Burkina Faso

Région de l'Est : 15 terroristes "neutralisés" à Pama

Le Faso - 3 ore 37 min fa

Les nouvelles du front de lutte antiterroriste au Burkina sont à l'avantage des Forces de défense et de sécurité.

Une source sécuritaire confie à lefaso.net qu'une base de terroristes a été démantelée le 11 décembre dans la zone de Pama. 15 terroristes ont été "neutralisés" a poursuivi la source sécuritaire.

L'opération a été menée par les unités du groupement de forces pour la Sécurisation de l'Est et du Centre-Est.

Par ailleurs, de l'armement, des munitions, des engins explosifs improvisés ainsi que des vivres, des stupéfiants et divers matériels ont été saisis.

Lefaso.net

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Sommet extraordinaire à Pau : le président du Faso officiellement invité

Le Faso - 6 ore 55 min fa

(Ouagadougou, 12 décembre 2019). Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a reçu ce matin l'envoyé spécial de la France pour le Sahel, Christophe Bigot. Avec le diplomate français, les échanges ont porté sur le prochain sommet à Pau, initialement prévu pour le 16 décembre, et ramené au mois de janvier 2020, en raison des attaques subies par le peuple nigérien.

Pour l'envoyé spécial, le président français Emmanuel Macron a adressé une correspondance à tous les chefs d'Etat des pays membres du G5 Sahel, dans laquelle il est précisé « très clairement » les termes de l'invitation, « une invitation au dialogue, une invitation à la réflexion, une invitation à l'action, face à ce péril terroriste ». Le sommet va également évoquer les difficultés rencontrées, réfléchir au dispositif sécuritaire, et penser aussi les stratégies existantes.

Selon le diplomate français, le Burkina Faso qui préside le G5 Sahel, aura un rôle central à jouer : « le président du Faso a vocation à coordonner l'action du G5 et aussi de préparer ce sommet ». Il a poursuivi en soulignant que « nous avons la perspective de travailler pour faire en sorte que ce sommet puisse, non seulement afficher la fraternité d'armes et la solidarité qui sont la marque de l'amitié entre la France et les pays du Sahel, mais aussi de déboucher sur des mesures concrètes, communes, pour répondre au mieux à ce défi du terrorisme ».

Christophe Bigot affirme également comprendre l'impatience et les exigences des populations, surtout celles directement impliquées dans les conséquences du terrorisme, et dit partager ce sentiment d'urgence.

Direction de la communication de la présidence du Faso

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Foire du centenaire de la Haute-Volta : Tenkodogo présente les potentialités de la région du Centre - Est

Le Faso - 6 ore 58 min fa

Vitrine du 11 décembre 2019, la foire du centenaire de la Haute-Volta offre aux populations, ainsi qu'aix visiteurs, une diversités de produits dans une ambiance festive. Allons à la découverte de ces produits !

Vidéo et montage : Mariam Sagnon
Lefaso.net

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Centenaire de la Haute-Volta : Un salon des '' curiosités '' pour se remémorer l'époque coloniale

Le Faso - 6 ore 59 min fa

Cette année, le pays des hommes intègres célèbre un siècle d'existence. En marge des activités commémoratives de ce centenaire à Tenkodogo, se tient le Salon des curiosités, des conservations et des collections. Lieu de mémoire et d'enseignement, ce salon veut préserver les biens utilisés sous la Haute-volta (actuel Burkina Faso).
Le responsable du salon, Boureima Djiga, nous présente des souvenirs de l'époque coloniale.

Vidéo et montage : Mariam Sagnon
Lefaso.net

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Bilan des eaux usées de la ville de Ouagadougou : Test sur les capacités épuratoires de production du biogaz

Le Faso - 7 ore 2 min fa

1. Introduction

Le réchauffement climatique est un phénomène alarmant constaté depuis les années 1970 mais son ampleur est fortement ressentie de nos jours [1]. Ce phénomène a eu pour conséquence le bouleversement de tous les autres phénomènes atmosphériques, climatiques et météorologiques. Le réchauffement est souvent cité comme causé par les activités anthropogéniques et plus précisément par les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Une des sources d'émission de carbone provient du manque de procédés adéquats de traitement des eaux qui entraîne un transfert de carbone des eaux vers l'atmosphère notamment par le gaz méthane produits lors des traitements biologiques et dont le potentiel de réchauffement global (PRG) est 25 fois supérieur à celui du gaz su gaz carbonique.

Il est important de présenter aux techniciens des industries de moyens simples pour vérifier la capacité auto épuratoire de leurs effluents avant leur rejet dans les stations et de mettre à la disposition des décideurs du ministère de l'environnement les potentialités des eaux usées.

Le travail que nous présentons ici a été effectué en grande partie pendant la période de Janvier à Juin 2009. Il commence par un bilan quantitatif et qualitatif des eaux usées de la ville de Ouagadougou, ensuite un essai de traitement par biodigestion et par lagunage de manière concomitante. Cela permettra de montrer la capacité auto épuratoire des différents effluents et de quantifier les quantités de biogaz pouvant être valorisées à partir de ces eaux usées.

2. Méthodologie

Chaque échantillon moyen est soumis à un traitement aérobie et à un autre traitement anaérobie de biodigestion. Le rôle du traitement aérobie permet de déterminer la capacité de l'effluent urbain à être traité par lagunage pendant que le traitement de biodigestion nous renseigne sur la capacité de l'effluent à produire du biogaz dans les conditions d'anaérobiose.

Le réacteur aérobie est un récipient en PET un peu évasé d'une capacité de 2 litres sans couvercle, ce qui permet de créer une plus grande surface libre afin de favoriser un meilleur contact de l'eau avec l'air qui contient l'oxygène nécessaire au traitement. Le niveau de l'eau est ramené au niveau initial avec de l'eau distillée avant prélèvement pour analyse.

Figure 1. Bocaux de traitement aérobie

Le réacteur de biodigestion est un récipient étanche, hermétique d'où l'effluent est traité moyennant l'apport de substrat qui est la bouse de vache. Un couvercle solidement attaché au récipient permet de faire l'étanchéité, empêchant ainsi le contact du liquide avec l'air du milieu ambiant. Un dispositif muni d'une vanne permet d'évacuer les gaz produits. Au cours du traitement, la vanne est ouverte une fois tous les trois jours.

Figure 2. Bocal de traitement anaérobie

Les temps de séjour et les méthodes de traitement sont choisis sur la base des technologies existantes au laboratoire de l'IRSAT testées dans des études antérieures. Le temps de séjour moyen pour chaque échantillon est d'environ un mois, durée optimale du traitement. Si l'on se base uniquement sur les eaux usées de Ouagadougou, on note un flux annuel total d'eaux usées domestiques de 14 859 200 m3 et des eaux usées industrielles de 790520 m3.

3. Résultats

Une DCO totale annuelle de 55217 T pour les eaux usées domestiques et de 1837 T pour les eaux usées industrielles a été obtenue. Si on s'en tient au total des eaux usées domestiques qui donnent le meilleur traitement anaérobie et donc produisant du biogaz de qualité suffisante, et les conclusions de travaux effectués ailleurs cités plus haut, nous trouvons un potentiel de production de biogaz pouvant atteindre 8142 m3 j-1 soit 2 971 830 m3 an-1 sur la base du volume et 30 256 m3 j-1 soit 11 043 400 m3 an-1 sur la base de la DCO totale.

En se basant sur le fait qu'un ménage moyen utilise pour sa cuisine 3 m3 de biogaz par jour, on arrive à la conclusion que la production de biogaz pourrait servir pour 10 085 ménages par jour sur la base de la DCO dégradée et 2714 ménages en se fiant au rapport de la quantité d'eaux usées dégradées. On obtient de cette production de biogaz, une énergie journalière de 242 MWh et donc une puissance de 10 MWh. Cela permet d'avoir plus vraisemblablement sur la base de la DCO, 20 629 L équivalent pétrole par jour.

C'est donc un potentiel énergétique considérable pour la ville de Ouagadougou sans compter le fait que cela a permis de réduire les gaz à effet de serre par la valorisation du méthane. En tenant compte d'une composition moyenne de biogaz de 73% de méthane et de 11% de gaz carbonique, on trouve une valeur totale de 22 086 m3 de méthane et 3328 m3 de CO2 par jour. A même concentration, le méthane contribue 25 fois plus à l'effet de serre que le gaz carbonique.

La production du méthane et du CO2 correspond au total de 555 478 m3 j-1 équivalent CO2. En brûlant le biogaz dans un moteur, la production totale de gaz carbonique sera de 25414 m3 j-1 de gaz carbonique soit une réduction de 95,4% d'équivalent gaz carbonique produit.

Tous ces calculs nous permettent de conclure qu'on gagnerait en connectant tous les ménages de Ouagadougou à un réseau de collecte et de traitement des eaux usées. On gagnerait en énergie de la même façon qu'on maîtriserait les émanations néfastes de gaz à effet de serre. Cela passera aussi par une augmentation de la capacité de la station existante ou une construction de petites stations pour un petit groupe de population.

4. Conclusion

Le biogaz évalué permet d'avoir une énergie journalière de 242 MWh et donc une puissance de 10 mWh. Cette énergie représente un manque à gagner pour nos systèmes actuels de traitement. La nécessité de faire ce traitement s'impose à triple niveau en ce sens que cela permet, primo, de traiter les eaux de la ville de Ouagadougou, secundo de gagner en énergie comme explicité ci-dessus et tierço de réduire de 95,4% les gaz à effet de serre représentés par la quantité de CO2 rejetée.

ZONGO Inoussa1, KABORE Aminata2, COMPAORE Jérôme2

1Institut de Recherche en Sciences Appliquées et Technologies, 03 BP 7047 Ouaga 03, Burkina Faso

2Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles, 04 BP 8645 Ouaga 04, Burkina Faso

5. Pour en savoir plus - Bibliographie indicative

Bennouna, M., Kehal, S., (2001). Production de méthane à partir des boues des stations d'épuration des eaux usées : potentiel existant en Algérie, Revues des Energies Renouvelables : Production et Valorisation - Biomasse, 2001, 29-36 p.
Zongo, I., Diallo-Koné, M., Palm, K., Tiemtoré, A., Sanogo, O., Guiguemdé, E., Lapicque, F., Leclerc, J.-P., (2012). Bilan des eaux usées de la ville de Ouagadougou : capacité auto-épuratoire en vue de la production de biogaz, Scientific Study & Research - Chemistry & Chemical Engineering, Biotechnology, Food Industry 13 (2) (2012), 153 -167 p.

Moletta, R., (2002). Gestion des problèmes environnementaux dans les industries agroalimentaires, Collection Sciences et Techniques Agroalimentaires, Paris, 2002.
Wauthelet, M. Traitement anaérobie des boues et valorisation du biogaz, Faculté des Sciences Agronomique de Gembloux, Belgique.

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Société civile burkinabè : L'Initiative souveraineté, dignité et paix est née

Le Faso - 7 ore 3 min fa

Une coalition d'associations et de partis politiques a créé une organisation dénommée ‘'Initiative souveraineté, dignité et paix''. Ceci, pour répondre à un élan de sursaut des forces vives afin de refuser toute forme de diktat extérieur et à revendiquer une pleine et entière souveraineté. La présentation officielle du mouvement a eu lieu le jeudi 12 décembre 2019 à Ouagadougou. C'était au cours d'une conférence de presse.

Du nouveau dans la sphère associative burkinabè. Le jeudi 12 décembre 2019, à l'amphi D libyen de l'université Joseph Ki-Zerbo, une coalition d'associations et de partis politiques (Fesci-BF, Front patriotique sankariste, AJIR , Coalition anti-CFA, Association G5 Sahel) a procédé à la présentation d'une organisation de la société civile dénommée ‘'Initiative souveraineté, dignité et paix''. Selon Bayala Lionhoré Imotep Serge, l'objectif de ce mouvement est de refuser toute forme de diktat extérieur et de revendiquer une pleine et entière souveraineté.

Excédé par les attaques terroristes et les conflits communautaires qui endeuillent les populations, Serge Bayala a soutenu : « C'est l'occasion de rappeler aux dirigeants du G5 Sahel et de l'Afrique en général, les aspirations profondes des peuples quant à leur désir de prendre en main leur avenir et leur autodétermination, pour une Afrique unie et prospère ».

La conférence de presse fut une occasion pour les géniteurs du mouvement d'appeler à la mobilisation et à l'adhésion de chacun à l'Initiative souveraineté, dignité et paix. Ainsi, ils ont invité les organisations de la société civile de l'Afrique de l'Ouest à adhérer à une rencontre des Initiatives souveraines à Pô, au Burkina Faso.
Dans cette quête de souveraineté entière, plusieurs actions sont envisagées dans les prochains jours.

D'abord, il y aura des marches et meetings dans les villes intérieures et dans les capitales politiques. Ensuite, la transmission des messages solennels des peuples à chaque président des pays du G5 Sahel avant la rencontre de Pau en janvier 2020. Enfin, une mobilisation populaire pour livrer un message le jour et le retour des différents présidents. Maitre Benewendé Stanislas Sankara, présent à la conférence de presse, a invité les chefs d'Etat du G5 Sahel à écouter la voix de leurs peuples. Pour eux, les bases françaises n'ont plus de raison d'exister en Afrique.

Dimitri OUEDRAOGO et Esther KABORE (stagiaire)
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15e édition de Ciné Droit Libre : Les Fake news s'invitent au débat

Le Faso - 8 ore 3 min fa

Débutée le 7 décembre dernier, la 15e édition de Ciné Droit Libre bat son plein sous le thème « Pourquoi la démocratie ? ». Parrainée par le Pr Théophile Obenga, la présente édition donne l'occasion de s'interroger sur la démocratie à une période où l'Afrique est secouée par de multiples crises de gouvernance. Aussi, fidèle à son mode de fonctionnement un film, un thème, un débat, l'édition 2019 offre une tribune d'échanges et de sensibilisation des populations sur des thèmes, des films qui suscitent des questionnements. C'est ainsi que l'espace Gambidi a été le cadre le dimanche 8 décembre 2019 du débat sur les « Fake news ». Les panélistes du jour, que sont Boureima Salouka de l'académie de la Deutsche Welle, Rodrigue Tagnan, chargé de communication du REN-LAC et Hyacinthe Sanou, directeur des rédactions de radio Oméga ont tour à tour dans leurs interventions donné leur point de vue sur ce nouveau phénomène.

Définies comme informations fallacieuses ou fausses nouvelles, les « Fake news » constituent une information mensongère délivrée dans le but de manipuler ou tromper un public. Ces dernières années, le phénomène des Fake news s'étend sur le Web aux dépens des internautes.

Ces fausses informations peuvent être propagées dans des buts différents. Certaines ont pour objectif de tromper le lecteur ou d'influencer son opinion sur un sujet particulier. D'autres sont fabriquées de toutes pièces avec un titre accrocheur pour densifier le trafic et augmenter le nombre de visiteurs sur un site. Elles participent à la désinformation par l'intermédiaire des médias traditionnels ou des médias sociaux.

A travers le film d'Astra Taylor, « L'usine à mensonges », les panélistes ont reconnu que ce phénomène est très dangereux pour le métier de journaliste. Si le phénomène des Fake news a pris une ampleur au cours de l'élection présidentielle de 2016 aux États-Unis avec l'accession à la Maison blanche de Donald Trump et la victoire en Grande-Bretagne avec des partisans du Brexit, cette tendance existe au Burkina Faso, selon Boureima Salouka, même si elle n'est pas encore une usine à mensonges.

Cependant, avec les futures élections en 2020, le contrôle du phénomène ne sera pas facile. Pour Rodrigue Tagnan, la faute revient quelque peu à l'éclosion d'internet qui est un parfait vecteur pour les Fake news. Pour lui, Google News, Facebook ou encore Twitter ont indirectement participé à la propagation de ces informations trompeuses, car les journalistes sont dans l'urgence de l'information. Aussi, ceux qui ont recours à cette méthode ne sont pas soumis à la déontologie journalistique.

Pour Hyacinthe Sanou de radio Oméga, malgré cet aspect, l'identification d'une fausse information relève d'un travail journalistique. En effet, pour lui, plusieurs questions doivent ainsi être soulevées afin d'identifier la véracité d'une information. Il est tout d'abord important de vérifier la source de cette information. Cette dernière est-elle fiable ? A-t-elle pour vocation d'être neutre ? A-t-elle un intérêt particulier dans la propagation de cette information ?

En multipliant de façon exponentielle les fausses nouvelles, les réseaux sociaux ouvriraient une nouvelle ère de l'information, baptisée « ère post-vérité », a relevé Rodrigue Tagnan. Il exprime une crainte pour les prochaines années. Dans cet ordre d'idées, selon lui, le code pénal ne favorise pas le travail des journalistes des médias traditionnels en se référant au contexte sécuritaire du Burkina Faso. Sur ce sujet, tout en reconnaissant que le code pénal a créé un blocage au niveau des journalistes, le directeur de rédaction de Radio Oméga a pour sa part estimé que le journaliste a besoin de vérifier son information et de la hiérarchiser.

Toujours selon Hyacinthe Sanou, le public, malgré les Fake news, s'informe auprès des médias traditionnels professionnels. La raison du succès des fake new pour Boureima Salouka est la peur perçue au niveau des journalistes. Ainsi la nature ayant horreur du vide, les promoteurs des Fake news, ont ainsi saisi l'opportunité et occupé l'espace. Pour lui, les fake news, bien qu'elles aient été identifiées comme fausses, deviennent banales plutôt que de susciter la polémique. Le public partage des informations non vérifiées ; car avec le relâchement des journalistes dans leurs activités, la répétition du message et la multiplication des sources obligent celui-ci à croire en celles-ci, a déclaré Rodrigue Tagnan. Et d'ajouter que la diffusion massive des fake news influence de manière négative la capacité du public à identifier une information comme étant fausse.

De l'avis également de Boureima Salouka, le journaliste est aussi responsable, car son rôle est de transmettre des informations dont la véracité est établie de la manière la plus objective possible. Le contexte de concurrence entre médias et la course aux scoops poussent les journalistes à communiquer le plus rapidement possible sur les événements, afin d'augmenter l'audience et les vues sur internet. Ainsi, pour Boureima Salouka, le journaliste fait le choix entre la rapidité d'informer et la certitude de la vérité des faits.

Pour Hyacinthe sanou, face à un tel phénomène, la rigueur journalistique et le retour aux bases pédagogiques sont nécessaires. Les fake news, dira-t-il, ont pour objectif de ressembler aux médias traditionnels, afin d'établir une certaine crédibilité auprès du public. Leur apparence sérieuse pousse le public à les partager. Il appartient alors au journaliste de rester professionnel.

Juste Ephrem ZIO
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Adresse du président du Faso à l'occasion du 59e anniversaire de l'indépendance : Que faut-il retenir ?

Le Faso - 8 ore 42 min fa

A l'occasion de la commémoration du 59e anniversaire de l'accession du Burkina Faso à l'indépendance, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s'est adressé, comme à l'accoutumée, à la nation burkinabè. Il faut dire que cette célébration revêt une dimension assez particulière dans la mesure où elle marque le centenaire de la création de la colonie de Haute-Volta, actuelle Burkina Faso. Le thème de la célébration est du reste évocateur : « Cent ans de création du Burkina Faso : devoir de mémoire et engagement patriotique en vue de la consolidation de l'Etat-nation ». Que faut-il retenir de cette adresse du président du Faso ?

Un discours en harmonie avec le thème de la célébration

D'emblée, on retiendra que le président du Faso a moulé son adresse dans le thème de la célébration de l'indépendance en lui insufflant un caractère à la fois rétrospectif (le passé) et prospectif (le futur) avec l'actualité (le présent) comme élément catalyseur. Ces trois composantes se déclinent dans le thème de la commémoration du 59e anniversaire de l'indépendance de la façon suivante : « devoir de mémoire » (volet rétrospectif), « engagement patriotique » (volet présent) et « en vue de la consolidation de l'Etat-nation » (volet prospectif). C'est dire que le président du Faso et, plus généralement, les concepteurs du thème de la célébration comptent sur le patriotisme des burkinabè pour construire un Burkina de demain où il fait bon vivre. Bref, examinons ces dimensions du thème de la commémoration du 59e anniversaire de l'indépendance dans le discours présidentiel.

1) S'inspirer du passé lumineux pour éclairer le présent ténébreux

Au niveau rétrospectif ou historique, le président du Faso a surtout dressé, dans son discours, un tableau lumineux et enchanteur de l'action des aïeux. Sans doute insinue-t-il aux Burkinabè de s'inspirer de ce passé lumineux des valeureux devanciers pour éclairer le présent ténébreux. Cette thèse est justement corroborée par l'usage du mot « repère » quand il dit à propos de la commémoration ceci : « C'est à mes yeux, un temps de méditation sur le parcours glorieux de notre peuple dont la bravoure et la solidarité dans l'épreuve doivent constituer le repère pour notre communauté de destin ».

Ainsi, le déontique « doivent constituer » renforcé par le déterminant « le » dans « le repère » montrent très clairement que, pour SEM Roch Marc Christian Kaboré, la victoire d'aujourd'hui contre le terrorisme dépendra de la bravoure des burkinabè, « de la solidarité dans l'épreuve » ou de l'unité à l'instar des devanciers. Cette nécessité de l'unité d'action rappelle fort bien ce propos de Ki-Zerbo qui disait : « La libération de l'Afrique sera panafricaine ou ne sera pas » (dans À quand l'Afrique ?)

Au-delà du devoir de mémoire et de la reconnaissance des actions des devanciers, il s'agit là d'un appel du pied lancé par le président du Faso aux Burkinabè d'aujourd'hui. Un appel à persévérer dans le courage, la bravoure, l'insoumission contre l'oppression terroriste et la solidarité dans une telle épreuve. Dans cette perspective, on peut dire que le président du Faso invite les Burkinabè à s'unir dans un ethos libérateur. La décoration de l'opposition, qui a défrayé la chronique ces derniers temps, prend ainsi tout son sens.

Ce volet historique du discours présidentiel est marqué par deux actions, deux prises de décision majeures aux accents promissifs et prescriptifs : « l'écriture de l'histoire générale de la Haute-Volta au Burkina Faso » d'une part et « l'édification d'un Panthéon de tous les bâtisseurs de notre Nation », d'autre part. Il s'agit là de la nationalisation de l'histoire du pays et de la perpétuation mémorielle des acteurs majeurs de cette histoire, deux éléments décisifs dans la construction de l'identité nationale.

Mais pour honorer ces figures et perpétuer leur mémoire, il faut commencer par apprendre à les citer dans son propre discours. Surtout quand il s'agit de commémorer le centenaire de la Haute-Volta. On peut noter une allusion à la révolte du Banni Volta et au Dytaniè certes, mais celle-ci est beaucoup trop implicite et insuffisante en l'occurrence. Des références et citations explicites à des figures historiques précises auraient pu donner plus de poids et une grande âme à ce discours.

2) Engagement patriotique

Le deuxième point de cette adresse est l'engagement patriotique. Ce volet engagement patriotique du discours s'observe à travers la magnificence de l'engagement concret des FDS sur le théâtre des opérations à l'intérieur du pays et l'évocation d'un certain nombre de requêtes adressées aux Burkinabè qui, si elles étaient suivies de réponses favorables, ne seraient rien moins que du patriotisme : la trêve sociale, la responsabilité collective et individuelle, le don de soi pour la patrie.

Un tel engagement patriotique doit, selon le président du Faso, se mener jusqu'au sacrifice suprême. Quand il dit que « la liberté et l'indépendance n'ont pas de prix », il fait sans doute allusion à ce don de soi ou au sacrifice suprême pour la nation. A ce niveau du discours, on était en droit de s'attendre à une confirmation ou un rappel du recrutement de volontaires annoncé au lendemain de l'attaque de Boungou, hélas ! Il faut faire des inférences ou des implicitations soutenues pour trouver « des pépites » de cette annonce dans son adresse.

3) La consolidation de l'Etat-nation

Le troisième volet du discours est son aspect prospectif : la consolidation de l'Etat-nation. C'est peu que de dire que l'Etat-nation burkinabè dans son fondement est menacé à l'heure actuelle. Pour consolider cet Etat-nation, le président souligne deux défis à relever : « restaurer l'autorité de l'Etat central » et « bannir la stigmatisation » des communautés. Tout porte à croire que le président Kaboré fait ici de l'euphémisme, l'une des grandes marques de ce discours dans son ensemble. Pour ne pas dramatiser son discours, [en affirmant clairement l'absence de service de l'Etat central dans plusieurs localités du pays du fait du terrorisme], il a préféré observer la prudence en parlant moins crûment.

Au demeurant, dans cette adresse, la nécessaire consolidation de l'Etat-nation se voit à travers la prédominance du lexique ou du sème de « l'unité ». Cela est d'autant plus compréhensible qu'il ne saurait y avoir d'Etat-nation sans unité et le sentiment d'appartenir à une même nation. On comprend alors que le niveau énoncif du discours soit émaillé par les topoï de l'unité visibles à travers les termes de « mémoire collective », de « vivre-ensemble », d'« avenir commun », d'« histoire collective », de « communauté de destin » entre autres. Au plan énonciatif, c'est l'usage abondant du « nous » inclusif et ces dérivés « nos », « notre » qui en témoignent : « notre histoire », « nous devons nous départir », « nous l'enseigne », « nos Forces de défense et de sécurité », etc.

Somme toute, ce discours s'enracine dans le thème de la commémoration du 59e anniversaire de l'indépendance du Burkina Faso. Si pour le tristement célèbre Hegel, « peuples et gouvernants n'ont jamais rien appris de l'histoire », SEM Roch Marc Christian Kaboré semble s'inscrire en faux contre ce postulat en invitant les Burkinabè à prendre pour « repère », « le parcours glorieux » de leurs aïeux. Cependant, le président du Faso ne manque pas de laisser les populations sur leur soif dans ce discours.

Il fait fi en effet des questions brûlantes de l'heure comme le recrutement de volontaires et l'invitation maladroite adressée par le président Emmanuel Macron aux dirigeants du G5 Sahel, dont il assure la présidence. Aussi l'un des points faibles de ce discours à coloration historique reste-il le manque de références ou de citations de figures historiques. On dira simplement que le président est resté fidèle à son style discursif : un discours d'intention. Or, le contexte actuel du pays lui commande de tenir des discours plus pragmatiques, imprégnés d'actions claires et précises.

Dr Jacques BARRO
Pour l'Observatoire de production et d'analyse du discours (OPAD)

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