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Congo

CONGO : quand le pétrole produit l'énergie de l'injustice dans le Kouilou

Congopage - Lun, 09/05/2022 - 12:09pm

Dans le département du Kouilou, des villages entiers baignent dans le noir alors qu'ils abritent des infrastructures de production d'énergie à partir des sites pétroliers exploités par des multinationales.

Il s'agit des villages de Tchicanou, Bondi, Mboukou, Mboubissi, Loemé Nangama, Tchikatanga, Tandou Milomba, Ntoto Siala (District de Hinda avec la compagnie Eni-Congo), Tchimbouissi, Tchikoulou, Loango, Mengo (District de Loango ayant pour compagnie pétrolière AOGC) et Djeno avec son Terminal pétrolier qui est exploité par la compagnie TOTAL Energie. Les fonds sociaux provisionnés par certaines sociétés pétrolières dans le cadre des contrats de partage de production sont pourtant disponibles. Mais ils n'arrivent pas à mettre fin à cette injustice énergétique. Et pour cause ! Les pouvoirs publics trainent les pas. Il n'y a pas de volonté politique.

Depuis 2017, La Commission Justice et Paix de l'Archidiocèse de Pointe-Noire mène un plaidoyer « Electricité Pour Tous »(1) auprès des compagnies pétrolières et des pouvoirs publics. L'objectif est de mettre fin à cette injustice dont font l'objet depuis de nombreuses années les populations riveraines des sites d'exploitation pétrolière. Si l'Etat a le devoir et l'obligation de fournir l'électricité aux Congolais, il revient aux compagnies pétrolières de l'accompagner, à plus forte raison quand ces populations vivent à côté des champs de production d'énergie.

Il est temps de mettre fin à cette absurdité. Ces villages abritent des installations d'extraction de gaz qui font tourner des centrales à gaz, lesquelles alimentent le pays. A titre d'exemple, une partie du gaz qui fait fonctionner la Centrale Electrique du Congo vient de Bondi, dans le district de Hinda. « Nous, à Pointe-Noire, avons de l'électricité, ce n'est pas le cas dans les villages riverains », constate Brice MACKOSSO, secrétaire permanent de la Commission Justice et Paix.

RESULTATS INSUFFISANTS

La Commission Justice et Paix (CJP) a engagé dans le cadre de la campagne « Electricité Pour Tous » des discussions avec les représentants des communautés villageoises. Ces échanges s'inscrivent dans l'évaluation de la campagne lancée en décembre 2017. La rencontre du 26 mars 2022 à Mboukou (district de Hinda) a permis d'apprécier le raccordement de Loango, chef-lieu du district du même nom et chef-lieu du département du Kouilou au réseau électrique national. « Cette connexion, c'est bon. Nous estimons que c'est le résultat du plaidoyer fait par le passé, au moment où le Kouilou et la Likouala étaient les seuls départements du Congo à ne pas être connectés au réseau électrique national. Donc, que le Kouilou soit connecté est une bonne chose. Mais on peut faire davantage. » souligne Brice MACKOSSO.

LE PARADOXE ENI, TOTAL ENERGIE, SNPC, AOGS...

La multinationale italienne ENI fait partie des majors de l'exploitation pétrolière au Congo. Son site situé à Bondi est un véritable cas d'école quant à l'injustice énergétique que subissent les populations riveraines des sites pétroliers. Pour des besoins d'exploitation pétrolière, ENI a construit une sous-station électrique dans la base de production de Bondi. Les câbles passent par Tchibanda, pour alimenter les différentes plateformes. Le comble de l'absurde c'est que les populations de Bondi n'ont pas accès à cette électricité disponible en dépit de multiples coups de gueule de la Commission Justice et Paix. On peut parler d'un véritable supplice moral, mental et psychologique vécu par les populations. De quoi surchauffer les esprits.

Que dire de la société TOTAL Energie qui réalise des bénéfices grâce à Djeno depuis près de 50 années ? Son site du terminal est électrifié tandis que le quartier entier baigne dans l'obscurité.

La Centrale Thermique de Djeno, située dans le sixième arrondissement de Pointe Noire a été construite en 2007 avec 25 MW. Mais le quartier du même nom demeure toujours dans le noir. On passe des nuits blanches à vouloir comprendre ce cynisme.

La Société Nationale des Pétroles du Congo ( SNPC ) qui exploite les champs Mengo-Kundji-Bindji au village Tchiminzi (District de Tchiamba) et dont le site est alimenté en électricité, ne se préoccupe pas non plus de l'électrification des communautés riveraines.

Si on met de la lumière dans les esprits, le Congo bénéficiera des progrès de la transition énergétique.

Le village Loango, premier village pétrolier du Congo, n'est pas en marge de cette injustice aberrante. Le gisement de Pointe Indienne, découvert par la Société des Pétroles de L'Afrique Equatoriale Française (SPAEF), ancêtre de ELF, date de la période des indépendances. Ces champs marginaux, récupérés par la compagnie Africa Oil & Gas Corporation (AOGC) sont toujours en activité. Pourtant, les riverains ont dû attendre 2020 pour être connectés au réseau électrique... grâce à la présence de la préfecture, du Conseil départemental et, certainement parce que l'actuel Préfet a décidé d'élire domicile à Loango.

L'ETAT A LE DEVOIR DE MOBILISER LES FONDS SOCIAUX

Face à ce statu quo énergétique il est urgent de réparer. Et, ce ne sont pas les fonds qui font défaut. Dans tous les contrats de partage de production, il y a les fonds sociaux. En 2020 par exemple, le Congo a signé avec Perenco. Le CPP avec Perenco prévoit 1 milliard de francs CFA pour les projets sociaux. 1 milliard, c'est une bagatelle. C'est suffisant pour acheter des transformateurs et connecter les villages concernés. A fortiori, ce n'est pas le seul projet social qui existe. Il y a des fonds sociaux dans plusieurs CPP : Madingou, Mokili-Mbembe, etc. Cela veut dire que les moyens existent. Manque plutôt la volonté politique. Connecter les riverains de au réseau électrique serait simple formalité.

Nous comprenons donc que les moyens financier pour mettre fin à cette injustice énergétique existent. Il ne reste plus qu'aux pouvoirs publics d'activer les mécanismes sociaux en faveur des communautés directement impactés par l'exploitation pétrolière, selon les termes contenus dans les contrats de partage de production (CPP) conclus avec les entreprises pétrolières, d'une part, et, d'inciter ces compagnies à mobiliser les fonds disponibles et déjà provisionnés dans le cadre de la RSE d'autre part.

Faisons gaffe, on parle de fusible. La crise énergétique est un transformateur de tensions sociales.

La Commission Justice et Paix de l'Archidiocèse de Pointe Noire poursuit le plaidoyer auprès des autorités gouvernementales de sorte que les fonds sociaux ainsi que la redevance superficiaire soient utilisés pour le financement du plan de développement local du Kouilou, l'accès à l'eau et à l'électricité étant une urgence, le tout constituant un facteur d'émergence.

Commission Justice et Paix
Archidiocèse de Pointe Noire.
Contact : +242 05 557 90 81 / office@cjusticepaix-pnr.org

(1) Campagne Electricité Pour Tous (EPT) / Courant samu na beto nionso

Sous titrage images :
- EPT-1 = Opération de sensibilisation des populations de Bonfi
- EPT-2 = Affiche campagne Electricité pour tous
- EPT-3 = Sensibilisation des populations de Bondi par Brice Mackosso Secrétaire Permanent de la CJP
- EPT-4 = sensibilisation des populations de Bondi par Brice Mackosso, Secrétaire Permanent de la CJP


« Opération de sensibilisation des populations de Bonfi. »

« Sensibilisation des populations de Bondi par Brice Mackosso, Secrétaire Permanent de la CJP. »
« Affiche campagne Electricité pour tous. »

« Opération de sensibilisation des populations de Bonfi. »

Categorie: Congo

Le bois fort de Rosalie

Congopage - Sab, 07/05/2022 - 12:26am

Ce n'est pas de Rosalie, la malienne ou sénégalaise, immortalisée par Célestin Nkouka et les Bantous de la capitale dans la chanson « Rosalie Diop » dont il est question.

C'est de Rosalie Matondo, ancienne élève du CEG de la Paix et du lycée de la Révolution dont il s'agit. Sourire enrobant, regard vert ambré cerné de mélancolie, Rosalie Matondo, la fervente protestante a le charme doux des contrebandières. Il est inhabituel que le partant désigne son successeur. C'est ce qui pourtant est arrivé au ministère des Eaux et forêts. Comme à la SNCF, au Congo-Brazzaville, tout est possible.

SUR UN PLATEAU

Rosalie Matondo a une voix douce et une autorité naturelle qui ne cache pas un sourire pétillant. Arlette Soudan Nonault et Destinée Hermella Doukaga en savent quelque chose. Ces deux dames de pique d'Anatole Collinet Makosso ont titillé l'ours. Elles se sont heurtées à un mur. Rosalie Matondo a remporté tous les arbitrages face aux litiges administratifs contre Arlette Soudan Nonault et Destinée Hermella Doukaga. Le nom de Rosalie Matondo a été soufflé aux oreilles de Denis Sassou Nguesso par Henri Djombo. « Pondou ya mobesso na ndako ya taba ». Et, depuis, le nom de Rosalie Matondo n'a pas quitté le cœur de Denis Sassou Nguesso.

L'ex inamovible patron des Eaux et Forêts et l'un des plus riches comme Crésus du régime Sassou, Henri Djombo a assuré ses arrières au Ministère des Eaux et forêts en y plaçant son poulain. L'ex préfet de la Likouala, le caporal chef Gilbert Djombo Momondjo qui se vante d'avoir 4 milliards de francs CFA n'arrive pas à sa cheville. On est mieux servi que par soi-même. Résultat : pas de droit d'inventaire à la prise des fonctions de Rosalie Matondo, « mwana ouénzé » , née à Fort-Lamy au Tchad de parents du Congo-Brazzaville originaires de Mbanza-Mpoudi. Pas de remise en cause des permis d'exploitation forestière concédés à l'une des filles de Denis Sassou Nguesso et aux sociétés asiatiques qui dévastent l'écosystème. Le reboisement n'a pas suivi le rythme des abattages. Rosalie Matondo n'a pas daigné participer au jeu de massacres entre petits coquins. Rosalie Matondo veille aux grains. Henri Djombo coule des jours heureux avec une retraite dorée, lui qui a transformé le port de Douala au Cameroun en une porte de sortie des grumes du Congo-Brazzaville, échappant ainsi à la comptabilité nationale. Avec un sens de la défense de l'intérêt particulier de Henri Djombo que l'on dit chevillé au corps, Rosalie Matondo recouvrera-t-elle son autonomie ? On ne crache pas dans la main qui vous nourrit. Rosalie Matondo a choisi une stratégie qui ne fâche personne mais ne résout rien.

HAUSSE

La production de bois du Congo-Brazzaville devrait s'améliorer cette année, selon une récente projection de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC).

Elle pourra atteindre 2,420 millions de m3 contre 91,3 mille de m3 en 2021.

La hausse des exportations de bois est liée à la situation actuelle du marché international. Cette hausse intervient après deux années de déclin de production dû à la pandémie de Covid-19, entrainant la baisse de contribution du secteur au Produit intérieur brut (PIB) à 4,45%), contre 6% auparavant.

La production forestière a atteint 3,8 millions m3 en 2019, peu avant la recrudescence de la pandémie covid-19, soit pour les futs (48,64), les grumes (41,46%), les sciages (9,43%), les placages (0,41%) et les contre-plaqués (0,05%). D'après la même source, les exportations des produits forestiers ont atteint 1,013 million m3 durant la même période pour une valeur de 145,1 milliards FCFA (Les dépêches de Brazzaville, 4 mai 2022).

TRONçONNAGE

Des pans entiers de forêts ont été pillés dans la Likouala, la Lékoumou et le Niari. C'était à la fin du siècle dernier, à l'époque où régnait Henri Djombo au Ministère des Eaux et Forêts. Une dizaine d'exploitants forestiers à l'instar de Mavoungou Ma Mbongo, Bernard Koumba (KB), Joseph Ngouma, SFGC Goma, Nzoungou Auguste (NZA), Bikoukous à Dolisie dans le Mayombe avaient perdu espoir suite au tronçonnage, sans vergogne, des anciennes futaies de limba, Kambala, scipo, d'Acajou et d'Okoumé. Vraisemblablement par des bandes organisées avec la complicité des cadres administratifs, militaires et politiques. Choquantes, ces coupes rases révèlent une tendance. A savoir que le bois est devenu une ressource de plus en plus recherchée. Avec sa large superficie forestière, la troisième dans le Bassin du Congo, le Congo-Brazzaville recèle un écosystème vivant d'une richesse insoupçonnée. Mais, paradoxe, alors que sa taille a baissé de 30 % depuis les années 60, et que la capitale de l'or vert, Dolisie, exporte beaucoup de bois, le Congo-Brazzaville continue d'importer en nombre des produits transformés. Du papier-carton, des meubles ou même des table-bancs (cf. le passage de Hellot Mampouya au Ministère de l'Education nationale). Serait en cause, selon la Cour des comptes, l'inadéquation entre la formation et le marché de l'emploi, « l'insuffisante intégration entre l'amont et l'aval, entre l'offre et la demande de bois », qui se traduit par un déficit de la balance commerciale.

Pour Rosalie Matondo et la filière bois qui contribue à hauteur de 4,45 % à 6 % au produit intérieur brut (PIB) et l'instauration du système de certification des forêts, l'avenir s'annonce radieux comme dans un ciel clair après l'orage. Pour les finances du Congo-Brazzaville et pour la poche aussi de Rosalie Matondo.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Categorie: Congo

Terre arable

Congopage - Gio, 05/05/2022 - 5:57pm

Pourquoi être gentil quand on peut être cruel ?

« A la suite de la visite à Brazzaville de Paul Kagamé dans votre pays, 12 000 hectares de terre arable vont être cédés pour 25 ans à des fermiers rwandais » Anatole Collinet Makosso, Premier ministre et premier dindon de la farce a encaissé la cinglante remarque sans broncher.

Mais qu'est-ce que cette transaction foncière (arable) qui tourne la nation en ridicule ? On serait tenté de confondre arable et arabe. Mais arabe ne vient pas d'arable. Terre aride, terre arable est une équation résolue au Moyen-Orient où la terre est un enjeu de lutte impitoyable.
Ce n'est donc pas en Palestine que ce genre de négoce agraire risque d'arriver car là-bas les terres fument encore ; les ayant-droit ont l'intifada facile.

« En fait, (du latin arabilis « labourable », dérivé de arō « labourer ») il s'agit d'une terre qui peut être labourée ou cultivée. Les terres arables sont les terres affectées à des cultures temporaires (les zones de polyculture ne sont comptées qu'une fois) (sic) , les prairies temporaires à faucher ou à pâturer, les cultures maraîchères et jardins potagers, et les jachères temporaires (moins de cinq ans) . »

A ce diapason, l'arable n'est pas la chose la mieux partagée de notre représentation territoriale nationale, « des forêts jusqu'à nos savanes », car peu d'hectares ont été labourés et ont bénéficié de l'ingéniosité de nos outils de travail. Pauvreté de l'outillage ou syndrome renversé du laboureur et ses enfants car nos ancêtres n'ont jamais assez fouillé, biné, sarclé, semé, moissonné pour trouver le trésor caché ... ?

CULTURE EX NIHILO

« En vérité toute terre aride est arable, il suffit de ne pas la laisser en friche » aurait dit La Palice. De toute façon, la notion de terre est devenue relative puisqu'on peut désormais planter hors-sol. Preuve, les jardins partagés en terrasse d'immeubles. L'agriculture est en passe de devenir un « no man's land » qui fait voler en éclat la notion de « mise en terre ». Il va sans dire que cette conception de l'agriculture se situe à des années-lumière de celle de l'homme des masses qui fit jadis de la terre la base de l'autosuffisance alimentaire des Congolais. « Lokuta monéné, PCT waya ! »

UNE PORTION CONGRUE

12.000 ha concédés aux Tutsi des Grands Lacs ça signifie 120 km 2 de nos terres, de nos forêts, de nos savanes. A raison d'une superficie globale de 342.000 km2, il s'agit une portion bien congrue que les compatriotes de Kagamé ont reçue de leur partenaires de l'Alima.

Mais même 1 cm2, c'est « déjà trop » comme morceau aliéné à un tiers, à plus forte raison à un locataire aux visées boulimiques insatiables et à la psychologie agressive notoire, qui vous avale le « bras quand vous lui donnez le doigt. »
L'appétit vient en mangeant.

Le monde arabe, justement, est en guerre permanente (depuis des siècles) à cause des bouts de terre dont il ne supporte pas l'appropriation par les Juifs.

Fort de ses 342.000 km2 (superficie du Congo) le Congo est une faible étendue dont on peut faire une bouchée. Il est à l'inverse de La Suisse au bord du Lac Leman dotée d'un puissant système de défense : ses banques aux caisses bourrées d'argent de ses potentiels agresseurs. La meilleure défense c'est l'arnaque. C'est loin d'être le cas du Congo de Sassou : « votre pétrole nous intéresse » disent ceux qui lui font des OPA à l'instar des riverains du Lac Tanganyika.

Depuis que notre ancêtre de la préhistoire prit possession de nos terres, aucune once n' a été judicieusement colonisée, exploitée, viabilisée et son fruit usé à bon escient. Aire forestière peuplée de bêtes sauvage et d'essences riches , en dehors d'une technologie fondée sur la magie parentale ( la sorcellerie), aucun mode de production, même précapitaliste ne s'est enraciné dans cet écosystème. D'ailleurs Hegel a émis des doutes quant à l'existence de l'Histoire chez ces forestiers bantous, cousins des Pygmées. Les philosophes allemands désignent par Histoire la lutte des classes et la capacité de se projeter dans l'utopie.

A en croire les penseurs germaniques, tel que Dieu nous a prêtés nos lopins pour les générations futures, tels que nous les avons appréhendés, sans y apporter la moindre transformation. Métier le plus vieux au monde, l'agriculture n'est aimée des Congolais que lorsqu'elle se pratique chez les autres et ne nous parvient que sous forme de produits finis importés.

Aucune mise en jachère n'a fait du Congo un Jardin d'Eden. Depuis le néolithique, l'agriculture sur brûlis règne sans partage quand le slogan « priorité des priorités » n'a jamais connu l'ombre d'une exécution quelconque nulle part, ni à Kombé en 1967 ni à Sinoa La Belle en 1976. En tout cas, aucune fouille poussée au carbone 14 n'a révélé de traces d'une proto-agriculture. La mythique Valée du Niari s'est taillée la part de lion de l'arable congolais. Bien avant les Rwandais, la très fertile Vallée du Niari fut jetée en pâture à la boulimie des fermiers Sud-Africains.

En vérité en terres congolaises, il y a peu de laboureurs ayant légué la terre et peu d'enfants-héritiers susceptible de labourer et transformer ces morceaux fonciers en surfaces arables. Le peu de terre dont disposaient les fermiers, Sassou vient de le leur ôter dans le but avoué d'enlever le beefsteak à la bouche des générations futures du Pool. Le généreux distributeur va les donner pour une bouchée de pain aux Rwandais de Paul Kagamé dont le pays commence à manquer cruellement d'espace vital.

Car cette terre, les Congolais y tiennent farouchement même s'ils la négligent en temps d'accalmie. « Un trésor est caché dedans » dit le fabuliste. « Baliverne ! » dit Sassou qui n'a d'yeux que pour le pétrole qu'il cueille chez les Vili. N'eut-été la mauvaise foi de Sassou qui a préféré pêcher le pétrole au lieu de cultiver la terre, Le Congo ne serait pas lanterne rouge en production cacaoyère caféière et palmiste puisque les premières boutures qui ont fait la richesse de la Cote d'Ivoire furent transplantées de nos terres (certains disent de la RCA).

BIBLE

« Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ.25 Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie parmi le blé, et s'en alla.26 Lorsque l'herbe eut poussé et donné du fruit, l'ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Seigneur, n'as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ? Il leur répondit : C'est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux-tu que nous allions l'arracher ? Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et, à l'époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. » (Matthieu 13- 24 à 30.

IL VIENDRA COMME UN VIOLEUR

L'arbre cache la forêt vierge. En clair on ne voit rien, mais tout est montré. Il se murmure qu'il y a un agenda caché dans le calendrier agricole de l'homme d'Oyo (L'Empereur ). Les fermiers Tutsis sont de vrais militaires et de faux agriculteurs. Des mercenaires qui vantent le commerce, une notion dont l'étymologie est la prédation. L'Afrique ne s'est pas encore relevée du commerce des négriers que nos ancêtres avaient pris pour des missionnaires évangélistes. Ce qui était faux, fou, flou, filou.

Alors que le Congo cherche des moyens de se débarrasser de la dynastie Nguesso, l'ennemi ne désarme pas. On dit : « souffrez encore. Prenez votre mal en patience. Allons seulement. » Face aux accords congolo-rwandais nos compatriotes ont beau geindre, rien à faire. « Circulez, il n'y a rien à voir. »

Quand l'heure sera venue, sortira du bosquet le soldat Tutsi-Hutu administrer une volée de bois vert au résistant congolais. La communauté internationale, folle de rage de ce que que fait Poutine en Ukraine, pays riche en terres arables, ferme les yeux sur ce que fait le Vladimir tutsi en Afrique Centrale. On sait ce que dira la Communauté quand ça va exploser dans cette région équatoriale d'Afrique : « Mince ! On ne savait pas. »

ENQUETES DANS LA SANGHA

Des études ethnographiques, pour une alternative congolo-congolaises furent entreprises dans les années 1970 sous la direction de Côme Manckassa. Jamais ces enquêtes n'ont été exploitées à ce jour. De quoi s'agissait-il ?

Dans ces années-là, l'anthropologue congolais mena des enquêtes sur La Sangha, histoire d'expérimenter la politique gouvernementale de Marien Ngouabi sur le regroupement des villages et sur les terres arables souvent en jachère de la partie septentrionale.

Manckassa enquêta chez les Bakouélé, terrain vierge de la sociologie depuis les missions de Mgr Augouard. Les Djem, les Bakouélé étaient favorables à une cohabitation avec des agriculteurs kongo venus du Pool. « Entre Congolais, pas de quoi fouetter un chat » coupèrent court les nordistes avant que les Cassandres n'évoquent le drame-fondateur de 1959 qui traumatisa les esprits sous Youlou et Opangault, tragédie qui ferait de toute cohabitation nord-sud une utopie.

La moisson était abondante dans la Sangha, mais peu d'ouvriers. Selon les enquêtes confirmées à ce jour, les richesses agricoles prenaient une étonnante orientation au lieu d'être réinvesties dans le circuit économique. Avec le produit des ventes du café, du cacao, on passait son temps à détrôner les femmes mariées en surenchérissant la dot (compensation matrimoniale). Le mariage concurrentiel passe pour une institution sur laquelle Côme Manckassa a consacré une vaste chapitre dans sa thèse de 3ème cycle à la Sorbonne sous la direction de Georges Balandier et sa thèse d'Etat défendue à Lille sous la direction du professeur Jacques Lombard. Le mariage concurrentiel est une dynamique régressive. Ca construit un capital et déconstruit des projets économiques. Ca stimulait les rapports économiques puisqu'il fallait beaucoup produire pour s'emparer de la femme de l'autre car dans la Sangha, « la femme divorcée est âprement convoitée et recherchée » constata Côme Manckassa. « Pauvre femme ! Tu as divorcé combien de fois ? Cite le nombre d'hommes qui te convoitent ? » raille la rivale qui veut humilier la femme fidèle.

Les ruraux de la Sangha étaient disposés pour des coopérations autour de la terre arable dans leur région. Quitte à le faire avec les « Bakongo ». C'est un champ de possibles que le système de tolérance articule en tant que philosophie de l'existence. C'est ça notre histoire, notre philosophie bantou vue par Van Wing mais passée sous silence par Hegel, voire par Marx.

GUERRE, TERRE, TIERS- EXCLU

L'inculture des amis du chemin d'avenir, les a empêchés de saisir la transition agricole potentielle dans une coopération entre congolais.
Les pêcheurs du Nord dans le Manianga, les paysans du Pool dans la Likouala : voilà un modèle d'intégration économique qui se passerait largement des Rwandais à moins que les compatriotes de Kagamé ne viennent au Congo non pas pour la terre mais pour la guerre.

« Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et, à l'époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. » (selon St-Matthieu)

Pourquoi faire la paix quand on peut faire la guerre ?

Sans être de mauvais augure, quand on cédera les terres arables aux nilotiques du Rwanda, les conditions d'une ukrainisation du Congo seront réunies dans l'après-Sassou puisque tout porte à croire qu'après lui, c'est le déluge.

Lambert Ekirangandzo

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COMPTE RENDU DE LA CINQUANTIEME REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES

Le Phare Online - Lun, 25/04/2022 - 9:48am

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Jean- Michel SAMA LUKONDE KYENGE, a présidé en visioconférence, depuis Lubumbashi, la cinquantième Réunion du Conseil des Ministres du Gouvernement de la République, ce vendredi 22 avril 2022.             Cinq (5) points étaient inscrits à l’ordre du jour, à savoir : I. Communication de son Excellence […]

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Appropriation du processus électoral : Denis Kadima face à la jeunesse de la Tshangu le 4 mai prochain

Le Phare Online - Lun, 25/04/2022 - 9:47am

Dans sa volonté d’offrir à la population congolaise des élections réellement inclusives, démocratique et transparentes, la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) encourage leur appropriation par la jeunesse congolaise. C’est ce qui est ressorti de la rencontre qui a eu lieu, le  22 avril 2022 entre une délégation du Conseil national de la jeunesse (CNJ), conduite […]

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