Burkina Faso

Interdiction de visa américain aux burkinabé : Le ministère des affaires étrangères dément

Le Faso - 2 ore 50 min fa

Suite à la rumeur de plus en plus persistante sur l'interdiction de visa américain aux citoyens burkinabé, nous avons reçu le communiqué de démenti ci Après du ministère des affaires étrangères et de la coopération du Burkina Faso.

Depuis quelques temps, des informations circulent dans la presse et sur les réseaux sociaux, faisant cas de l'interdiction de visa américain aux citoyens burkinabè.
Le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération tient à informer le public burkinabè qu'il n'a jamais été saisi officiellement d'une telle décision du Gouvernement américain.

La délivrance des visas de séjour aux Etats-Unis aux citoyens burkinabè se poursuit normalement au consulat de l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique à Ouagadougou, selon les critères et exigences du Gouvernement américain.

Toute décision ou mesure restrictive concernant la délivrance de visas aux citoyens burkinabè, devrait faire l'objet d'une notification du Gouvernement américain aux autorités burkinabè.

Par conséquent, les informations véhiculées sur les réseaux sociaux relèvent de rumeurs.

Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération

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Commune d'Arbollé : « Il n'y a pas de crise d'eau », se défend le maire Boureima Ouédraogo

Le Faso - 2 ore 57 min fa

Arbollé, commune rurale située à 80 km au Nord de Ouagadougou, a-t-elle soif ? Dans son intervention à l'émission interactive « Affairages » sur la radio Ouaga FM, le mardi 2 avril 2019, une résidente de la commune a relevé des problèmes d'eau que vit la commune depuis quelques jours. Une situation qui l'obligerait à prendre sa douche avec les eaux conditionnées en sachets. En réaction, le maire a apporté un démenti sur les ondes de la radio. Quelle est la situation sur le terrain ? Nous y avons fait un tour. Constat.

L'eau, une denrée rare en période chaude aussi bien dans les centres urbains qu'en milieu rural. Loin de Ouagadougou, la capitale burkinabè, Alimata Ouédraogo, résidant à Zan, un quartier de la commune d'Arbollé, se fraie un chemin entre bidons et autres récipients pour saisir la puisette et l'envoyer d'un geste rapide au fond d'un puits à grand diamètre, profond de 15m. Il est 10h. Il lui faudra trois quarts d'heure pour remplir ses 10 bidons de 20 litres chacun. C'est la ration quotidienne pour sa famille. Mais ce n'est pas assez pour la préparation de son dolo prisé par ceux qui aiment bien se rafraîchir le gosier en ces temps de forte chaleur.

Quand le soleil est haut dans le ciel, l'eau se fait très rare dans le puits à grand diamètre de Zan

La promiscuité n'est pas toujours évidente

Arrivée en trombe sur les lieux, Alimata Bèla espère remplir également son récipient avant que le soleil ne soit au zénith. « À midi, il n'y a plus d'eau. Il faut attendre quelques heures avant que l'eau ne remonte dans le puits », nous informe une autre dame, arrivée à califourchon sur sa bicyclette, avant de poursuivre : « C'est dur mais nous préférons l'eau des forages et surtout des puits, car nous n'avons pas d'argent pour nous approvisionner dans les bornes-fontaines ».

À quelques jets de pierre de là, un établissement scolaire. Le Collège d'enseignement général (CEG) d'Arbollé et son forage équipé en pompe Volanta. « Mais depuis quelques années, l'ouvrage est hors service », nous explique Jean Marie Djiguemdé, élève en classe de 1re D. Du coup, les élèves sont obligés de se rabattre sur un autre forage situé derrière les salles de classes. Même si les élèves bénéficient parfois de la sympathie de certains usagers, la promiscuité n'est pas toujours évidente. « Souvent, les élèves repartent bredouilles avec leurs bidons pour ne pas rater les cours de 15h », fait remarquer Jacqueline Kébré.

Non loin du CEG, trône la radio communautaire Femmes-Développement qui ouvre quotidiennement ses portes, jusqu'à 22h, aux habitants qui veulent se ravitailler en eau à son forage. À notre arrivée, l'affluence est moindre. Mais un animateur, qui a requis l'anonymat, explique que les bousculades sont fréquentes par moments puisque l'eau y est gratuite. Aussi, les réparations sont prises en charge par le promoteur de la radio.

Boureima Ouédraogo, maire de la commune d'Arbollé

« C'est un peu exagéré, même si… »

Arbollé, commune de 65 000 habitants, a certes des problèmes d'eau comme la plupart des communes du pays. Mais la situation est-elle si criarde au point que certains prennent leur douche avec les sachets d'eau de 25 F ? « Non ! C'est un peu exagéré, même s'il y a beaucoup de pompes, de forages qui sont en panne », répondront sans détours tous ceux que nous avons approchés durant notre séjour de 72h. Et pourtant, à l'émission « Affairages » sur les antennes de Ouaga FM, une dame, qui dit être une institutrice, n'est pas passée par quatre chemins pour dépeindre le calvaire qu'elle vit et qui l'oblige souvent à prendre sa douche avec les eaux conditionnées en sachets.

Borne fontaine alimentée à partir d'une AEPS électrique

Une cabale ?

« Quand j'ai appris ça, je suis tombé malade. J'ai reçu le coup de fil vers 20h m'informant de l'appel passé par l'enseignante. Puisque je ne suis pas résident, j'ai passé un coup de fil à mon premier adjoint. Par la suite, je suis entré en contact avec Ouaga Fm, et je me suis expliqué. Nous avons certes quatre forages qui sont en panne mais douze sont fonctionnels », a expliqué le maire de la commune d'Arbollé, Boureima Ouédraogo. Pour lui, il s'agit tout simplement d'une cabale organisée par ses détracteurs, au sein même de sa propre famille politique, le MPP.

Chateau d'eau de l'AEPS solaire au quartier non-loti de Saaba à Arbollé

« Nous avons le minimum »

« Que l'eau soit insuffisante, je ne dis pas non, mais nous n'avons pas de crise d'eau à Arbollé. Nous avons des forages presque dans tous les villages. Il n'y a pas un seul village sans forage. Il y a des villages où il y a trois, quatre, voire cinq forages. Au niveau du chef-lieu de la commune, nous avons deux Adductions d'eau potable simplifiée (AEPS). Nous avons une adduction avec système solaire et une adduction avec système électrique. En dehors des pannes qui peuvent intervenir au niveau de l'AEPS du fait d'une coupure d'électricité de la SONABEL, nous pouvons dire que nous avons le minimum pour permettre à la population de vivre plus ou moins à l'aise », soutient l'édile de la commune.

Pour ce dernier, même si le conseil municipal qu'il dirige depuis 2016 a fait de l'éducation, la priorité des priorités, il n'en demeure pas moins que des actions ont été menées dans le domaine de l'eau. En témoignent, selon lui, la quarantaine de forages réalisés et la cinquantaine réhabilités dans les 48 villages que compte la commune. « Depuis 2016, nous sommes à près de 900 millions d'investissement avec plus de 250 millions pour le secteur de l'eau », répète-t-il à qui veut l'entendre.

Forage en panne dans la cour de la mairie

L'affermage comme option

Selon Boureima Ouédraogo, la commune va bientôt passer à une nouvelle étape de la gestion de ses bornes-fontaines. Elle a signé un contrat avec la société PPI pour une gestion par affermage sur une durée de 15 ans. « Les procédures administratives pour réparer un forage peuvent prendre un à trois mois. PPI a de l'expérience, du personnel et peut juguler les pannes le plus rapidement possible », se convainc le maire.

Ce contrat aura-t-il une incidence sur le coût de l'eau, qui est actuellement de 25 F les deux bidons de 20 litres et de 100 F, la barrique de 200 litres ? À cette question, le maire rassure : « Nous n'avons pas signé ce contrat les yeux fermés. PPI doit reverser des ristournes au budget communal. PPI prend en compte les grosses pannes et la gestion. Nous pouvons revenir sur ce contrat mais nous ne le souhaitons pas. Nous avons passé dix jours en atelier avec la directrice régionale de l'eau du Nord. Tous les prix ont été arrêtés. PPI ne peut pas augmenter les prix. Les prix vont rester en l'état, sinon même qu'ils peuvent baisser ».

Groupe électrogène en panne en attente d'être réparée

Le doute au sein de la population

« On n'est pas encore sorti de l'auberge. La gestion des fontaines laisse perplexe. Vu ce que nous avons vécu de par le passé, nous préférons suivre nos autorités de loin. On ne leur fait pas confiance. En pays mossi, on dit que lorsqu'on a été piqué par un serpent, on se méfie d'une corde dans la nuit. Wait and see », prévient un acteur de l'éducation, arrivé à Arbollé en 2012. Pourquoi un tel scepticisme ?

En effet, la gestion par affermage n'est pas nouvelle dans la commune, car l'ancien conseil municipal avait déjà tenté l'aventure. Mais leurs investissements ont été vains. Ils avaient tenté de faire fonctionner l'AEPS à partir de groupes électrogènes. Trois groupes ont été utilisés et des dizaines de millions dépensés. Ce serait donc face à cette situation que l'actuel conseil municipal aurait décidé d'apporter l'électricité sur le site et de réhabiliter les installations à hauteur de 30 millions de francs CFA.[ Cliquez ici pour lire l'intégralité ]

HFB
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Collectivités territoriales : La commune de Diabo s'inspire de l'expérience béninoise

Le Faso - 3 ore 33 min fa

Une délégation de 32 membres conduite par le maire de la commune de Diabo, Ousmane Boly, a effectué un voyage d'études et d'échanges au Bénin, du 15 au 20 avril 2019. L'objectif était de s'imprégner de l'expérience de « l'approche intercommunale sur le marché agricole » mise en œuvre dans ce pays voisin. La délégation était composée de conseillers municipaux, d'autorités administratives, d'agriculteurs-maraîchers et d'hommes de médias. Ce voyage d'études s'inscrit dans le cadre d'échanges et de partage d'expériences sur l'organisation et le fonctionnement des collectivités territoriales des deux pays.

Partie de Diabo le dimanche 14 avril 2019, la mission conduite par Ousmane Boly, maire de la commune de Diabo (province du Gourma, région de l'Est du Burkina Faso), a séjourné au Bénin du 15 au 20 avril. Elle était composée de conseillers municipaux dont des présidents de commissions permanentes, de producteurs et du préfet. L'objectif de ce voyage était de partager « des expériences entre collectivités territoriales sur le mode de fonctionnement et de l'approche intercommunale sur le marché agricole et de s'instruire pour une mise en commun d'un marché communal commun de vente de produits agricoles, afin de répondre efficacement à la demande sociale ».

Les activités ont débuté dans la matinée du mardi 16 avril 2019 à Cotonou, par une séance de travail avec les responsables du projet Approche communale pour le marché agricole, phase 2 (ACMA2). Cette séance a été suivie d'échanges sur les missions du projet et les objectifs futurs entre les deux structures. Ensuite, cap a été mis sur Porto-Novo, deuxième ville du pays et capitale politique, pour une visite suivie d'entretien au Centre d'excellence agro-écologique songhaï, qui a été créé depuis 1985 sur une superficie d'un hectare étendue à 22 hectares aujourd'hui.

ACMA2, un projet intégré réussi

Là, les visiteurs ont pu s'imprégner de la réussite d'un projet intégré englobant plusieurs domaines, notamment la production agricole moderne, l'élevage de poules de différentes races, la pisciculture, etc. Le maire de Diabo, très admiratif des résultats appréciables engrangés par le centre, entend dupliquer le projet dans son ressort territorial au Burkina Faso. Le directeur adjoint du centre a donc conseillé à ses hôtes la formation des ressources humaines pour la gestion du futur centre et a promis une visite d'études à Diabo, dans les semaines à venir.

Après les visites d'échanges avec les responsables du projet ACMA2 et du Centre songhaï à Cotonou et à Porto-Novo, la délégation de la commune de Diabo s'est rendue, le mercredi 17 avril 2019, à Saketé et dans le village de Dosso, des localités frontalières avec le Nigéria et situées à environ 150 km de Cotonou. À Dosso, la mission a pu apprécier le travail abattu par un groupement de femmes dénommé MEDJRO, qui a bénéficié de l'accompagnement technique et financier du projet ACMA2, pour la construction de son infrastructure et la commercialisation de ses produits.

Avec plus d'une quinzaine d'années d'existence, ce groupement s'est donné pour mission la transformation et la commercialisation du manioc transformé en gari ou en tapioca, de jus d'ananas, etc. Le groupement, créé et dirigé par Elisabeth Akpeyekpo, avec une équipe de quinze femmes, a un chiffre d'affaires de six millions de francs CFA par mois. De quoi séduire les visiteurs qui ont souhaité un partenariat entre le groupement et la commune de Diabo, afin qu'un tel projet voie le jour au profit des femmes de la partie burkinabè.

« La patience » de Bakété

Après cette étape, la délégation burkinabè a visité la ferme intégrée dénommée « La patience de Bakété ». Le maître des lieux, Roland N. Vicnonfodo, a dit disposer de plus de 23 hectares de superficie de palmiers à huile et d'une unité de production d'huile de palme destinée à la consommation.

L'homme aux trois épouses et aux 45 employés a ajouté que les déchets issus de la production de l'huile lui servent à nourrir les poissons. En effet, monsieur Vicnonfodo possède une dizaine de bassins piscicoles avec une production d'environ 8 tonnes de poissons, pêchés trois fois par an. Ce qui lui fait un chiffre d'affaires mensuel estimé à 90 millions de francs CFA. Des exemples qui donnent des idées de développement local au premier des Diabolais et à sa délégation.

Ifangni, un magasin de stockage de 1 000 tonnes

Le jeudi 18 avril 2019, la délégation burkinabè a poursuivi ses visites dans la commune d'Ifangni, localité située à 70 km de la ville de Cotonou et également frontalière avec le Nigéria. Elle a été reçue par Raymond Fafoumi, premier adjoint au maire et président du Cadre de concertation. Après les salutations d'usage, place a été faite à la présentation des différentes parties (Ifangni et Diabo), avant de passer aux échanges qui ont porté sur le mode d'organisation et le fonctionnement du Cadre de concertation et de l'Union communale des producteurs.

Le premier adjoint au maire d'Ifangni a expliqué aux visiteurs, le mode d'organisation et les organes qui composent le Cadre de concertation. Il a précisé que le comité de gestion regroupe onze communes, notamment des représentants des communes, des producteurs, des transformateurs et des transporteurs. Il est l'instance dirigeante qui s'occupe des difficultés des producteurs. Le comité de gestion est également chargé de la gestion des infrastructures, notamment le magasin. Après les échanges, la délégation diabolaise a visité le magasin de stockage de 1 000 tonnes construit par la mairie d'Ifangni, avec l'appui financier du projet ACMA2.

Mission satisfaisante

Dans la matinée du vendredi 19 avril 2019, la mission burkinabè est allée faire le point de son séjour à son futur partenaire, ACMA2. Le maire Ousmane Boly et sa délégation ont exprimé leur satisfaction.
Dans l'après-midi de cette même journée, la délégation est allée s'imprégner de l'historique de la ville de Ouidah, port d'où partaient les bateaux à l'époque de la traite négrière. Elle a visité le temple des pythons ainsi que la « route du non-retour ». C'est un véritable cours d'histoire qui a été donné aux visiteurs par un guide expérimenté.

En fin de séjour, c'est un maire de Diabo satisfait qui a rappelé que ce voyage d'études a été initié « pour renforcer la dynamique de l'administration communale et préparer les esprits à l'appropriation effective de la vision et de la démarche souhaitées par les autorités communales ».[ Cliquez ici pour lire l'intégralité ]

Soumaila Sana du retour de Cotonou
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Ghana : J.J. Rawlings se porterait bien

Le Faso - 4 ore 16 min fa

Selon des rumeurs sur la toile, l'ancien président du Ghana, Jerry John Rawlings, serait décédé à l'Hôpital pédagogique de Korle-Bu, après s'être effondré dans sa résidence Ridge, dans la matinée du mercredi 24 avril 2019.

Contacté pour connaitre la vérité, un agent de l'ambassade du Ghana au Burkina Faso, sous le couvert de l'anonymat, a démenti cette information. Selon ses propos, cette rumeur n'est rien d'autre qu'une énième fakenews concernant l'ancien président ghanéen, J. J.Rawlings. En effet, en mai 2017, la même fausse information avait circulé sur un prétendu décès de l'ex-chef de l'Etat.

Jerry John Rawlings, ancien président et révolutionnaire ghanéen, était un proche ami du président Thomas Sankara. Icône de panafricanisme, Rawlings fait partie des personnalités les plus influentes de l'Afrique.

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Enseignement secondaire : Les examens blancs en voie de suppression

Le Faso - 8 ore 13 sec fa

Le conseil des ministres, en sa séance du 25 octobre 2018, a adopté un décret portant modalités d'évaluation et de contrôle des apprentissages scolaires et réglementation des fonctions de chefs d'établissement et d'autres responsables dans les établissements d'enseignement post-primaire et secondaire. L'adoption de ce décret permet de disposer, selon le gouvernement, d'un nouveau cadre réglementaire en matière d'organisation de contrôle et d'évaluation des connaissances. Un décret que certains chefs d'établissements qualifient de suicidaire pour le système éducatif parce qu'il signe la fin des examens blancs.

Dans les établissements secondaires publics du Burkina, les examens blancs destinés à préparer les élèves aux examens réels ne seront plus que des reliques. Les raisons avancées par les autorités semblent être le manque de moyens pour assurer cette organisation dans les établissements publics. L'Etat veut aussi amener le privé à emboîter le pas et à ne plus organiser d'examens blancs pour les élèves en classe d'examen.

En effet, des établissements privés qui avaient prévu d'organiser des examens blancs les ont supprimés cette année. Certains établissements privés, par contre ont décidé de respecter leur contrat avec les élèves en maintenant ces épreuves. La décision des autorités éducatives a été portée récemment à la connaissance des chefs d'établissement. Au cours de cette rencontre, certains responsables en charge de l'enseignement ont appelé les chefs d'établissement à respecter les dispositions du décret.

« Sommes-nous en train de brader la formation des élèves sous prétexte de manque de moyens ? » s'interrogent des chefs d'établissements privés. Pour eux, la réponse est « oui ». Ils affirment que ce décret risque de réduire la qualité des évaluations et surtout contribuer à une formation au rabais des apprenants. « Le risque d'enfoncer l'enseignement au Burkina est réel », confie Issaka Kaboré, directeur des études de l'établissement privé Wend-Manegda de Ouaga 2000.

Des chefs d'établissement estiment qu'avec l'ancien système, en plus des devoirs et des compositions, les établissements organisaient des examens blancs pour mettre les élèves dans les conditions psychologiques d'un examen. C'est un test qui permet aux élèves de comprendre les enjeux qui entourent l'examen réel. A cet égard, les statistiques parlent d'elles-mêmes. Les élèves admissibles à l'examen blanc, le plus souvent, arrivent à s'en sortir pour l'examen réel. Ceux qui sont recalés se remettent en cause et travaillent à fournir plus d'efforts pour se rattraper.

Le responsable d'un établissement privé estime que « l'examen blanc consiste à mettre l'apprenant dans toutes les conditions d'examen, notamment avec la question d'anonymat, l'utilisation des feuilles d'examen, avec des sujets qui font appel à toutes les leçons ».

Mais avec ce décret, les établissements ne vont plus prioriser les examens blancs, déclare un chef d'établissement qui s'interroge sur la pertinence de cette nouvelle vision imprimée par les premiers responsables du système éducatif national.
Pour certains chefs d'établissement, ce décret ouvre la voie à une formation au rabais. Ils estiment qu'il ne prend pas en compte l'intérêt général des apprenants.

« Il est inconcevable d'empêcher l'organisation des examens blancs en avançant des raisons de manque de moyens. Sur quoi repose le développement d'un pays si son système éducatif est bradé ? », s'est interrogé Issaka Kaboré, le directeur d'études de l'établissement privé Wend-Manegda de Ouaga 2000. Des acteurs du monde éducatif appellent donc l'État à revenir à l'ancien système d'évaluation.

Toutefois, en dépit de ce décret, des établissements continuent d'organiser des examens blancs car, pour leurs responsables, ils sont en phase avec leur programme scolaire et les engagements pris avec les parents d'élèves.

Issoufou Ouédraogo
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Couverture sanitaire universelle : L'Union européenne apporte son appui

Le Faso - 8 ore 3 min fa

L'Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) organise, en collaboration de l'Institut panafricain d'étude et recherche sur les médias, l'information et la communication (IPERMIC), un atelier de priorisation des questions de recherche pour la couverture sanitaire universelle (CSU) du 24 au 25 avril 2019. La cérémonie d'ouverture a eu lieu ce mercredi 24 avril 2019, sous la présidence du secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Robert Karama. Ce projet qui va s'étendre sur 33 mois est financé par l'Union européenne à hauteur de 1 million d'euros.

Le consortium Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) et Institut panafricain d'étude et recherche sur les médias, l'information et la communication (IPERMIC), a été retenu à la suite du lancement par l'Union européenne, d'un appel à propositions pour répondre à la problématique de la couverture sanitaire universelle (CSU) au Burkina Faso. Dans le cadre dudit projet, un atelier de priorisation des questions de recherche pour la couverture sanitaire universelle (CSU), est organisé du 24 au 25 avril 2019 à Ouagadougou.

L'atelier vise la production et l'utilisation de données factuelles pour l'aide aux décisions en matière de couverture sanitaire universelle au Burkina Faso. Le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Robert Karama, a précisé qu'il s'agit concrètement de discussions en ateliers pour sélectionner les questions de recherche les plus importantes afin d'accompagner le ministère de la Santé et la Caisse nationale d'assurance maladie universelle (CNAMU) dans leur marche vers la couverture sanitaire universelle (CSU).

Il a expliqué que le Burkina Faso, à travers son Plan national de développement économique et social (PNDES), s'est inscrit dans l'atteinte de l'Objectif de développement durable qui vise les progrès vers la couverture sanitaire universelle (CSU). Malgré les réformes et actions spécifiques du gouvernement en la matière, les résultats demeurent toujours insatisfaisants (39% pour les soins et services de santé en 2017).

C'est pourquoi il s'est avéré nécessaire que les décideurs adoptent une démarche rigoureuse, basée sur des données probantes, dans leurs choix et décisions stratégiques pour l'atteinte des objectifs de la CSU.

L'Union européenne, à travers son programme d'appui à la politique sectorielle santé 2, a eu la noble idée de lancer un appel à propositions pour répondre à cette problématique. Et c'est le consortium Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) et Institut panafricain d'étude et recherche sur les médias, l'information et la communication (IPERMIC) qui a été retenu, a soutenu le docteur Robert Karama.

Pour le coordonnateur du projet, Pr Seni Kouanda, le projet qui a une durée de vie de 33 mois pourra asseoir des bases solides dans le domaine sanitaire qui demeureront des acquis pour le pays.

Etienne Lankoandé
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Burkinabè de France : Journée de solidarité avec les victimes du terrorisme au Burkina Faso

Le Faso - 9 ore 7 min fa

Le Comité France de Solidarité avec le Burkina vous convie à une journée de solidarité avec les victimes du terrorisme, le samedi 27 avril 2019 de 10H00 à 18H00 à la Mairie du 20ème arrondissement de Paris.

La journée est placée sous le thème de la cohésion sociale.
Renseignements : 06 08 67 34 05 et 06 83 47 95 54

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Lutte contre le terrorisme : Roch Kaboré « réchauffe » la recette de la négociation avec les groupes armés

Le Faso - 9 ore 57 min fa

Groupes terroristes, et les négociations commencèrent ! Selon une enquête menée par nos confères de Africa Intelligence, parue le 22 avril 2019, les autorités burkinabè ont entamé des négociations ultrasecrètes avec des groupes djihadistes qui sévissent au Nord et au Sahel. Par le truchement d'intermédiaires qui ont été reçus à Kosyam en début mars 2019, le président Roch Kaboré a entrepris une diplomatie souterraine avec ces groupes qui, depuis le début de son mandat, ont multiplié les attaques, entraînant des centaines de morts et paralysant l'administration dans bien de localités avec notamment la fermeture d'écoles. C'est un nouveau tournant dans cette guerre asymétrique dans laquelle les armes ne semblent pas être la panacée.

Révélation de Africa Intelligence. Le 1er avril 2019, en marge de l'investiture du président sénégalais, deux présidents se rencontrent en aparté. Roch Kaboré et son homologue malien Ibrahim Boubacar Kéïta. Les deux chefs d'État évoquent les « négociations ultrasecrètes » qu'auraient entreprises Ouagadougou avec les groupes armés actifs et, ce, avec l'aide et le soutien de Bamako.

En effet, croit savoir Africa Intelligence, le président Roch Kaboré a décidé de franchir le pas, en initiant des contacts avec plusieurs Katibas (unités combattantes) actives dans le Nord du Burkina Faso. Objectif, négocier un statu quo avec les combattants. Ainsi, deux émissaires disposant d'un bon carnet d'adresses avec les divers groupes actifs au Nord du Burkina, ont été reçus dans la première semaine de mars par la présidence burkinabè. Aucun des deux n'est Burkinabè.

Il s'agit du député malien Ahmada Ag Bibi et du leader touareg Bilal Ag Acherif. « Acheminés du Mali jusqu'à la présidence burkinabè par un avion affrété sur ordre d'Ibrahim Boubacar Kéïta, les deux hommes ont longuement rencontré Roch Kaboré », en présence de deux conseillers du président, notamment le premier responsable de l'Agence nationale de renseignement (ANR), le colonel François Ouédraogo.

Si l'on en croit l'enquête de nos confrères, le président burkinabè a demandé à ses deux interlocuteurs de « l'aider » à négocier un statu quo avec les groupes actifs dans le Soum et dans le Nord, « comme l'a déjà fait la Mauritanie ». « Vous avez aidé mon prédécesseur [Blaise Compaoré, ndlr], maintenant aidez-moi », a lancé Roch Kaboré à Ahmada Ag Bibi et Bilal Ag Acherif.

Lire aussi : Terrorisme : « Pourquoi refuser obstinément de parler avec eux », se demande le chercheur Mathieu Pellerin

Certains pays comme la Mauritanie et le Mali expérimentent cette diplomatie souterraine, même si officiellement cela est vigoureusement rejeté comme option. Sur ce plan, c'est un remake de la politique de « Blaise Compaoré, qui gardait le contact avec les djihadistes du Nord via ses conseillers Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé. Les canaux ouverts par les deux hommes ont même profité à la France, qui les ont utilisés pour négocier la libération de ses ressortissants retenus en otage au Sahel ».

Qui sont ces émissaires ?

Les deux contacts du président Kaboré sont donc Ahmada Ag Bibi et Bilal Ag Acherif. Tous deux ont des liens étroits avec plusieurs Katibas maliennes opérant au Burkina. Député de la ville malienne d'Abeïbara (région de Kidal) depuis 2017, Ahmada Ag Bibi est l'ancien numéro deux du groupe djihadiste Ansar Eddine d'Iyad Ag Ghali, longtemps affilié à la nébuleuse Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Toujours selon Africa Intelligence, depuis le début des années 2010, Ahmada Ag Bibi s'est progressivement spécialisé dans l'intermédiation avec les groupes combattants au Sahel.

Il a par exemple assisté Jean-Marc Gadoullet, ancien officier français de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) pour négocier en 2011, avec le chef d'AQMI Abou Zeid, la rançon de trois des sept otages français capturés par le mouvement en septembre 2010. Quinze millions d'euros avaient alors été versés. Pourquoi lui comme interlocuteur de Kosyam ? Eh bien, Ahmada Ag Bibi aurait des liens avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) composé pour une large partie d'anciens militants de son mouvement Ansar Eddine et dirigé par son ex-mentor Iyad Ag Ghali, dont il est resté proche.

L'autre interlocuteur de Roch Marc Christian Kaboré, c'est le touareg Bilal Ag Acherif, secrétaire général du mouvement indépendantiste touareg MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), qui rassemble plusieurs mouvements nés sur les ruines du groupe Ansar Eddine d'Ahmada Ag Bibi. « Blessé dans des affrontements avec des groupes djihadistes en 2012, Bilal Ag Acherif avait, à l'époque, été discrètement soigné au Burkina grâce à l'entregent du général Diendéré », rappellent les enquêteurs de Africa Intelligence.

Ces contacts de Kosyam, établis grâce Bamako, ne seraient pas les seuls. Par un autre président, Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Marc Christian Kaboré a également rencontré, plut tôt dans l'année, trois leaders touaregs. El Hadj Ag Gamou, qui a la double casquette d'officier dans l'armée malienne et de chef de la milice GATTIA, a notamment combattu l'Etat islamique au Niger en 2017, aux côtés de l'armée française.

Le deuxième est son ami et ancien consul du Mali au Niger, Alhamdou Ag Ilyene, qui est depuis 2018 gouverneur de la ville de Nioro du Sahel, après avoir été gouverneur de Kidal. Le troisième leader touareg est Moussa Ag Acharatoumane, un milicien touareg, fondateur du MNLA. « En échange de leur intervention, les trois hommes ont demandé des compensations financières », précise le canard.

Synthèse de Tiga Cheick Sawadogo
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Source : Africa Intelligence

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Rolande Boro, Présidente de la Fédération burkinabè de rugby : « Des écoles de rugby pour former des champions pour le Burkina »

Le Faso - 9 ore 58 min fa

Le rugby est un sport peu connu au Burkina Faso. Il est vu comme une discipline d'hommes ayant les biceps bien développés, capables de manier le ballon ovale. Pour inverser cette vision des choses, la Fédération en charge de cette discipline, a initié des écoles de rugby en vue de recruter de potentiels pratiquants dès le bas âge, pour en faire des champions de demain. Rolande Boro, la présidente de cette fédération nous en dit plus.

Lefaso.net : Pour beaucoup, le rugby est vu comme un sport d'hommes ; mais vous, vous semblez bien vous y plaire. Comment vous est venue la passion pour ce sport ?

Rolande Boro : J'ai grandi dans un milieu sportif à Bobo-Dioulasso. J'étais dans le même quartier que Mamadou Zongo (ndlr, dit Bebeto) et bien d'autres joueurs de l'équipe nationale. J'ai d'abord pratiqué le football puis le handball. Lorsque je suis venue à l'Université, j'ai découvert le rugby grâce à un camarade. J'ai aimé la discipline et j'ai commencé à la pratiquer. J'étais parmi les pionnières du rugby féminin et j'ai même joué à l'équipe nationale. J'ai aussi été secrétaire générale de la Fédération pendant les mandats de Sawadogo Harouna et du regretté Bassirou Kadio. J'ai vu les difficultés et aussi la passion que certains avaient pour le rugby.

Aimer une discipline et la pratiquer est une chose mais en devenir une dirigeante en est une autre. Pourquoi avoir décidé de prendre la présidence de la Fédération ?
C'est parce que j'avais remarqué que certains pays qui n'avaient pas notre potentiel étaient connus au plan international. Je me suis alors dit que quelque chose pouvait être fait pour promouvoir la discipline. C'est pour cette raison, entre autres, que je me suis engagée à défendre la cause du rugby burkinabè.

Fort heureusement, depuis quelques temps, on cite souvent le Burkina comme un exemple dans le domaine. Je suis vraiment contente pour cela mais je dis aussi qu'il ne faut pas crier victoire très tôt, car il reste beaucoup à faire notamment en matière d'infrastructures. On n'en a pas encore, alors qu'on est en train de former des enfants qui commencent à avoir un vrai engouement pour le rugby.

Comment se passe la collaboration avec les autres membres de la fédération notamment les hommes ?

Le sport est un milieu ‘‘macho'', le rugby l'est encore plus. Ce n'est pas aisé. En tant que femme, on n'a souvent pas la même façon de voir les choses que les hommes. C'est vraiment difficile mais c'est ça qui procure l'envie de travailler. Quand on obtient des résultats malgré les difficultés, ça procure beaucoup plus de joie.
C'est peut-être parce que c'est une première fois qu'une femme occupe ce poste, qu'on a des appréhensions. Mais il fallait donner l'occasion aux femmes d'apporter leur contribution à la promotion de la discipline. Sans vouloir jeter des fleurs à l'équipe dirigeante actuelle, il faut reconnaitre que le Burkina est apprécié au plan international pour avoir élu une femme à la tête de la fédération. Cela est vu que comme une preuve de maturité des rugbymen burkinabè.

Comment se porte le rugby au Burkina Faso ?

Le rugby se porte très bien au Burkina Faso. Il y a de plus en plus de clubs qui se créent et plus de compétitions qui sont organisées soit par la Fédération, soit par des privés. Ce qui implique qu'il y a de plus en plus de joueurs et de joueuses de rugby. Au plan international, nous avons réussi à nous faire connaitre et à nous faire accepter grâce aux résultats obtenus lors des compétitions.

Le rugby burkinabè a engrangé des lauriers au plan international. Lesquels font le plus votre fierté ?

En tant que présidente de la Fédération, toute bonne performance des rugbymen burkinabè constitue une satisfaction pour nous. Mais je voudrais citer, au passage, notre participation à la compétition du rugby à quinze qui s'est déroulée en mai 2017 à Niamey. La compétition avait regroupé six pays de la zone, répartis en deux. Le Burkina avait remporté le trophée.

En 2018, nous avons participé à deux compétitions continentales. Il s'agit des Jeux africains de la jeunesse qui avaient regroupé onze pays. Le Burkina, pour sa première participation, avait atteint la demi-finale de la compétition en battant la Tunisie, l'Algérie, le Sénégal. Nous avions terminé à la quatrième place. Nous avons également participé aux éliminatoires des Jeux olympiques ‘'Tokyo 2020''. Ce tournoi regroupait huit pays et le Burkina a obtenu la médaille de bronze, synonyme de la troisième place, après la Côte-d'Ivoire et le Nigeria.

Est-ce que cette troisième place offre au Burkina sa qualification ?

Malheureusement non. Parce que ce sont les deux premiers qui avaient la possibilité de jouer les pré-qualifications. Nous avons obtenu la troisième place. Mais au regard des pays présents, beaucoup avait une longue tradition de rugby, c'est fort réjouissant pour nous.

Par contre, il est décidé, que si d'aventure l'Afrique du Sud ne se qualifie pas directement pour ‘'Tokyo 2020'', un pays africain allait être pris pour participer à un autre tournoi qualificatif. Le Burkina est pressenti pour disputer ce tournoi.

Ces résultats vous ont valu d'être élue au Comité exécutif de Rugby Afrique avec un droit de siéger au World rugby. Quelles seront véritablement vos tâches ?

Je serai commise à la tâche de travailler au développement du rugby féminin. Il s'agira de voir dans quelle mesure on pourra booster le rugby féminin. En effet, Rugby Afrique met donc de plus en plus l'accent sur le rugby féminin en vue de réduire l'écart avec les hommes.

Peut-on dire que c'est donc le rugby féminin qui gagne ?

Oui. C'est le rugby féminin burkinabè qui gagne. Nous avons organisé, il y a quelques mois, un championnat féminin à Bobo-Dioulasso qui a été remporté par les Tigresses de la même ville.

Le constat est que le rugby féminin est encore embryonnaire au Burkina Faso. Comment comptez-vous développer cette discipline ?

Au niveau de la fédération, nous sommes en train de faire un travail sur le rugby féminin. Nous travaillons pour des résultats à long terme. Sinon, on peut les avoir maintenant mais ces résultats ne vont pas durer dans le temps. Nous avons donc initié les Ecoles de rugby. Il s'agit en fait d'introduire le rugby dans certaines écoles que nous avons ciblées au profit des élèves. Cette initiation concerne aussi bien les garçons que les filles. Nous voulons, par cette initiative, susciter l'amour du rugby chez ces enfants qui seront la relève de demain.

Actuellement, ils sont nombreux à pratiquer la discipline dans ces écoles. Comme compétitions, nous organisons des festivals de rugby à leur intention. Parce que parlant de championnat, ça concerne des gens d'un certain âge et qui ont déjà certains reflexes.

Quelles sont ces écoles de rugby ?

Nous avons initié ces écoles à Ouagadougou (Gounghin Nord B, D et C, Nong-taaba, Tanghin, etc.), à Bobo-Dioulasso (Lafiabougou, Accart Ville, Yéguéré, El Cana, Diarradougou, Ouezzinville, Kolma 1 et 2, etc.) et à Pô (Lycée privé de Pô, école Doulgou centre, école de Ghana). Il y a également les orphelinats de Tintilou, Centre El Nour, Loumbila. Pour l'encadrement des élèves, nous avons formé des enseignants au rugby. Maintenant, nous travaillons à signer un partenariat avec le ministère en charge de l'Education afin que ces actions soient officielles.

Comment se fait la dotation en équipement de ces écoles ?

Nous avons remarqué que les enfants ont de l'engouement pour le rugby. Par exemple à Bobo-Dioulasso, nous avons vu des enfants, et c'est courant, qui, à la récréation, jouent au rugby et non au football. Cela traduit leur passion pour la discipline.

Il n'y a pas les grands moyens mais les enfants ont découvert et aiment le rugby. Si bien qu'il y a des promoteurs qui nous appellent pour intervenir dans leurs écoles. Mais le problème du matériel se pose avec persistance. Au Burkina Faso, le ballon du rugby n'est pas accessible comme celui du fooball. Le matériel que nous recevons provient des dotations de Rugby Afrique. Mais au regard de l'ampleur que prend la discipline au pays, nous avons approché certains équipementiers afin que, dans un avenir proche, ils puissent vendre des ballons de rugby au Burkina Faso. Cette démarche est en très bonne voie.

Les initiatives sont nombreuses chez les filles et les jeunes. Seulement on a l'impression que chez les séniors ça ne bouge pas assez. Comment expliquez-vous cela ?

Je crois plutôt le contraire et je m'explique. Il était rare de voir des clubs organiser des matchs amicaux entre eux. Mais maintenant, il y a des matchs amicaux presque chaque week-end entre les clubs. Il y a même des tournois que certains initient et la Fédération les accompagne dans le volet arbitral afin que les clubs puissent jouer le plus de matchs amicaux possibles.

Les temps sont durs cette année pour tout le monde. Ce qui fait que nous avons trouvé comme palliative les matchs amicaux pour maintenir les équipes en compétition. Peut-être d'ici à la fin avril, nous pourrons organiser le championnat national. La fédération a innové en organisant depuis deux ans un championnat à VII et un autre à XV afin de permettre aux joueurs de choisir, en fonction de leurs capacités, le type de rugby qu'ils veulent pratiquer.

Certains promoteurs de ces compétitions ne sont pas contents des aides que la Fédération leur octroie, les jugeant dérisoires. Quel genre de relations entretenez-vous avec les promoteurs privés de tournois ?

Nous avons de très bonnes relations avec eux. Ou du moins c'est ce que je crois. Pour organiser, par exemple, une compétition de rugby, il faut avoir l'aval de la fédération. Si ces derniers ont pu mener des activités, c'est parce que la fédération a écrit à l'international pour dire qu'elle avalisait l'activité. Nous donnons notre accord pour ces compétitions parce que nous pensons qu'elles constituent une contribution au développement du rugby burkinabè.

Souvent, lorsqu'elle en a les capacités, la Fédération donne une subvention en fonction des évènements et au regard des moyens dont elle dispose.

Des rugbymen d'origine burkinabè, comme Fulgence Ouédraogo, évoluent actuellement dans d'autres pays. Comment contribuent-ils au développement du rugby au Burkina Faso ?

Depuis 2016, Fulgence envoie du matériel pour soutenir le rugby burkinabè. A chaque fois qu'il vient au Burkina, il prend toujours attache avec la fédération et en retour, on organise un match de gala en son honneur. Seulement depuis quelques années, il n'est plus revenu au pays. Mais nos relations sont bonnes. Il y a aussi Zèba Patrice qui est à Toulouse et qui envoie aussi du matériel, lorsqu'il a l'occasion, pour soutenir le rugby burkinabè. Il y a également Antoine Yaméogo, le fils du regretté cinéaste St Pierre Yaméogo, basé à Paris, qui a opté de jouer à l'équipe nationale du Burkina. A chaque fois qu'il vient au pays, il apporte du matériel.
Grâce à leurs soutiens, on arrive à faire vivre et à développer le rugby. Sinon ça aurait été difficile pour nous.

Quelles sont vos perspectives pour le rugby burkinabè ?

L'affiliation au World Rugby nous tient vraiment à cœur. Nous avons obtenu celle de Rugby Afrique, nous avons aussi franchi la première étape au World rugby mais il reste la dernière étape. Pour cela, des experts viendront auditer la gestion de la Fédération, vérifier si les championnats se tiennent régulièrement et si aussi les autorités politiques nous soutiennent dans nos activités. Ils viendront plusieurs fois et en 2020, lors de leur rencontre, ils décideront si le Burkina pourra être affilié au World Rugby.

Nous souhaitons obtenir cette affiliation parce qu'elle permettra au Burkina d'être connu à l'international. Nous aurons également des dotations en matériel et des financements pour mener nos activités. Tout cela donnera plus de moyens pour développer le rugby. Pour y arriver, je compte sur le soutien de tous les acteurs de la discipline basés au Burkina ou hors du pays.

Propos recueillis par Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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