Burkina Faso

L'infox du jour : Non, les Nations unies n'ont pas mandaté Reed Brody pour « arrêter les commanditaires de l'assassinat des 146 Burkinabè »

Le Faso - 2 ore 27 min fa

Depuis le 8 juillet 2020, sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, circule l'image du célèbre avocat américain Reed Brody. Selon la publication devenue virale, l'homme de droit est envoyé au Burkina Faso par les Nations unies « pour arrêter les commanditaires de l'assassinat des 146 Burkinabè lors des opérations du 3 février à Kaïn (…) et faire justice aux 200 victimes de Yirgou, assassinées par la milice Koglweogo créée par le MPP ».

La publication débute ainsi : « Reed Brody, le célèbre avocat mondialement reconnu comme chasseur de dictateurs, arrive au Burkina Faso. Des têtes vont bientôt tomber ». Avec à l'affiche, à droite l'image, la photo du ministre de la Défense, Cherif Sy. Et il y écrit : « Cherif Sy n'échappera pas à la Cour pénale internationale (CPI) ».

Qui est Reed Brody ?

Reed Brody est conseiller juridique et porte-parole de Human Rights Watch. On le surnomme également « le chasseur de dictateurs », parce qu'il traque sans relâche les dictateurs de tout genre. C'est ainsi que cet avocat américain est plus connu en Afrique dans les affaires des anciens chefs d'Etat, notamment Hissène Habré en 2015, Mengistu Haïlé Mariam en 1999 et sa nouvelle cible qui est l'ancien président gambien Yahya Jammeh, en exil en Guinée équatoriale. Il a également émis des hypothèses de poursuivre en justice les présidents George W. Bush et Donald Trump.

Reed Brody, comme tout avocat, défend les droits humains. Mais la majeure partie des cibles de l'avocat, ce sont les chefs d'Etat, qualifiés de dictateurs.
Dans la publication sus-évoquée, il est dit que Reed Brody « vient pour arrêter les commanditaires de l'assassinat des 146 Burkinabè lors des opérations du 3 février à Kaïn ».

En effet, dans un communiqué de l'état-major général des armées publié sur Lefaso.net, on peut lire qu'une attaque terroriste « dans la nuit du 3 au 4 février 2019, a fait quatorze morts au sein de la population civile (…) 146 terroristes tués dans les localités de Kaïn, Bomboro et Banh ». Cependant, le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP) avait condamné des « exécutions sommaires d'au moins 60 personnes par l'armée » au cours de cette même opération. Aussi, le MBDHP avait demandé que justice soit faite.

Reed Brody conseiller juridique et porte-parole de Human Rights Watch

On peut aussi lire dans le post que Reed Brody « vient également pour faire justice pour les 200 victimes de Yirgou, assassinées par la milice Koglweogo créée par le MPP ». En effet, dans la nuit du 31 décembre 2018 au 1er janvier 2019, dans le village de Yirgou, suite à l'assassinat du chef dudit village, par ailleurs conseiller municipal de Barsalogho (commune d'où relève le village), les représailles dirigées sur la communauté peuhle ont fait plusieurs morts : 46 selon le gouvernement et 216 selon le Collectif contre l'impunité et la stigmatisation des communautés (CISC). Parlant des milices Kogweogo, aucune preuve ne laisse entrevoir que le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), serait à l'origine de l'existence de cette milice.

Dans un récent rapport, Human Rights Watch (HRW) a dénoncé des « exécutions extrajudiciaires de 180 personnes ces derniers mois à Djibo, dans le nord du Burkina Faso, impliquant des forces armées burkinabè ». La directrice pour l'Afrique de l'Ouest de HRW, Corinne Dufka, déclarait que « les informations existantes désignent les forces de sécurité gouvernementales. Il est donc essentiel de mener des enquêtes impartiales ».

En réponse, dans un communiqué, le gouvernement burkinabè a déclaré que « pendant la période concernée par le rapport, certains terroristes ayant réussi à s'emparer des tenues et certains matériels des Forces armées nationales, se sont spécialisés dans l'instauration de la confusion au sein des populations ».

Dans les tous cas, dans les déclarations de Corinne Dufka, il n'est pas fait mention de l'envoi de Reed Brody au Burkina Faso. Le gouvernement non plus n'en a pas fait cas au dernier point de presse tenu le 8 juillet dernier, ni à travers un communiqué.

Edouard Kamboissoa Samboé
Lefaso.net

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Lutte contre le coronavirus : Un citoyen attire l'attention du Président du Faso sur les risques d'un partenariat avec la Fondation Bill and Melinda Gates

Le Faso - 5 ore 35 min fa

Dans cette lettre, le journaliste Daouda Emile Ouédraogo, résidant aux Etats-Unis attire l'attention du Président du Faso sur les dangers d'un partenariat avec la Fondation Bill and Melinda Gates dans certains secteurs dont la lutte contre la pandémie à coronavirus. Il redoute que la Fondation Bill and Melinda Gates ne fasse du Burkina Faso, un lieu d'expérimentation des vaccins sensés lutter contre la maladie. Son écrit fait suite à l'entretien que Roch Kaboré a eu, le 14 juillet 2020, avec Bill Gates.

« Merci M. le Président….. »

Sur sa page facebook, le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a publié un post relatif à un échange qu'il a eu avec Bill Gates, co-président de la Fondation Bill and Melinda Gates Fondation, le 14 juillet 2020. Selon ce post, ils ont « abordé la lutte contre le Coronavirus, la poliomyélite et la relance économique ». A travers cet écrit, il sied d'attirer l'attention de nos gouvernants et du peuple souverain du Faso, sur les risques encourus par ce partenariat qui risque de faire du Faso, un laboratoire d'expérimentation.

Premier quiproquo : les Etats-Unis tiennent la tête du peloton dans le monde, en termes de nombre de malade du coronavirus (plus de 13 millions de cas avec 138 000 décès). Mais, la Fondation Bill et Melinda Gates a choisi de lutter contre cette maladie au Burkina Faso qui a un millier de cas. Cherchons l'erreur.

Le sort est jeté. Nous voici battant pavillon Bill Gates Fondation. L'information est venue du sommet de l'Etat Burkinabé. En m'installant derrière mon clavier pour écrire cette missive au Président de tous les Burkinabé, donc le mien aussi, beaucoup m'ont dit, faisant allusion à la Fondation Bill et Melinda Gates : « fais attention car tu t'attaques à un gros morceau ». Que vaut ma minable vie comparée à celle de plus de 20 millions de Burkinabé qui risquent d'être des « cobayes médicaux » ? Bref…

De quoi s'agit-il ? Bill Gates Fondation « veut aider » le Burkina Faso. Son Excellence Roch Marc Christian Kaboré donne les grandes lignes : « lutte contre le Coronavirus, la poliomyélite et la relance économique. » Nobles intentions. Allons, M. le Président au-delà des intentions. Il est clair que lorsque la maison brûle, on ne cherche pas à savoir la qualité de l'eau à utiliser pour l'éteindre. Mais, il sied avec les multiples controverses sur les pratiques de la Fondation Bill et Melinda Gates de porter des gants et de mettre des garde-fous en vue de protéger nos laborieuses populations. M. le Président, faisons un petit jeu de croisement des informations sur les pratiques de cette fondation à travers le monde.

Kenya, Ouganda, Malawi…Sur les traces du philanthro-capitalisme

La Fondation Bill et Mélinda Gates est à ranger dans le cercle des philanthro-capitalistes. Par philanthro-capitalisme, il s'agit, à travers la générosité, de faire des affaires. A ce propos, malgré votre calendrier chargé, je vous invite, en toute humilité, Excellence M. le Président, à lire le livre enquête du journaliste-écrivain, Lionel Astruc intitulé « l'art de la fausse générosité : la fondation Bill et Mélinda Gates », aux éditions Actes Sud. Il démontre à souhait la face cachée de la fondation la plus puissante au monde et de la pseudo générosité de Bill Gates.

Entre 2011 et 2019, la fortune de Bill Gates est passée de 56 milliards à 96 milliards d'euros. En 8 ans, il a engrangé 40 milliards d'euros. Comment cela se fait-il ? « C'est un système de placement appelé « Trust » qui est un fond d'investissement. Et, la Fondation est adossée à ce fond d'investissement qui place de l'argent. Les dividendes de ce fond d'investissement servent à alimenter la Fondation. » Jusque là, tout est « clean ».

Mais là, où le bât blesse, c'est là où investit le trust de la Fondation. La Fondation Bill & Melinda Gates détient des actions dans Airbus, BAE Systems et United Technologies, selon les formulaires IRS 990 du service des impôts américains. Ces entreprises figurent parmi les plus grands fabricants d'armes au monde. (source : https://www.alliancemagazine.org/analysis/conflict-interests-foundations-invest-arms-tobacco/).

Il serait de bon ton, M. le Président, que vous profitiez leur demander de nous fournir des armes pour lutter contre le terrorisme. Je passe sous silence les investissements dans les OGM avec Mosanto et compagnies, ainsi que la main-mise sur les laboratoires pharmaceutiques. Alors, comment les multinationales qui financent la Fondation parviennent à se « sucrer » sur le dos des pays pauvres à travers les dons ?

C'est très simple. « Les entreprises qui sont dans les placements des trust de la Fondation Bill et Melinda Gates, sont celles qui bénéficient des dons de la Fondation. On donne de l'argent à une entreprise qui, en retour, rapportera de l'argent » selon le journaliste Lionel Astruc. Illustration : En 2014, Coca-cola bénéficie de 538 millions d'euros de placement de trust de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Dans le même temps, Coca-Cola bénéficie de programme consistant à former 50 000 agriculteurs au Kenya et en Ouganda pour les inciter à cultiver des fruits de la passion. Ces fruits entrent dans la fabrication de la boisson coca-cola. L'Afrique est le laboratoire des OGM de cette fondation. Rob Horch, ancien responsable de Mosanto fait aujourd'hui partie de l'équipe de la Fondation. Elle est le cheval de Troie des OGM et de Mosanto en Afrique.

Excellence, dites leurs de construire des hôpitaux et des laboratoires de pointe pour nos chercheurs

M. le Président, les trois domaines dont vous faites cas (lutte contre le coronavirus, la poliomyélite et la relance économique), trouveront une réelle solution si vous proposez à cette fondation de construire des hôpitaux et des laboratoires de pointe pour nos chercheurs. Le Burkina Faso regorge des meilleurs chercheurs en Afrique au sein du CNRST.

Au lieu de faire du Faso, un laboratoire d'expérimentation du vaccin contre le coronavirus, la poliomyélite ou d'autres recherches en vue d'avoir le brevet, l'aide de la Fondation Bill et Mélinda Gates doit nous aider à nous passer de leur aide dans le futur. Albert Einstein disait : « Pour sortir d'un problème, on ne peut pas utiliser les mêmes modes de pensée qui ont servi à créer ce problème ». Bill Gates à lui seul est plus riche que 45 des 54 pays africains.

Il est l'un des plus gros donateurs de l'OMS. Ceci explique t-il cela ? The Lancet, l'une des revues d'investigations les plus sérieuses au monde, à démontrer que lorsque cette Fondation choisit de financer des programmes dans le monde et, particulièrement, en Afrique, elle finance ceux qui vont favoriser la création de marchés plutôt que de financer des programmes qui rendront les populations autonomes.

La preuve est faite que lorsqu'il y a par exemple, un choix à faire entre 2 solutions médicales dont l'unes est fabriquée par les chercheurs locaux et un vaccin fabriqué par une multinationale de l'extérieur, la Fondation Gates choisit de financer les maladies qui font appel à l'ouverture de marché et à la création de vaccin, donc la multinationale. L'exemple de l'Artémisia dans la lutte contre le paludisme est là pour nous édifier.

En décembre 2017, France TV, sur sa page Youtube démontre clairement comment Bill Gates et sa fondation, en 2016, promettent investir 4 milliards d'euros dans la fabrication d'un vaccin, tout en mettant la pression sur l'OMS afin qu'elle interdise l'utilisation de l'artémisia dans le traitement de la malaria. Pendant ce temps, sur son blog, la Fondation mentionne l'artémisia annua (en réalité, il fait référence à la molécule) dans la fabrication de ce vaccin qui, jusqu'au jour, où j'écris ces lignes n'est pas encore disponible.

Dois-je rappeler que les chercheurs Burkinabé sont bien avancés dans la recherche contre le paludisme ! Pourtant, la Fondation est l'un des premiers leviers financiers du géant pharmaceutique GSK dans le développement du premier vaccin anti-malaria. L'efficacité même de ce vaccin pose problème dans la mesure où les chercheurs parlent de 30%. Au passage, je tire mon chapeau à nos vaillants chercheurs qui ont trouvé le FACA qui permet de guérir de la drépanocytose. Une première dans le monde.

Ce qui se cache derrière ce partenariat

M. le Président, la face cachée de ce partenariat est le projet futur de collecte de données sur les individus. Dans l'unique but de créer avec le concours de la Chine, un contrôle permanent sur nos vies. Mais, cela fera l'objet d'une autre analyse en temps opportun. A travers cette lettre ouverte, les enjeux sont grands face à l'un des hommes les plus puissants de la planète, de dénoncer les prédations.

Les enfants et le peuple du Burkina Faso ne méritent pas d'être des cobayes de la Fondation Bill Gates, avec la bénédiction de la Chine à travers les programmes et les projets à venir. J'ai humblement trempé ma plume dans la plaie, avec tous les risques encourus. Pour clore, méditons avec Nelson Mandela : « Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs ». Si vous travaillez à refléter les espoirs du peuple Burkinabé, demain, il vous dira : « Merci M. le Président… ».

Daouda Emile OUEDRAOGO

1-Le Président du Faso, Roch Kaboré, lors de son entretien, par visioconférence, avec Bill Gates, co-fondateur de la Fondation Bill et Melinda Gates

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MACO : Ablassé Ouédraogo appelle à la mobilisation des démocrates pour exiger la libération provisoire de Damiss

Le Faso - 5 ore 50 min fa

Dans cette déclaration parvenue à notre rédaction, Ablassé Ouédraogo, président du parti « Le Faso Autrement » appelle « à la mobilisation des démocrates de tous les bords pour exiger et obtenir du gouvernement burkinabè que Adama Ouédraogo Damiss bénéficie de la liberté provisoire » afin de pouvoir se soigner. Ablassé Ouédraogo révèle avoir essuyé des larmes à la vue du journaliste. Lisez !

« Dans l'après-midi du vendredi 10 juillet 2020 dans une clinique de Ouagadougou, nous avons aperçu le journaliste et Directeur de Publication du Mensuel d'Informations générales et d'Enquêtes « Le Dossier », Adama OUEDRAOGO Damiss, venu de la MACO pour consulter son médecin- traitant.

En le voyant, même si cela a été́ furtif du fait des dispositions sécuritaires dressées autour du détenu politique, Adama OUEDRAOGO Damiss, j'ai essuyé́ des larmes tant la santé de ce jeune homme s'est visiblement détériorée et de façon rapide.

Rappelons que le journaliste Damiss a été́ immédiatement transféré́ à la MACA le 02 septembre 2019, dès le prononcé du verdict du jugement de la tentative de coup d'Etat de septembre 2015, pour purger une peine d'emprisonnement de cinq (5) ans. Le 16 décembre 2019, il a été́ transféré́ à la MACO pour continuer l'exécution de sa peine.

Concernant sa santé, il est connu de tous que le journaliste Adama OUEDRAOGO Damiss souffre d'un asthme chronique aigu. Aujourd'hui, en plus de ce mal, il souffre d'autres pathologies. Il était à la clinique ce vendredi 10 juillet 2020 pour consulter un médecin spécialiste autre que le pneumologue et le cardiologue qui le suivent d'ordinaire.

Pour pouvoir se soigner dans de meilleures conditions possibles, le prisonnier Damiss a soumis à la Procureure Militaire au début du mois de juin 2020, une deuxième demande de liberté provisoire avec les documents médicaux justificatifs et assortie d'une offre de garanties après une première demande soumise en mars 2020. L'incapacité́ de la justice de statuer sur cette demande de liberté provisoire contribue certainement à accélérer la détérioration de l'état de santé du journaliste Adama OUEDRAOGO Damiss.

C'est ce que nous regrettons profondément.
Il est universellement admis que le premier des droits humains, le plus important de tous est le droit à la santé.

Pour tout gouvernement responsable, garantir la sécurité́ et le bien-être à sa population signifie d'abord et avant tout, lui offrir les conditions optimales de santé, et l'accès aux meilleurs soins en cas de souffrances physiques.

Tel n'est malheureusement plus le cas au Burkina Faso d'aujourd'hui, où la détresse sanitaire de la fine plume, Adama Ouédraogo Damiss, gravement malade et très affaibli, ne semble pas émouvoir les gouvernants actuels de notre pays, et le pire pour lui est à craindre à tout moment. Et si malheureusement sa disparition devait se produire, cela serait une perte énorme à la réalisation de la justice équitable et transparente.
Le Parti Le Faso Autrement estime que même en dehors de toutes les considérations humanistes et humanitaires, il est nécessaire et indispensable que la santé du journaliste d'investigation Adama Ouédraogo Damiss soit préservée et qu'il reçoive dans les meilleures conditions, les soins adéquats.

C'est pourquoi, le Parti Le Faso Autrement

S'insurge contre le traitement inhumain dont est victime le prisonnier politique Adama Ouédraogo Damiss, privé de son droit constitutionnel d'accès aux soins de santé́ ;
Condamne la dérive autoritaire et le manque d'humanisme des autorités politiques et administratives de notre pays ;

Prend l'opinion publique nationale et internationale à témoin sur la situation sanitaire
alarmante du journaliste Adama Ouédraogo Damiss ;

Appelle à la mobilisation de tous les démocrates de tous les bords pour exiger et obtenir du gouvernement Burkinabè que Adama Ouédraogo Damiss bénéficie de la liberté provisoire pour pouvoir recevoir sans délai le traitement adéquat. N'oublions pas que ça n'arrive pas qu'aux autres et demain, c'est déjà̀ aujourd'hui.

Les militants du Parti Le Faso Autrement, par ma voix, expriment tout leur soutien et leur solidarité́ au journaliste Adama Ouédraogo Damiss à qui ils souhaitent de tout cœur un prompt rétablissement. Ils tiendront personnellement et pleinement pour responsables les autorités concernées si jamais le pire lui arrivait.

Plaise à Dieu d'ouvrir les cœurs des Burkinabè à l'amour et à la tolérance. »

Ouagadougou, le 14 juillet 2020

Le Président
Dr Ablassé OUEDRAOGO
Commandeur de l'Ordre National

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Commune de Boudry : Cinq personnes, dont le préfet, emportées par les eaux

Le Faso - 8 ore 41 min fa

Triste nouvelle pour les habitants de Boudry dans la province du Ganzourgou. En effet, le Préfet de ladite localité, Eveline Rose Kafando, a été emportée, ainsi que tous les membres de la mission, par les eaux des pluies diluviennes du 14 juillet 2020.

En plus d'elle, l'adjudant-chef Désiré Moyenga, Commandant de la Brigade de gendarmerie de Boudry, le Sergent-chef de police, Salam Sawadogo, Dominique Zongo, un chef de service administratif et le chef coutumier de Wayagin-Yayika y ont également perdu la vie.

Selon une source sécuritaire, ils revenaient de Boena et de Mankarga traditionnel où ils avaient procédé au lancement des épreuves du Brevet d'études du premier cycle (BEPC).

Leur véhicule aurait été entraîné à 2 km par les eaux alors qu'ils tentaient de passer sur un radier construit sur l'un des affluents du fleuve Nakambé. Selon la même source, les corps ont été retrouvés dans le véhicule vitres fermées après le passage des eaux aux environs de 00h30.

Les autorités provinciales et communales s'activent pour l'inhumation de ces serviteurs de l'État morts dans l'exercice de leurs missions. Il faut noter que cela faisait 28 jours que Mme Kafando avait pris fonction en tant que préfet de Boudry.

Lefaso.net

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Présentation du projet « Mobilisation communautaires et enjeux sociaux face au covid-19 au Burkina Faso et au Sénégal »

Le Faso - 8 ore 43 min fa

Le projet multi-site de recherche intitulé « Mobilisation communautaires et enjeux sociaux face au covid-19 au Burkina Faso et au Sénégal (CORAFMOB) » part du constat que les associations ont acquis en Afrique de l'Ouest une expertise reconnue dans la participation à la riposte contre les épidémies et particulièrement l'infection à VIH. La récente flambée de la covid-19 au Burkina Faso a révélé à travers la presse et les réseaux sociaux, de multiples difficultés de communication entre les équipes de prise en charge de cette pandémie d'une part, et les patients de l'autre.

Dans les actions de riposte face à la covid-19, l'implication des acteurs communautaires a été circonscrite à la sensibilisation des populations sur les mesures barrières. Et pourtant, les équipes de prise en charge semblent plutôt démunies face aux besoins autres que médicaux des patients covid confinés dans leurs services, bien souvent avec un minimum de contacts avec leurs familles. Ces exigences particulières de la prise en charge covid font des soignants déjà assez démunis face au virus en termes de réponse thérapeutique claire, les seuls responsables, non seulement de la santé de leurs patients, mais aussi de leur alimentation, de leur hygiène (pour les plus affaiblis) et parfois, de la gestion de fin de vie dans des services qui ne sont pas préparés pour remplir ces tâches supplémentaires. Ainsi, la presse et les réseaux sociaux relatent d'incessantes récriminations de patients covid et de leurs familles sur les conditions de leur prise en charge médicale.

Accusation de rétention de l'information, de séquestration et de maltraitance de malades dont certains seraient morts sans soins et dans la solitude totale, sont les maîtres mots de d'une ambiance de soins délétère dès les premiers cas covid reçus dans les centres de santé de référence. Il en a résulté une perte de crédibilité des équipes de riposte, avec ses corollaires au niveau de la population : remise en cause de la qualité des traitements offerts par ces équipes ; résistance aux mesures barrières (couvre-feu, port du masque, distanciation physique, notamment). Le constat est que ces équipes placées en première ligne de la riposte covid sont exclusivement constituées de cliniciens, médecins et psychologues/ psychiatres. Une approche sans aucun doute bien ciblée, vue l'extrême transmissibilité du virus, la complexité de la prise en charge médicale et l'importance d'appliquer de manière rigoureuse des mesures barrières rébarbatives et presque toujours décalées par rapport aux pratiques locales de sociabilité.
La nature de l'épidémie caractérisée par un virus invisible à l'œil nu (trivial pour le scientifique mais complexe pour le citoyen ordinaire, particulièrement pour celui analphabète), par sa grande facilité de transmission avec une vitesse de propagation inégalée, par la masse de l'information en circulation dans les presses, les réseaux sociaux, marque fortement les communautés et suscite finalement la peur. Peur d'une part de contracter la maladie et d'en subir la prise en charge médicale sur une approche biomédicale tâtonnante et incertaine ; d'autre part, peur d'avoir la maladie ou d'être suspecté comme tel, et de subir la stigmatisation dans la communauté.

Dans ces conditions de grande incidence sociale de la pandémie, l'approche purement et systématiquement clinique des équipes de prise en charge soulève deux questions centrales au cœur de la riposte covid :
- Tout malade ou cas suspect covid-19 est-il un cas clinique qui appelle exclusivement une réponse médicale ?
- La seule approche clinique et individuelle permet-elle d'appréhender la dimension sociale et communautaire du covid-19 ?

L'hypothèse d'une réponse négative à ces deux questions suppose un questionnement sur la place des acteurs communautaires dans la réponse sociale et dans l'assistance aux équipes de prise en charge médicale.

Les fréquentes incompréhensions relayées dans la presse et les réseaux sociaux des patients, leurs parents d'un côté et de l'autre le personnel de santé dans le traitement de cette infection, justifie une investigation approfondie. Cette étude vise à décrire et analyser les possibilités d'une contribution plus significative des communautés dans la riposte. La médiation entre les patients et familles, la fonctionnalité des salles d'hospitalisation et de leurs commodités (toilettes notamment), l'alimentation des personnes confinées/hospitalisées sont autant de charges supplémentaires sur les personnels soignants, alors qu'elles pourraient être confiées à d'autres acteurs.

En effet, le dynamisme du tissu communautaire du Burkina Faso est connu depuis trois décennies dans toute la sous-région en matière de prise en charge globale dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida. Cette approche innovante de la « prise en charge globale » intégrait, et le traitement médical, et l'assistance multiforme du malade impliquant des volets de soutien psychologique, social et économique, dirigés par des bénévoles communautaires souvent constitués de personnes infectées ou affectées. Leurs expériences, si elles ne sont pas reproductibles à l'identique, peuvent au moins éclairer sur les possibilités intrinsèques et endogènes de renforcement de l'efficacité de la riposte covid par une plus grande implication des communautés.

Cependant, en inscrivant la riposte dans une approche purement « médico-technique », les ressources communautaires ne semblent pas encore avoir été intégrées dans la stratégie de contrôle de l'épidémie déployée par les autorités sanitaires. L'implication communautaire est limitée à la communication de risque, ce qui soulève des interrogations sur les articulations et interfaces entre secteurs communautaire et sanitaire dans la réponse à une épidémie covid qui a démontré ses capacités de corrosion du lien social, surtout si elle doit s'étaler dans le temps. Certaines fonctions indispensables mais non médicales de la prise en charge, si elles étaient assurées par des communautaires, permettraient probablement de libérer un temps de travail précieux aux professionnels de santé pour se consacrer à leur domaine de compétence, le traitement.

La prise en compte du rôle majeur joué par les communautaires face aux épidémies dans l'histoire de ce pays, présente les communautés comme le chaînon manquant d'une nouvelle dynamique de lutte contre la covid, notamment dans un rôle la médiation sociale pour :
- une plus grande acceptabilité des mesures barrières plutôt rébarbatives (fermeture des marchés, confinement des cas suspects, quarantaine des villes, limitation des déplacements, distanciation physique, port de masque, etc. ;
- une atténuation des effets sociaux des mesures d'isolement et de confinement (des cas suspects et des personnes en hospitalisation) souvent mal tolérées.

L'étude procédera d'abord par un état des lieux de l'action communautaire en contexte covid. Ensuite, elle s'appliquera à montrer ce que les organisations à base communautaire apportent et peuvent apporter, avec leurs contraintes et leurs limites, au travers de collaborations avec les acteurs de santé. Enfin, elle proposera des recommandations pour aider à assurer une efficacité toujours plus grande des actions de riposte avec une utilisation optimale des profils d'acteurs les plus pertinents, non seulement face à la covid, mais aussi face à tout autre risque d'épidémie.

Cette étude multi-sites est coordonnée par Professeure Alice Desclaux de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Docteure Khoudia Sow (du Centre de recherche et de formation à la Prise en Charge Clinique de Fann (CRCF), Dakar, Sénégal et moi-même, chercheure à l'Institut de Recherche en Science de la Santé (IRSS/CNRST), pour le Burkina Faso. Enregistrée sous le numéro 2020-6-105 du Comité d'Ethique pour la Recherche en Santé (CERS), ce projet de recherche d'une durée de 12 mois va renforcer de manière durable les systèmes de santé dans les deux pays.

Blandine BILA
Anthropologue, IRSS/CNRST

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Diversité culturelle et développement durable : La part contributive du Conseil économique et social

Le Faso - 9 ore 43 min fa

Le Conseil économique et social (CES) organise du 14 au 16 juillet à Koudougou, un forum national sur le thème : « Diversité culturelle et développement durable au Burkina Faso : état des lieux, défis et perspectives ».

La culture c'est ce qui demeure en l'homme lorsqu'il a tout oublié dit-on. Durant les trois jours de réflexion sur le thème du forum, « il s'agira pour les participants d'examiner et de réfléchir sérieusement et profondément sur la question et sortir des recommandations qu'ils achemineront auprès des autorités afin de les inciter à mettre en œuvre ces recommandations » a souligné le président du CES, Moïse Napon.

Même si cet apport de la culture n'est pas quantifiable, tous sont unanimes à reconnaitre la place qu'elle occupe dans un pays comme le Burkina Faso. Le pays à des valeurs qui sont largement partagées et caractérisé par une diversité culturelle avec plus de soixante (60) ethnies qui constituent un répertoire d'expressions artistiques et culturels.

Aux côtés des conseillers du CES, de nombreuses autres personnalités sont venues prendre part au forum.

Cette diversité d'appartenance des Burkinabè constitue une richesse inestimable et pourrait servir à la promotion d'un développement durable. C'est dire que la culture constitue un vecteur essentiel d'intégration des peuples et les organisations spécialisées et de ce fait, occupe toute sa place dans la réalisation des objectifs de développement durable.

La diversité culturelle sonne comme la meilleur arme pour la survie face au torrent de la globalisation, des échanges et de l'uniformisation des sociétés a fait savoir le président du CES à l'ouverture des travaux. C'est conscient donc de la part contributive de la culture pour le développement que le Conseil économique et social organise ce forum afin d'apporter sa contribution sur la question. Partageant la vision du CES, le maire de Koudougou Maurice Mocktar Zongo et Madame le gouverneur du Centre-Ouest Irène Coulibaly ont à leur tour salué à sa juste valeur la tenue de cette rencontre. Pour ces deux personnalités, la ville de Koudougou constitue un creuset de la culture burkinabè.

Selon le Président du CES, les activités culturelles auraient contribué à hauteur de 3,93% au PIB soit 154,807 milliards de FCFA au Burkina Faso.

Aussi, elles attendent de ces réflexions un plus au profit de la culture dans la région, et partant du Burkina Faso tout entier. Pour le président du CES, le Burkina Faso est un pays qui brille par la diversité de sa culture. Et cette richesse du patrimoine culturel national et la créativité des acteurs favorisent l'émergence de nombreuses activités culturelles modernes qui ont permis le rayonnement du pays sur l'échiquier international. Un dynamisme culturel qui se caractérise par la tenue régulière de grandes manifestations dans notre pays à l'image du FESPACO, de la SNC, du SIAO, des Nuits Atypiques de Koudougou…

Financièrement, la culture contribue au développement

Et pour soutenir sa conviction de ce que la culture contribue au développement, le président du CES s'est appuyé sur les résultats d'une étude des indicateurs qui contribuent au développement, qui indiquent qu'en 2013 par exemple, les activités culturelles auraient contribué à hauteur de 3,93% au PIB soit 154,807 milliards de FCFA. Dans le domaine des emplois, a soutenu le président du CES, l'étude sur les emplois culturels réalisée en 2017 par le ministère en charge de la culture, a évalué les emplois culturels à 392 729, soit 4,6% du volume total des emplois dénombrés.

Aussi, pendant les trois jours de travaux, le contenu du forum sera basé essentiellement autour de deux panels au cours desquels, des communications seront données par d'éminents hommes de culture. En tout, six communications seront animées à l'intention des conseillers du CES et bien d'autres participants dont des gouverneurs de régions. La première communication qui devait être animée par le ministre de la Culture a pour thème : la diversité culturelle au Burkina Faso : Quels atouts pour booster le développement socio-économique du pays ?

En marge du forum, le président du CES a visité une exposition de produits locaux dans l'enceinte de la mairie de Koudougou

Les autres thèmes développés sont : Les valeurs culturelles partagées : un moyen de consolidation de la cohésion sociale au Burkina Faso ; De la transmission des savoirs endogènes et le développement de la recherche sur les aspects fondamentaux du patrimoine culturel national ; Mécanisme de promotion et de communication des produits culturels burkinabè : rôle de l'Etat et des acteurs non étatiques ; Promotion de la diversité culturelle pour le développement durable du Burkina Faso : rôle des associations et entreprises culturelles ; et la contribution de la culture et du tourisme au développement socio-économique du Burkina Faso.

Ce cadre donne une fois de plus, l'occasion de promouvoir l'échange des connaissances et des meilleurs pratiques en matière de pluralisme culturel, en vue de faciliter dans des sociétés diversifiées l'intégration des peuples venant d'horizons culturels variés a soutenu le président Moïse Napon. « Même si les diversités d'horizon, de langue, de religion, d'ethnie et de savoirs constituent bien souvent des facteurs d'exclusion dans nos sociétés modernes, nous devons nous rendre compte qu'elles sont bien au contraire des atouts et un potentiel inestimable à exploiter pour nous enrichir mutuellement et trouver la symbiose nécessaire à la paix et à la cohésion sociale », a conclut le président du CES.

Raogo Yaméogo

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