agents. L'effectif de la SONABEL est de 2 829 agents en 2020 et représente 32,98% de l'effectif total des 21 entreprises, suivi de l'ONEA avec 1 497 agents, soit 17,45% et de La Poste BF avec 1 177 agents, soit 13,72%. La charge annuelle moyenne par agent de ces sociétés est de 8,935 millions de F CFA en 2020, soit un salaire mensuel moyen de 744 599 F CFA par agent.

Quid des difficultés ?

Des difficultés rencontrées par les entreprises dans l'exercice 2020, on retient l'insuffisance de porte-feuille de projets au profit de la SOGEMAB ; les difficultés de mise en œuvre de certaines conventions obtenues avec les tutelles techniques des MODP ( Maîtrises d'Ouvrage Déléguées Publiques) ; la non-signature des contrats plans avec l'Etat ; les difficultés de recouvrement d'honoraires sur des projets entièrement réalisés ; les difficultés de recouvrement des créances de cotisations sociales dues par l'Etat, ses démembrements, les sociétés d'Etat, les collectivités locales, les ambassades et consulats du Burkina Faso à l'étranger.

A la liste, on y joint l'importance des impayés des prêts accordés par la CNSS à l'Etat et à ses démembrements ; le difficile accès aux fonds de la CARFO logés dans le compte courant du Trésor public ; l'existence de machines à sou illégales dans les villes du Burkina ; la prise de paris en ligne non domicilié au Burkina, mais dont les activités constituent une menace aux jeux de la LONAB. Il y a en outre, les lourdeurs dans les procédures de passation des marchés ; la forte dégradation des capitaux propres de la SOGEMAB qui sont négatifs et en-deçà du minimum requis.

« Convaincu de l'importance que revêtent les entreprises publiques pour notre économie, nous nous devons de réagir vigoureusement pour augmenter la résilience de nos sociétés face aux chocs exogènes, si nous ne voulons pas laisser à la postérité l'image de responsables qui ont contribué à la dégradation de notre patrimoine collectif », a souligné le Premier ministre, Christophe Dabiré, qui a présidé l'ouverture des travaux.

Pour lui, il faut continuer donc d'impulser aux entreprises publiques, le dynamisme nécessaire à l'amélioration de leurs résultats, condition sine qua non pour leur viabilité dans un environnement sous-régional et continental de plus en plus concurrentiel.

Le Premier ministre, Christophe Dabiré, a insisté sur l'orthodoxie de la gestion publique

« J'exhorte les responsables de nos entreprises à faire preuve de dynamisme et de rigueur dans leur gestion, à cultiver l'esprit d'innovation et surtout à développer davantage d'initiatives pour s'adapter aux exigences de la conjoncture économique peu favorable aux activités de bon nombre d'entre elles. A ce titre, il nous appartient, ensemble, de redoubler d'efforts et d'engagements, car nos entreprises publiques sont des vitrines à travers lesquelles nos populations fondent l'espoir de leurs contributions à l'amélioration de leur niveau de vie », lance le chef du gouvernement.

O.L
Lefaso.net

Liste des entreprises :

1-ACOMOD-BURKINA (Agence de Conseil et de Maîtrise d'Ouvrage Déléguée en Bâtiment et Aménagement Urbain du Burkina),
2-AGETEER (l'Agence d'exécution des travaux, Eau et Équipement rural),
3-Agetib (Agence des Travaux d'Infrastructures du Burkina)
4-BUMIGEB (Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina Faso),

5-CARFO (Caisse Autonome de Retraite des Fonctionnaires)
6-CNAMU (Caisse nationale d'Assurance maladie universelle),
7-CEGECI (Centre de gestion des cités),
8-CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale),
9-LA POSTE BF,

10-LNBTP (Laboratoire National du Bâtiment et des Travaux Publics),
11-LONAB (la Loterie nationale burkinabé),
12-MINOFA (Minoterie du Faso),
13-ONEA (Office National de l'Eau et de l'Assainissement),
14-SBT (Société burkinabé de Télédiffusion),
15-SEPB (société d'exploitation des phosphates du Burkina),
16-SOGEMAB (Société de gestion de l'équipement et de la maintenance bio-médicale),

17-SONABEL (Société Nationale d'Electricité du Burkina),
18-SONABHY (Société nationale burkinabé d'hydrocarbures),
19-SONAGESS (Société Nationale de Gestion du Stock de Sécurité alimentaire),
20-SONATER (Société Nationale de l'Aménagement des Terres et de l'Equipement Rural),
21-SONATUR (Société nationale d'Aménagement des terrains urbains)
22-SOPAFER-B (Société de Gestion du Patrimoine Ferroviaire du Burkina).

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Affaire recrutement frauduleux à la CNSS : La Cour de Cassation ordonne la reprise du jugement qui avait conduit à la réintégration des candidats

Le Faso - Gio, 24/06/2021 - 21:00

La Cour de Cassation de Ouagadougou a remis les pendules à l'heure dans l'affaire du recrutement frauduleux à la CNSS. Dans sa décision, la juridiction supérieure de l'ordre judiciaire a cassé et annulé l'ordonnance de référé n°159 du 8 août 2019 de la Cour d'Appel de Ouagadougou, qui avait ordonné à la CNSS la réintégration de Aboubakari Siri et 83 autres candidats.

Que faut-il comprendre de cette décision ?

En juillet 2018, le Comité CGT-B (Confédération générale du Travail du Burkina) de la CNSS alertait l'opinion sur des soupçons de fraude, de favoritisme et de népotisme dans le recrutement de 84 agents à la CNSS pour le compte de la session 2017. En lieu et place d'investigations pour vérifier ces allégations comme il est recommandé en pareille circonstance, le Directeur général de la CNSS va plutôt s'empresser de confirmer les résultats du concours à travers une note de prise de service des nouvelles recrues. Avant de se raviser plus tard, devant l'évidence des soupçons.

C'est ainsi qu'il va sortir une nouvelle note annulant les résultats du concours. Cette situation sera l'occasion pour des candidats, déclarés admis, d'introduire un recours au Tribunal administratif (TA) de Ouagadougou. Statuant en leur faveur, le TA ordonne la suspension de la décision du DG. Ordonnance qui sera confirmée par le Conseil d'État.

Parallèlement à cette action devant la juridiction administrative, les 84 candidats introduisent un recours en réintégration au Tribunal du Travail (TT) de Ouagadougou. Statuant contradictoirement en premier ressort et en matière de référé, le TT affirme qu'il n'y a pas lieu à référé sur la demande de réintégration. Aussi les juges de ce tribunal déclarent-ils mal fondée la demande de paiement des arriérés de salaire des candidats et les déboute des frais non compris dans les dépens.

Toutefois, cette décision du premier juge sera infirmée par le Premier Président de la Cour d'Appel qui a fera droit à la demande de réintégration desdits candidats, en dépit d'une procédure pénale en cours au moment des faits. La Cour d'Appel ordonne alors la réintégration des 84 travailleurs avec paiement de leur salaire à compter du jour où la suspension de leur contrat de travail leur a été notifiée. Cette ordonnance est assortie d'une astreinte d'un montant de cent mille (100 000) francs par jour de retard constaté dans l'exécution de ladite décision.

Conformément à la décision en appel, la CNSS procède à la réintégration des 84 travailleurs avec rappel de leur salaire à coût de plusieurs millions de francs aux frais du contribuable.
C'est le contenu de cette ordonnance de la Cour d'Appel que la Cour de cassation vient de remettre en cause. En attendant le dénouement total de l'affaire, cette décision conforte, un tant soit peu, la position du Comité CGT-B de la CNSS et du REN-LAC. Ces deux structures ont, dès les premiers instants, dénoncé la fraude qui a caractérisé le recrutement des 84 agents.

Qu'en est-t-il du volet pénal ?

Pour ce qui est du volet pénal qui avait été enclenché, le dossier a été instruit et jugé en première instance. La décision rendue le 16 novembre 2020, après plus d'un an de procès, conclut à l'existence de fraude. Trois personnes ont été condamnées, parmi lesquelles le Directeur des Ressources humaines (DRH) de la CNSS, M. Norbert ZEDA. Ce dernier a écopé d'une peine d'emprisonnement de 30 mois ferme et une interdiction d'exercer une fonction dans l'administration publique nationale pour une durée de cinq ans.

La décision a fait l'objet d'appel de la part des condamnés et du REN-LAC. Elle est actuellement en attente de jugement devant la Chambre correctionnelle de la Cour d'Appel de Ouagadougou dont la première audience est prévue pour ce vendredi 25 juin.
En tant que partie civile constituée dans ce procès, le REN-LAC reste engagé pour la manifestation de la vérité.

Fait à Ouagadougou le jeudi 24 juin 2021
Le Secrétariat exécutif

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